2e bataillon de l’Ain

bataillon-de-volontaires-nationaux

2ème bataillon de l’Ain[1] :

 

Date de formation : 1er décembre 1791.

Formation :

Le bataillon fut formé du 4 au 25 septembre 1791, par le tirage au sort des compagnies qui le composèrent, parmi les 17 levées dans l’Ain[2]. Huit compagnies furent alors dégagées et rassemblées à Bourg le 1er décembre 1791[3]. Une majorité des hommes était issue des districts de Belley, Gex, Nantua et Saint-Rambert. L’ordre de convocation concerna les compagnies suivantes[4] :

 

District Canton Compagnie Capitaine
Belley Belley De Belley Auteline Martin
Belley Virieux-le-Grand-Belley De Virieux Aimé Galland
Gex Gex De Gex Louis-Marie Ducemitière
Gex Ferney De Ferney Pierre-Jean Maréchal[5]
Nantua Nantua et Montréal De Nantua Jean-Marie Monnet
Nantua Oyonnax et Dortan D’Oyonnax Gabriel Sonthonnax
Saint-Rambert Ambérieu D’Ambérieu Joseph Correard
Saint-Rambert Ambronay D’Ambronay Jean-François Gallien

Cependant malgré la convocation lancée dès le 9 novembre, les volontaires ne purent recevoir la solde comme l’arrêté du département le prévoyait. Dès le départ, le plus grand désordre régna dans tout ce qui concerna, l’équipement, l’approvisionnement et l’administration pure et simple des bataillons de volontaires. Le 30 novembre 1791, jour de l’arrivée des hommes devant former le 2ème bataillon[6], le commissaire des guerres Monsieur Deschamps[7], payeur des dépenses de guerre qui avait été nommé pour le département de l’Ain, ne s’était en effet pas encore présenté… Son arrivée était pourtant annoncée 20 jours auparavant ! Le département fut forcé à l’improvisation et le receveur fut chargé en urgence de verser la somme de 6 000 livres en assignats de 5 livres pour pouvoir distribuer le plus rapidement possible les soldes. Le bataillon fut vraisemblablement constitué ainsi [8]:

Unité Noms Origines et âges Grades
Etat-major Etienne-Vincent Sédillot de Fontaine * Gex, 50 ans Lieutenant-colonel[9]
idem Charles-François-Louis Marillac * Gap, 55 ans Lieutenant-colonel en second[10]
Idem Henri Vaguière * Suisse Quartier-maître trésorier
idem Aimé Guilland * Belley, 35 ans Adjudant-major
idem Joseph Maissiat * Nantua, 25 ans Adjudant sous-officier
idem François Brandon * Belley, 54 ans Chirurgien-major[11]
Cie de grenadiers Jacques Dubreuil * Cerdon, 27 ans Capitaine
Cie de grenadiers Jacques Dubreuil * Cerdon, 21 ans Lieutenant
idem Auguste Marillac * Gap Sous-lieutenant
1ère Cie[12] Pierre-Jean Maréchal Collex et Bossy, 22 ans Capitaine
idem Joseph-Louis Métrat Ferney, 24 ans Lieutenant[13]
idem Joseph Sonnex Saconnex, 23ans Sous-lieutenant
2ème Cie[14] Jean-Marie Monnet * Nantua, 36 ans Capitaine
2ème Cie Jean Berger * Emslort (Moselle), 33 ans Lieutenant
idem Antoine Delaye * Montluel, 26 ans Sous-lieutenant
3ème Cie[15] Gabriel Sonthonnax Oyonnax, 23 ans Capitaine
idem Léger Prost * Oyonnax, 32 ans Lieutenant
idem Jean Bouvand * Dortan, 21 ans Sous-lieutenant
4ème Cie[16] François Cavorest Virieu-le-Grand, 24 ans Capitaine[17]
idem Anthelme Arnaud Rochefort (Savoie) Lieutenant
idem Joseph Rey Meyzieux (Isère) Sous-lieutenant
5ème Cie[18] Joseph Corréard Ambérieu, 25 ans Capitaine
idem Henri Corbet Ambérieu, 30 ans Lieutenant
idem Jean-Baptiste Pollet * Bellevue, 27 ans Sous-lieutenant
6ème Cie[19] Jérôme-François Gallien dit Lachaux * Saint-Jean-le-Vieux, 54 ans Capitaine[20]
idem François Brunet-Dauphin * Poncin, 19 ans Lieutenant
idem Claude-Joseph Fridon * Cerdon, 33 ans Sous-lieutenant
7ème Cie[21] Louis-Marie Ducemtière * Cessy, 27 ans Capitaine
idem Louis-François Roch Chevry 24 ans Lieutenant
idem Jean-Charles-François-André Marinet Antibes, 18 ans Sous-lieutenant
8ème Cie[22] Anthelme Martin Belley, 36 ans Capitaine
idem Joseph Bonnet Belley, 33 ans Lieutenant
idem Pierre Bal * Belley, 37 ans Sous-lieutenant

(*) Officiers ayant servi dans l’armée d’Ancien Régime, soit dans les troupes de ligne, soit dans la milice. Sur 33 officiers référencés, 20 avaient servis aux armées avant la Révolution.

