Compagnies d’artillerie de la Charente

la pièce

Compagnies d’artillerie de la Charente :

Date de formation : fin 1792-juillet 1793

Formation :

Historique :

1792 :

La Charente forma une 1ère compagnie de 55 hommes, capitaine Aubert, lieutenants Puymoyen et Jamain, qui fut organisée le 27 août. La 2e compagnie forte de 51 hommes, capitaine Georges Warin, lieutenants Normandin et Augier, fut organisée le 6 septembre.

1793 :

Une compagnie se trouvait à Béthune (janvier). Elle en partit le 15 pour se rendre à Bruges1. Une autre se trouvait dans les rangs de la division des Sables-d’Olonne, forte de 3 officiers et 36 hommes (4 avril)2. Il s’agissait de plusieurs unités différentes de petites tailles et mal armées.

Cognac avait envoyé une pièce d’artillerie, une quarantaine d’hommes, un chariot, un caisson et un tombereau à boulets. Dans la colonne de Fontenay se trouvait trois canons envoyés par la Charente au secours des Sables-d’Olonne assiégé. La colonne fut mise en route (27 mars), les artilleurs étaient accompagnés par le bataillon dit de la Liberté, avec 12 gardes-côtes. L’artillerie de la Charente arrivait juste à Fontenay (début avril).

Le 4 avril, une unité d’artillerie dit d’Angoulême qui avait été dirigée sur Saint-Hermant :

« manque de boulets et de balles, qu’on prenne les boulets aux fonderies demande Léridon et qu’on se procure les balles en fondant le plomb qu’on trouvera dans les châteaux, il signale ceux de Verteuil et de la Rochefoucauld, qu’on s’empare même de celui des tombeaux qui renferment les cendres infectes des ci-devant ducs de la Rochefoucauld, dans les vieux sépulcres des Cordeliers de Verteuil »3.

Devant la dégradation de la situation en Vendée (mai 1793), le département de la Charente envoya également de l’artillerie vers la Vienne, quatre canons de 12, deux de 6 et deux pièces de sièges de 44 avec 822 boulets et 100 boîtes à mitraille.

Le département avait formé une 1ère compagnie d’artillerie de la Charente (19 avril 1793), puis une 2e compagnie (4 mai) dont le directoire du département arrêta la solde à 20 sols par jour sans retenue. Une 3e compagnie fut également formée (mai), commandée par le capitaine Faucon et forte de 78 hommes. Elle envoya 22 hommes à l’Armée de la Rochelle, qui se rendirent à Niort avec deux pièces de 4, un caisson et une ambulance. Une 4e compagnie fut formée selon un arrêté (20 juillet 1793), fixant son effectif à 80 hommes fournis par le district d’Angoulême.

Peu avant, le 12 juin, les Charentais s’illustrèrent à l’Armée des Sables-d’Olonne dans la division Chalbos, à l’attaque du château d’Hermenaud. Une force de 740 hommes fut envoyée réoccuper Pouillé et Maillé. Elle devait attaquer sur sa route le château et le village d’Hermenaud, défendus par 4 000 Vendéens. L’artillerie républicaine eut un rôle décisif dans le combat. Les artilleurs de la Charente selon le général Sandoz : « ont dirigé un feu le plus vif avec beaucoup d’intelligence », trois fois l’ennemi fut rompu et prit la fuite dans les bois, abandonnant ses convois4.

Le commissaire Prieur obtînt à Niort l’organisation des compagnies de Ruffec en bataillon (juillet). Il demanda aussi l’autorisation d’établir à Angoulême un dépôt d’instruction d’artillerie, et offrit au colonel Maucors, commandant l’artillerie de Niort, deux pièces de canon avec 16 ou 18 artilleurs.

1795 :

Les compagnies de la Charente formèrent sans doute un bataillon des canonniers de la Charente (1795), qui était commandé par le capitaine Ballet et le lieutenant Emery. Mais il s’agissait peut-être simplement de tout ce qui restait des diverses compagnies d’artillerie de la Charente.

Compagnies :

1er compagnie d’artillerie de la Charente (27 août 1792),

2e compagnie d’artillerie de la Charente (6 septembre 1792),

Artilleurs de la Charente, à l’armée des Sables-d’Olonne (mars 1793),

Compagnie d’artillerie d’Angoulême (avril 1793),

Artillerie de la Charente, en renfort pour la Vienne (mai 1793),

1ère compagnie de la Charente, capitaine Caron, (19 avril 1793),

2e compagnie de la Charente, capitaine Faucon (4 mai 1793),

3e compagnie de la Charente (mai 1793),

4e compagnie compagnie de la Charente (20 juillet 1793),

Bataillon d’artillerie de la Charente (1795).

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Portrait :

Pierre Bonnaud, né à Villefagnan le 26 juillet 1773, parti comme volontaire dans l’artillerie de la Charente, il servit successivement à l’Armée de l’Ouest, puis aux armées du Rhin, d’Italie, du Danube et de Naples (1793-1801). Maréchal des logis (1799), il s’illustra au combat de Vérone (mars), l’officier qui commandait les deux pièces de son détachement fut tué. Bonnaud prit le commandement et fut enveloppé par l’ennemi. Il fit sauter à cheval ses canonniers, et s’ouvrit un passage le sabre à la main en enlevant ses pièces. Il reçut une grenade d’honneur (1803), passa lieutenant (1807), capitaine au 4e d’artillerie à cheval (1809). Il servit en Italie jusqu’en 1814, il ne prit sa retraite qu’en 1816.

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Article de Laurent Brayard

1 Journal Militaire de 1793.

2 Chassin, Études documentaires sur la Révolution Française, La Vendée Patriote, tome 1.

3 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 166.

4 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 211.

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