1er bataillon de l’Aisne

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon de l’Aisne ou bataillon de Vervins :

 

Date de formation : Il fut formé le 26 août 1791, avec les hommes du district de Vervins.

Historique :

1791 :

Le bataillon était composé de volontaires des districts de Soissons et de Château-Thierry qui furent rassemblés à Soissons, le 28 août. Formés en compagnie dès le 2 septembre et organisés en bataillon aussitôt. Il partit le 3 septembre pour Chauny et le 4 pour Saint-Quentin où sa formation fut jugée défectueuse, 78 réformes furent prononcées. Il revint à Chauny le 6 septembre pour se rendre ensuite à La Fère où il compléta son état-major. Il fut passé en revue le 7 septembre, par le lieutenant-général d’Aumont et le commissaire des guerres Poitevie de la Motte, ainsi que les commissaires Meurizet et Letellier commissaires du département.

Il partit dans les premiers jours d’octobre pour la frontière du Nord, arriva le 5 octobre à Péronne, le 6 à Bapaume, le 7 à Arras et le 8 à Lens (six compagnies et à Hénin-Liétard, 3 compagnies). Complètement armé mais dépourvu d’habillements et d’équipements le bataillon fut à nouveau passé en revue le 22 octobre par le maréchal de camp de La Noue. Ce dernier le trouva médiocrement composé d’hommes trop jeunes. Il demeura tout l’hiver sur place.

1792 :

Le 1er janvier, il était en garnison à Lens et Hennin[1]. Il servait à l’armée du Nord du maréchal Luckner. Il se trouvait toujours dans cette position le 10 avril suivant, ayant dans ses rangs 546 présents et entra en campagne le 28 avril. Le 1er mai, il cantonnait à Beaudignies près la place du Quesnoy.

Le 25 juin, il était à l’aile gauche, 2ème division d’infanterie, 3ème brigade de la division de l’armée du Nord sous le commandement du maréchal de camp Beurnonville. Puis il passa en juillet à la division Jarry. Il cantonna en août à Sedan. Le 10 août, il était dans les rangs de la division de droite du général Dampierre, à l’armée du Nord. Il formait une brigade avec le 43ème régiment d’infanterie et le 3ème bataillon de Paris[2].

Il prit part à la marche de Dumouriez sur Grandpré et campa le 11 septembre près de Rethel et le 20 septembre en avant de Sainte-Menehould. Le 1er octobre, il était au camp de Mauldes avec un dépôt de 200 recrues se trouvant à Bapaume.

Le 24 octobre, il faisait partie des troupes d’invasion de la Belgique sous les ordres du général Dumouriez (armée du Nord), division de gauche du général Miranda, 2ème brigade sous Desforest. Il servit à la bataille de Jemappes le 6 novembre. Le 14 novembre, il faisait partie des troupes de l’armée de Belgique du général Dumouriez, corps de bataille, colonne du général Blottefière (2ème brigade). Il entra dans Bruxelles le même jour puis se trouva le 20 novembre à Louvain, le 28 à Liège. Il prit ses quartiers d’hiver à Eschweiller avec les flanqueurs de droite de Frégéville au mois de décembre, ne comptant déjà plus que 233 hommes présents.

1793 :

En janvier, le bataillon était en garnison à Bapaume sur les arrières de l’armée de Dumouriez. Le 1er mars, le bataillon servait dans les rangs de l’armée de Belgique commandée par le général Dumouriez, flanqueurs de droite du général Frégéville l’aîné. Il était fort de 377 hommes. Il prit part au combat de Kornélimunster, où il perdit 26 hommes, le 5 il se trouvait à Saint-Trond, le 9 mars à Houagerde et participa le 18 mars à la bataille de Neerwinden, puis à l’affaire de la Montagne-de-Fer, le 22 mars suivant.

Le 1er mai, il était au camp de Famars près de Valenciennes dans la 1ère division du Nord, comptant 233 présents. Il reçut des recrues et le 12 mai fournit une compagnie au 10ème bataillon de la Formation d’Orléans. Le 2ème bataillon des Basses-Alpes fut complété le 11 juillet, par 120 recrues tirées du 1er bataillon de l’Aisne et du 72ème régiment d’infanterie[3].

