11e bataillon du Doubs

bataillon-de-volontaires-nationaux

11ème bataillon du Doubs :

Date de formation : Selon Belhomme, il fut formé le 5 août 17921.

Historique :

1793 :

En janvier, le bataillon se trouvait à Rhinau, Armée du Rhin2. Dans un rapport à la Convention Nationale, les représentants du Peuple Haussmann, Duroy et Ferry écrivaient de Wissembourg (18 mai)3 :

« L’attaque fut faite par notre cavalerie, le lieu du combat était caché à l’infanterie par une petite éminence et par les seigles. La tête de colonne, quand elle fut arrivée au haut de l’éminence, prit notre cavalerie pour celle des ennemis, fit feu sur elle, mais ne tarda pas à s’apercevoir de son erreur. Le feu à mitraille de l’ennemi se dirigea alors contre les premiers pelotons d’infanterie ; il était impossible de les mettre en bataille sous ce feu, ils se renversèrent sur ceux qui les suivaient et dans lesquels il y avait beaucoup de recrues de la nouvelle levée, ce fut en vain que nous voulûmes les contenir. Le désordre se serait prolongé dans toute la colonne, si le 1er bataillon du 3ème régiment, le 1er de l’Ain, le 46ème régiment et quelques autres n’eussent gardé leurs rangs… Nous ne pouvons pas vous dissimuler que nos troupes ont eu un moment de terreur. Il faut en attribuer la cause à l’inexpérience des recrues et au crime de quelques scélérats qui eurent la lâcheté de crier : Sauve qui peut ! L’un d’eux commandant le 11ème bataillon du Doubs, qui était déjà en état d’arrestation, s’est fait justice à lui-même en se donnant la mort. Nous sommes à la recherche des autres et nous aurons soin de les punir ».

Le 30 octobre, le bataillon se trouvait à l’armée du Rhin, centre, 3ème division du général Isambert4.

1794 :

Il servait à l’armée de Moselle, dans la division Renaud, au siège de Mayence (5 décembre)5.

1795 :

Il servait à l’armée de Moselle, dans la brigade Frimont au siège de Mayence (janvier)6.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 20ème bis demi-brigade légère de première formation fut formée le 30 juin 1795, à Mayence, selon Belhomme. Elle se composait du 1er bataillon franc de la Moselle, du 11ème bataillon du Doubs et du 4ème bis de la Charente. Bertaud et Roucaud7 ne donnent aucune information au sujet de cette unité, mais le Journal de l’an VII avance une autre formation à savoir, le 20ème autre bataillon de chasseurs, le 1er bataillon des corps francs, le 11ème bataillon du Doubs et le 4ème bataillon de la Charente. En l’état nous ne pouvons trancher positivement.

2ème formation8:

D’après Belhomme, la 19ème demi-brigade légère de seconde formation fut formée à Padoue et à Nice.

Les 1er et 2ème bataillons furent formés à Padoue avec les 1er et 2ème bataillons de la 20ème bis légère de 1ère formation, la demi-brigade de la Sarthe, le 1er bataillon de Saint-Amand et le bataillon de Jemappes.

Le 3ème bataillon fut formé à Nice avec le bataillon de la demi-brigade des Aurois, le 2ème bis bataillon de Paris, le 1er bataillon de la demi-brigade de Jura et de l’Hérault.

Portraits :

Marie-Henriette Heiniken, épouse Xaintrailles, née à Berlin, elle fit la connaissance du capitaine Antoine-Charles-Dominique de Lauthier de Xaintrailles en 1790, elle le suivit comme adjoint dès qu’il fut nommé adjudant-général (1792), puis comme son aide de camp à sa nomination de général de brigade (1793). Elle reprit aux Prussiens un parc d’artillerie, arrêta la révolte de la 44e demi-brigade, sauva également le 11e bataillon du Doubs et un gros détachement de gendarmerie, préserva des horreurs de la guerre les habitants d’Edenhoffen, et fut en maintes circonstances en danger pour venir secourir les blessés sur les champs de bataille. Le 22 juillet 1793, elle avisa que l’ennemi commençait de tourner l’armée du Rhin et sauva celle-ci. Chargée de porter des dépêches au général en chef, poursuivie par plusieurs détachements ennemis, elle se jeta à la nage, traversa la rivière entre Kaiserslautern et Neustadt, et put remplir sa mission. Abandonnée par le général Xaintrailles, elle fut toutefois encore chargée par le Premier Consul d’une mission confidentielle en Egypte, participa au combat naval d’Aboukir et obtint plus tard une pension. Cette dernière ne lui fut plus payée après 1814, elle mourut dans une extrême pauvreté en 1818.

Antoine-Nicolas Morizot, naquit à Pesme (Haute-Saône) en 1762, soldat, caporal puis fourrier dans Aunis-Infanterie (1782-1789), adjudant sous-officier au 11ème bataillon du Doubs en septembre 1792, adjudant-major au 2e bataillon de la Creuse (8 décembre 1792).

Article de Laurent Brayard

sehri

1 Belhomme, Histoire de l’infanterie Française, tome 4.

2 Journal militaire de 1793.

3 Camille Rousset, Les volontaires 1791-1794, p. 212 et 213.

4 Ordre de bataille de la collection Nafziger, 30 octobre 1793.

5 Jeanneney, Glorieux passé d’un régiment, 1562-1899, page 118.

6 Jeanneney, Glorieux passé d’un régiment, 1562-1899, page 119.

7 Bertaud et Roucaud, Inventaire des registres matricules des demi-brigades de bataille, série 17 YC, archives du château de Vincennes.

8 Champeaux, État militaire de la République française en l’an douze, p. 152, donne comme seconde formation la 10e demi-brigade légère.

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