1er et 2e compagnies de volontaires de La Rochelle

compagnies de volontaires rochelais

Compagnies de chasseurs volontaires de La Rochelle :

Article rédigé par Didier Davin dans le cadre des associations SEHRI et du Bivouac1 :

Date de formation : deux compagnies formées en juillet 1792 et mai 1793

Formation :

Le 14 août 1789, la ville de La Rochelle créa sa Garde nationale, celle-ci comptait 9 compagnies en deux bataillons. Elle fut placée sous le commandement du citoyen de Romefort, secondé par le citoyen Fleury Le Vesque. Le 30 Août, elle fit bénir ses deux drapeaux en l’église Notre-Dame. Parmi ses officiers, Gabriel Benjamin Rondeau, Sous-lieutenant dans la 5ème compagnie. Rapidement, celui-ci gravit la hiérarchie, lieutenant-colonel (27 juillet 1791) et commandant le bataillon de Notre-Dame (début de 1792).


L’Assemblée fit flèche de tout bois et réclama des volontaires pour voler aux frontières, que ce soit des bataillons entiers, des corps francs, des légions ou même des compagnies de chasseurs. C’est ainsi que se forma à La Rochelle une compagnie de chasseurs volontaires de 150 hommes, issue de la Garde nationale. Gabriel Rondeau en se rétrogradant volontairement accepta de devenir leur capitaine. Ses adjoints furent Bardon capitaine en second, Lambert et Majou lieutenants. Les dames de la cité, ardentes patriotes leur offrirent un drapeau qu’elles avaient brodé de leurs mains. Ce qui permit à Rondeau de les remercier en ces termes :

« Mesdames nous recevons avec reconnaissance le drapeau que vous nous offrez. Le patriotisme nous l’a consacré ; il n’en est que plus cher à nos cœurs. C ‘est sous lui que cette jeunesse ardente va voler au combat, c’est sous lui qu’elle affrontera la mort pour faire triompher la Liberté… Vivre libre ou mourir sera toujours le cri de mes camarades ».


Ce drapeau existe toujours et est conservé à la Rochelle.

Historique :

1792 :

Nos hommes partirent devant rejoindre l’Armée du Midi du général Montesquiou, à Nîmes (23 août). Après un périple qui les fit passer par Bordeaux, Agen, Montauban, Toulouse, Carcassonne, Béziers, Montpellier, avec parfois des étapes où ils furent assez mal reçus, ils arrivèrent à Nîmes (1er octobre). Les troupes françaises étaient entrées en Savoie et avaient pris Chambéry. Nos Rochelais furent dirigés sur Romans et Fort Barraux. En chemin, ils avaient pu se renforcer de quelques volontaires du Midi, et de Rochelais et Marennais. Puis ils arrivèrent à Carouge (23 octobre). A ce moment, le général Montesquiou, le conquérant de la Savoie, venait de passer un traité avec la République de Genève. Ce que bientôt on lui reprocha. Il préféra passer la frontière, sentant que les choses pourraient mal tourner. Rondeau songea à se faire muter dans un régiment de dragons, mais resta finalement à la tête de ses volontaires. Ils cantonnaient à Evian (fin de l’année).

1793 :

Nos Rochelais furent stationnés à Thonon (mars). Une cinquantaine d’hommes de la Charente-Inférieure les rejoignirent en Savoie (mai) formant une 2ème compagnie, qui fut aussi mise sous le commandement de Rondeau. C’est en Faucigny, dans la vallée de l’Arve, à Sallanches, que nous les retrouvons à l’aile gauche de l’Armée des Alpes (juillet-septembre). Le duc de Montferrat commandant les forces piémontaises, passa à l’offensive, et trois colonnes franchirent la frontière et envahirent les vallées de Sallanches, de la Tarentaise et de la Maurienne (14 août). Dans le Faucigny, le petit corps rochelais vécu bien des vicissitudes. Les chasseurs Rochelais défendirent Sallanches, mais durent lâcher prise. Ils y perdirent ainsi leur dépôt, et ils tombèrent dans la plus grande indigence. Ils combattirent désormais en haillons. Au début de septembre, une contre-offensive française fut lancée dans tous les secteurs. Notamment dans la vallée de l’Arve sur Cluses (repris le 9 septembre) et Sallanches (repris le 29), avec nos Rochelais en avant garde.


Après un mois de séjour sur les bords du lac de Genève, nos Rochelais reç
urent l’ordre de quitter l’armée de Savoie et de se rendre à Valence pour former, avec d’autres, un bataillon de chasseurs pour le siège de Toulon. C’est ainsi que se forma : le 1er bataillon de chasseurs de l’Armée des Alpes amalgamant les deux compagnies de chasseurs Rochelais, une compagnie de chasseurs de Rhône-et-Loire, une de chasseurs de la Haute-Loire, une compagnie du 1er bataillon des Basses Alpes, une compagnie de chasseurs du 5ème bataillon de l’Isère, une compagnie franche de Guyenne, une compagnie du 2ème bataillon du 69ème de Ligne. Tandis que ce bataillon s’organisait et devait être dirigé sur Ollioules, le capitaine Rondeau arriva à Marseille (15 décembre). Il venait pour chercher de l’équipement pour ses hommes. Il en profita pour solliciter de Barras un poste au combat, ayant appris la reprise imminente de Toulon avant que ses hommes ne puissent arriver. On finit par lui confier le commandement de la 1ère compagnie du bataillon du Bec d’Ambes (Gironde), avec laquelle il prit part à l’assaut final. Il faut noter qu’il commanda aussi des pelotons d’exécution suite à la chute de la ville. Puis il suivit Dugommier à l’Armée des Pyrénées-Orientales, comme capitaine adjoint aux adjudants-généraux.

1794 :


Mais en
mars, le 1er bataillon de chasseurs de l’Armée des Alpes le porta par élection à sa tête. Rondeau revint donc à Nice prendre son nouveau commandement en tant que chef de bataillon. Le bataillon qui fit partie de l’Armée d’ Italie du général Dumerbion, était stationné sur les bords de la Roya, pour être amalgamé dans la toute nouvelle 3ème demi-brigade légère de première formation, dont il suivit le destin… Il combattit à Dego, Loano (novembre 1795), Montenotte, Millesimo. Il mourut de la gangrène quatre mois après des blessures reçues à Dego (14 et 15 avril 1796), avec le grade de chef de brigade et fut enterré à Savone. Une rue de la Rochelle porte son nom : la rue du « Brave Rondeau ».

sehri

1 Sources : Bulletin de la Société des Archives historiques, Revue de la Saintonge et de l’Aunis 1894 et 1902, et Académie des Belles-Lettres Sciences et Arts de la Rochelle, 1894.

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