4e bataillon de la Côte d’Or

bataillon-de-volontaires-nationaux

4ème bataillon de la Côte d’Or :

Date de formation : selon Belhomme, il fut formé le 14 août 17921. Mais sa formation fut définitive le 14 septembre2.

Formation :

Le bataillon fut formé à Belfort sous l’autorité de Joseph-Louis Julien et Claude-François Males, capitaines-adjoints à l’État-major de l’Armée du Rhin commissaires chargés de l’organisation des volontaires nationaux de nouvelle levée. Le bataillon forma ses compagnies et procéda à l’élection des sous-officiers et officiers. Nomination par élection de Louis Coste, capitaine de la 14e compagnie, au grade de Lieutenant-colonel. Lieutenant-colonel en second Boulanger, Jean-Baptiste Richard tambour-major, conseil d’administration du bataillon, Joseph Bonne capitaine, Jean-Baptiste-François Bonner lieutenant, Jean-Baptiste Bayer sous-lieutenant, René Lejeune sergent, Claude Parison caporal, Pierre Bougenoi, Bénigne Thierry, Pierre Sudret, Philippe Durieux tous fusiliers, Jean-Baptiste Billequin bachelier en médecine, chirurgien-major sur un vaisseau possédant un brevet, nommé à la place de chirurgien-major3.

Historique :

1793 :

En janvier, le bataillon se trouvait à Belfort4. Le bataillon écrivit au directoire du département ( 11 février 1793, à Neudorff) :

« citoyen président, hier a eu lieu la cérémonie de notre drapeau, le bataillon sous les armes à 11 heures devant l’arbre de la Liberté, le drapeau en avant du centre et le second bataillon de notre département en face ainsi que la municipalité du village, notre commandant après avoir prononcé un petit discours analogue à la cérémonie a dit, mes camarades puisque nous avons dévoué notre vie à la défense de la Patrie et que nous voulons cimenter de notre sang la liberté publique, jurons tous de ne jamais abandonner notre drapeau et de ne déposer les armes que quand la République n’aura plus d’ennemis à combattre, tous les volontaires, sous-officiers et officiers ont répété vivement avec force je le jure, aussitôt l’air des Marseillois a été chanté, nos camarades du 2e qui avoit en tête son brave commandant faisoient la même chose et à la fin de chaque couplet les tambours battaient vingt reprises de la charge »5.

1794 :

Le capitaine de la compagnie de grenadiers envoya une demande au département pour la fourniture de 62 bonnets à poil et autant de sabres (inscrite le 15 floréal an II, demande du 28 germinal an II), le département fit répondre :

« à l’égard des bonnets de grenadiers deux motifs s’opposent à ce qu’on en délivre, la rareté, et la saison qui en rend l’usage fort incommode en campagne, il y sera donc supplée par des chapeaux, si la compagnie en a besoin, et nous allons écrire en conséquence aux commissaires ordonnateurs en chef de l’armée du Rhin, quant aux sabres nous en renvoyons la demande à la commission des armes comme étant de la compétence »6.

Un ou les deux bataillons de gardes nationaux de Belfort furent versés dans le 4e bataillon de la Côte d’Or (mai). Cette opération ne fut pas sans heurts, les gardes nationaux refusant cette incorporation, mais ils furent apaisés par leur propre commandant.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 159ème demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme, le 7 juillet 1794 à Nieder-Oschstad. Sa formation comprenait le 1er bataillon du 88ème régiment d’infanterie, le 12ème de la formation du Jura, et le 4ème de la Côte d’Or.

Susane et le Journal de l’An VII précisent toutefois étrangement que ce premier amalgame fut également réalisé avec le 4ème bataillon de la formation d’Orléans, le 1er bataillon des Vengeurs (Vendée), le 2ème bataillon de l’Ain et le 6ème du Calvados. Un indice détruit cette hypothèse, le 2ème bataillon de l’Ain que je connais parfaitement n’a pas été incorporé en premier amalgame. Belhomme et Bertaud et Roucaud sont donc dans la vérité à mon humble avis, mais la prudence recommande tout de même pour les autres unités, une vérification scrupuleuse.

2ème formation :

La 159ème de bataille devint à l’armée de Rhin-et-Moselle, la 10ème demi-brigade de ligne.

