Autres bataillons de réquisition de l’Ain

bataillon-de-volontaires-nationaux

Bataillons de réquisitions de l’Ain :

 

Durant l’année 1793, et notamment au moment de la levée en masse qui s’opéra de septembre à décembre, de nombreux bataillons de réquisitionnaires furent formés dans le département. Ces bataillons comme celui du district de Pont-de-Vaux que nous avons suivi plus en détail eurent des durées de vie éphémères. Difficilement formées, difficilement équipées et organisées, ces unités furent dirigées parfois précocement à la défense des frontières ou vers les combats qui firent rages contre les ennemis de l’intérieur. Pour le département de l’Ain, les premiers bataillons de réquisitions furent dirigés vers le siège de Lyon.

Il en va ainsi notamment du bataillon de Montferme, du bataillon de Pont-de-Vaux ou de celui de Trévoux. Nous trouvons par exemple trace d’un 9ème bataillon de la Garde Nationale du district de Montluel dit « de Montluel » qui partit le 30 mai 1793 de Chalamont pour se rendre à Lyon. L’ordre avait été donné le 29 mai, par le district de Montluel, de faire partir ce bataillon afin d’aider et de défendre les représentants du Peuple et les autorités constituées contre les révoltés lyonnais[1]. Le cas de Montferme est exceptionnel, puisque ce bataillon eut une durée de vie dans le temps qui dépassa celle de toutes les autres unités provisoires. Le bataillon de Gex fut quant à lui entièrement incorporé, avec son effectif de 501 hommes dans le 2ème du Rhône en ventôse an II.

Le grand rassemblement qui forma une bonne part des bataillons de réquisitions fut celui du 22 septembre 1793, au chef-lieu de l’Ain. Evoqué le 26 septembre par le département, nous apprenons que les citoyens du district de Bourg furent au nombre d’environ 1 400  hommes, ceux de Trévoux d’environ 800 hommes. Le département se trouva surpris de cette affluence et n’avait pas prévu une quantité adéquate de farine pour nourrir les hommes. Dès le 24 septembre, les subsistances baissaient de manière inquiétante. Les munitionnaires déclarèrent qu’il y aurait assez de pain pour tous, mais les citoyens de Trévoux déclarèrent le contraire. Le maire ordonna dans le doute que les boulangers de la ville fussent mis à réquisition. Malgré ces mesures, les citoyens de Trévoux s’échauffèrent, indiquèrent que les canons déposés dans la cour des bâtiments étaient destinés à les écraser en cas de révolte… Une partie des hommes de Trévoux parla de retourner chez eux. Les autorités du département se rendirent sur place, mais la discussion avec les requis de Trévoux s’envenima. Une compagnie du district de Trévoux prit la décision de rentrer chez elle en emportant du pain. Mais les autorités du département affirmèrent bel et bien que le pain n’avait pas manqué et fustigea comme forfaiture les déclarations des jeunes gens de Trévoux.

Les difficultés ne firent que commencer et la constitution du bataillon de réquisition de Bourg fut épineuse. Le 14 octobre, l’agent militaire supérieur Brunet indiqua qu’il ne pouvait arriver à constituer le bataillon de Bourg car beaucoup de citoyens requis étaient repartis chez eux sans permission ou avec des congés accordés bien trop rapidement. Les hommes ne reparaissaient au bataillon que pour toucher leur salaire et disparaissaient aussitôt ! Le 2 novembre, le département statua sur la solde du bataillon du district de Bourg qui devait être licencié ce jour. Nous savons qu’une bonne part du bataillon de Pont-de-Vaux fut également licenciée dans le même temps. Il faut donc comprendre que certains hommes du bataillon furent renvoyés dans leurs foyers tandis que d’autres furent effectivement dirigés aux armées.

Le 8 novembre, le département lança par ailleurs l’ordre de faire rejoindre dans les 24 heures tous les hommes de la réquisition qui avaient été licenciés ces derniers jours. Le bataillon de Bourg fut bel et bien formé et il ne fut pas entièrement licencié comme en témoigne le réquisitionnaire Pierre-Joseph Ricol, sergent-major dans la 8ème compagnie du 1er bataillon du district de Bourg. Il écrivit d’Annonay dans le département de l’Ardèche à son père Jean-Baptiste, laboureur à Polliat[2] :

