2e bataillon des Fédérés de Marseille

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2ème bataillon des Fédérés de Marseille ou bataillon des Fédérés du 21 janvier 1793 :

 

Date de formation : il fut formé le 26 octobre 1792.

Historique[1] :

1792 :

Il fut formé officiellement le 26 octobre, à Paris, avec les divers détachements du département des Bouches-du-Rhône. Il était parti de Marseille dès le 3 septembre, sous les ordres du lieutenant-colonel André Girard. Il arriva à Paris en octobre pour défendre la capitale. C’est là qu’il fut officiellement formé si l’on en croit Belhomme. Ce bataillon était toujours à Paris alors que Longwy venait de tomber aux mains des coalisés (23 août), Verdun capitula (2 septembre), Paris était menacée. Le bataillon marseillais du 10 août était rentré dans ses foyers en octobre et les clubs de Marseille, ainsi que la municipalité, décidèrent de former le 11 septembre un nouveau bataillon de 574 hommes pour prendre le relai du précédent et protéger la capitale. Les volontaires d’après Didier Davin quittèrent Marseille le 16 septembre, avec leur fourniment et deux pièces de canons. Remontant la vallée du Rhône, ils atteignirent Chalons le 7 octobre, et firent leur entrée à Paris le 20. L’unité comprenait neuf compagnies dont une de grenadiers et une escouade de canonniers. Cette dernière était commandée par André Girard et Antoine Hardouin. Un autre bataillon de Fédérés formé à Aix-en-Provence en une journée, arriva à leur suite. Les Marseillais arrivèrent dans la Capitale en ébullition, la Convention venait de s’installer, la victoire de Valmy sauva la République, Longwy, Verdun et Lille furent libérées ou dégagées.

Dès le lendemain de son arrivée à Paris, il envoya une députation à la Convention et proposa de lui servir de garde prétorienne, déjà les factions girondines et jacobines s’affrontaient, les sollicitations aux fédérés se firent pressantes de l’un et l’autre camp. A cette date beaucoup de fédérés provinciaux étaient de sensibilité girondine. Au début de décembre, le procès du Roi fut décidé, nos volontaires furent casernés à Paris rue du Bouloy, et chargés de divers postes de gardes dans la capitale, dont le château des Tuileries.

1793 :

Le 6 janvier, le bataillon fut réuni, les honneurs rendus par des détachements de la garde nationale de Paris, prêta serment de :

« Maintenir la souveraineté du Peuple Français, l’unité et l’indivisibilité de la République et d’immoler tout traître et conspirateur qui oserait y porter atteinte ».

Le 17 janvier, un autre serment fut prêté celui du « sacrifice du tyran nécessaire à la prospérité et au bonheur de la France ». Le dimanche 20 janvier, le Roi fut condamné à mort. Le bataillon fut dès lors aussi appelé bataillon des Fédérés du 21 Janvier 1793, car il assista à l’exécution de Louis XVI, en même temps que le bataillon des Fédérés d’Aix. La petite histoire dit que ses hommes trempèrent la cravate de leur drapeau dans le sang qui coula de l’échafaud. Le commandant Girard dans une longue lettre aux officiers municipaux de Marseille narra l’événement, véritable cérémonie sacrificielle pour ces hommes qui nous l’avons dit, maculèrent le sang du supplicié sur leur drapeau en passant le long de l’échafaud après l’exécution.

Le bataillon décida son départ pour Marseille, la lutte des fonctions devenant de jours en jours plus intolérable. La municipalité préféra les rappeler plutôt que de « les livrer aux cabales et aux intrigues ». Il dut partir de Paris le 6 février, son arrivée étant prévu pour le 16 mars mais selon Didier Davin il arriva à Marseille le 24 mars. Le bataillon d’Aix se mit en route à sa suite, à leur retour ils entrèrent dans la cité phocéenne sous une pluie battante. Le bataillon fut dissous peu après son retour, une grande partie des hommes s’enrôlèrent dans une armée levée par les jacobins marseillais prélude de la révolte fédéraliste. Cette armée, l’armée des 6 000 hommes, armée départementale à tendance jacobine, fut dissoute par le département en mai 1793. Les Girondins avaient alors repris localement le dessus. Les jacobins s’emparèrent du pouvoir à Paris à la fin du mois, de nombreux départements, dont les Bouches-du-Rhône entrèrent en résistance et levèrent des armées départementales fédéralistes. Didier Davin tient à ajouter très justement à leur égard :

« Ces hommes venus à Paris défendre la Révolution s’étaient retrouvés au milieu des intrigues entre girondins et montagnards au lieu de partir aux frontières. Ce n’étaient pas des monstres sanguinaires comme une littérature orientée les a souvent représentés, épisode du drapeau oblige, mais des patriotes exaltés en une époque grandiloquente ».

