1er bataillon de l’Aude

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon de l’Aude :

 

Date de formation : 6 septembre 1791[1].

 

Formation :

Il fut rassemblé à Carcassonne, le 6 septembre 1791, aussitôt formé en compagnies et en bataillon. Il fut passé en revue le 10 novembre, et partit le 23 décembre pour Collioure, en passant par Narbonne, Sigean et Perpignan.

Historique :

1791 :

Composé de 572 volontaires des districts de Castelnaudary (213), de Limoux (213) et de Quillan (142), ils furent rassemblés à Carcassonne le 6 septembre et formé aussitôt en compagnies et en bataillon. Il fut passé en revue le 10 novembre, par le lieutenant-général de Chollet, le commissaire des guerres Despiès, et les commissaires du département Barthe et Pouget. Il partit le 23 décembre, et passa par Narbonne, Sigean et Perpignan et vint s’établir en garnison à Collioure, le 27 décembre. Il détacha deux compagnies à Elne et une à Argelès.

1792 :

Le 1er janvier, le bataillon était en garnison à Perpignan[2]. Mais il se trouvait en fait dans sa position de 1791 à la frontière durant tout l’hiver. Il occupa au printemps Collioure et Port-Vendres avec deux compagnies détachées à Bellegarde. Il fut désigné pour l’armée du Midi. Ayant reçu l’ordre de partir pour l’armée des Alpes, il se mit en route le 1er juillet, et chemina par Narbonne, Montpellier et Lunel. Il transita ensuite par Nîmes le 13 juillet, Beaucaire, Aix, Manosque, Digne avant de s’établir à Saint-Paul et Fouillouse. Il fut dirigé vers le camp de Cessieu, où il reçut de nouvelles recrues pour aligner un effectif de 686 présents[3]. En septembre, il prit part à la conquête de la Savoie et se trouvait à Carouges le 12 octobre. A Annecy, le bataillon envoya des plaintes aux mois de novembre et décembre, face aux très nombreuses démissions qui avaient vidées ses rangs.

1793 :

Le 1er janvier, il était au camp d’Onex, puis en garnison à Chambéry, le 5 mars. En avril, de nouveau au camp de Carouges, il perçut de nombreuses recrues des départements de l’Ardèche et de l’Isère. Il fut passé en revue le 18 mai, par le chef de brigade Larroque, ne comptant pas plus de 541 présents, malgré l’arrivée de renforts. Sa compagnie de grenadiers entra dans la composition du 4ème bataillon de grenadiers de l’armée des Alpes et ses 22 pionniers étaient à Modane. Au mois d’août, il fut dirigé au siège de Lyon insurgé, et prit part à toutes les opérations jusqu’à la reddition de la ville le 9 octobre. Le 21 novembre, lui fut incorporé, trois compagnies de réquisitionnaires de Chalon-sur-Saône pour remplir ses rangs. Il fit ensuite campagne de 1793 à 1795 à l’armée des Alpes[4]. Toutefois, à la même époque, une de ses compagnies, la 3ème compagnie fut signalée le 28 septembre, à l’armée des Pyrénées-Orientales, parmi les troupes du camp de l’Union[5].

1794 :

En garnison à Lyon, il fut passé en revue le 17 janvier, puis dirigé sur Grenoble et à nouveau inspecté le 29 mars. Le représentant Dumaz déclara : « qu’il trouve l’instruction poussée très loin, mais les officiers comme dans presque tous les bataillons, moins instruits que les soldats »[6]. Il alignait alors un effectif de 832 présents et partit en garnison à Barcelonnette. Le 20 avril, il faisait partie de la brigade Vaubois. Le 3 mai, le bataillon conduit par l’adjudant-général Lacombe et le capitaine du génie Chantavoine repoussa une attaque piémontaise sur le col de la Madeleine. Le 20 juin, il était dans la division du général Petit-Guillaume et cantonna au Col des Barricades fort de 888 hommes sur un complet de 1 022 hommes[7]. Au mois d’août de la même année, il servait toujours dans la brigade du général Vaubois, qui alla former la division de la Stura, faisant la jonction entre l’armée des Alpes et l’armée d’Italie[8]. Le 18 août, alors que les Piémontais menaçaient les Barricades, une moitié du 1er de l’Aude, composée de 471 hommes cantonnait à Argenterières[9]. Il y resta jusqu’au mois d’octobre, avant de prendre ses quartiers d’hiver à Embrun. Le 10 décembre, il était à Montlyon avec le 1er bataillon de l’Isère[10].

