1er bataillon du Cantal

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon du Cantal :

Date formation : Il fut formé le 10 juillet 1792, le 8 selon Belhomme1.

Formation :

Le département au moment des événements de la fuite du roi Louis XVI à Varennes, décidé de l’organisation d’un bataillon de volontaires du Cantal (28 juin 1791). La ferveur patriotique du Cantal ne fut toutefois pas au rendez-vous, comme l’écrit le procureur-général syndic du département dès le 27 juillet :

« Messieurs, c’est avec le chagrin le plus vif que le Directoire du département voit la lenteur avec laquelle les gardes nationales s’organisent dans quelques parties du département. Comment peut-on allier un patriotisme soutenu et éclairé, tel que celui qu’ont montré presque tous les habitants de ce département, dans toutes les occasions, avec une insouciance aussi complète ! Fut-il jamais un temps où tous les bons citoyens doivent se rallier plus que celui où la constitution qui fait notre bonheur est sur le point de s’achever ? Chacun doit s’empresser de remplir ses devoirs »2.

Il n’y eut finalement aucune formation d’un bataillon en 1791.

Avec l’arrivée de la guerre (mars 1792), un bataillon fut finalement formé l’année suivante. Environ 600 volontaires se présentèrent, 250 du district d’Aurillac, dont 107 d’Aurillac, 43 de la ville de Maurs, 58 du district de Maurs, dont 28 de Maurs, 154 hommes du district de Murat, dont 64 de Murat et 27 d’Allanche, 156 volontaires du district de Saint-Flour, dont 97 du chef-lieu. Une commune sur cinq du département envoya des volontaires, environ la moitié étaient du district d’Aurillac, 13 communes seulement dans les districts de Mauriac et de Saint-Flour envoyèrent des volontaires3. Cependant des communes telles que Ruynes (853 habitants) envoya 22 hommes, et celle d’Anglars-de-Saint-Flour (464 habitants), 35 hommes, montrant une grande disparité dans les motivations faibles de ce département de l’Auvergne.

Historique :

1792 :

Le bataillon fut placé sous le commandement de Chazot, un ancien militaire, les compagnies furent formées, le bataillon fut dirigé sur Clermont-Ferrand en septembre, puis sous les ordres du général Toulangeon, commandant la 6e division militaire à Bourg (Ain). Les hommes désertèrent en masse immédiatement, aspirant à rentrer dans leur foyer. En novembre et décembre, arguant de la loi leur permettant de rentrer chez eux, une centaine d’hommes quitta le bataillon.

1793 :

En janvier, le bataillon se trouvait à Perpignan4.

1794 :

Le 19 avril, le bataillon servait à l’armée des Pyrénées-Orientales dans la division du centre, à Bages5. En novembre, le bataillon faisait toujours partie de cette armée, brigade Martin avec le 4ème bataillon des Pyrénées-Orientales, le 6ème de la Dordogne, le 3ème de l’Ardèche, le 3ème des chasseurs des montagnes, le 3ème de la Haute-Loire, et le 1er de la Montagne de Toulouse6.

1795 :

Le 3 février, à Roses, le 1er bataillon de la Montagne (Haute-Garonne) fut incorporé dans ses rangs7.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 8ème demi-brigade légère fut formée le 19 juin 1795, à Figuières, selon Belhomme. Elle se composait du 8ème bataillon des chasseurs, du 1er du Cantal et du 2ème de la légion de la Moselle (Bertaud et Roucaud8, Susanne et le Journal de l’an VII). Toutefois Belhomme cite le 4ème bataillon de la Légion de la Moselle. Il est probable que Belhomme soit dans le vrai malgré qu’il soit le seul auteur à citer le 4ème bataillon, pour la bonne raison que le 2ème bataillon de la Moselle fut versé en 1793, dans le 26ème bataillon de chasseurs.

2ème formation :

En seconde formation, elle devint la 4ème demi-brigade légère.