 

Historique :

1792 :

La bataillon fut dirigé vers le Jura dès le 20 décembre[23] et atteignit Lons-le-Saunier le 28 décembre 1791. Il n’était pas entièrement équipé puisque que Monsieur Marillac[24], lieutenant-colonel, déclara que 60 de ses hommes étaient partis sans être habillés. Il demanda l’autorisation de faire confectionner 60 habits, 60 vestes et 60 culottes et que le département lui fasse envoyer les boutons devant garnir ces uniformes. La confusion la plus grande semble régner puisque le directoire constata que lors de son départ, le bataillon n’avait que 500 culottes sur les 1 130 qui formaient son équipement et qui étaient présentes dans les magasins de Bourg. Il constata également qu’il n’avait que 474 paires de souliers au lieu des 1 130 prévues et stockées dans le même dépôt. Le département autorisa finalement la confection des effets manquants pour « un prix modéré »[25]. Cependant quelques jours plus tard, le lieutenant-colonel Marillac fit une autre demande, cette fois à propos de la confection de 171 paires de guêtres noires[26]. Elles lui furent accordées par le département le 20 janvier, alors que le bataillon était toujours à Lons-le-Saunier[27]. Le 26 janvier, François Gouvion, chirurgien de Trévoux fut nommé chirurgien-major du bataillon par élection au directoire du département[28]. Les fournitures de ce bataillon semblent cependant avoir été plus promptes et mieux organisées que celles des 1er et 3ème de l’Ain levés à peu près dans le même temps. En effet nous ne trouvons pas trace, ou très rarement, de remboursements ordonnés par le directoire du département aux capitaines des compagnies pour les frais de fournitures et habillements[29].

Le bataillon était encore à Dôle le 9 février, lorsque le 3ème de l’Ain l’y rejoignit. Le 2ème en repartit alors bien vite dès le 11 février pour rejoindre la citadelle de Besançon. Au mois de mars, les paiements du département pour l’équipement du bataillon se succédèrent[30]. Le 15 mars, le bataillon était à l’armée du Rhin en garnison à Saverne. Il comprenait un effectif de 540 hommes[31]. Fin avril, il se trouvait au camp de Neukirch à l’armée du Rhin[32]. Le 1er mai, il était à Sarreguemines, le 1er juin à Bouquenom. Malgré son éloignement le département paya encore la fourniture de neuf tambours et de 27 colliers de tambours[33]. Le bataillon se trouvait le 14 juillet, près de Wissembourg. En août, il cantonna à Landau et emboîta la marche de l’armée, lorsque le général Custine passa à l’offensive. Il était présent à la prise de Spire, et participa à la prise du village d’Horcheim, le 14 septembre. Il servit encore à la prise de Worms, le 5 octobre, puis à celle de Mayence, le 21 octobre. Il était à Francfort le 23 octobre et marcha avec l’avant-garde du général Houchard sur Limburg[34] et Weilburg. La maladie sévissait déjà dans les rangs puisque le département de l’Ain déclara le 24 novembre, des frais d’impression pour des billets d’hôpitaux et autres pour le bataillon. Le 2 décembre, il dut battre en retraite perdant dans une affaire, 2 officiers et 11 volontaires. Sa retraite le conduisit à Mayence, puis Francfort[35] où il prit ses quartiers d’hiver dans l’île Saint-Pierre dès le 15 décembre. Le 24 décembre, le département de l’Ain fit lecture d’une lettre du lieutenant-colonel Sedillot, devenu maréchal de camp à l’armée du Rhin :

« Je viens vous annoncer que je suis maréchal de camp, votre bataillon s’est bien conduit sous mes regards avec distinction, je vous le laisse intact et ces drapeaux ont vu l’ennemi de près à Limbourg, nous avons ce jour-là marché fièrement et avec un ordre admirable. J’ai vu avec douleur quatre officiers, les nommés Mestral de Fernex, Cavorest capitaine de Saint-Jean-le-Vieux (ou de Virieu), Corbet d’Ambérieux et Bouvan d’Oyonnax, quitter lâchement à la barbe de l’ennemi et regagner leurs domiciles […] nous avons fait une rude et pénible campagne, ma triste vieillesse s’en ressent, mais j’ai une vocation décidée pour la liberté et l’égalité de tous ces sacrifices ne m’ont rien coûté. Depuis deux mois presque toujours au bivouac ou la diane à trois du matin, je me félicite de n’avoir pas succombé et d’avoir montré l’exemple. Le lieutenant-colonel ancien du 2ème bataillon de l’Ain, citoyen maréchal de camp, Sédillot, Isle du Rhin, le 16 octobre 1792 »[36].

 

1793 :

Le 1er janvier, il était dans l’île du Rhin pour un effectif de 561 hommes présents. Le 11 janvier, le département prit des mesures relativement clémentes contre le capitaine Mestral, déserteur rentré dans ses foyers. Il lui fut ordonné de rejoindre son corps, ou de se faire remplacer et dans ce cas de rembourser les 450 livres qu’il avait touché pour les frais d’équipement du grade de capitaine[37]. Pendant ce temps, le bataillon cantonna toujours dans l’île du Rhin et y resta en partie jusqu’au 20 mars[38]. Par la suite, il campa entre les forts Saint-Charles et Sainte-Elisabeth. Il était en garnison à Mayence au 1er mars, lorsque le caporal Robin de la 2ème compagnie écrivit à ses concitoyens de Montréal[39] :

« Mayence, place importante et forte, le devient chaque jour de plus en plus par les travaux qui s’y font, et mémorables à jamais par la manière dont ils sont faits dans les annales de la République. Ceux-ci offrent leurs journées de travail à la Nation, ceux-là lui font don de leurs journées de prêt, d’autres jaloux de ne pas être sur la frontière pour partager les maux et les dangers de leurs compatriotes. Des effets d’habillement vont les couvrir et les garantir. Voilà la 3ème fois qu’ils nous en arrivent quelques briques de ces dons, qui seraient notre courage à la hauteur des circonstances, s’il n’y était déjà ainsi […] enfin cantonnés à Mayence cette ville menacée, nous faisons un service assez pénible. Car tous les deux jours nous montons la garde et allons au bivouac au-delà du Rhin, au travers d’une plaine où nous avons l’ennemi à une portée de fusil de notre poste. Les Mayençais ne sont pas des gens sur lesquels on peut compter. Car, le 24 du mois passé, ils devaient prêter serment, mais la plus grande partie ne l’a pas fait, malgré les ordres du général. Tout annonce de grands combats à soutenir cette année ».

