1er bataillon de la Côte d’Or

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1er bataillon de la Côte d’Or :

Date de formation : il fut formé dès le 27 mai 1791 selon Belhomme, ce qui est une erreur probablement due à une confusion qu’il aurait faite avec l’échec des recrutements d’auxiliaires au début de l’année1. Selon le Journal de l’an VII et le commandant Dumont2, il fut formé le 30 août 1791.

Formation :

Il fut formé de 570 volontaires des districts de Dijon, Beaune et Saint-Jean-de-Losne, ils furent rassemblés à Dijon (20 août 1791), organisés en compagnies (21 au 29 août) et formé en bataillon (30 août). Il fut passé en revue par le commissaire des guerres Suzenet (31 août), et présenté habillé, mais sans armes au maréchal de camp de Nouë (4 septembre).

Historique :

1791 :

Il reçut son drapeau (13 septembre), et après quelques exercices et marches d’entraînement, il fut mit en route (21 septembre), passant par Langres, Chaumont, Joinville, Saint-Dizier et Châlons-sur-Marne, causant d’ailleurs en chemin des désordres. Il arriva finalement à Reims (3 octobre). Il reçut son armement de l’arsenal de la Fère (17 octobre), se faisant remarquer par son indiscipline, des désordres, notamment lors des émeutes ayant éclaté à Reims (les 5, 6 et 7 novembre). Il fut passé en revue par le maréchal de camp de Boissieux, et incorporé à l’armée du Centre (17 novembre). Il prit ses quartiers d’hiver à Reims.

1792 :

Le 1er janvier, il était toujours en garnison à Reims3. Il se signala lors d’une rixe sanglante avec le 1er bataillon d’Eure-et-Loir (15 janvier)4. Il se mit en route de Reims (10 mars) pour se rendre à Mézières. Il passa par Rethel, arriva à Mézières (14 mars), où il fit le service de la place. Il servait alors dans les rangs de l’armée du Centre du général Lafayette. A la déclaration de la guerre, il comprenait un effectif de 547 hommes (20 avril). Il se mit en route pour rejoindre l’armée (29 avril), bivouaqua à Rancennes près de Givet (30 avril-14 mai). Il fut presque entièrement détruit le 13 juin, au combat du plateau de Glisuelle près de Maubeuge, défense des passages de l’Escaut. Le département ordonna une nouvelle levée d’hommes pour le reporter à son complet. Il se rassembla au camp d’Avesnes (juillet), qu’il quitta pour se rendre à Fresnes (30 juillet), Bruille et Mortagne au camp de Maulde, avec un effectif de 676 hommes (10 août). Il fit partie de la garnison de Valenciennes (8 septembre), et prit part à la défense du pont de Mortagne (24 août). Il participa à la prise de Saint-Amand (10 octobre), laissant son dépôt à Rocroi, servant alors dans la 4e brigade du général Ihler, armée de Belgique de Dumouriez. Il servit à la bataille de Jemappes (6 novembre), à la prise de Malines, toujours dans le corps de bataille, colonne du général Ihler (4ème brigade, 14-16 novembre), avant-garde du général Stengel. Il prit ses quartiers d’hiver à Mons, sous les ordres du général Ferrand, et comptait un effectif de 787 hommes. Il s’installa ensuite en garnison à Liège (18 décembre)5.

1793 :

