Bataillon dit de la Fraternité

bataillon-de-volontaires-nationaux

Bataillon dit de la Fraternité :

Date de formation : mars 1793

Formation :

Composé de compagnies de la Charente venues de Blanzac et de Ruffec sont rassemblés avec des hommes de Lusignan, Civray, Rochechouart et Saint-Auvant dans la division dite de la Châtaigneraie sous les ordres de Chalbos.

Historique :

1793 :

Il se mit en route à la toute fin de mars pour rejoindre les troupes devant tenter de briser le siège des Sables-d’Olonne mené par les insurgés vendéens. Le commandant en second était le lieutenant-colonel Benoist. Ils marchèrent sur Saint-Hermant. En route, ils mirent le feu au château du chef vendéen Du Chaffaud, s’amusèrent à détruire les murailles en canonnant pendant cinq heures la bâtisse. La garnison des Sables fit pendant ce temps deux sorties, les 25 et 30 mars dispersant les troupes de Joly et s’emparant de 17 canons, Léridon écrivit :

« Les Vendéens ont perdu un grand nombre d’hommes, et parmi eux le fils de Joly et deux prêtres, on juge les rebelles, et on vient d’en guillotiner plusieurs »1.

Le poste de la Châtaigneraie fut attaqué par 12 000 insurgés avec 600 cavaliers et 25 canons (12 mai). Chalbos vaincu dut se replier en abandonnant le poste, malgré une vigoureuse résistance : « les cavaliers qui sont venus à Niort nous ont assuré qu’à l’affaire de la Châtaigneraie aucun de nos concitoyens de la Charente n’a été tué ou blessé ». Chalbos se replia sur Fontenay et les communications de l’Armée des Sables-d’Olonne furent menacées, seulement assurées par cette localité. Les Vendéens perdirent du temps en pillant Châtaigneraie, ce qui donna le temps à Chalbos de fortifier la ville de Fontenay. Une attaque lancée le 16 mai, fut repoussée par les généraux Sandoz et Chalbos sous les murs de la ville. Sandoz écrivit :

« Les Vendéens ont fui, on leur a pris 10 pièces d’artillerie de canon de fort calibre, 14 ou 15 de petits calibres et toutes leurs munitions de guerre et de bouche. La très sainte armée catholique est réduite à répéter les sept Psaumes de la Pénitence et n’a pour affronter nos sabres et nos canons que des Agnus Dei et des chapelets. Jamais on n’oubliera dans les annales de la gloire les héros de la Gironde, les braves de l’Hérault, de la Vienne, des Deux-Sèvres, des deux Charentes et de la Dordogne ».

Chalbos indique avoir mis hors de combat 600 insurgés et fait 80 prisonniers, ajoutant que la journée était due au général Nouvion : « la cavalerie a fait des prodiges de valeur, on a pris 10 pièces de canon, une pièce de 12 anglaise qu’ils appellent la Marie-Jeanne et on leur a tué 1 200 hommes » exagère Lecoq délégué au directoire du district de Cognac2. Le 21 mai, l’armée de Chalbos forte de 8 000 hommes réoccupa la Châtaigneraie, le bourg était entièrement dévasté : « les maisons n’ont plus de murs, les matelas et les couverts ont été enlevés, Lescure le chef des brigands indigné de leurs horreurs a menacé de les abandonner ». Alors que les Vendéens avaient été repoussés par Chalbos et Sandoz devant Fontenay (16 mai), le poste de la Châtaigneraie fut bientôt dégarni. Les gardes nationaux père de famille réquisitionnés en urgence en mars et mai 1793 devaient être remplacés par des hommes de la levée des 300 000 hommes du 24 février. Le poste de Châtaigneraie fut dégarni (24 mai), deux bataillons de la division furent envoyés en renfort au général Boulard commandant l’armée des Sables-d’Olonne qui se trouvait à Luçon. Fontenay se trouvait alors faible et seulement défendue par sa garde nationale et le bataillon des gardes nationales de Civray. Lescure ne manqua pas l’occasion d’attaquer la ville (26 mai) et de surprendre Chalbos. Le poste de la Châtaigneraie fut enlevé, la cavalerie pris la fuite avec l’infanterie des ailes, le centre fut écrasé par les Vendéens, l’artillerie perdue sauf cinq pièces et Fontenay prise. Grave défaite que commentait Lecoq :

« L’armée s’est retirée partie sur Niort, partie sur Marans, j’ai vu Devaud, commandant les volontaires d’Angoulême, qui m’a dit que nous avons sauvé huit canons, le reste est tombé au pouvoir de l’ennemi, on assure qu’ils ont été encloués, la compagnie de cavalerie d’Angoulême est ici et n’a point souffert ».

Au début de juin fut procédé aux premiers licenciements des réquisitionnés extraordinaires de mars et mai 1793 : « leur impatience était extrême, ceux du bataillon de l’Houmeau qui était leur commandant se montraient surtout pressants, ils veulent absolument être remplacés »3. Le nouveau général en chef Biron accéda à leur plainte, en décidant que l’on renverrait dans leurs foyers tous les hommes mariés des gardes nationales des campagnes au fur et à mesure que les renforts et troupes de ligne arriveraient. Un premier quart fut licencié à Niort, sous la surveillance du commissaire de la Charente Trémeau et de son collègue Lassée. Le 2 juin, l’arrêté de Biron fut promulgué, mais il revînt dessus le 7 juin car créant un fameux exemple affaiblissant grandement le moral de ceux restant sous les armes. Cependant les licenciements s’effectuèrent dans les bataillons d’Angoulême et de la Rochefoucauld, puis pour ceux de Confolens, Lecoq à Parthenay et Saint-Maixent. Ceci permit le retour des hommes de Cognac, puis à la Rochelle et Rochefort, où se trouvaient deux autres bataillons de la Charente. Vers le milieu du mois de juin le quart des réquisitionnés était parti.

sehri

Article de Laurent Brayard

1 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 165.

2 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 185.

3 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 194.

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