 

Le 5 avril, le département envoya de l’argent au bataillon qui était sans doute dans l’indigence à la sortie de l’hiver[40]. Il fit encore partie des troupes en garnison à Mayence au commencement du mémorable siège[41]. Avec d’autres unités, il chassa l’ennemi de Weisenau et se dota d’une compagnie de canonniers, le 11 juillet. Le 23 juillet, lors de la capitulation de la garnison avec les honneurs de la guerre, le bataillon rentra en France et il fut dirigé à l’armée de l’Ouest. En effet, les clauses de la capitulation, stipulaient que les troupes de la garnison de Mayence ne pourraient combattre les troupes de la coalition pendant la durée d’une année. Les restes de la garnison de Mayence furent alors dirigés vers la Vendée qui était en flamme depuis mars 1793. Les Vendéens, en effet, n’étaient pas compris dans les troupes alliées mais considérés comme des rebelles. Sorti le 25 juillet de la place de Mayence avec la 2ème colonne, il se mit en marche et passa par Metz, Orléans[42], Tours. Le 2ème bataillon atteignit Nantes le 8 septembre[43].

Dès lors, il fut durement mis à l’épreuve dans la fournaise vendéenne. Il entra en campagne dans les rangs de la 8ème division. Nous le trouvons à la bataille de Cholet le 17 octobre, puis aux combats de Beaupréau le 18 octobre, à celui de Mortagne puis à l’attaque d’Angers, le 5 décembre, enfin il servit à l’affaire des Mées. Le 8 décembre, il se trouvait à Rennes et il se distingua ; malgré l’abandon de poste sans congé de sept officiers ; à la bataille de Savenay le 22 décembre, qui vit l’écrasement final de l’armée Catholique Royale.

1794 :

Le 31 décembre, il se trouvait à Nantes et fit partie de l’armée des Côtes-de-Brest. Sa mission était la lutte difficile et pénible qui se déroulait contre la chouannerie de Bretagne et de Normandie. Le 9 mai, il était en garnison à Saint-Malo avec la division du général Chabot. Il comptait un effectif de 643 hommes présents[44]. Il cantonna ensuite à Dol, dès le 19 mai, où il reçut un renfort de 125 réquisitionnaires[45]. Le 18 juin, il était de nouveau à Saint-Malo ou du moins en partie comme l’atteste la lettre du lieutenant Bonnet de la 8ème compagnie à son frère Antoine Bonnet sans-culotte et activiste révolutionnaire de la ville de Belley[46] :

« Je réponds à ta lettre qui ma fait un sensible plaisir et lorsque j’ai reçu ton autre lettre, je présumai que votre affaire n’était pas mauvaise[47]. Tout cela me fait bien voir que nos ci-devants voleurs, ou avocats et procureurs étaient des gens à tout entreprendre. Heureusement que vous ne vous êtes pas mis dans le cas d’être soupçonnés de la moindre chose, car ils saisiraient le moment pour vous perdre, mais les vrais républicains n’ont à se reprocher que de n’avoir pas écrasé cette canaille dès les premiers principes de la Révolution. Nous les avons toujours reconnus comme des traîtres à la Patrie, et si nous en eussions tués chacun trois ou quatre, tous nos maux ne nous seraient pas arrivés, mais puisque nous sommes en danse, il faut danser. Tu me demandes de l’arrivée des vaisseaux anglais dans nos ports. Je désirai employer la moitié de ma paye en papier pour t’en faire passer les nouvelles tant cela me fait plaisir de les voir arriver. Par ma seconde lettre, je crois t’avoir fait part de l’entrée d’une partie d’un convoi venant des Indes et de la froté que les Anglais ont eut. Le vaisseau appelé la Montagne est reparti de Brest. Il était bien abîmé, il s’est battu contre 5 anglais et autant de bordées qu’il lâchait, autant il en mettait hors d’état de se battre. Il a été rétablit dans 24 heures. L’on prêtant qu’il y avait 5 000 ouvriers à travailler à son rétablissement. Si les hommes étaient sitôt rétablis que ce serait commode. L’on a entendu ces deux jours passés des vives canonnades tout près d’ici. L’on doute que ce soit tout près de Jarget qui n’est que de 14 lieues d’ici. On ne sait pas le résultat de cette affaire ».

« Les brigands de Charrette ont été bien battu par notre armée, ces coquins au nombre de 16 000 ont été attaqués une petite ville dont je ne me remets pas du nom, ils ont été repoussés avec une perte considérable[48]. L’on leur a pris 3 000 bœufs, 6 000 sacs de farine, et notre général a expédié 1 500 cavaliers qui ont été la nuit à leur camp et se sont annoncés, lorqu’on les a crié qui vive, comme amis du Roi (je ne peux pas écrire ce mot), ils ont entrés le sabre à la main et en ont fait une boucherie et se sont retirés cependant avec perte aux fins que faire cela ne nous empêchera pas de crier souvent Vive la République ».

 

Il cantonna encore à Saint-Malo le 2 août, puis à Rennes où il resta du 31 août au 20 octobre 1794.