Il y passa quelques semaines de repos, considérablement diminué par les départs. En effet, les hommes s’étaient engagés pour le temps d’une campagne, à l’hiver, cette dernière achevée, beaucoup rentrèrent chez eux. Il ne comprenait plus que 455 hommes (31 janvier, à Liège). Il se mit en marche, Dumouriez ayant décidé une tentative de campagne hivernale contre la Hollande. L’armée française s’empara de la place de Breda et de quelques positions. Le bataillon se trouva à Rixnigen, Hénin, puis Pérauge (10 février), servant ensuite au siège de Maëstricht (jusqu’au 2 mars). Il comprenait un effectif de 418 hommes (1er mars). Les Autrichiens étant passés à l’offensive, il combattit à Berg (3 mars), à Tongres (6 mars), à Saint-Trond (16 mars), et à la bataille de Neerwinden (18 mars). Après cette défaite, il participa aux combats de la retraite, notamment à la bataille de ma montagne de Pellemberg (montagne de fer, 22 mars). Il recula jusqu’à Valenciennes, après la défection du général Dumouriez (avril). Il combattit dans les combats menés autour de la ville (1er, 7 et 8 mai), puis devant l’urgence de la situation en Vendée, fournit une compagnie au 6e bataillon de la Formation d’Orléans (capitaine Maissent, lieutenant Micard, sous-lieutenant Charenne)6. Il fut bloqué dans la place de Valenciennes (24 mai), éprouvant des pertes à la défense de la ville, notamment « aux palissades » (25 juillet), mais fut compris dans la capitulation de la garnison (28 juillet). Il sortit de la ville pour se rendre à Soissons (1er août), qu’il quitta après avoir pris du repos (26 août), puis fut envoyé à l’armée de Lyon, passa par Dijon et Mâcon, il arriva à l’armée du siège de la capitale des Gaules (15 septembre). Il fut incorporé à la division Rivas, bivouaquant à Écully (28 septembre), participant aux prises des redoutes de Sainte-Foy, de Fourvières et Saint-Just, qui décidèrent de la prise de la ville insurgée (9 et 10 octobre). Il fut ensuite affecté à l’armée des Alpes et envoyé dans la vallée de la Tarentaise, où il prit ses quartiers d’hiver.

1794 :

Il cantonna à Moutiers (1er janvier), où il fut passé en revue par l’agent secondaire Guignot. Passablement décimé par les désertions, les maladies et les combats, Guignot fit incorporé dans ses rangs 556 réquisitionnaires de différents départements, qui avaient participé à la campagne du siège de Lyon, dans ses rangs (9 février). Il se reposa, s’entraîna à Moutiers jusqu’en avril. Il fut ensuite envoyé sur la ligne de front, participa à l’attaque du mon Saint-Bernard (24 avril), à celle du mont Cenis (14 mai), cantonna à Oulx (juin), à Séez (3 juillet), cantonnant aux Eaux-Rousses (à partir du 18 juillet), fournissant des détachements aux postes avancées dans les montagnes. Un détachement de 313 se trouvait à Séez, un autre de 295 hommes aux Eaux-Rousses, un autre de 94 hommes au Miroir, un autre de 175 hommes au Belvédère. Il servit un moment dans la 2ème division du général Dours, aux alentours de Chambéry. Il comprenait un effectif de 384 hommes. Il avait 11 hommes en congé et 79 hommes aux hôpitaux. Il fut rassemblé à Moutiers (2 novembre), puis envoyé en réserve à Lyon, 4e division de l’armée des Alpes. Il prit ses quartiers d’hiver dans cette ville.

1795 :

Il resta en garnison dans Lyon jusqu’au commencement d’avril, puis fut renvoyé sur la ligne de front. Il participa à la prise du col du Mont (22 avril), occupant Bourg-Saint-Maurice avec un effectif de 622 hommes sous les drapeaux (juin et juillet). Il bivouaqua ensuite au Saint-Bernard, servant dans la brigade Voillot.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 146ème demi-brigade de bataille fut formée le 23 septembre 1795, à Briançon, selon Belhomme et Susane. Le commandant Dumont indique la date du 22 septembre7. Elle se composait du 2ème bataillon du 79ème régiment régiment d’infanterie, du 1er bataillon de la Côte d’Or et du 8ème bataillon de l’Isère. Nous pensons toutefois qu’il s’agit du 8ème bis bataillon de l’Isère et non du 8ème.

2e formation :

La 146e demi-brigade de bataille fut versée dans la 5e demi-brigade de ligne en seconde formation8.

État des cadres à la revue de formation, 31 août 17919 :

État-major : Louis-Antoine Pille, lieutenant-colonel originaire de Soissons, 42 ans, Jean-Baptiste Disson, lieutenant-colonel en second originaire de Dijon, 66 ans, Jean-Claude-Pierre Rey, quartier-maître trésorier, originaire d’Autun, 26 ans, Henry Richon, adjudant-major originaire de Dijon, 46 ans, Jean Simonet, adjudant sous-officier, originaire de Sedan, 36 ans, Jean Calignon, chirurgien-major, originaire de Longchamp, 29 ans.

