24e bataillon de la Charente

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24ème bataillon de la Charente :

Ouvrage de référence : P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890.

Date de formation : Selon Belhomme, il fut formé le 19 mai 17931. Selon Boissonnade en avril 1793.

Historique :

1793 :

Il servit aux armées de l’Ouest. Le 5 mai arrivèrent à Niort trois compagnies de Ruffec qui formèrent bientôt le 24e bataillon de la Charente. Elles furent bientôt rejointes par d’autres compagnies de Ruffec, soit 10 compagnies pour un effectif de 881 hommes, les sept dernières compagnies furent organisées en juillet.

1ère compagnie, capitaine Dupuy, lieutenants Pinoteau et Landry, 124 hommes,

2e compagnie, capitaine Claude Mimaud, lieutenants Bezaud et Théophile Mimaud, 100 hommes,

3e compagnie, capitaine Potet-Fresneau, lieutenants Bourbeau et Ladeau, 91 hommes,

4e compagnie, partie le 21 juillet, capitaine Duclos, lieutenants Deloume et Gaschet, 64 hommes,

5e compagnie, capitaine Deschambre, lieutenants Bernard et Chapon, 74 hommes,

6e compagnie, capitaine Ducouret, lieutenants Hériard et Desbordes, 47 hommes,

7e compagnie, capitaine Laborde, lieutenants Servant et David, 117 hommes,

8e compagnie, capitaine Boumard, lieutenants Mazeau et Malboeuf, 117 hommes,

9e compagnie, capitaine André Marot, lieutenant Faure-Rancureau et Robert, 100 hommes,

10e compagnie, capitaine Joly-Duverget, lieutenants G. J. Rouchier et J. Rouchier, 91 hommes.

Fin juin, il se trouvait dans les troupes de la division de Niort, Armée des Côtes de la Rochelle, fort de 593 hommes.

1794-1795 :

Après la Virée de Galerne, le 24e bataillon de la Charente demeura sur les côtes de l’Ouest, où il se trouvait encore en mars 1795. Son conseil d’administration était à cette époque composé des officiers supérieurs Bruneau, Mimaud, Dordière, de l’adjudant-major J. B. Limousin et du sous-lieutenant Balland. Ce bataillon était alors compris dans la 6e demi-brigade sous les ordres du général Auger et désigné comme 2e bataillon d’infanterie légère. Il tînt garnison aux Sables-d’Olonne.

Embrigadement/Amalgame :

1ère formation :

La 6ème bis demi-brigade de bataille dite de l’Armée de l’Ouest. Elle fut formée en première formation (15 août 1795), à Saint-Cyr-des-Gats. Elle se composait du 13ème bataillon de la formation d’Orléans, du 24ème bataillon de la Charente et du 14ème bataillon de la République (Paris). Belhomme indique le 16 août 1795 et Argenton comme lieu de formation.

2ème formation :

En deuxième formation, il fut incorporé dans la 6e demi-brigade de ligne, à l’Armée d’Italie, et suivit la destinée de cette unité sur ce théâtre d’opération entre 1797 et 1799.

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Portrait :

Pierre Lamoureux, né à Angoulême le 16 juillet 1770, fusilier au 24e de la Charente, passa à la 6e demi-brigade de ligne. Lors d’un engagement de tirailleurs contre les Vendéens : « il fit preuve d’une bravoure éclatante, après avoir tué un grand nombre d’assaillants, il prit une pièce d’artillerie, c’est pour ce fait de guerre qu’il reçut un fusil d’honneur en 1803, cette arme se trouve au musée d’Angoulême, Lamoureux s’était retiré dans sa ville natale où il meurt en 1843 ». Campagne de Vendée jusqu’en 1795, campagne à l’Armée d’Italie puis du Levant (1796-1801), il fut fait prisonnier à Nicopolis en Épire (2 brumaire an ), par les troupes d’Ali Pacha et conduit à Constantinople dans les prisons. Il rentra le 1er vendémiaire an 10. Il reçut un fusil d’honneur et la Légion d’honneur (1804). Il avait reçu un certificat qu’il présenta à la mairie d’Angoulême en 1802 :