1795-1796 :

Début janvier 1795 il était de retour à Saint-Malo[49] où il demeura immobile tout l’hiver. Il détacha 265 hommes à Saint-Brieuc et 287 autres les suivirent pour la même garnison au mois de mars. Le 22 mars, il fut passé en revue à l’armée des côtes de Brest et de Cherbourg. Il comprenait un effectif de 806 présents à cette date. Il fut amalgamé le 4 juin 1795, au 3ème bataillon de la Nièvre pour former la 126ème demi-brigade. Passé sous les ordres du général Hoche, il tint garnison à Loudéac, Lamballe, Moncontour et Saint-Brieuc[50]. Le 8 juin, il était à Rennes et combattit aux affaires de Josselin et de Quiberon[51] où l’armée de Hoche prit au piège l’armée anglo-émigrée débarquée dans la presqu’île du même nom. La compagnie de grenadiers s’illustra le 10 novembre où elle résista à Helvin à l’attaque de 5 000 chouans[52]. Durant l’année 1796, le bataillon cantonna toujours en Bretagne, notamment à Quimperlé où il se trouvait le 18 août.

 

Embrigadement/amalgame :

 1er formation :

Néant.

2ème formation :

Après un court amalgame effectué à Quimper pour former la 94ème demi-brigade, il en sortit le 1er octobre sur un ordre du général Hoche pour être dirigé vers Strasbourg[53]. Il fut incorporé dans cette ville le 29 octobre 1796. Cet amalgame de seconde formation eut lieu dès son arrivée, dans la 10ème demi-brigade[54] (elle-même formée le 19 février 1796 avec les 53ème et 159ème demi-brigades)[55]. Belhomme indique que cet amalgame eut lieu le 25 novembre 1796, toujours à Strasbourg. La 10ème fut constituée du bataillon de Falaise (6ème bataillon du Calvados ?), du bataillon des vengeurs (Vendée), du 4ème de la formation d’Orléans et du 2ème de l’Ain.

La 10ème était une unité de l’armée de Rhin et Moselle. Elle fit partie du centre de l’armée, sous le commandement de Desaix, division Beaupuy. Elle comptait un effectif de 2 990 hommes[56]. Elle s’illustra à la bataille de Rastatt, le 5 juillet 1796, à la bataille de Neresheim le 11 août, au combat de Geissenfeld le 1er septembre et à la défense de Kehl le 22 novembre. Nous trouvons encore mention du bataillon malgré l’amalgame, le 12 décembre. Le département évoqua le fusilier Raffin qui reçut une pension provisoire de 30 sols par jour alors qu’il était en convalescence. Quoi qu’il en soit la 10ème de ligne se distingua le 22 novembre à la défense du fort de Kehl. Elle fit ensuite la campagne de l’an VI à l’armée d’Allemagne puis passa à l’armée de l’Ouest où elle se trouvait en l’an VII. En l’an VIII et IX, elle servit à l’armée d’Italie. Pendant la désastreuse campagne d’Italie de 1799, le 2ème bataillon de la 10ème demi-brigade perdit son drapeau lors de la défense du château de Milan, le 24 mai. Et le 3ème bataillon de la 10ème demi-brigade perdit le sien à la défense de Turin, le 23 juin. Fait prisonnier, ce bataillon dut rentrer en France ayant fait la promesse de ne pas servir contre l’ennemi durant une année. Il fut dirigé vers la place De Montpellier avec le 3ème bataillon de la 12ème de ligne et le 1er bataillon de la 107ème demi-brigade faits prisonniers en même temps que lui[57]. Le 7 avril 1800, nous découvrons que Jacques Dubreuil ancien capitaine de la compagnie de grenadiers du 2ème bataillon de l’Ain était nommé par le département comme « conducteur de 50 conscrits dirigés sur Lyon »[58]. De nombreux cadres furent nommés à ces postes à cette date. Il s’agissait d’un bon moyen de faire marcher les jeunes conscrits en compagnie d’hommes qui avaient servis aux armées et qui étaient pour la plupart des « pays » des hommes qu’ils accompagnaient. Les 6 et 13 avril, la demi-brigade s’était illustrée au cours des combats des hauteurs de Savone (combats de Cadibona et San Giacomo). Elle participa à la reprise de Nice et aux combats qui permirent de repousser l’ennemi du département des Alpes-Maritimes[59]. Le 27 août, le Premier Consul imposa que la 10ème de ligne soit réduite à deux bataillons. Cette mesure fut imposée à 40 autres unités à cause de leurs effectifs pléthoriques. La suppression du 3ème bataillon fut opérée dans la place de Milan, le 2 septembre. En janvier 1801, elle faisait toujours partie des troupes de l’armée d’Italie. En 1803, la 10ème demi-brigade de ligne devint le 10ème régiment d’infanterie de ligne. Il absorba le 1er bataillon de la 82ème demi-brigade de ligne quelques temps après[60].

 