Compagnie de grenadiers : capitaine Denis Gaillard, originaire de Dijon, 44 ans, lieutenant Pierre Bourgeois, originaire de Beaune, 32 ans, sous-lieutenant Valentin Levêque, originaire de Fontaine, 25 ans.

1ère compagnie de Saint-Jean-de-Losne : capitaine Antoine-Joseph Veau, originaire de Seurre, 27 ans, lieutenant Nicolas-Jean-Zacharie-Charles Viennot, originaire de Prémeaux, 22 ans, sous-lieutenant Jean Micard, originaire de Trévoux (Ain), 33 ans.

2e compagnie de Saint-Jean-de-Losne : capitaine Jean Gaudelet, originaire de Plombières, 31 ans, lieutenant Denis Machard, originaire de Seurre, 29 ans, sous-lieutenant Pierre Fremiet, originaire de Messigny, 23 ans.

3e compagnie de Saint-Jean-de-Losne : capitaine Antoine Joly, originaire de Brazey, lieutenant Jean-Charles Oudry, originaire de Saint-Jean-de-Losne, 23 ans, sous-lieutenant Claude Guénée, originaire de Barges, 30 ans.

4e compagnie de Dijon : capitaine Jean-Baptiste Levasseur, lieutenant Pierre Goguet, sous-lieutenant Jean-Baptiste Mussot.

5e compagnie de Dijon : capitaine Charles-Pierre Madenié, originaire d’Arc-sur-Tille, 33 ans, lieutenant Mamet Maissent, originaire de Dijon, 38 ans, sous-lieutenant Claude Delaborde, originaire de Dijon.

6e compagnie de Beaune : capitaine Antoine Richepance, originaire de Saint-Gengoux-le-National, lieutenant Claude Leflaive, originaire de Puligny-Montrachet, 28 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste Voillot, originaire de Beaune, 25 ans.

7e compagnie de Beaune : capitaine Simon-Marguerite Ranfer de Champeaux, originaire de Beaune, lieutenant Joseph Vinceneux, originaire de Beaune, sous-lieutenant Pierre Vinceneux, originaire de Beaune, 37 ans.

8e compagnie de Dijon : capitaine François Richard, originaire de Dijon, 30 ans, lieutenant Henri-François Delaborde, originaire de Dijon, 27 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste Tainturier, originaire de Dijon.

État des cadres au moment de l’amalgame, 22 septembre 179510 :

État-major : chef de bataillon Denis Gaillard (capitaine en 1791), quartier-maître trésorier N. Billard, adjudant-major C. Peutin, adjudant sous-officier S. Douillet.

Compagnie de grenadiers : capitaine Pierre Bourgeois (lieutenant en 1791), lieutenant D. Fouqueraud, sous-lieutenant J. B. Vollot.

1ère compagnie : capitaine Valentin Levêque (sous-lieutenant en 1791), lieutenant J. F. Lachat, sous-lieutenant N. Jacquemard.

2e compagnie : capitaine Jean-Charles Oudry (lieutenant en 1791), lieutenant Denis Machard (déjà à ce grade en 1791), sous-lieutenant P. Gamot.

3e compagnie : capitaine G. F. J. Blandin, lieutenant J. B. Bouchard, sous-lieutenant P. Poulain.

4e compagnie : capitaine C. Robin, lieutenant N. Roussée, sous-lieutenant J. Morizot.

5e compagnie : capitaine J. B. M. Peyrol, lieutenant J. Girardelet, sous-lieutenant J. Seguin.

6e compagnie : capitaine J. Peutat, lieutenant C. Leflaive (déjà à ce grade en 1791), sous-lieutenant Martin.

7e compagnie : capitaine Pierre Vinceneux (sous-lieutenant en 1791), lieutenant F. Rognon, sous-lieutenant M. Perrot.

8e compagnie : capitaine François Richard (déjà à ce poste et grande en 1791), lieutenant P. B. Bichot, sous-lieutenant J. Humbert.

Portraits :

Pille, lieutenant-colonel au 1er bataillon de la Côte d’Or, il s’opposa aux manœuvres de Dumouriez pour tenter de retourner son armée contre le gouvernement, il fut arrêté sur son ordre et livré avec d’autres aux Autrichiens (3 avril 1793), envoyés à Tournai, ils furent toutefois relâchés (14 mai), adjoint du ministre de la Guerre, ministre de la Guerre, sous l’Empire, comte, inspecteur aux revues.