Portraits :

Jean-Pierre baron Béchand, né à Belfort le 17 février 1770, entra au service comme soldat dans le régiment ci-devant de Dauphiné (7 juin 1787), sous-officier (1788), il fit la campagne de 1790 et 1791, à l’armée d’Avignon puis de Vendée, donna sa démission (1792), rentra chez lui et fut nommé commandant de la garde nationale, s’enrôla comme simple soldat dans un bataillon de garde nationale levé pour défendre la ville (1793), lieutenant adjudant-major (15 octobre), capitaine de grenadiers, chef de bataillon (18 octobre), chargé de la défense de la ligne de l’Erguel, à l’extrême frontière de la Suisse, dans le département du Mont-Terrible, son bataillon fut incorporé dans le 4e bataillon de la Côte d’or (mai 1794), il apaisa une mutinerie de ses hommes refusant cette incorporation, puis rentra dans Belfort reprenant le commandement de la Garde nationale, mais fut nommé à la tête du 4e bataillon de la Côte d’Or, passa par le premier amalgame dans la 159e demi-brigade de bataille (7 juin), chef de cette demi-brigade, il servit dans le Palatinat sous le général Michaud, commandant de la position du moulin de la Rehalte sur la chaussée de Spire, qu’il fortifia (juin-octobre), servit dans les flanqueurs de droite à la tête de pont de Mannheim, il servit au siège de cette ville (1794), il repoussa une sortie des Autrichiens (11 décembre), la place capitula le 25. La demi-brigade fut envoyée au siège de Mayence (janvier-octobre 1795), et fut décimée par la faim et la misère. Il dut retraiter suite à une offensive autrichienne, abandonnant ses équipages sur Ober et Nieder-Ulm (début novembre), blessé dans un accident de cheval dans une tentative de reprendre des canons abandonnés durant la retraite à Ober-Flercheim. L’armée française ayant été attaquée sur la ligne de Kirchenbolanden à Worms, il repoussa toutes les attaques et se replia à la nuit sur Grunstadt et Turckheim où il fut attaqué pendant trois jours, livrant des combats meurtriers, Mannheim ayant été perdue, les débris de l’armée du Rhin se replièrent sur la Keich (fin novembre). Il marcha par les gorges d’Anneveiller, s’empara de Geiskopfs et put s’y maintenir pendant trois jours, forcés toutefois à la retraite face à des forces ennemies considérables. Dans sa retraite, il chargea à la tête des grenadiers dans le village d’Igelbach, pour tenter de reprendre les drapeaux perdus de la 109e demi-brigade de bataille. Il passa dans les rangs de la 10e demi-brigade de ligne (seconde formation, mars 1796), chef de bataillon du 1er bataillon de cette unité, servant à la division Desaix, avant-garde, il s’illustra avec son bataillon à Kirsdringen et Emeldingen (27 et 30 octobre), près de Fribourg, il facilita le passage du Rhin par l’armée. Il servit ensuite au siège de Kehl, puis au passage du Rhin (mai 1797), et fut envoyé à l’armée d’Angleterre (1798), puis à l’armée d’Italie (1798-1802), s’illustra à la bataille de Cassano sous Moreau (1799), commandant de la citadelle de Milan (26 avril), il défendit la forteresse pendant un mois, dont trois jours de tranchée ouverte, ayant épuisé toutes ses ressources, il capitula avec les honneurs de la guerre et la permission de rentrer en France (24 mai), participa au coup d’État du 18 brumaire, il accompagna Bonaparte à Saint-Cloud, puis il fut envoyé organiser à Crémone, le 2e bataillon étranger (allemand, 21 juillet 1802). Il l’organisa avec environ 500 hommes, puis fut envoyé à Saint-Domingue (1802-1804), il fut embarqué à bord du Hasard qui fut pris par les Anglais (30 décembre 1803), il rentra en France et débarqua à Bordeaux (24 avril 1804), chevalier de la Légion d’honneur (13 juin), major au 76e de ligne (21 septembre 1805), officier de la Légion d’honneur (21 août 1810).

Jean-Baptiste Billequin bachelier en médecine, chirurgien-major sur un vaisseau possédant un brevet, nommé à la place de chirurgien-major (15 septembre 1792).

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Archives départementales de la Côte d’Or, série L, L 931.

3 Archives départementales de la Côte d’Or, série L, L 931.

4 Journal Militaire de 1793.

5 Archives départementales de la Côte d’Or, série L, L 931.

6 Archives départementales de la Côte d’Or, série L, L 931.

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