Enquête, d’après Monsieur Frédéric Hiernaux

L’épilogue du bataillon nous conduit à évoquer une autre facette du parcours des volontaires du 2ème. En effet, les volontaires étant relativement statiques aux armées de l’Ouest, ces derniers vécurent aux milieux des Bretons. Des liens se créèrent et conduisirent à de nombreux mariages dans la région de Cancale et de Saint-Malo. A Cancale, les mariages retrouvés des volontaires de l’Ain sont au nombre de 25. Ils furent célébrés durant les années 1794 et 1795 alors que les volontaires étaient dans l’Ouest depuis deux ou trois ans.  Pour Cancale il s’agissait d’un adjudant sous-officier, d’un sergent de grenadiers, de trois caporaux, trois grenadiers, deux canonniers et 13 soldats. Certains d’entre eux ont été suivis par monsieur Hiernaux. Tel est le cas de Joseph-Michel Girard, Jurassien, né le 11 mars 1762 à Saint-Claude, partit comme volontaire dans le 2ème de l’Ain. Il se maria l’un des premiers, le 11 juin 1794 avec une fille du pays et s’installa définitivement dans la région. Il poursuivit une carrière comme douanier, dans la région qui était sensible. Il mourut le 20 juillet 1803, à la pointe de la Varde et en service. Les conditions de sa mort restèrent troubles, assassinat ? Vengeance ? Citons encore Claude Bigard, né le 17 janvier 1766 à Chazey-Bons. Il se maria à la fin de 1794 alors qu’il était sergent dans le 2ème de l’Ain. Lui aussi devint douanier puis aubergiste. Il laissa une nombreuse descendance dans la région de Saint-Malo, Paramé et Cancale. Si beaucoup restèrent sur place après avoir quitté l’armée, certains rentrèrent comme Marin-François Perrody né à Contrevoz, le 9 novembre 1770. Il épousa une demoiselle du pays, lui aussi à la fin de 1794, et son premier enfant vit le jour en terre bretonne peu de temps après. Il rentra cependant chez lui avec sa petite fille sa famille ne cessant de s’agrandir. Huit autres enfants naquirent du mariage dans le village de Contrevoz entre l’an 10 et 1814. Il était simple volontaire du 2ème de l’Ain, laboureur de profession et laissa lui aussi une nombreuse descendance.

Les mariages ne se cantonnèrent pas à Cancale. A Saint-Malo sept autres mariages furent célébrés entre des volontaires de l’Ain et des filles du pays. Ils eurent également lieu en 1794 et 1795. Cette fois-ci nous trouvons un sous-lieutenant, Jean Piront des grenadiers, Romain Lyonnet tailleur en chef et deux sergents, un caporal, un canonnier et un soldat.  A Paramé, trois autres mariages sont dénombrés dont ceux d’un canonnier et d’un carabinier. A Saint-Servan, ils furent deux à prendre épouse, à la fin de 1794 : le sous-lieutenant Pierre-Joseph Bal et un volontaire. A Saint-Coulomb, deux autres mariages de volontaires furent célébrés, dont un plus tardif pendant l’année 1797. D’autres mariages de soldats de l’Ain sont référencés à Nantes (44) et à Saint-Vaast-la-Hougue (50) mais ces hommes se marièrent plus tardivement et vinrent parfois d’autres unités de l’armée. L’étude n’est sans doute pas exhaustive. Au-delà de la guerre qui les avait amenés en ces terres, ce sont des histoires familiales, des tranches de vie qui ont éclos. Ces hommes avaient su tisser des liens avec la population, s’adapter et se faire accepter. Un aspect méconnu des guerres de l’Ouest et de la vie du soldat se dévoile par cette simple énumération[61].

2e-bataillon-de-lain

État-major :

Au moment du 2ème amalgame, les cadres du bataillon s’organisaient ainsi [62] :

Unités Noms Grades
Etat-major C.F.L. Marillac * Lieutenant-colonel
idem P.J. Richard Quartier-maître
idem Maissiat Adjudant-major[63]
idem
  1. Quinton
Chirurgien-major
idem Maur Adjudant sous-lieutenant
Cie de Grenadiers Fr. Cerdon Capitaine
idem Paccallet Lieutenant
idem Piron Sous-lieutenant
1ère Cie P. Thebault Capitaine
idem Ducret Lieutenant
idem M. Girard Sous-lieutenant
2ème Cie J.B. Pollet Capitaine
idem
  1. Delaye
Lieutenant[64]
idem N. Tarpin Sous-lieutenant
3ème Cie P. Tacon Capitaine
idem J.A. Roch Lieutenant
idem
  1. Musy
Sous-lieutenant
4ème Cie Dubreuil Capitaine[65]
idem P. Bolley Lieutenant
idem Rey * Sous-lieutenant
5ème Cie Correard * Capitaine
idem A.    Dumond Lieutenant
idem Savarin Sous-lieutenant
6ème Cie P. Bal Capitaine[66]
idem Dauphin-Brunet * Lieutenant
idem P.J. Bal Sous-lieutenant
7ème Cie Sonnex Capitaine[67]
idem J.L. Tavernier Lieutenant
idem M. Gardet Sous-lieutenant
8ème Cie L. Prost Capitaine[68]
idem Bonnet * Lieutenant
idem J.B. Vuillermet Sous-lieutenant
Cie de canonniers Berger Capitaine[69]
Idem François Marillac Lieutenant
idem Lallaud Sous-lieutenant

(*) Officiers occupant la même fonction à la formation du bataillon en décembre 1791.

 

Portraits de Grognards du 2ème bataillon de l’Ain :

Pierre Bal, né le 8 septembre 1754 à Belley[70]. Il servit comme sous-officier au 38ème régiment d’infanterie de ligne (du 14 novembre 1772 à 1780). Il fut nommé sous-lieutenant de la 8ème compagnie du 2ème bataillon de volontaire de l’Ain (1er décembre 1791). Nommé capitaine (1er mai 1793) pour prendre le commandement du dépôt à Huningue par Deprez Crassier. « Bon à un grade supérieur »[71]. Capitaine de la 6e compagnie en germinal an III à Saint-Malo. « Officier intelligent, aimant la discipline. Très actif à son service »[72]. En octobre 1796, il était capitaine de la 6ème compagnie du bataillon et entra dans la 10ème demi-brigade de seconde formation.