Antoine-Joseph Veaux, né le 17 septembre 1764, à Seurre en Côte d’Or. Il s’enrôla au régiment ci-devant de Rouergue (24 août 1785), congédié (4 juin 1791). Volontaire au 1er bataillon de la Côte d’Or, élu capitaine de la 1er compagnie (27 août). Son bataillon servit à l’Armée du Nord, puis à l’Armée des Alpes, où il fut nommé adjudant-général chef de bataillon (7 octobre 1793). Chef de brigade (13 juin 1795), il servit à l’Armée d’Italie (1796 et 1797), participant notamment aux batailles de Rivoli et de la Favorite (14, 15 et 16 janvier 1797). Promu général de brigade (10 mars), il servit à la division Joubert. Il passa ensuite à l’Armée d’Orient et commande la 1ère brigade de la 4e division d’infanterie. Il fut grièvement blessé lors du siège de Saint-Jean d’Acre (25 avril 1799). Il fut envoyé à Alexandrie à bord de la Marianne et fut fait prisonnier par les Anglais (4 novembre). Il fut échangé peu après et envoyé le 5 février 1800, à l’Armée de Réserve. Il commanda l’avant-garde de la 1ère division du général Rey, dans la 2e armée de réserve sous le général Vandamme. Muté le 19 mars 1801 à la 18e division militaire, chevalier de la Légion d’Honneur (11 décembre 1803), commandeur de l’Ordre (14 juin 1804). Il fut envoyé à l’Armée d’Italie sous le maréchal Masséna (1805), et commanda la 1ère brigade de la 1ère division d’infanterie dans le 8e corps de la Grande Armée (1806). Il fit la campagne de Pologne, puis commanda le 1er janvier 1809, la 2e brigade de la division d’infanterie du général Dupas (1er janvier 1809), lors de la campagne d’Allemagne. Baron de l’Empire (29 janvier), il fut blessé à la bataille de Wagram (6 juillet). Envoyé à nouveau dans la 18e division militaire, commandant le département de Côte d’Or, il resta à ce poste (1810-1814). Chargé en janvier 1814 de la levée en masse du département, il commanda l’évacuation de Dijon et participa à la défense d’Auxerre, puis fut mis en non activité par la Première Restauration (juin). Nommé général de division au retour de l’Empereur pendant les Cent-Jours, il commanda la 18e division militaire à Dijon, puis fut élu député de la Côte d’Or (15 mai 1815). La Seconde Restauration annula sa nomination au grade de général de division, et il fut mis à la retraite (octobre). Il fut arrêté à Dijon pendant les répressions (10 janvier 1816), acquitté (septembre), mais il ne supporta pas l’insulte et se suicida d’un coup de pistolet dans la tête dans la nuit du 23 au 24 septembre 1817 (Dijon). Il avait été doté par l’Empereur d’une rente de 4 000 francs sur la Westphalie et de 4 000 autres francs sur le Hanovre (1808 et 1810)11.

Jean-Baptiste Voillot (1766-1848), sous-lieutenant, 1er bataillon de la Côte d’Or (1791), lieutenant-colonel de ce bataillon (août 1792). Armée de Belgique 1792-1793, général de brigade (octobre 1793), armée des Alpes 1793-1796. Il se distingua aux combats des 6 et 7 mai 1794, commanda la Tarentaise (avril 1795). Il enleva dans la nuit du 11 au 12 mai le col du Mont défendu par trois rangs de retranchements superposés et 18 canons. Il fit 206 prisonniers. Commandant la 2ème division de l’armée des Alpes (juillet). Demanda sa réforme pour cause de mauvaise vue, l’obtint en mars 1796.

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux de 1791, p. 74.

3 Journal Militaire de 1792.

4 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux de 1791, p. 75.

5 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux de 1791, p. 75.

6 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux de 1791, p. 75.

7 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux de 1791, p. 75.

8 Champeaux, État militaire de la République française en l’an douze, p. 152.

9 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux de 1791, p. 74.

10 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux de 1791, p. 75.

11 Georges Six, Dictionnaire des généraux et amiraux de la Révolution et de l’Empire.

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