1795 :

Il resta dans ce secteur, avec la brigade Simin, jusqu’au mois de mai, avant d’être envoyé dans la vallée d’Ubaye. Le 19 juin, il bivouaqua à Fouillouse avec la division Vaubois, région dans laquelle il resta jusqu’au mois d’août[11]. En octobre, le bataillon était au camp de Tournoux et faisait partie des troupes tirées de l’armée des Alpes pour renforcer l’armée d’Italie. Son effectif comprenait à cette date, 845 hommes présents[12].

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 209ème demi-brigade de bataille fut formée à Briançon, le 7 septembre 1795, selon Belhomme, le 6 selon Louis Susanne et le commandant Dumont. Elle se composait du 1er bataillon de l’Aude, 1er de la Drôme et 1er de l’Isère.

2ème formation :

Le 19 juin 1796, le bataillon entra dans la composition des 57ème et 85ème demi-brigades de ligne.

 

État des cadres du bataillon à sa formation, revue du 10 novembre 1791[13] :

Lieutenant-colonel Louis Barthe de Limoux, 60 ans, chevalier de Saint-Louis,

Lieutenant-colonel en second Jean-Pierre Pouget, de Péret dans l’Hérault, 30 ans,

Quartier-maître trésorier Antoine-Marie-Raymond Buisson, de Castelnaudary, 38 ans,

Adjudant-major François Cousse, de Toulouse 40 ans,

Adjudant sous-officier Alexandre Soumet, de Castelnaudary, 27 ans,

Chirurgien-major Joseph-Guillaume Divier, du Bugue en Dordogne, 32 ans

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Bernard-François Merigonde dit Laffont de Carcassonne, 18 ans, lieutenant Jean-Antoine-Alexandre Dejean de Chalabre, 26 ans, sous-lieutenant François Saurat de Belesta, 23 ans.

1ère compagnie de Limoux :

Capitaine Marie-Martin Andrieu dit Mouisse de Limoux, 23 ans, lieutenant Jean-Barthélémy Espardelier de Limoux, 31 ans, sous-lieutenant Jacques-Joseph Roumengoux de Limoux, 27 ans.

2ème compagnie de Quillan :

Capitaine André Cordier de Bélesta, 20 ans, lieutenant Jean-Baptiste Roubichon d’Alvignac 34 ans, sous-lieutenant Marc Pecherie de Bélesta, 20 ans.

3ème compagnie de Castelnaudary :

Capitaine Jean-Jacques Soulier de Castelnaudary, 44 ans, lieutenant Jean-Jacques Galabert de Castelnaudary, 24 ans, sous-lieutenant Henry-Auguste Vaissière de Castelnaudary, 27 ans.

4ème compagnie de Quillan :

Capitaine Jean-François Clottes d’Espéraza, 30 ans, lieutenant Jean Ferrand de Bugarach, 23 ans, sous-lieutenant Baptiste Siffre de Rodome, 26 ans.

5ème compagnie de Limoux :

Capitaine Barthélémy Faure de Toureilles, 27 ans, lieutenant Joseph Aymery, sous-lieutenant Antoine Aymery.

6ème compagnie de Castelnaudary :

Capitaine Jean Benazet de Montmaur, 30 ans, lieutenant François Lagarrigues de Montmaur, 22 ans, sous-lieutenant Hippolyte Rives d’Issel, 22 ans.

7ème compagnie de Castelnaudary :

Capitaine André Chambert de Fanjeaux, 30 ans, lieutenant Pierre Gleizes de Fanjeaux, 39 ans, sous-lieutenant Antoine-Abbon Lombart de Fanjeaux, 32 ans.

8ème compagnie de Limoux :

Capitaine Jean-Pierre Bézard de Chalabre, 36 ans, lieutenant Antoine Gélis de Chalabre, 26 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste-Maurice Pas de Chalabre, 20 ans.

