1er bataillon de l’Aube

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon de l’Aube :

 

Date de formation : Selon le commandant Dumont, il fut formé le 28 septembre[1]. Selon Belhomme, le 1er ou le 15 novembre 1791[2], mais ce dernier paraît dans l’erreur.

Historique :

1791 :

Composé de 567 volontaires formés en compagnie dès le mois d’août dans différents districts et rassemblés à Troyes le 18 septembre. Pendant les premiers jours de la réunion, des malveillants effrayèrent les volontaires, en leur affirmant qu’ils allaient à la boucherie, une compagnie entière s’en retourna dans ses foyers. Ils furent remplacés par des patriotes de Troyes. Ils furent habillés du 22 au 23 septembre et s’organisèrent en bataillon le 28.

Il fut passé en revue le 30 septembre, après la bénédiction du drapeau. La revue fut passée par le maréchal de camp de La Noue, le commissaire de la guerre Barneville et les commissaires du département Dampierre et Loncle. Le 2 octobre, à peine armés, ils furent dirigés par Châlons, Reims, Laon, Saint-Quentin, Cambrai et Douai pour Carvin et Epinay, où ils arrivèrent le 15 octobre. Il fut logé chez l’habitant et passé en revue à nouveau, le 24 octobre, par le maréchal de camp de La Noue qui « loue la bonne tenue de la troupe, 78 hommes ayant déjà servis dans la ligne, mais observe que la subordination envers les officiers paraît faiblement établie ». Il resta au cantonnement plus de six mois, s’entraînant aux marches et manœuvres, et recevant son armement de l’arsenal de Douai. Il servit dans les rangs de l’armée du Nord.

1792 :

Le 1er janvier, le bataillon était en garnison à Carvin et Epinay. Il quitta ces deux positions pour se rendre à Bouchain, le 10 mars. Le 29 mars, il demanda « à aller planter l’arbre de la constitution chez les mulâtres et à les faire jouir de la liberté ». Suite à cette pétition, il fut mis en route le 5 mai par Bapaume, Albert sur Nantes, où il arriva le 28 mai. Le bataillon s’embarqua le 28 juin officiellement, mais plus probablement le 22 juillet, à Paimboeuf, après quelques difficultés (à Brest selon Belhomme) pour rejoindre l’armée de Saint-Domingue. Il débarqua aux Cayes le 18 septembre, et il fut victime très rapidement du climat et des fièvres où il fut décimé par les maladies et la misère.

1793 :

Il prit part à quelques engagements dans l’île, ne put s’opposer à la tentative de Galbaud, ni à l’incendie du Cap en juin et vit ensuite un certain nombre de ses officiers rentrer en France avec des congés de convalescence, notamment Delafertey, Doyen, Forgeot, Geoffroy, Lamiral, Mathieu et Perny avec le lieutenant-colonel Watiez.

1794 :

Il perdit encore quelques officiers lors du passage de ces derniers dans le 4ème régiment colonial dont Petit devint le chef de brigade. Belhomme étrangement indique qu’il revint en France le 30 septembre, et débarqua à Nantes.

1795 :

Le 19 octobre, Watiez qui était resté en France reçut l’ordre du Comité de Salut Public, de prendre le commandement à Tours du dépôt formé par les officiers et volontaires ayant quitté la colonie, qui avait d’abord était constitué à Troyes, puis à Tours.

1796 :

Lorsque l’amalgame eut lieu, le bataillon n’était plus constitué de quelques officiers et de 22 volontaires.

Embrigadement/amalgame :

1er formation :

Néant.

2ème formation :

Le 3ème bataillon de la demi-brigade des Landes, le 5ème bis bataillon des chasseurs et le 1er bataillon de l’Aude furent incorporés le 29 octobre ou le 15 novembre 1796, à Kehl, dans la 10ème demi-brigade légère de seconde formation.