Pierre-Joseph Bal, né le 3 mars 1770 à Belley[73]. Il savait écrire et il était praticien, fils de Joseph Bal et d’Anne Guillet. Caporal à la 6ème compagnie du 2ème bataillon de l’Ain à sa formation (1er décembre 1791), sergent-major (30 avril 1792), sous-lieutenant (1er août 1793). « Bon à remplir la place qu’il occupe »[74]. En garnison en Bretagne, il épousa Louise-Michèle Bisson, à Saint-Servan le 29 octobre 1794. « Officier intelligent, actif, aimant la discipline et susceptible d’avancement »[75]. Sous-lieutenant à la 6ème compagnie du bataillon, lors d’amalgame (octobre 1796). Il servit comme lieutenant à la  10ème demi-brigade d’infanterie (11 prairial an V), capitaine (3 novembre 1806). Il servit comme capitaine de voltigeurs au 10e régiment d’infanterie de ligne. Chevalier de la Légion d’honneur (26 juin 1805) sous le n° 475. Blessé d’un coup de feu au bras droit puis à l’œil gauche suite à une explosion lors de la prise de Capri (4 octobre 1808). Chevalier de l’ordre royal des Deux-Siciles (12 novembre 1808). Admis au collège électoral de Belley (13 mai 1815). Il vivait retiré à Belley en 1816. Il remit son brevet en février 1823 pour obtenir un nouveau brevet royal conformément à l’ordonnance royale du 26 mars 1816. Il mourut le 22 juillet 1828. Ses huit enfants eurent droit à 130 francs l’aréage de sa pension, le 20 janvier 1829.

Marie César Stanislas Savarin, né le 6 mai 1773, à Jujurieux, cultivateur. Il fut élu caporal au 2e bataillon de l’Ain (1er décembre 1791), sergent major (1er mai 1792), sous-lieutenant (10 avril 1793), lieutenant (20 messidor an II). « Propre à occuper la place qu’il occupe » et « officier instruit et zélé pour son service ». Il servit dans la 29e demi-brigade de bataille. Il passa à la 10e demi brigade légère, en l’an VIII, par ordre du général Schawenbourg. Il désapprouva le coup d’état du 18 brumaire, il démissionna (29 nivôse an IX). Il vint s’établir à Saint-Jean le Vieux, où il acheta une propriété avec Juvanon de Saint-Rambert et Antoine Brun. Pétrit des idéaux révolutionnaires, il commanda un groupe de corps franc vers Saint-Rambert en 1814 avec Juvanon. Dès le retour de Napoléon, en 1815, il se montra comme un partisan de Napoléon, dans une lettre adressée au préfet de l’Ain (17 mars 1815). Le 11 mars, en tant que lieutenant du 10e régiment d’infanterie légère, il demanda la permission à Napoléon de former un régiment temporaire d’anciens soldats, sous-officiers et officiers de l’Ain. En avril, il demanda au ministre de l’Intérieur des mesures contre les nobles, les prêtres et les fonctionnaires. A partir du 6 avril, il commanda un corps de volontaires de l’Ain contre le duc d’Angoulême. De retour à Saint-Jean le Vieux sous escorte, il intégra la Garde nationale comme lieutenant. Le 18 juillet, lors d’une inspection, il demanda l’élection des officiers et obtint d’être élu commandant. Il fut arrêté le 23 mai 1816 sous prétexte de complot contre la royauté et condamné à mort par arrêt de la cour d’assises de l’Ain du 4 septembre 1816. Il fut exécuté à Bourg, le 25 octobre 1816. Sa famille possède encore des « reliques » de cet ancêtre héroïque dont un pistolet an XIII, à lui attribué[76].

Article de Laurent B.

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[1] Etabli par Jérôme Croyet et aimablement confié à nos soins, il s’agit là d’une mouture que nous avons étoffée.

[2] Le procureur syndic de l’Ain, évoque le nombre de trente pouvant former presque quatre bataillons, AD de l’Ain, 2 L 26.

[3] La convocation du directoire du département de l’Ain, est pour le 30 novembre, afin que le bataillon soit formé dès le lendemain, 9 heures du matin, idem.

[4] Tableau établi avec le registre des délibérations du directoire du département de l’Ain, 9 novembre 1791, idem.

[5] Le département de l’Ain le proposa comme l’un des trois hommes « dont le directoire garanti la probité, les mœurs, l’attachement à la constitution et à la personne du Roi, pour servir dans la Garde du Roi ». Il est indiqué qu’il était né vers 1769, domicilié à Collex et de la taille imposante de 5 pieds et 9 pouces, idem.

[6] Le registre des délibérations du directoire indique qu’il s’agit du 1er bataillon de l’Ain, mais il faut comprendre, le premier bataillon formé dans l’Ain. Le véritable 1er bataillon fut organisé beaucoup plus tard en janvier 1792, idem.

[7] Il devait arriver à Bourg avant le 1er décembre avec l’argent nécessaire, AD de l’Ain, 2 L 25 et 26.

[8] Tableau constitué d’après le commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 4.

[9] Etienne-Vincent Sédillot de Fontaine (1741- ?), né à Gex. Lieutenant au régiment de Champagne (1757), capitaine (1773), passa au régiment d’Austrasie (1779), chevalier de Saint-Louis (1782), major (1783), capitaine commandant des grenadiers (1785). Retiré avec pension (1789). Président du Conseil Général du département, commandant la Garde Nationale de Gex et du district. Lieutenant-colonel du 2ème bataillon de l’Ain (1er décembre 1791), maréchal de camp (6 décembre 1792), démissionnaire comme ex-noble (30 août 1793).