 

Portraits :

Pierre-Dominique baron Garnier, né le 19 décembre 1756 à Marseille. Soldat au régiment ci-devant de Beauce (1773), puis au régiment de l’île de France, compagnie Legay (février 1774). Obtînt son congé (1779), volontaire dans les dragons de la Guadeloupe de 1780 à 1787. Il rentra en France (1788). Architecte (mars 1789), Capitaine dans la Garde nationale de Marseille, il enleva à la tête de 50 hommes le fort de la Garde et fit la garnison prisonnière (30 août). Lieutenant-colonel en second du 2ème bataillon fédéré de Marseille (30 juin au 15 septembre), il marcha à sa tête à l’attaque du palais des Tuileries (10 août). Il fut blessé d’un coup de sabre durant l’assaut et reçut le grade de lieutenant dans le 51ème régiment d’infanterie (15 septembre). Adjoint aux adjudants-généraux de l’armée des Alpes, lieutenant-colonel en second (8 octobre). Envoyé en Corse (26 octobre), il passa à l’armée du Rhin (20 janvier 1793). Il combattit à Rülzheim, Jockgrim, Rheinzabern, Gemersheim. Nommé général de brigade et envoyé à l’armée d’Italie (septembre), puis devant Toulon (novembre). Général de division nommé par les représentants du Peuple (20 décembre). Commandant la division des Côtes de Toulon (22 décembre). Envoyé à l’armée d’Italie (avril 1794). Commandant la division de gauche, il servit à la prise de Saorgio (29 avril). Commandant une division sous Masséna (mars 1795), il fut vainqueur à Bagna (25 juin). Il reprit également le poste d’Issondo (31 juillet). Réformé, non compris dans la réforme des états-majors, il fut maintenu à son poste et commanda une division à l’armée des Alpes (octobre). Repassa à l’armée d’Italie, il réprima l’insurrection des Barbets (1796). Commandant la 4ème division de l’armée d’Italie (27 mars). Il était à Nice (29 avril), puis commanda la 5ème division de l’armée dite de la Côte à Loano (9 mai). Il commanda la colonne mobile du col de Tende (septembre), puis une division à l’armée des Alpes (janvier 1797). Il occupa fréquemment de nombreux postes différents dans les mois qui suivent, commandement de places, d’unités, de subdivisions et divisions militaires, départements. Employé à l’armée d’Italie (1799), puis à celle de Naples, il commanda Rome (fin mai) et il fut vainqueur des Napolitains à Monte-Rotondo (21 septembre). Il capitula dans Rome (30 septembre). Commandant le département des Alpes-Maritimes (juin 1800), il fut réformé (1801). Rappelé (1809), comme commandant la 4ème division de réserve à Gand, il commanda Barcelone (août 1811) et rentra en France (1812). Commandant d’armes dans les provinces illyriennes (avril 1813), commandant Laibach, il évacua Fiume (26 septembre), se replia à Parme puis Turin. Commandant supérieur à Blaye (mars 1814). En retraite (décembre), baron (31 décembre), commandeur de la Légion d’honneur (17 janvier 1815) et chevalier de Saint-Louis. Il mourut à Nantes, le 11 mai 1827.

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Article de Didier Davin légèrement augmenté par Laurent B.

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[1] Biographie selon Didier Davin : Portal Felix, Le bataillon marseillais du 21 janvier, Marseille, 1900.Guibal G., Le mouvement fédéraliste en Provence, Paris, 1908. Vialla S., Les volontaires des Bouches-du-Rhône, 1913. Davin Didier, Histoire tourmentée de la Garde Nationale de Marseille, Tradition  N° 171.

 

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