2e bataillon de la Corrèze

bataillon-de-volontaires-nationaux

2ème bataillon de la Corrèze ou 29ème bataillon des réserves :

Date de formation : selon Belhomme, il fut formé le 12 août 17921.

Formation :

Toujours selon Belhomme, il fut formé en tant que 29ème bataillon des réserves, au camp de Soissons, le 16 octobre 1792.

Historique :

1792 :


Pour répondre à l’appel de la Patrie en danger, le Directoire du département de la Corrèze arrêta l’ouverture d’un registre d’inscription dans chaque canton pour la formation d’un bataillon (21 juillet). Le 10 août, les volontaires se réunirent à Tulle. Leur nombre considérable permit de former deux bataillons
2, et le 2ème bataillon de la Corrèze, fort de 823 hommes, rassembla 616 volontaires du district de Brive, 203 de celui d’Uzerche et 4 de celui de Tulle3. Le 16 août, les 2ème et 3ème bataillons réunis prêtèrent serment devant les autorités du département et la population de Tulle4.


Dans l’attente du départ, le cantonnement des compagnies fut réparti entre les villes du département. Une épidémie de dysenterie nécessita d’ailleurs le traitement de volontaires à l’hôpital Sainte-Claire
5. Les volontaires du bataillon contrôlaient à Uzerche les voyageurs et mirent en prison un ecclésiastique déclaré suspect6. Le 2ème bataillon rassemblé, armé et équipé, quitta enfin Uzerche (11 septembre) et se rendit à Meaux (Seine-et-Marne), où il arriva le 10 octobre7. Il forma le 29ème bataillon de réserve et faisait partie des troupes du camp de Soissons.

1793 :


Le bataillon rejoignit l’armée du Nord, et il se trouvait à Bruxelles (début de janvier). Lors de la désastreuse retraite des Français, rejetés de Belgique par l’offensive autrichienne, la caisse du bataillon fut pillée par l’ennemi (5 mars)
8. Sous Dumouriez, il participa aux batailles de Tirlemont et de Neerwinden (16 et 18 mars)9 et il perdit 23 homme tués au combat et 3 prisonniers10. Le bataillon était au camp de Famars sous Valenciennes (avril/mai), et participa aux offensives lancées pour dégager Condé assiégé. Le 23 mai, une contre-offensive autrichienne enleva le camp, et au milieu de la panique française, les Corréziens et deux autres bataillons de volontaires montrèrent l’exemple de la fermeté et de la discipline11. Le bataillon perdit 7 hommes tués au combat ce jour-là12. Avec le gros de l’armée française, il se rendit au camp de César et cantonna à Paillencourt, puis à Ablencourt13, et il y reçoit 79 recrues, dont 74 requis de l’Oise14. Son effectif était de 451 hommes le 30 juillet15. Après la prise du camp de César par les Autrichiens, le bataillon se rendit au camp de Gravelle, à Arleux, puis au camp de Cassel (septembre). En frimaire an II (novembre), il se trouvait en cantonnement sur les hauteurs d’Hondschoote16.

1794 :


Les volontaires prirent leurs quartiers d’hiver à Comines (pluviôse an II, janvier-février), et 434 requis, de l’Orne et de l’Eure-et-Loir pour la plupart, vinrent renforcer le bataillon
17. En garnison à la citadelle de Lille (fin février au 21 mai), il reçut 149 requis, dont 121 du Calvados18 ; son effectif était alors de 969 hommes19.


Le 15 prairial (3 juin), au cours du siège d’Ypres, le bataillon prit part au combat de Roeseläre qui décida de la capitulation de la ville
20 et 7 volontaires furent tués au combat21. Puis, dans la division Moreau, il participa à la prise de Nieuport et entra à Bruges (juillet). Le bataillon prit part au siège de L’Écluse, en Zélande, et après la capitulation de la ville (8 août), il occupa le fort d’Orange pour couper les communications entre Gand et la mer22.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 44ème demi-brigade de bataille fut formée le 22 septembre 1794, selon Belhomme, le 18 août selon Louis Susane. Elle se composait du 2ème bataillon du 22ème régiment d’infanterie du 2ème de la Corrèze et du 5ème du Rhône, aussi dénommés 29ème et 12ème bataillon des réserves23. Le 6 avril 1795, les compagnies de la demi-brigade furent tiercées et les bataillons amalgamés24.

2ème formation :

La 44ème de bataille, devint à l’armée du Nord, la 22ème demi-brigade de ligne le 8 janvier 179625.

État des cadres à la formation, le 15 août 1792

État-major :

Lieutenant-colonel en premier Jean Peyredieu, de Meymac, 30 ans.

Lieutenant-colonel en second Joseph Souhaum, né à Lubersac en 1760, ayant servit au régiment des cuirassiers du Roi (1782-1786).

Quartier-maître Jean-Baptiste Donoville, né à Brive, en 1769.

Adjudant-major : Hyacinthe Billet, né dans la Meuse, 34 ans, ayant servit 12 ans au régiment ci-devant du Dauphin.

Chirurgien-major Yrieix Lamontegie, de Pompadour.

