1er bataillon de la Corrèze

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1er bataillon de la Corrèze :

Date de formation : selon Belhomme, il fut formé le 10 octobre 17911. Le commandant Dumont confirme cette date2.

Formation :

Il se forma de 571 volontaires, choisis dans une liste de 721 hommes de divers districts qui se rassemblèrent à Tulle (10 octobre 1791), le bataillon fut bientôt organisé (15 octobre). Il fut passé en revue par le maréchal de camp de Marcé, assisté du procureur général syndic du département. Il n’avait pas d’habillement, aussi resta-t-il longuement sur place.

Historique :

1791 :

Il se mit en route pour Limoges (30 novembre), passa par Orléans et atteignit Pont-Sainte-Maxence (15 décembre). L’état major et trois compagnies y prirent leurs quartiers d’hiver, deux compagnies s’installèrent à Verberie, trois à Senlis. Il ne tarda pas à créer d’importants désordres.

1792 :

Le 1er janvier, il était en garnison à Pont-Saint-Maxence (département de l’Oise). Il se livra à des arrestations arbitraires créant du désordre lors du son passage à Senlis et Pont-Sainte-Maxence, créant lui-même des désordres fâcheux. Il fut envoyer dissiper des attroupements et des émeutes qui s’opposaient au transport des grains sur l’Oise. Il eut un engagement avec des émeutiers, à l’abbaye d’Ourscamps, rétablit le calme et rentra dans sa garnison de Pont-Saint-Maxence. Il fut affecté à l’armée du Rhin en 17923, et se mit en route pour la Bourgogne (10 mars), rejoignit Auxonne (23 mars), puis Belfort (28 avril). Il entra sur le territoire de Porrentruy, avec les forces de l’armée du Rhin du général Custine. Les Français y établirent bientôt un département du Mont-Terrible (1793-1800). Le bataillon s’installa à la défense des gorges, un détachement dans le château de Porrentruy. Il occupa Errangies (15 août), Cornol (1er octobre), laissant un détachement d’une centaine d’hommes au camp de Saint-Louis, puis rentra pour prendre ses quartiers d’hiver à Porrentruy (novembre). Il quitta cette ville (6 novembre), pour rejoindre le général Ferrier au camp de Plobsheim, cantonnant à Bartenheim (1er décembre), 3e brigade de la division d’Huningue (15 décembre).

1793 :

En janvier, le bataillon se trouvait à Plobsheim. Son dépôt se trouvait à Porentruy4. Il se déplaça à Schlestadt, rejoignant la division du Haut-Rhin (19 janvier), passant par Strasbourg. Il servait dans la division de gauche, brigade Gilot, à Guntersblum (1er mars), et soutînt un combat contre les Prussiens à l’attaque des hauteurs de Stromberg (19 mars), à l’attaque de Bingen (27 mars), un détachement résista avec opiniâtreté en défendant le village de Wald-Algesheim. Il se trouvait à Steinfels (24 avril), puis à l’avant-garde de Landremont (6 mai), il participa à l’attaque d’Herxheim, bousculant l’ennemi, puis au combat malheureux de Rixheim (27 avril). Il campa à Fischbach (1er juillet), recevant les éloges du général en chef Beauharnais, pour sa conduite à l’affaire de Franckweiler (21 juillet), ainsi qu’à l’attaque de la Chapelle-Saint-Anne (22 juillet). Il bivouaquait à l’avant-garde, à Serslaid (1er août), puis à Schaidt, comprenant 666 présents sous les drapeaux (15 août). Il combattit à la bataille de Bienwald, contribuant à repousser l’ennemi de la forêt du même nom (26 août), et laissa le lendemain une quarantaine d’hommes sur le champ de bataille. Il se trouvait à la division Dietmann, aux lignes de Wissembourg (1er septembre), combattant à la bataille de la Lauter (18, 19 et 20 septembre), campant à Nieder-Otterbach (22 septembre). Il fut affecté à la garde du quartier-général, bivouaquant dans l’île de la Cense, avant-garde, division du général Meynier (30 octobre)5. Le bataillon se trouvait toujours dans cette armée, avant-garde du général Desaix, défendant le bois de Philoffen (17 décembre)6.