« certificat du 13 pluviôse an 10, 6e demi-brigade de ligne, nous officiers de santé de la 6e demi-bridage d’infanterie de ligne, certifions avoir visité le citoyen Pierre Lamoureux, grenadier à la compagnie du 1er bataillon de ladite brigade, reconnu qu’il a été atteint d’un coup de feu qui a traversé sa main droite et détruit le mouvement de cette partie. En conséquence nous estimons que ce citoyen est conformément à l’article 38 de l’instruction de la commission de santé en date du 11 frimaire an 3 dans le cas de ne pouvoir continuer aucun service militaire. A Milan, le 13 pluviôse an 10. Signé Guignaud, Derez et Cariole »

puis un autre de l’an 11 de Bologne :

« le citoyen Lamoureux fusilier à la 7e compagnie du 3e bataillon sera exempt de tout service pour privation de l’usage des deux premières phalanges du doigt indicateur de la main droite et pour une affection aux yeux qui intercepte l’entrée de quelques rayons lumineux à travers cette membrane ».

Il reçut finalement un congé absolu (an XII), et fut encore visité par des officiers de l’hôpital militaire d’Angoulême qui attestèrent de ses blessures (an XIV). Il avait reçu un certificat à Bologne (1er prairial en 11) du chef de brigade Hotte, sous-inspecteur aux revues :

« Certifie que le citoyen Lamoureux, grenadier au 1er bataillon de la 6e demi-brigade de ligne se comporta le deux brumaire an 7 à l’affaire de Nicopolis près Prevezza en Épire, où je commandais le camp, avec un courage et une intrépidité dont on trouve peu d’exemples, que résistant seul pendant plus d’un quart d’heure contre une troupe d’Albanais, ni plusieurs blessures dont il lui restera toute sa vie des marques honorables, ni l’aspect du nombre d’ennemis, dont la rage et la fureur tenaient lieu de bravoure, ne furent dans le cas de lui faire mettre bas les armes tant qu’il lui resta une cartouche, que même couvert de coups de sabre et ayant reçu trois coups de feu, il terrassa encore quelques assaillants des plus acharnés, qu’enfin succombant par la quantité de sang qu’il perdit, il eut la louable audace de ne point se reconnaître captif du Pacha devant lequel on l’avait ignominieusement traîné. Certifie de plus que par une suite de tourments inouïs qu’il a éprouvé dans les fers, que je partageais avec lui à Constantinople, il lui est survenu un malaise aux yeux dont il ne lui reste aucun espoir de guérison, et que c’est à regret que je me vois réduit à solliciter pour ce brave militaire une place aux invalides à laquelle il a le droit à tant de titre, en foi de quoi, je lui ai délivré le présent certificat, signé Hotte ».

Puis un autre :

« je soussigné, adjudant-major commandant la place de Prevezza en l’an sept, déclare pour rendre hommage à la vérité que le deux brumaire même année, époque à laquelle nous fûmes attaqués par l’armée turque, le citoyen Lamoureux grenadier au 1er bataillon fut de ceux qui se distingua le plus par son courage, que sa conduite énergique le rendit recommandable à tous ceux qui furent témoins de son intrépidité, de son dévouement, que plusieurs traits qu’il fit ce jour, s’ils étaient connus suffiraient pour illustrer la vie d’un guerrier, qu’après avoir combattu seul pendant plus d’un quart d’heure contre une troupe d’Albanais, blessé à trois endroits différents, terrassé par la douleur et par la faiblesse, il continua à faire feu et ne cessa que lorsqu’il ne lui resta plus de cartouches, que dans l’état d’impuissance ou l’avaient réduit ses blessures, il fit encore mordre la poussière aux plus audacieux des assaillants, que privé de tous les moyens de défense, saisi, désarmé, traîné devant le Pacha, il ne voulut point consentir à la captivité, ni courber la tête sous le joug qu’il n’accepta qu’à regret la vie, d’un ennemi sans générosité qu’il méprisait lui ayant vu commettre des atrocités sur des Français fait prisonniers dans la même affaire. J’atteste en outre, que par la suite en mal-aisé et des tourments qu’il a enduré à Constantinople il lui est survenu un malaise aux yeux qu’on désespère pouvoir guérir. En foi de quoi, je signe le présent pour servir et valoir ce que de raison, signé Tissot adjudant-major, suivant les signataires, Prieur sergent, Moché capitaine, Barré capitaine, Potot lieutenant, Norderiau caporal, Fauvert, Guesneuf, Mileste, Halbé, Tissot, Boude, Séverguine et Gaubert grenadiers, Evrad tambour maître, Margara, Moisson, Olivier, Martin, Bertelin, Rigaux, caporaux, lalonde, Bayé, Serpin, Varlin, Vincent et Marteau grenadiers et Monet aussi grenadier, Forgeau sergent-major, Gagneux et jacquet sergents, Proust sergent-major, Congis lieutenant, Cheron aussi lieutenant, le 11 frimaire an 11 »2.