 

État des cadres au moment de l’amalgame[14] :

Chef de bataillon en premier Louis Barthe, (déjà à ce poste en 1791),

Chef de bataillon en second Jean-Pierre Bézard, (capitaine de la 8ème compagnie en 1791),

Quartier-maître C. Vives,

Adjudant-major Alexandre Soumet, (adjudant Sous-officier en 1791),

Adjudant Sous-officier J. Trauque,

Chirurgien-major F. Cagnier.

Compagnie de grenadiers : capitaine Bernard-François Mérigonde (déjà à ce poste en 1791), lieutenant François Saurat (sous-lieutenant à la compagnie en 1791), sous-lieutenant P. Corneille.

1ère compagnie : capitaine Mouisse (déjà à ce poste en 1791, Andrieu dit Mouisse), lieutenant Baptiste Siffre (sous-lieutenant à la 4ème compagnie en 1791), sous-lieutenant G. Lue.

2ème compagnie : capitaine André Cordier (déjà à ce poste en 1791), lieutenant Marc Pecherie (sous-lieutenant à la compagnie en 1791), sous-lieutenant J. Bonnet.

3ème compagnie : capitaine A. Grill, lieutenant Henry-Auguste Vaissière (sous-lieutenant dans la compagnie en 1791), sous-lieutenance vacante.

4ème compagnie : capitaine A. Costé, lieutenant Jean Ferrand (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenance vacante.

5ème compagnie : capitaine J. B. Espardelier, lieutenant L. Bories, sous-lieutenant A. Asam.

6ème compagnie : capitaine Jean Benazet (déjà à ce poste en 1791), lieutenant Lagarrigues (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant R. Mitton.

7ème compagnie : capitaine André Chambert (déjà à ce poste en 1791), lieutenant Antoine-Abbon Lombart (sous-lieutenant dans la compagnie en 1791), sous-lieutenant J. Peytavy.

8ème compagnie : capitaine P. Gleizes, lieutenant C. François, sous-lieutenant Jean-Baptiste-Maurice Pas (déjà à ce poste en 1791).

 

Portraits :

Martin-Antoine-Marie Andrieux, né le 25 mars 1768, à Limoux dans l’Aude. Inscris le premier sur le registre des volontaires pour servir dans une compagnie franche (juillet 1791). Lieutenant dans cette compagnie (fin juillet, il s’agit des auxiliaires), il s’enrôla ensuite dans le 1er bataillon de l’Aude. Il fut élu capitaine (10 novembre), il se distingue (21 septembre 1793), à l’armée des Pyrénées-Orientales en s’emparant à la tête d’une centaine d’hommes d’une redoute ennemie, son acte de bravoure fut mentionné au bulletin de la Convention nationale de la séance du 27 septembre. Adjoint à l’Etat-major de l’armée des Alpes (30 septembre), puis adjoint de l’adjudant-général Prisye à l’Etat-major de l’armée d’Italie (5 septembre 1795), adjoint à l’Etat-major de la 17ème division militaire (Paris, 1796 et 1797). Seconda les généraux Augereau et Lemoine lors du coup d’Etat du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Le 7 novembre, il fut nommé chef de bataillon en récompense et envoyé à l’Etat-major de l’armée d’Angleterre (avril 1798), puis auprès du général de brigade Rivaud dans les départements réunis à Bruxelles (17 décembre). Il fut envoyé à l’Etat-major de l’armée d’Italie (avril 1799). Il se distingua le 28 octobre, en s’emparant avec des éléments de la 8ème demi-brigade légère d’une position retranchée devant Roncchi. Puis à nouveau le 13 novembre devant Mondovi, en remplissant en l’absence de l’adjudant-général Préval les fonctions de sous-chef d’Etat-major de l’armée d’Italie. Nommé à titre provisoire adjudant-général par Championnet et confirmé à ce grade (janvier 1800). Il prit part entre avril et juin au siège de Gênes, étant chef d’Etat-major au près du général Masséna. Il obtint un sabre d’honneur après la reddition de la place (4 juin), puis le droit de se retirer dans ses foyers. Il servit par la suite dans la 21ème division militaire de Bourges avant d’être affecté à l’Etat-major de l’armée de Saint-Domingue (28 octobre 1801). Il mourut dans l’île le 6 juillet 1802.