1794 :

Il servait à la 1ère division de l’armée du Rhin, cantonnant l’hiver à Rôschwoog, avec un effectif de 489 hommes, déjà très amoindri. Il se trouvait à Stattmaten (11 janvier), Reichstett (20 janvier), puis fut renforcé par 310 réquisitionnaires du district de Mirecourt, département des Vosges (23 et 24 janvier)7. Il occupa Walsheim (février/mars), y fut passé en revue par Rougemont (17 mars). Il se trouvait aux postes avancés à la reprise de la campagne, à Neuhofen (18 avril), où il fut attaqué par les Autrichiens qu’il repoussa (23 mai). Ayant subit beaucoup de pertes par l’usure de la guerre, il reçut encore un contingent de 200 réquisitionnaires de la Charente, se trouvant à Ober-Hochstadt (11 juin)8.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 7ème demi-brigade légère fut formée selon Belhomme, le 24 juin 17949, à Answeiler. Le commandant Dumont indique un autre lieu : Nieder-Hochstadt. Sa formation comprenait le 7ème bataillon des chasseurs, le 1er de la Corrèze et le 2ème de la Dordogne.

2ème formation :

La 7ème légère devint la 3ème demi-brigade légère de seconde formation, le 5 mars 1796, à Savone.

État des cadres à la formation : revue du 23 octobre 179110 :

État-major :

Lieutenant-colonel Antoine-Guillaume Delmas, d’Argentat, 25 ans,

Lieutenant-colonel en second Joseph-Guillaume Martin, de Brive, 42 ans,

Quartier-maître trésorier Jean Chassaignac, de Juillac, 26 ans,

Adjudant-major Jean Garriot, de Lyon, 38 ans,

Adjudant sous-officier Pierre Giron, 31 ans,

Chirurgien-major Léonard Boudrye de Tulle, 21 ans.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Étienne-Ambroise Berthelmy, de Vauvillers, 27 ans, lieutenant non connu, sous-lieutenant Blaise Laborde d’Ouzenac.

1ère compagnie : (d’Ussel)

Capitaine Jean-Baptiste Junieyroux de Cheyssac, 45 ans, lieutenant David Veyssier de Bort, 32 ans, sous-lieutenant non connu.

2ème compagnie : (de Brive)

Capitaine non connu, lieutenant Raymond Penières d’Argenton, 22 ans, sous-lieutenant Pierre Lafeuillade de Brive, 27 ans.

3ème compagnie : (de Brive)

Capitaine non connu, lieutenant Pierre-Jacques Albert de Beaulieu, 21 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste Poutroy de Brive, 27 ans.

4ème compagnie : (de Brive)

Capitaine Étienne Dalmay de Saint-Robert, 25 ans, lieutenant Étienne Latreille de Saint-Robert, 21 ans, sous-lieutenant Gaspard Sclafer de Turenne, 18 ans.

5ème compagnie : (de Tulle)

Capitaine Louis Pourchet de Tulle, 39 ans, lieutenant Bonnaventure Lagarde de Tulle, 25 ans, sous-lieutenant Bouchet.

6ème compagnie : (de Brive)

Capitaine Martin Andrieu, lieutenant Léonard Amant, sous-lieutenant Gabriel Lacroix de Brive, 26 ans.

7ème compagnie : (d’Uzerche)

Capitaine Noël Gouyon, lieutenant et sous-lieutenant non connus.

8ème compagnie : (d’Uzerche)

Capitaine non connu, lieutenant Simon Breuilh d’Arnac-Pompadour, 26 ans, sous-lieutenant Jean Guirande de Vigeois, 32 ans.

État des cadres au moment de l’amalgame du 24 juin 179411 :

État-major : Chef de bataillon P. Cassagne, quartier-maître trésorier L. Lanot, adjudant-major M. Duval, chirurgien-major L. Boudrye (déjà à cette place en 1791).

