2e bataillon de l’Ariège

bataillon-de-volontaires-nationaux

2ème bataillon de l’Ariège :

 

Date de formation : Selon Belhomme, il fut formé le 4 décembre 1791[1]. D’après les archives départementales (bulletin de la société ariègeoise des sciences, lettres et arts 1912), le bataillon fut formé à Foix le 17 janvier 1792, lieutenant-colonel en 1er Lasserre.

Historique :

1792 :

Adresse des volontaires du 2ème bataillon de l’Ariège à l’Assemblée Nationale (juin-juillet 1792) :

« La justice est la dette que vous payez à tous les Français, pourquoi ne vous acquittez vous pas envers nous ? Vous avez permis aux phalanges volontaires des divers départements de l’empire d’aller frapper de destruction les ennemis de notre liberté, et vous nous retenez dans l’exil ! Car c’est vivre exilé que de rester loin des lieux où l’on combat la Patrie ! Pourquoi cette préférence cruelle entre nos frères d’armes et nous ? Ignorez-vous que nous sommes les Aînés, par notre courage et notre civisme ? Ignorez-vous que notre amour pour la loi constitutionnelle est inébranlable comme les Pyrénées, notre asile et les témoins des premiers jours du monde ? Accoutumés dès l’enfance à nous mesurer avec les ours de nos montagnes, craindrions nous ces bêtes féroces déguisées en hommes sur les bords du Rhin ? Permettez donc à des citoyens-soldats de voler à la rencontre de cette horde de serfs, bientôt il ne lui restera du combat que la honte de l’avoir livré, ou s’il faut que nous succombions, l’on comptera le nombre des volontaires du second bataillon de l’Ariège par celui de leurs cadavres, Lakanal, président de la société patriotique de Pamiers ».

Le bataillon se dirigea vers la Savoie pour participer aux opérations du front. Peu de temps avant, le 26 novembre, le village de Cordon donna l’étape au 2ème bataillon de l’Ardèche. Le 29 novembre et le 2 décembre ce bataillon ainsi que le 2ème bataillon de l’Ariège furent pourvus de l’étape à Belley et au Grand-Abergement.

1793 :

En janvier, le bataillon était Nantua dans le département de l’Ain et dépendait de l’armée des Alpes.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 56ème demi-brigade de bataille fut formée du 2ème bataillon du 28ème régiment d’infanterie, du 2ème de l’Ariège, du 2ème de l’Aveyron (le 2ème de l’Ariège avait incorporé dans ses rangs le 14ème bataillon de la Drôme, d’après Bertaud et Roucaud[2]).

2ème formation :

Le 19 juin 1796,  la 56ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 85ème demi-brigade de ligne.

Les volontaires du bataillon en garnison dans le département de l’Ain, parfois source de problème :

« Le 17 mars 1793, le citoyen D’Again capitaine de la 3ème compagnie du 2ème bataillon de l’Ariège en cantonnement à Saint-Martin-du-Frêne alerte le juge de paix du canton de Montreal suit au fait qu’un de ses hommes, a été poignardé par un autre volontaire du bataillon lui-même en garnison à Condamine. Le fait a lieu dans l’auberge de Jean-Claude Bouillet, où le nommé Paul Dagain natif de Sabarat dans le département de l’Ariège, district de Mirepoix, volontaire dans la compagnie Dagain a été poignardé par Etienne Casteras, âgé de 22 ans natif de Curtés, district de Mirepoix, département de l’Ariège, volontaire à la 4ème compagnie du 2ème de l’Ariège. L’affaire commence au moment où Casteras présent dans l’auberge avec plusieurs camarades, s’empare du bonnet de Paul Dagain et le jette par terre : « le plaignant lui dit qu’il étoit un polisson et le pria de le laisser tranquille et pour éviter toute difficulté, le plaignant rentra à la cuisine et s’assit auprès du feu, que le dit Casteras le suivit et continua de l’injurier, lui proposant de sortir pour se battre ce que refusa le plaignant disant que demain seroit le jour paru qu’il étoit poru ce moment malade, qu’alors le dit Casteras voyant le plaignant la tête appuyée sur le chênet lui donna un soufflet, que le plaignant tenant la pêle du feu à la main, lui donna un coup de cette pêle qu’un moment après s’étant assis sur une chaise et la tête de nouveau appuyée sur le chênet, le dit Casteras vint par derrière lui et lui donna un coup de couteau derrière les épaules, duquel coup sa vie peut-être en danger ». Les témoins qui comparaissent dans cette affaire sont François Baby, âgé d’environ 30 ans, Paul Meric, âgé de 22 ans et Pierre Durand, âgé de 24 ans, volontaires au 2ème bataillon de l’Ariège, le premier en garnison à Saint-Martin-du-Frêne et les deux autres à Condamine de la Doy. Ainsi que Louis Duport âgé de 18 ans, Jean Benoit âgé de 24 ans et Marc Cattet tous trois natifs de Saint-Martin et chasseurs volontaires du 2ème bataillon de chasseurs volontaires en garnison à Saint-Martin. Etienne Casteras déclare lui-même qu’il était pris par le vin, il est jugé et condamné à un an de prison le 15 avril 1793. A cette date, Louis Duport et Jean Benoit ne sont plus présents dans la région est sont allés rejoindre l’armée du Midi, le premier comme volontaire et l’autre chasseur-volontaire au 2ème bataillon de chasseurs ».

 

Document :

« Nantua, le 22 décembre 1792, l’an I de l’Egalité. Aux citoyens maire et officiers municipaux de la commune de Die. Citoyens, je viens d’apprendre que trois volontaires qui ont déserté dans la nuit du 26 au 27 novembre dernier se sont rendus dans notre ville. Un d’entre eux nommé Maurice Philibert a dit on sy établit ; il allait ordinairement pendant le séjour que nous eu lavantage de faire parmi vous, chez un citoyen tourneur de son état, ce tourneur loge ches le nommé Neves perruquier sur la place de la Liberté. Il importe pour le maintien de l’ordre et de la discipline du bataillon que ces hommes qui ont lachement abandonné leur poste emportant avec eux un butin qu’ils volent à la République, soient arrêtés et conduits à leur destination. Je joins à ma lettre le signalement de ces trois mauvais soldats espérant de votre civisme que vous voudrés enjoindre à la brigade de gendarmerie en résidence dans votre ville et de les arrêter. Gasthard, capitaine à la 4ème compagnie du 2ème bataillon de l’Ariège en quartier d’Hiver à Nantua, département de l’Ain[3] ».

Article de Laurent B.

sehri

[1] Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tome 3 et 4.

[2] Bertaud et Roucaud, Inventaire des registres matricules des demi-brigades de batailles, série 17 YC, archives de Vincennes.

[3] Archives municipales de Die, dossier 1 H 12.

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