[10] Charles-François-Louis Marillac (1736-1800), soldat au régiment de Languedoc (1748), lieutenant (1754), passa au régiment de Fischer (1759), capitaine (1760), chevalier de Saint-Louis (1782), major avec pension (1784). Officier municipal de Nantua, entrepositaire des tabacs. Volontaire avec sept de ses enfants. Lieutenant-colonel en second du 2ème bataillon de l’Ain, puis en 1er (6 décembre 1792). Chef de brigade (12 août 1793). Surnuméraire à la 10ème demi-brigade, puis à la 89ème. Président du conseil de révision. Il mourut à Strasbourg, le 4 août 1800. Il avait eu cinq fils tués aux armées, dont quatre dans son propre bataillon.

[11] Les registres de délibérations du directoire du département, indiquent que le chirurgien-major était François Gouvion. Mais Eugène Dubois indique comme le commandant Dumont que ce fut d’abord François Brandon de Belley dès le 16 décembre 1791, puis Claude Balme de Belley qui revenait d’Amérique où il avait exercé la médecine, Histoire de la Révolution dans l’Ain, tome 1, p. 427.

[12] Dite « de Fernay ».

[13] Aussi appelé Mestral. Entre temps devenu capitaine, il déserta au mois d’octobre 1792 et rentra chez lui à Ferney-Voltaire. Il reçut un certificat de Marillac en date du 4 octobre 1792 : « qui atteste qu’il a servi depuis le 1er décembre 1791 jusqu’à ce jour avec zèle et distinction ». Le 11 janvier 1793, il fut mis en demeure de se faire remplacer et de rembourser les 450 livres reçues à son engagement, où de rejoindre son corps.

[14] Dite compagnie de « Nantua ».

[15] Dite compagnie « d’Oyonnax ».

[16] Dite compagnie de « Virieu-le-Grand ».

[17] Lui aussi déserteur et sommé le 16 janvier 1793, de procéder à son remplacement et au remboursement de sa prime d’engagement, s’il ne rejoignit pas son bataillon, AD de l’Ain, 2 L 31.

[18] Compagnie dite « d’Ambérieu ».

[19] Compagnie dite « d’Ambronay ».

[20] Chevalier de Saint-Louis d’après le commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 4.

[21] Compagnie dite « de Gex ».

[22] Compagnie dite « de Belley ».

[23] 544 hommes à son départ, Jean-Michel Lévy, Formation de… op cit, p. 100.

[24] Le département déclara le 7 mars 1792, que le sieur Marillac, citoyen de Nantua, lieutenant-colonel en second du 2ème bataillon des volontaires de l’Ain était déchargé de sa contribution patriotique, l’entrepôt de tabac qui était sa seule ressource lui avait été supprimé, Octave Morel, Inventaire… op cit, page 249.

[25] AD de l’Ain, 2 L 27.

[26] L’adjudication de l’équipement et de l’habillement avait été attribuée au négociant Rollet de Bourg qui s’était engagé à livrer tout le matériel avant le 1er décembre 1791. Il ne semble pas qu’il put tenir cet engagement puisque nous trouvons trace de ces demandes. Le département spécifia que le bataillon était parti avec seulement 397 paires de guêtres, AD de l’Ain, 2 L 26.

[27] Octave Morel, idem, p. 91.

[28] Ibidem, p. 92.

[29] Dans les deux autres bataillons, les capitaines ont souvent avancé de fortes sommes d’argent pour équiper et habiller leurs hommes. Ce n’est quasiment pas le cas pour le 2ème bataillon. A peine trouvons-nous un remboursement de 74 livres pour le capitaine Monet en date du 4 juin 1792, pour paiement du sieur Hilaire fils négociant à Bourg, AD de l’Ain, 2 L 29.

[30] Notamment 69 livres et 11 sols pour des souliers fournis à la compagnie de Monsieur Chatron, 4 029 livres pour fourniture d’habits fournis à la compagnie de Monsieur Truche, 2 768 livres pour la fourniture d’habits de la compagnie du capitaine Piot, 200 livres pour fournitures d’habits à la compagnie de Monsieur Hilaire, 2 357 livres pour fournitures à la compagnie du sieur Prodon, 1 231 livres pour fournitures d’habillement à la compagnie du capitaine Favre, 81 livres au chirurgien-major Gouvion, 110 livres au capitaine Jacquet. Octave MorelInventaire… op cit, p. 97.

[31] E. Desbrières, La cavalerie pendant la Révolution, tome 1, p. 108.

[32] Eugène Deprez, Les volontaires… op cit, p. 395.

[33] Octave Morel, idem, p. 112.

[34] Le lieutenant-colonel Sedillot écrivit une lettre au directoire du département de l’Ain pour vanter la belle conduite du bataillon, notamment à l’affaire de Limbourg. Il signala pourtant la désertion « à la barbe de l’ennemi » de quatre officiers : Mestral de Ferney, le capitaine Cavorest de Virieu-le-Grand, Corbet d’Ambérieu, Bouvan d’Oyonnax, Octave Morel, ibidem, p. 134.

[35] Dans la déroute de Francfort, le 2ème bataillon perd tous ses bagages et ses fourgons, Jean-Michel Lévy, Formation de… op cit, p. 120.

[36] AD de l’Ain, 2 L 31.

[37] Faute de quoi il sera arrêté et emprisonné, les mêmes mesures furent prises contre Henri Corbet officier déserteur rentré lui aussi dans ses foyers. Le 16 janvier, c’était au tour des capitaines Cavoret de Virieu-le-Grand et du lieutenant Bouvant d’être mis en demeure de rejoindre leur corps ou de se faire remplacer et de rembourser leurs frais d’équipements, Octave Morel, Inventaire… op cit, p. 136 et 137.

