3e bataillon des Ardennes

bataillon-de-volontaires-nationaux

3ème bataillon des Ardennes :

 

Date de formation : Il fut formé selon Belhomme, le 26 septembre 1791[1]. Le commandant Dumont confirme la date[2].

Historique :

1791 :

Formé une première fois le 14 août avec 543 volontaires du district de Vouziers et divisé en 10 compagnies. Il fut réorganisé un mois après et composé de 574 hommes des districts de Rethel, Vouziers et Grandpré, le 26 septembre. Il fut passé en revue par le lieutenant-général Wittgenstein, d’un commissaire des guerres et des commissaires du département, les citoyens Paté, Rouveyre, Fatio et de Beaumont. Il fut envoyé en garnison à Verdun, où il fut habillé, équipé, armé et exercé.

1792 :

Le 1er janvier, il était en garnison à Verdun[3]. Au mois de juin, il fut affecté à l’armée du Centre du général Lafayette. Il fut placé au camp d’Erouville, puis en juillet en garnison à Longwy. Il fut compris dans la capitulation de la place et renvoyé sans armes, ni drapeau à Reims, le 24 août. A sept heures du matin, la garnison de Longwy sortit de la ville, elle déposa les armes et rendit ses drapeaux. Le lieutenant-colonel du 3e bataillon des Ardennes, un vieux soldat, qui comptait 45 ans de services, se jeta en pleurant sur l’étendard de son bataillon et il fallut lui arracher[4]. Après la chute de Verdun, il fut envoyé à Vouziers, où il fut réarmé le 12 septembre et se porta le même jour sur le Longwé-la-Croix où la nuit mit fin à un engagement heureux, puis il rentra à Vouziers. Il se réunit le 14 septembre, à la division du général Chazot et avec elle combattit à l’affaire de la Croix-au-Bois et à celle d’Autry, le 15 septembre. Le 20 septembre, il assista à la canonnade de Valmy et bivouaqua le 28 septembre sans effets de campement, à La Neuville-au-Pont à l’avant-garde de l’armée de Dumouriez.

Le 11 octobre, il faisait partie des troupes d’invasion de la Belgique sous les ordres du général Dumouriez (Armée du Nord) colonne du général Beurnonville (1ère colonne). Le 24 octobre, il était sous les ordres de Stengel dans les Flanqueurs de gauche, et le 6 novembre participa à la bataille de Jemappes sous le duc de Chartres. Il prit part à l’invasion de la Belgique. Il établit ses quartiers d’hiver à Tongres à l’avant-garde du général Montchoisy, son effectif se réduisant de jour en jour. Le 14 novembre, il faisait partie des troupes de l’armée de Belgique du général Dumouriez, division des Flanqueurs de droite du général Stengel. Le 1er décembre, il ne comprenait plus que 419 hommes, puis 370 hommes le 15 décembre, probablement par l’effet des démissions (accordées par la loi).

1793 :

Il fut affecté à la division de Namur, armée du Nord, et campa à Ubach en janvier et février. Il servait dans l’armée de Belgique du général Dumouriez le 1er mars, avec un effectif de 352 hommes. Il perdit plusieurs officiers et son chef lors de l’affaire du 2 mars, près d’Aix-la-Chapelle et prit part avec les flanqueurs de l’armée, à la bataille de Neerwinden, le 18 mars. Le 10 avril, il reçut 600 recrues dont la moitié lui furent retirés quelques jours plus tard[5]. Il cantonna à Valenciennes et combattit à l’affaire de Préseau, le 3 mai. Il fournit le 15 mai, une compagnie pour le 6ème bataillon de la formation d’Orléans, capitaine Carbon, lieutenant Perrin et sous-lieutenant Capitaine. Le 23 mai, il combattit près de Valenciennes.

Le 30 juin, il était à Thun-l’Evêque, et à Douai en juillet au camp de Tilloy, sous le général Desroques avec le 2ème bataillon des Ardennes au mois d’août. Laissant quelques recrues au dépôt, il fut envoyé le 12 août à Saint-Quentin, d’où il partit le 2 septembre par Péronne et Arras pour rejoindre l’armée de secours à Cassel, le 7 septembre. Il contribua le 8 à la victoire d’Hondschoote. Il perdit 37 hommes à l’affaire d’Etreux, le 7 novembre, puis fut placé en décembre, au cantonnement de Saint-Germain, près de Guise, division Belair, comprenant 420 présents.

1794 :

Il fut complété de 400 réquisitionnaires de Béthune, le 21 janvier à Saint-Germain. Dès le 7 mars, il fut affecté à l’armée des Côtes de Cherbourg et de Brest réunies, et quitta son dépôt de Rocroi. Il reçut à Sablé le 17 août suivant un renfort de 712 réquisitionnaires de Compiègne.

1795-1796 :

Le 25 janvier 1795, il servait dans les rangs de la 7ème division à Château-Gontier, puis reprit son cantonnement à Sablé où il demeura jusqu’en octobre avec quelques détachements disséminés. Il campa en novembre et décembre à La Fosse-Hubert, près de Morannes, et revint à Sablé. Il partit le 13 février 1796, sur ordre du général Gency, il fut ensuite amalgamé.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

Néant.

2ème formation :

Le 3ème bataillon des Ardennes fut incorporé à Worms, le 4 décembre 1796, dans les rangs de la 24ème demi-brigade légère de seconde formation[6]. Le commandant Dumont précise toutefois que cet amalgame se serait fait le 4 octobre 1796, à Lannion[7].