Il était le 30 juillet au camp de César puis au camp de Vitry le 26 août. Il faisait partie le 13 septembre, de la division Davaine qui était à Gavrelle et partit le 20 pour Cassel en passant par Lens, Béthune et Aire le 23. Il prit ses quartiers d’hiver à Bailleul. Il fut embrigadé avec le 2ème bataillon des Basses-Alpes mais continua un temps à servir indépendamment.

1794 :

Le 1er janvier, il se trouvait à la division Ferrand au camp de Bailleul avec son dépôt à Soissons. Il y demeura plusieurs mois prenant part aux affaires du 20 janvier à l’Ancre, du 1er février à West-Outhe où il fut complété le 5 avril avec 220 réquisitionnaires du district de Cany dans la Seine-Inférieure. Le 19 avril, il faisait partie de la division du général Moreau, armée du Nord du général Pichegru. Il était fort de 876 hommes. Il servit ensuite avec sa division au combat de Mouscron du 28 et 29 avril, de Tourcoing les 12 et 19 mai, de Rousselaer les 9 et 13 juin avant d’être amalgamé.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 150ème demi-brigade de bataille fut formée le 18 août 1794, à Château-Quartier, selon Belhomme[4], Dumont[5] et Suzanne[6]. Elle se composait du 2ème bataillon du 81ème, du 1er de l’Aisne, 2ème des Basses-Alpes selon Susanne, Dumont et le Journal de l’an VII.

Belhomme cite le 4ème de l’Aisne au lieu du 1er mais il ne semble pas avoir été amalgamé en 1ère formation et le 2ème des Hautes-Alpes. En l’état nous pencherions pour la première thèse, à 4 contre 1.

2ème formation :

La 150ème de bataille devint à l’armée de l’Intérieur, la 21ème demi-brigade de ligne, le 4 mars 1796.

Élection des cadres d’après la revue du 7 septembre 1791 :

État-major :

Lieutenant-colonel Claude-Louis Lormier, alors âgé de 59 ans, chevalier de Saint-Louis,

Lieutenant-colonel en second Robert-Henri Sifflet-Dulubre, alors âgé de 50 ans et originaire d’Epernay,

Quartier-maître trésorier Charles Deboissy, originaire de Soissons,

Adjudant-major Jean-Joseph Nouvenne, âgé de 49 ans,

Adjudant sous-officier André Drut, âgé de 27 ans et originaire de Lyon,

Chirurgien-major Meuron, âgé de 27 ans et originaire de Brest.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine François-Samson Fabus originaire de Soissons, âgé de 28 ans, lieutenant Claude-Louis Carpette, âgé de 34 ans et originaire de Soissons, sous-lieutenant Marie-François Fabus âgé de 27 ans et originaire de Soissons.

1ère compagnie de Château-Thierry :

Capitaine Nicolas Martin de Villers-sur-Fère, lieutenant Hubert-Maximilien Gérard âgé de 20 ans originaire de Dravegny, sous-lieutenant Simon-Louis Canelle.

2ème compagnie de Soissons :

Nicolas-Louis Lalitte originaire de Villers-Cotterêts âgé de 33 ans, lieutenant Michel Lalitte originaire de Villers-Cotterêts et âgé de 31 ans, sous-lieutenant Louis-Nicolas-Victor Dubois originaire de Villers-Cotterêts et âgé de 26 ans.

3ème compagnie de Soissons :

Capitaine Henry-François-Joseph-Marie Charpentier originaire de Soissons et âgé de 22 ans, lieutenant Jean-Baptiste Lenoir originaire de Vailly, sous-lieutenant Jean-Baptiste-Florent Floquet originaire de Vailly.

4ème compagnie de Soissons :

Capitaine Louis Judam originaire de Soisson, âgé de 26 ans, lieutenant Christophe Ferté originaire de Bussy et âgé de 19 ans, sous-lieutenant Christophe Mannier originaire de Braisne.