[38] Entre temps le lieutenant-colonel Sédillot fut remplacé par Charles-François-Louis Marillac (1748- ?), servit dans l’armée d’Ancien Régime dès l’âge de 12 ans. Libéré il devint entrepreneur de tabac et officier municipal de la ville de Nantua en 1790. Lieutenant-colonel en second dans le 2ème bataillon. Blessé deux fois, il fut promu le 26 août 1793 chef de brigade. En l’An III, il était noté comme « propre à un grade supérieur » et en l’an IV comme « recommandable par ses services et son infatigable activité », J.M Lévy, Formation de… op cit, p. 123.

[39] Jérôme Croyet, Dictionnaire… op cit.

[40] Octave Morel, ibidem, p. 153.

[41] 561 hommes présents au bataillon durant le siège, il termine ce dernier au moment de la capitulation avec 488 hommes. J.M Lévy, idem, p. 188.

[42] D’après Deprez des recrues du bataillon firent le trajet de Huningue dont ils partirent le 26 août 1793 à Orléans où ils arrivèrent le 15 septembre, Eugène Deprez, Les volontaires… op cit, p. 395.

[43] Il rejoignit l’armée de l’Ouest, J.M Lévy, Formation de… op cit, p. 188.

[44] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 5.

[45] 40 hommes d’Etampes, 50 de l’Indre, Commandant Dumont, idem.

[46] Jérôme Croyet, Dictionnaire… op cit.

[47] Son frère Antoine fut arrêté sur ordre du Comité de Salut Public le 2 floréal An II comme ultra révolutionnaire (21 avril 1794, les hébertistes étaient montés à l’échafaud un mois plus tôt).

[48] Il s’agit probablement de l’attaque de la ville de Challans par les bandes de Charrette, Stofflet et Sapinaud. Les blancs étaient au nombre de 8 000 à 10 000 hommes. La ville hérissée de retranchements fut défendue par le général Dutruy. Le combat eut lieu le 6 juin 1794. Un bataillon d’Orléans et un bataillon de la Côte d’Or brisèrent l’élan des Vendéens qui laissèrent 600 hommes sur le terrain. Cette attaque visait à reprendre le contrôle du marais du Perrier, pris par Dutruy dans le mois de mai et « couvert de 50 000 bêtes à corne et d’abondantes moissons, Dutruy avait aussitôt demandé 1 500 pionniers pour enlever ces richesses », Emile Gabory, Les guerres de Vendée, p. 396.

[49] Il fut passé en revue et comptait à ce moment 806 hommes sur un effectif théorique de 1 061. Il perdit entre le départ et cette date 255 hommes dont 180 soldats décédés, 12 déserteurs, 11 réformés, 10 congédiés, 13 rayés des contrôles, 14 passés à d’autres corps, 15 promus officiers, Jean-Michel Lévy, Formation de… op cit, p. 100 et 183.

[50] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 5.

[51] Il perdit deux hommes lors du siège, J.M. Lévy, idem, p. 188.

[52] Il perdit 14 hommes, idem.

[53] Il entra dans la composition du 3ème bataillon de cette demi-brigade.

[54] 126ème demi-brigade si l’on en croit Deprez, Les volontaires nationaux, 1791-1793, p. 395.

[55] Louis Suzanne, L’ancienne infanterie française, indique qu’un amalgame a pourtant eu lieu, celui du 1er bataillon du 88ème, du 12ème de la formation du Jura, du 4ème de la Côte d’Or, du 4ème bataillon de la formation d’Orléans, du 1er bataillon des Vengeurs (Vendée), du 6ème du Calvados et du 2ème de l’Ain, pour former la 159ème demi-brigade. Il est donc probable que le 2ème de l’Ain effectue 3 amalgames, un premier non réalisé aux armées de l’Ouest, un second provisoire pour former la 159ème demi-brigade, puis un dernier entre les 53ème et 159ème demi-brigade pour former la 10ème demi-brigade de Ligne.

[56] Dedon, Précis des campagnes de l’Armée de Rhin et Moselle, p. 8 et 9.

[57] Belhomme, Histoire de… op cit, p. 193.

[58] Octave Morel, Inventaire… op cit, p 531.

[59] Jules Du Camp, Histoire de l’armée française », tome 4, annexe iij.

[60] Digby Smith, Napoleon’s… op cit, p. 59.

[61] Les données qui ont permis les deux derniers paragraphes nous ont été transmises par monsieur Frédéric Hiernaux, généalogiste professionnel et grâce au site internet cancagen.fr.

[62] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 5.

[63] En 1791, il était adjudant sous-officier du bataillon.

[64] En 1791, il était sous-lieutenant dans la même compagnie.

[65] Un des deux Jacques Dubreuil, lieutenant et capitaine à la compagnie de grenadiers en 1791.

[66] En 1791, sous-lieutenant à la 8ème compagnie, voir biographie, page suivante.

[67] En 1791, sous-lieutenant à la 8ème compagnie.

[68] En 1791, lieutenant à la 3ème compagnie.

[69] En 1791, lieutenant à la 2ème compagnie.

[70] Jérôme Croyet, Dictionnaire… op cit, presque littéralement repris.

[71] Etat des services des officiers du 2e bataillon de l’Ain, Saint-Malo, 4 germinal an III, A.D. Ain 108 J.

[72] Tableau des officiers du 2e bataillon de l’Ain, 126e demi-brigade, Broons, 7 nivôse an IV, idem.

[73] Presque entièrement repris du dictionnaire de Jérôme Croyet, idem.

[74] Etat des services des officiers du 2e bataillon de l’Ain, Saint-Malo, 4 germinal an III, A.D. Ain 108 J.

[75] Tableau des officiers du 2e bataillon de l’Ain, 126e demi-brigade, Broons, 7 nivôse an IV, idem.

[76] Article de Jérôme Croyet.

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