Bataillon de gardes nationaux d’Angoulême et de Ruffec

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Bataillon de gardes nationaux d’Angoulême et de Ruffec :

Date de formation : mars 1793

Historique :

1793 :

Signalé par un document du commissaire Léridon, du 4 avril 1793, décrivant les forces rassemblées contre les rebelles de la Vendée. Les gardes nationaux d’Angoulême et de Ruffec formés en bataillon ou compagnies, se trouvaient aux côtés de soldats du 84e d’infanterie dans la division dite de la Châtaigneraie, sous les ordres de Chalbos. Engagé à la fin du mois de mars, le bataillon eut son baptême du feu au camp de Chefoin (2 avril) :

« leur attaque eut lieu sans ordre et coûta peu aux Vendéens qui n’y perdirent que quatre hommes, mais selon Léridon, elle avait suffi pour les encourager et ils sont disait-il encore impatients de combattre, il est vrai qu’il ajoute ensuite des détails peu rassurants, les subsistances, les équipements font défaut, et « on s’efforce vainement de réchauffer le patriotisme »1.

La colonne de la Châtaigneraie fut engagée dans un combat à Mouilleron (12 avril). Dans cette rencontre les volontaires de Confolens enlevèrent deux canons. Cette armée n’était toutefois pas si audacieuse que celles menées par Boulard ou Beysser. Les officiers étaient circonspects, les généraux prudents, les soldats murmuraient, des renforts étaient sans cesse demandés. Le commissaire Goupilleau de la Charente qui accompagnait la colonne en demanda à plusieurs reprises ainsi que le général Beaufranchet-Dayat. Alors que les Vendéens avaient été repoussés par Chalbos et Sandoz devant Fontenay (16 mai), le poste de la Châtaigneraie avait été repris (21 mai), mais fut bientôt dégarni. Les gardes nationaux père de famille réquisitionnés en urgence en mars et mai 1793 devaient être remplacés par des hommes de la levée des 300 000 hommes du 24 février. Le poste de Châtaigneraie fut dégarni (24 mai), deux bataillons de la division furent envoyés en renfort au général Boulard commandant l’armée des Sables-d’Olonne qui se trouvait à Luçon. Fontenay se trouvait alors faible et seulement défendue par sa garde nationale et le bataillon des gardes nationales de Civray. Lescure ne manqua pas l’occasion d’attaquer la ville (26 mai), et de surprendre Chalbos. Le poste de la Châtaigneraie fut enlevé, la cavalerie prit la fuite avec l’infanterie des ailes, le centre fut écrasé par les Vendéens, l’artillerie fut perdue sauf cinq pièces et Fontenay prise. Grave défaite que commentait Lecoq :

« L’armée s’est retirée partie sur Niort, partie sur Marans, j’ai vu Devaud, commandant les volontaires d’Angoulême, qui m’a dit que nous avons sauvé huit canons, le reste est tombé au pouvoir de l’ennemi, on assure qu’ils ont été encloués, la compagnie de cavalerie d’Angoulême est ici et n’a point souffert ».

Les hommes de ce bataillon furent sans doute incorporés dans les derniers numéros des bataillons de la Charente ou des bataillons mixtes départementaux après l’été 1793.

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Article de Laurent Brayard

1 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 165.

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