Portraits :

Alexis-Joseph Delzons, né en 1775 à Aurillac, lieutenant au 1er bataillon du Cantal (1792), capitaine (1793), chef de bataillon (1796), chef de brigade (1798), général de brigade (30 novembre 1801), général de division (15 février 1811), commandant la 1ère division du 4ème corps en Russie (depuis le 6 janvier 1812). Chuquet qui cite Dedem dit :

« c’était un officier distingué, mais il arriva deux heures trop tard au pont de Malo-Iaroslavets et ce retard de deux heures changea la face des affaires, s’il avait ponctuellement exécuté ses ordres, il se serait emparé de la position sans tirer un coup de fusil ». Griois raconte : « Le corps d’armée du Vice-roi prit seul part à cette affaire qui fut un des plus beaux combats de la campagne. Eugène y déploya le sang-froid d’un général consommé et la bravoure d’un soldat. Notre perte fut évaluée à 4 000 hommes. L’armée regretta surtout Delzons, il fut tué en marchant à la tête de ses troupes pour rentrer dans la ville dont ses premiers bataillons avaient été débusqués. Son frère officier supérieur qui servait à l’Etat-major, fut renversé près de lui à l’instant où il se précipitait pour le secourir et l’enlever du champ de bataille, et tous deux périrent dans le même moment et furent enterrés ensemble, la perte des russes dut être au moins aussi considérable que la nôtre ».

Jean-Baptiste-Antoine-Céraud Delzons, né à Aurillac en 1787, élève à l’Ecole militaire de Fontainebleau (1805), sous-lieutenant (1806), lieutenant et aide de camp de son frère aîné (1808), capitaine (1809), promu chef de bataillon (1812)9.

Joseph Palis, né le 10 avril 1777, à Aurillac dans le Cantal. Engagé volontaire au 1er bataillon du Cantal (8 juillet 1792), caporal (15 mars 1793), fourrier (5 nivôse an II), sergent (3 ventôse an II), sergent-major (1er vendémiaire an III), sous-lieutenant (1er nivôse an V), lieutenant (16 floréal an VIII), adjudant-major (8 prairial an XII), chef de bataillon (3 novembre 1807), major au 152e d’infanterie par décret impérial (3 février 1813). Chevalier de la Légion d’honneur, campagne dans les Pyrénées (1793), campagne d’Italie (entre 1794 et 1797), campagne d’Egypte (entre 1798 et 1801), à la Grande Armée (1805 et 1806), campagne de Pologne (1807), campagne d’Espagne (entre 1808 et 1810(, campagne de Saxe (1813).

« Cet officier s’est parfaitement distingué à Lonato en Italie en défendant avec quelques-uns de ses camarades une pièce de canon contre les Autrichiens et empêcha par son intrépidité qu’elle ne tombât en leur pouvoir, il y fut blessé ». « Au siège du Caire, en Egypte, avec quatre compagnies de grenadiers, il s’empara d’un quartier de la ville, défendue par les Turcs. Le commandement de la compagnie lui étant resté par la mort de son capitaine, il reçut trois coups de feu qui ne le blessèrent que légèrement ».

Cité à l’ordre du jour de l’armée par le maréchal Soult et le général Reynier, commandant le 2e corps d’armée en Espagne et dans le rapport du prince d’Esslingen, aux affaires de Busaco au Portugal pour sa belle conduite à la tête de son bataillon. Blessé à l’épaule droite au siège de Roses à la joue droite (16 thermidor an IV), de deux coups de feu au bras gauche au siège du Caire en Egypte, d’un coup de feu à la jambe droite à la prise d’Oporto (29 mars 1809), d’un coup de feu au bras gauche (1er septembre 1810) à Busaco, blessé à Lunebourg (2 avril 1813). Prisonnier de guerre le 7 octobre 1810 et rentré le 27 juin 1812. A nouveau prisonnier de guerre le 2 avril 1813 à Lunebourg, passé au 18e de ligne le 16 juillet 181410.

Article de Laurent B.

sehri

1 Belhomme, Histoire de l’infanterie en France, tome 4 et 5.

2 Jean-Baptiste Serres, Histoire de la Révolution en Auvergne, tome 2, p. 169.

3 Jonathan R. Dalby, Les paysans cantaliens et la Révolution Française (1789-1794), p. 124.

4 Journal militaire de 1793.

5 Chuquet, Dugommier.

6 Chuquet, Dugommier.

7 Belhomme, Histoire de l’infanterie en France, tome 4.

8 Bertaud et Roucaud, Inventaire des registres matricules des demi-brigades de bataille, série 17 YC, archives de Vincennes.

9 Mémoires de Griois, tome II, p. 85 et 86.

10 Historique du 152e d’infanterie, 1893, pages 189 et 190.

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