Jean Pierre Besard Falgas (informations communiqués par Arnaud Bezard-Falgas que nous remercions ici chaleureusement). Né à Sonnac-sur-l’Hers dan l’Aude, le 23 juillet 1746, – 1760-1762 il est élève au Collège Militaire de Sorèze (Tarn), il s’engagea pour huit ans à la Légion des Flandres (qui devint le 8e de chasseurs en 1791), où il croisa le futur maréchal Berthier alors lieutenant dans cette unité (1768), il fut élu capitaine de la 9e (ou 8e) compagnie du 1er bataillon des Volontaires de l’Aude, matricule 1100 (10 novembre 1791), il était à Elne (près de Perpignan) sous les ordres du général d’Anselme, où il envoya une réquisition au conseil municipal de Chalabre (21 avril 1792), servit l’armée des Alpes, il délivra un certificat de civisme au citoyen Barrus (4 juin), il était à Carouge (près de Genève), où ses hommes furent passés en revue par le chef de brigade La Rocque (21 avril 1793), il fut promu chef de bataillon au 1er de l’Aude (10 août), se trouvait à Caluire où il délivra un certificat de civisme (30 août), délivra de nouveau un certificat non domicilié (28 décembre), signa encore un certificat à Grenoble (21 mars 1794), il écrivit à la Convention Nationale que son bataillon manquait de tout (19 décembre 1795), c’est ici que nous perdons la trace attestée de sa carrière militaire. La tradition familiale rapporte qu’il était à la bataille de Wagram (6 juillet 1809) et qu’après avoir participé à la campagne d’Espagne, il aurait terminé sa carrière au grade de lieutenant-colonel de hussards (d’après son sabre et ses épaulettes que nous détenons, il s’agirait plutôt des chasseurs à cheval). Son dossier individuel aux archives de Vincennes est presque vide et n’apporte aucun élément sur son parcours entre 1795 et 1809. Si vous pouvez nous aider à renseigner son descendant vous pouvez nous écrire. Il mourut à Chalabre (Aude), le 19 mars 1815.

Jean-Pierre baron Pouget (1761-1825), lieutenant-colonel en second du 1er bataillon de l’Aude. Armée du Midi et des Alpes (1792-1793). Adjudant-général au siège de Lyon, chef d’Etat-major de l’armée de Lyon, général de division (1794). Commandant la 3ème division de l’armée des Alpes puis la 2ème. Vainqueur au col de la Croix (1795). Divers commandements, ville de Lyon, département du Rhône, armée d’Helvétie, puis divers départements (1796-1799). Armée d’Italie sous Suchet (1800), divers commandements à l’arrière (1801-1807). Armée d’Espagne, puis d’Italie (1808 et 1809), fait prisonnier à Leoben (1809). Divers commandements secondaires (1809-1814), baron de l’Empire (1809), chevalier de Saint-Louis (1814), chambre des Cent-jours (1815), confirmé baron (1817), en retraite (1822), c’était un fils de laboureur.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Belhomme et son Histoire de l’infanterie en France, tome 3 et 4, ainsi que le commandant Dumont et son Les bataillons de volontaires nationaux, p. 43.

[2] Journal Militaire de 1792.

[3] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, page 43.

[4] E. Deprez, Les volontaires nationaux, 1791-1793,  page 404.

[5] Chuquet, Dagobert, p. 450 et 451.

[6] Commandant Dumont, déjà cité, page 43.

[7] Krebs et Moris, Campagne dans les Alpes, tome 2,  page 272.

[8] Brigade composée du 1er de l’Isère, 1er de l’Aude, 5ème du Jura, artilleurs, guides et gendarmes et bientôt renforcés par des troupes de l’armée d’Italie, 1er chasseurs et 4ème grenadiers, pour un total de 4 822 hommes, Krebs et Moris, déjà cité, page 151.

[9] Argentière, Krebs et Moris, déjà cité, page 169.

[10] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, page 43.

[11] Idem.

[12] Krebs et Moris, déjà cité, page 321.

[13] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 42.

[14] Commandant Dumont, déjà cité, p. 43.

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