Bourbeau, soldat au ci-devant régiment du Roi puis à ceux de Tournaisis, de Lorraine et Nassau (1770-1779). Rentra dans ses pénates, il fut réquisitionné ou enrôlé (mars 1793) dans une compagnie de volontaires charentais en vertu de la levée des 300 000 hommes, élu capitaine au 24e bataillon de la Charente puis chef de bataillon dans la même unité, commandant de la place de la Rochelle (octobre 1793-mai 1794), avant de revenir à la tête du 24e bataillon de la Charente. Chef de brigade à la 6e demi-brigade d’infanterie de ligne dans laquelle le bataillon fut amalgamé, il mourut en 1800.

Louis Mondon, né à Verteuil, Charente, le 6 octobre 1774, fils de Jean et de Marie Faure, ayant pour parrain et marraine, Louis Gautier et Marie Mondon. Réquisitionnaire de la levée des 300 000 hommes au 24e bataillon de la Charente (11 mars 1793). Il servit à l’Armée de l’Ouest (1793-1795). Sergent (19 mai 1793), blessé d’un coup de feu à la jambe droite à la bataille de Fontenay (25 mai), sergent-major (1795). Il passa à l’Armée d’Italie (1796-1797). Quartier-maître trésorier (1796) à la 6e demi-brigade de ligne de l’Ouest, devenue 6e régiment d’infanterie de ligne par la suite. Il servit à l’expédition de Malte et des îles du Levant (1798). Repassa à l’Armée d’Italie (1800-1801), nommé lieutenant (1802). Il passa à l’Armée de Naples (1806-1807), nommé capitaine (4 décembre 1806). Envoyé à la Grande Armée, il fit la campagne de Saxe (1813). Nommé chef de bataillon au 147e régiment de ligne (23 mars), chevalier de la Légion d’honneur (18 juin) et fut fait prisonnier de guerre à la bataille de Goldsberg en Silésie et blessé d’un coup de feu à la jambe droite (29 août). Rentra en France pour rejoindre le 17e régiment de ligne (12 juillet 1814). Il reçut un état de ses services à Lille (29 juillet). Il mourut le 28 septembre 1843. Il laissait une veuve, Marie Fargue, domiciliée à Verteuil et une sœur, Françoise Mondon épouse Dindinaud, maréchal-ferrant à Verteuil, également héritière. Sa veuve écrivit à la Chancellerie le 24 novembre 1843, pour recevoir le reliquat de la pension de son mari comme chevalier de la Légion d’honneur.

Étienne Tronchère, né le 2 juillet 1773 à Angoulême, fils de François, maître-chirurgien et de Marie Lescalier, ayant pour parrain et marraine Étienne Corlieu et Marie Tronchère. Il s’enrôla volontaire au 1er bataillon de la Charente pour compléter le bataillon à 800 hommes (11 septembre 1792). Toutefois, il se retrouva bientôt dans un des bataillons de réquisitions envoyé en Vendée et entra dans le 24e bataillon de la Charente, il servit à l’Armée de l’Ouest (1793-1799). Il passa à la 6e demi-brigade légère de seconde formation puis 6e léger. Il déserta en 1800 alors qu’il se trouvait à l’Armée d’Italie, toutefois il réintégra son corps (1801). Il fut nommé caporal et servit ensuite à l’Armée des Côtes de l’Océan (1804-1805), au camp de Montreuil. Il servit à la Grande Armée (1805-1807), fit les campagnes d’Allemagne, de Prusse et de Pologne. Chevalier de la Légion d’honneur (14 avril 1807). Il fut blessé à la bataille de Friedland, d’un coup de feu au bras gauche (14 juin). A Landau, il reçut un état de ses services pour passer en retraite (9 mars 1808), alors sergent de carabiniers à la compagnie du premier bataillon du 6e léger. Il mourut le 2 décembre 1855 (ou 1854).

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Article de Laurent Brayard

1 Belhomme, Histoire de l’infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Base Leonore.

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