État des cadres à la formation du bataillon revue du 30 septembre 1791[3] :

Lieutenant-colonel Jacques-François-Pierre Watiez, de Laon, 43 ans,

Lieutenant-colonel en second Pierre Mazingant, de Reims, 43 ans,

Quartier-maître trésorier Paul-Louis Forgeot, de Bar-sur-Aube, 22 ans,

Adjudant-major Philippe Totrot, de Charlemont, 37 ans,

Adjudant Sous-officier Etienne Doyen, de Troyes,

Chirurgien-major Paul-Edme Debret, de Buxières, 26 ans.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Ambroise-Honoré Geoffroy de Bar-sur-Aube, lieutenant Nicolas-Henry Boucher d’Ormes, sous-lieutenant Charles Garnier de Bertignolles.

1ère compagnie de Bar-sur-Seine :

Capitaine Nicolas Goujeot des Riceys, 23 ans, lieutenant Augustin Garnier, sous-lieutenant Pierre Cottenet de Loches, 50 ans.

2e compagnie de Troyes :

Capitaine Charles-Abraham Delafertey de Piney, lieutenant Joseph Gaulard de Bouilly, sous-lieutenant Pierre Houzelet de Bouilly.

3ème compagnie de Bar-sur-Aube :

Capitaine Edme Lamiral de Proverville, lieutenant Louis Plumey d’Unienville, 24 ans, sous-lieutenant Isidore-Ambroise Lottin de Dienville, 22 ans.

4ème compagnie de Troyes :

Capitaine Paul-Médard-Antoine Herbelot de Chaource, 49 ans, lieutenant Louis-Quentin Fèvre de Piney, 28 ans, sous-lieutenant Jérôme Primiat.

5e compagnie de Bar-sur-Seine :

Capitaine Hilaire Petit de Rouvray en Côte d’Or, 27 ans, lieutenant Pierre Voudenet de Bar-sur-Seine, 36 ans, sous-lieutenant Edme-Nicolas Perny de Landreville, 21 ans.

6ème compagnie de Troyes :

Capitaine Claude-Etienne-Simon Ramonnet de Troyes, 31 ans, lieutenant Claude Pion de Troyes, 23 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste Mougenot.

7ème compagnie de Bar-sur-Aube :

Capitaine Charles-Louis Mouy d’Arcis-sur-Aube, 39 ans, lieutenant Pierre Mathieu de Clermont, sous-lieutenant Pierre-Jean-Baptiste Girardon de Bar-sur-Aube, 25 ans.

8ème compagnie d’Arcis-sur-Aube :

Capitaine François-Narcisse Richard d’Arcis-sur-Aube, 26 ans, lieutenant Jean-François Masse d’Arcis-sur-Aube, sous-lieutenant Charles Borel d’Arcis-sur-Aube, 26 ans.

Etat des cadres au moment de l’amalgame[4]:

Chef de bataillon Nicolas Goujeot, (capitaine à la 1ère compagnie en 1791),

Quartier-maître trésorier Jean-Baptiste Girardin,

Adjudant-major J.B.N. Mouillet,

Adjudant sous-officier Jean-Baptiste Gruat,

Chirurgien major vacant.

Compagnie de grenadiers : capitaine vacant, lieutenant Nicolas-Henry Boucher (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenance vacante.

1ère compagnie : capitaine et lieutenant vacants, sous-lieutenant J. Pontailler.

2ème compagnie : capitaine Sibille, lieutenance vacante, sous-lieutenant N. Robert.

3ème compagnie : capitaine Isidore-Ambroise Lottin (sous-lieutenant dans la compagnie en 1791), lieutenance vacante, sous-lieutenant E. Diavoyer.

4ème compagnie : capitaine L. N. Manchin, lieutenance et sous-lieutenance vacante.

5ème compagnie : capitaine et lieutenant vacants, sous-lieutenant F. Guedy.

6ème compagnie : tous les postes vacants.

7ème compagnie : capitaine J. B. Hautmonté, lieutenance et sous-lieutenance vacantes.

8ème compagnie : J. Borrerenette (le nom est incertain), lieutenant C. Parisot, sous-lieutenant D. Ludot.

Portrait :

Pierre Girardon, volontaire au 1er bataillon de l’Aube (1791), capitaine au 4e régiment de hussards (à ce grade et au corps durant l’hiver 1799-1800), aide de camp des généraux Lamarche et Murnau, il avait fait les campagnes de Belgique et d’Allemagne, puis celle de 1797.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 41.

[2] Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tome 3 et 4.

[3] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 40.

[4] Commandant Dumont, déjà cité, p. 41.

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