5ème compagnie de Château-Thierry :

Capitaine Simon-Jean-Louis Gilles originaire de Croutte et âgé de 29 ans, lieutenant Charles Chavin originaire de Bézu-le-Guéry et âgé de 27 ans, sous-lieutenant Jean-François Radel originaire de Villers-Saint-Sépulcre et âgé de 20 ans.

6ème compagnie de Soissons :

Capitaine René-Antoine-Fursy Lampon, lieutenant Louis-Florent Delobelle originaire de Roye dans la Somme et âgé de 23 ans, sous-lieutenant Jean-Pierre Griffon originaire de Soissons et âgé de 21 ans.

7ème compagnie de Château-Thierry :

Capitaine Louis-Pierre-Simon Crapart originaire de Château-Thierry et âgé de 22 ans, lieutenant Jean-François-Jean-Martin Gérardot de Château-Thierry et âgé de 26 ans, sous-lieutenant Charles-Simon Villard originaire de Château-Thierry et âgé de 21 ans.

8ème compagnie de Château-Thierry :

Capitaine Marie-Jean-Antoine Gérardot originaire de Château-Thierry et âgé de 22 ans, lieutenant Jean-Melchior Drouet originaire de Château-Thierry et âgé de 34 ans, sous-lieutenant Louis-Jacques-Rom. François originaire de Condé-en-Brie et âgé de 21 ans.

État des Cadres au moment de l’amalgame dans la 150ème de bataille :

Chef de bataillon François-Samson Fabus, (enrôlé en 1791, capitaine des grenadiers),

Quartier-maître Trésorier Jean-François Radel, (enrôlé en 1791, sous-lieutenant),

Adjudant-major François,

Chirurgien-major Dusoleil,

Adjudant sous-officier F. H. Rhubarbe.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Claude-Louis Carpette (enrôlé en 1791, lieutenant de grenadiers), lieutenant Marie-François Fabus (enrôlé en 1791, sous-lieutenant de grenadiers), Sous-lieutenant Aubry.

1ère compagnie :

Capitaine C. F. Pottier, lieutenant Hubert-Maximilien Gérard (enrôlé en 1791, déjà lieutenant), sous-lieutenant B. P. Farrette.

2ème compagnie :

Capitaine Nicolas-Louis Lalitte (enrôlé en 1791, commandant déjà à cette date la compagnie), lieutenant P. Bernardin, sous-lieutenant P. P. Tinot.

3ème compagnie :

Capitaine Michel Lalitte (enrôlé en 1791, lieutenant), lieutenant N. Canneaux, sous-lieutenant F. L. B. Leclerc.

4ème compagnie :

Capitaine Louis Judam (enrôlé en 1791, à cette date déjà commandant la compagnie), lieutenant J. B. Frémaux, sous-lieutenant J.S. Gosselin.

5ème compagnie :

Capitaine Charles Chavin (enrôlé en 1791, lieutenant dans la compagnie), lieutenant J. P. D’Huy, sous-lieutenant A. Gilles.

6ème compagnie :

Capitaine C. Ferté, lieutenant L. Pasquier, sous-lieutenant J. C. Cahier.

7ème compagnie :

Capitaine Louis-Pierre-Simon Crapart (enrôlé en 1791 et déjà commandant la compagnie), lieutenant Jean-François-Jean-Martin Gérardot (enrôlé en 1791 et déjà lieutenant de cette compagnie), sous-lieutenant J. B. F. Ozanne.

8ème compagnie :

Capitaine Jean-Melchior Drouet (enrôlé en 1791, alors lieutenant dans la compagnie), Louis-Jacques.Rom. François (enrôlé en 1791, alors sous-lieutenant dans la compagnie), sous-lieutenant F. A. Duret.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Journal Militaire de 1792.

[2] Chassin et Hennet, Les volontaires nationaux pendant la Révolution, p. 276.

[3] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 19.

[4] Belhomme, Histoire de l’infanterie de France.

[5] Commandant Dumont, Etudes sur les volontaires nationaux.

[6] Louis Susane, Histoire de l’ancienne infanterie française.

Publicités