 

État-major du bataillon à sa formation, revue du 26 septembre 1791[8] :

Lieutenant-colonel Simon Rouveyre, de Vouziers, 59 ans, chevalier de Saint-Louis,

Lieutenant-colonel en second Jean-Baptiste Gaillard, de Suzanne, 53 ans,

Quartier-maître trésorier Jean-Baptiste Cailly, de Vouziers, 19 ans,

Adjudant-major Jean-Baptiste Cabanis, de Carcassonne, 37 ans,

Adjudant sous-officier Nicolas-Ambroise-Gaspard Miquet, de Vouziers, 26 ans,

Chirurgien-major Jean-Christophe Demay, de Château-Porcien, 24 ans.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Jean-Nicolas Thomas de Tourcelles, 36 ans, lieutenant Gérard Anceau de Saint-Lambert, 34 ans, sous-lieutenant Jacques Rousseaux de Faissault, 23 ans.

1ère compagnie : de Vouziers

Capitaine Emmanuel Granger de Thônes-en-Gênevois, 43 ans, lieutenant Jean-Baptiste Robinet de Bantheville, 28 ans, sous-lieutenant Jean-Nicolas Godin de Falaise, 26 ans.

2ème compagnie : de Granpré

Capitaine Paul-Valentin-Gabriel Beffroy de Beaurepaire, 35 ans, lieutenant Jean-Baptiste Mortier-Puiseux de Pargny, 24 ans, sous-lieutenant Jean Mouton de Bayonville, 18 ans.

3ème compagnie : de Rethel

Capitaine Ponce-Nicolas-Remy Noblet de Rethel, 33 ans, lieutenant Antoine-Charles Pauffin de Rethel, 23 ans, sous-lieutenant Jean Vuilmet de Rethel, 19 ans.

4ème compagnie : de Vouziers

Capitaine Pierre-Antoine Dubois de Saint-Etienne-à-Arnes, 30 ans, lieutenant Marcellin Fourcart de Vaux-en-Champagne, 34 ans, sous-lieutenant Jean-Etienne Germain de Lametz, 28 ans.

5ème compagnie : de Rethel

Capitaine Ange-Louis Duguet d’Inaumont, 46 ans, lieutenant Marie-Philippe-Pascal Barreaux de Château-Porcien, 26 ans, sous-lieutenant André Marcquart d’Asfeld, 21 ans.

6ème compagnie : de Rethel

Capitaine Louis Primaut de Vailly dans l’Aisne, 56 ans, lieutenant Marie-Louis Carbon de Compiègne dans l’Oise, 46 ans, sous-lieutenant Pierre Coutin de Seuil, 35 ans.

7ème compagnie : de Vouziers

Capitaine Nicolas Fortier de Vandy, 59 ans, lieutenant Maurice-Joseph Chardon de Vrizy, 21 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste Michelet de Grivy, 30 ans.

8ème compagnie : de Rethel

Capitaine Ambroise Boucher dit l’Aîné, de Voncq, 33 ans, lieutenant Pierre Oudet de Terron-sur-l’Aisne, 29 ans, sous-lieutenant Jean-Nicolas Perrin de Rilly-sur-Aisne, 30 ans.

 

État des cadres au moment de l’amalgame[9] :

Chef de bataillon Jean-Baptiste Gaillard, (lieutenant-colonel en second en 1791),

Chef de bataillon en second Nicolas-Ambroise-Gaspard Miquet (adjudant sous-officier en 1791),

Quartier-maître trésorier Jean-Baptiste Cailly, (déjà à ce poste en 1791),

Adjudant-major Marcellin Fourcart, (lieutenant à la 4ème compagnie en 1791),

Adjudant sous-officier J. Pintard,

Chirurgien-major non connu.

Compagnie de grenadiers : capitaine vacant, lieutenant J. B. L. Dumont, sous-lieutenance vacante.

1ère compagnie : capitaine Emmanuel Granger (déjà à ce poste en 1791), lieutenant G. Raulin, sous-lieutenant P. Pâle.

2ème compagnie : capitaine Maurice-Joseph Chardon (lieutenant à la 7ème compagnie en 1791), lieutenant N. A. Morlet, sous-lieutenant L. Allardin.

3ème compagnie : capitaine Jean-Baptiste Mortier (lieutenant à la 2ème compagnie en 1791), lieutenant J. G. Colinart, sous-lieutenant J. Gromaire.

4ème compagnie : capitaine Pierre-Antoine Dubois (déjà à ce poste en 1791), lieutenance vacante, sous-lieutenant J. F. Pas.

5ème compagnie : capitaine vacant, lieutenant R. Guillaume, sous-lieutenance vacante.

6ème compagnie : capitaine Louis Primaut (déjà à ce poste en 1791), lieutenance non connu, sous-lieutenant L. Petit.

7ème compagnie : capitaine vacant, lieutenance vacante, sous-lieutenant E. Coutier.

8ème compagnie : capitaine Ambroise Boucher (déjà à ce poste en 1791), lieutenant André Macquart (sous-lieutenant à la 5ème compagnie en 1791), sous-lieutenant A. Santoire.

Portrait :

Hamel, prêtre natif de Mayence devient l’aumônier du bataillon.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Belhomme, Histoire de l’Infanterie de France, tome 3 et 4.

[2] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 31.

[3] Journal Militaire de 1792.

[4] Chuquet, La première invasion prussienne, p. 185.

[5] Journal Militaire de 1793 signale à la page 284, qu’un détachement de 500 hommes du dépôt du bataillon passa de Rethel à Reims le 4 mai.

[6] Belhomme, déjà cité.

[7] Commandant Dumont, déjà cité, p. 31.

[8] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 30.

[9] Commandant Dumont, déjà cité, p. 31.

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