Tambour-major Antoine-Guillaume Marguiot, de Brive. 23 ans, ayant servit 5 ans et demi au régiment Royal-Cavalerie.

Maître-armurier Jacques Battut, de Beaulieu-sur-Dordogne, 19 ans.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Jean Grenier, de Brive. 40 ans, ayant servit 8 ans au régiment ci-devant de Foix.

Lieutenant Léonard Mazarpeix, de Ségur-le-Château,33 ans.

Sous-lieutenant Raymond Senac, de Beaulieu-sur-Dordogne, 45 ans.

1ère compagnie :

Capitaine François Certaix, de Noilhac, 27 ans, ayant servit 10 ans au régiment ci-devant de La Fère.

Lieutenant Pierre Veissière, de Turenne, 22 ans.

Sous-lieutenant Jean Biget, de Beaulieu-sur-Dordogne, 24 ans

2ème compagnie :


Capitaine Raymond
Lagaudie, de Lubersac, 21 ans.

Lieutenant Adrien Dousseau, de Lubersac, 20 ans.

Sous-lieutenant François Chadal, de Lubersac, 24 ans

3ème compagnie :

Capitaine Guillaume Certaix, de Beaulieu-sur-Dordogne, 35 ans, ayant 8 ans au régiment ci-devant de Flandre.

Lieutenant Pierre Truillère, de Liourdres, 21 ans.

Sous-lieutenant Raymond Brunie, du district de Brive, 21 ans.

4ème compagnie :

Capitaine Pierre La Borye, de Donzenac, ayant servit 20 ans au régiment ci-devant de la Reine.

Lieutenant François Chambon, de Donzenac, 22 ans.

Sous-lieutenant François Froidesson, de Donzenac, 21 ans.

5ème compagnie :

Capitaine Jean-Baptiste Chavoix, de Juillac. 18 ans.

Lieutenant Jacques Delon, de Malemort, 24 ans.

Sous-lieutenant Gabriel Noviax, de Juillac, 21 ans.

6ème compagnie :

Capitaine Pierre Lacoste, de Brive, 23 ans.

Lieutenant Étienne Dumont, de Brive, 32 ans, ayant servit 8 ans au régiment ci-devant de Bourbonnais.

Sous-lieutenant Jean-Baptiste Rolle, de Malemort, 26 ans.

7ème compagnie :

Capitaine Jean-Baptiste Crossert, de Brive, 22 ans.

Lieutenant Jean Bial, de Collonges, 19 ans.

Sous-lieutenant Jean La Brue, de Meyssac, 18 ans.

8ème compagnie :

Capitaine Jean-Michel Meilleur, de Ségur-le-Château, 21 ans.

Lieutenant Pierre Cibot, de Vigeois. 29 ans, ayant servit 6 ans au régiment ci-devant de la Fère.

Sous-lieutenant Jean-Baptiste Deveaux, de Ségur-le-Château, 25 ans.

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Article d’Olivier Siffrin, augmenté par Laurent Brayard

1 Belhomme, Histoire de l’infanterie en France, tome 4.

2 SHD – Xw 24, la série Xw des archives du SHD est constituée de copie d’archives départementale relatives au recrutement et aux affaires militaires sous la Révolution. Ces copies ont été établies avant la première guerre mondiale par des officiers. La qualité et l’exhaustivité peuvent être variables selon les départements.

3 V. de Seilhac, Les volontaires de la Corrèze, Tulle, 1822, p. 134.

4 SHD – Xw 24.

5 V. de Seilhac, op. cit, p. 94.

6 En ajout de l’article d’Olivier Siffrin par Laurent Brayard.

7 SHD – Xw 24.

8 SHD – Xv 10 [La série Xv est constituée par les archives des bataillons de volontaires nationaux]

9 V. de Seilhac, op. cit, p.95.

10 SHD – 16 Yc I 92 [La série 16 Yc I regroupe les registres de contrôle de troupes des bataillons de volontaires nationaux. Celui du 2e bataillon de la Corrèze est particulièrement complet et bien tenu. Les mentions tués, blessés ou prisonniers y sont notamment indiquées. Le nombre et la qualité des réquisitionnaires qui complètent le bataillon a pu être établi grâce au registre].

11 V. de Seilhac, op. cit, p.96-97.

12 SHD – 16 Yc I 92.

13 V. de Seilhac, op. cit, p.97.

14 SHD – Xv 10.

15 V. Dupuis, La campagne de 1793 à l’Armée du Nord et des Ardennes, Paris, 1906, p. 8.

16 V. Dupuis, op. cit, p. 18.

17 SHD – Xv 10.

18 SHD – Xv 10.

19 H. Coutanceau et C. La Jonquière, La campagne de 1794 à l’Armée du Nord, 2 tomes, Paris, 1905-1908, T. 1, p. 716.

20 V. de Seilhac, op. cit, p. 119.

21 SHD – 16 Yc I 92.

22 V. de Seilhac, op. cit, p. 123.

23 SHD – Xb 207.

24 SHD – Xb 207.

25 SHD – Catalogue de la série 16 YcI.

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