Compagnie de grenadiers : capitaine C. M. Motard, lieutenant J. Soulet, sous-lieutenant E. Montal.

1ère compagnie : capitaine Jean-Baptiste. Junieyroux (déjà en poste en 1791), lieutenant David Veyssier (déjà en poste en 1791), sous-lieutenant L. Veillant.

2e compagnie : capitaine Raymond Penières (lieutenant en 1791), lieutenant Pierre Lafeuillade (sous-lieutenant en 1791), sous-lieutenant J. B. P. Tillinat.

3e compagnie : capitaine J. Chassaignac, lieutenant Pierre-Jacques Albert (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant F. Barrot.

4e compagnie : capitaine Étienne Dalmay (déjà à ce poste en 1791), lieutenant Étienne Latreille (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant Gaspard Sclafer (déjà à ce poste en 1791).

5e compagnie : capitaine Louis Pourchet (déjà à ce poste en 1791), lieutenant J. Guirande, sous-lieutenant L. Collier.

6e compagnie : capitaine J. Garriot, lieutenant L. Dumas, sous-lieutenant Gabriel Lacroix (déjà à ce poste en 1791).

7e compagnie : capitaine Noël Gouyon (déjà à ce poste en 1791), lieutenant J. B. F. Barry, sous-lieutenant A. Lavigerie.

8e compagnie : capitaine P. Larroque, lieutenant Simon Breuilh (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant F. Soulet.

Compagnie de canonniers : sous-lieutenant J. P. Drieux.

Portrait :

Étienne-Ambroise Berthelmy, né à Vauvilliers, ingénieur des ponts et chaussées dans le département de la Corrèze (1791), capitaine de grenadiers au 1er bataillon de la Corrèze, envoyé avec son bataillon à l’armée du Rhin, il fut chargé de lever une carte militaire du cours des rivières de Birche et de Lucelle dans la région de Porentruy, adjoint aux adjudants-généraux à l’armée du Rhin, il servit à l’avant-garde lors de la campagne du Palatinat (1792), servit à la prise de Spire où il fit prisonnier 400 Croates, et à la prise de Mayence, chargé de réunir des cartes de la Franconie et de la Westphalie, il servit aux combats de Sarrebourg puis de Limbourg (novembre), il se mit à la tête du 1er bataillon du Jura, poursuivit les Prussiens dans les rues de cette ville, puis participa avec une dizaine d’hommes à une reconnaissance, servit encore aux combats d’Hocheim et de Kosteim, de Stromberg, Bingen et d’Alzey (fin 1792, début 1793), passa à l’armée de Moselle, servit au combat d’Hombourg, promu provisoirement chef de brigade aide de camp, puis général de brigade mais refusa cette dernière promotion, conservant seulement la première. Envoyé à Paris pour rendre compte de la situation au Comité de Salut Public, mais envoyé sur le champ à l’armée du Nord, avec le grade général de brigade, il servit à la bataille d’Hondschoote (7-9 septembre), mais fut dénoncé et emprisonné à Arras, conduit à Paris et emprisonné aux prisons de l’Abbaye puis de la Conciergerie, antichambres de la guillotine, libéré après le coup d’État du 9 thermidor (6 août 1794), nommé à l’armée des Pyrénées, mais la paix stoppa les opérations, il rentra dans ses foyers (1795), élu au Conseil des Cinq-Cents pour la Corrèze, nommé tribun, mais évincé, sollicité par Gouvion Saint-Cyr pour reprendre du service (1801), il préféra rester en retraite et fut compris dans le licenciement de l’armée en 1814.

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux 1791, p. 65.

3 Journal Militaire de 1792.

4 Journal Militaire de 1793.

5 Ordre de bataille de la collection Nafzinger, 30 octobre 1793.

6 Ordre de bataille de la collection Nafzinger, tiré de l’ouvrage de Chuquet sur le général Hoche.

7 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, 1791, p. 65.

8 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, 1791, p. 65.

9 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, 1791, p. 65, qui confirme la date.

10 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 64.

11 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 65.

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