« Je vous avais promis de vous écrire en arrivant à Ville Affranchie (Lyon) mais j’ai toujours tant eu d’affaire que je ne l’ai pas put car nous fûmes sur point on nous avertis pour aller à Grenoble que s’était tard et je croyais qu’à Grenoble je pourrai vous écrire. Mais nous n’y avons rester qu’un jour, car le général nous donna les ordres pour aller à Privas, où nous y avons rester que deux jours. Après quoi l’on nous a envoyé à Annonay où nous sommes à présent. Voilà donc mon cher père 80 lieues que nous faisons lorsque vous aurez reçu ma lettre ? […] pour moi je me porte bien et toute la compagnie. Je vous dirai que voilà 16 jours que nous marchons et en marche l’on dépense beaucoup d’argent et on a que l’étape. Claude Clémencin dit qu’il n’a pas plus guère d’argent, j’en dis de même car tous les jours il me faut quelque chose, je n’ai point de culotte, je n’ai point de bas et point de soulier. J’ai oublié de vous dire que Clémencin a un rhume. Je vous dirai aussi que nous allons être incorporés dans les vieux corps. Mais je pense que vous le savez aussi bien que nous. Vous me direz aussi si ceux de la réquisition qui sont au pays sont bien tranquilles et s’ils ne veulent pas venir nous joindre auparavant que nous soyons incorporés, car nous serons incorporés le 10 nivôse prochain. Vous me ferez passer des nouvelles de mon frère qui est à l’armée, à qu’elle armée il est ? Pour les nouvelles du pays elles sont assez bonnes exceptées que l’on n’a pas de pain tant que l’on veut. Nous sommes dans les montagnes mais elles ne sont pas froides. J’espère de retour bientôt au pays car nous n’en sommes que de 24 lieues et si j’avais un moment de relâche ce seroit cela que je ferai car je désire bien de revoir ce pays. Pour la marche, elle ne m’a pas fatigué quoique nous marchons depuis le matin au soir et que nous faisons des 8 lieues par jour, qui en valent bien 12 de celles du pays, excepter la 1ère journée que nous sommes allés, étaient mouillées ».

Comme l’annonçait le sergent-major Ricol du bataillon du district de Bourg, les réquisitionnaires étaient destinés à renforcer des corps déjà existants. L’opération s’effectua en grande partie durant l’hiver 1794. La plupart de ces unités temporaires de réquisition servirent à renforcer les rangs d’unités de volontaires déjà organisés. Nous savons par exemple, que le bataillon de réquisition de Trévoux fut pour une partie incorporé dans le 6ème bataillon de l’Ain : 339 hommes intégrèrent ainsi les rangs de cette unité. Il s’agissait de quatre compagnies, quatre autres attendant à Chambéry d’être à leurs tours versées dans un bataillon[3]. A la même époque des compagnies du bataillon de Pont-de-Vaux furent versées dans le 2ème bataillon de Haute-Loire et dans le 5ème bataillon de l’Isère. Au 20 avril 1794, tous les bataillons de réquisitions n’avaient pas été incorporés dans d’autres unités. Le terme de bataillon n’étant par ailleurs pas toujours approprié, notamment si nous prenons l’exemple du bataillon de réquisition de Bourg.

Malgré l’annonce d’incorporation du sergent-major Ricol, le bataillon du district de Bourg existait toujours au mois de juin. Le 1er juin 1794, cette unité fut passée en revue et un registre fut dressé pour tenir son état des lieux. Il comptait un effectif très faible de 310 hommes, pourtant répartis en huit compagnies de fusiliers et une compagnie de grenadiers. De la 1ère à la 8ème les effectifs étaient respectivement de 41, 33, 35, 50, 22, 31, 45, 38 hommes. L’organisation réelle du bataillon était alors calquée sur celle des gardes nationales qui comptaient en 1790 des compagnies à 50 hommes. La compagnie de grenadiers comptait quant à elle, un effectif de seulement 15 hommes. Le matériel était à peu près correct malgré des manques : 242 habits, 256 vestes, 250 culottes, 202 casques[4], 253 gibernes et 262 fusils étaient tout l’équipement possédé par l’unité. Tous les hommes n’étaient donc pas armés et nous ne savons pas si cet armement était cohérent et en état[5]. Il fut dirigé en arrière du front de l’armée des Alpes et cantonna aux abords du lac de Genève, du Chablais et du Faucigny[6]. Le 20 juin 1794, probablement renforcé de réquisitionnaires nous retrouvons le bataillon en garnison à Thonon et fort d’un effectif de 945 hommes pour un complet de 977. Il fit partie de la 3ème division du général Poujet[7].

Le 25 novembre 1793, le général de l’armée des Alpes écrivit au département pour indiquer que les désertions étaient très nombreuses dans le bataillon du district de Montluel. Il demanda instamment que les déserteurs fussent reconduits au quartier-général de Saint-Jean-de-Maurienne. Le cas du bataillon de Montluel ne devait pas être isolé ! Dès le 25 septembre, le département évoqua le cas des réquisitionnaires du district de Trévoux qui prenant le prétexte du manque de subsistance durant le rassemblement à Bourg étaient également rentrés chez eux sans autre forme de procès[8]. Le 27 novembre, le nommé Philibert fut désigné pour occuper le poste de chirurgien du bataillon du district de Gex. Il arriva relativement tardivement au chef-lieu du département. Le 1er décembre, il fut passé en revue en même temps que deux compagnies de réquisitionnaires de Belley et de Nantua. Le 2 décembre, l’équipement du bataillon du district de Montluel paraissait complètement déficient. Le département dut passer des ordres pour le mettre en état de guerre. Le 5 décembre, le département paya un prêt à la compagnie de Nantua et au bataillon du district de Gex (pour l’équipement). L’afflux des volontaires rendit la fourniture des équipements nécessaires très difficile. Par la suite nous ne trouvons pas de traces des bataillons de réquisitionnaires qui furent dirigés sur les armées pour la finalisation de leur incorporation. Le bataillon de Gex refit surface le 2 février 1794. Le commandant du bataillon, Gacon et l’adjudant Major Lançon fournirent un certificat de bonne conduite au volontaire Louis Lemoz (1ère compagnie). Le bataillon de Gex n’avait pas été très loin. Avant son incorporation dans le 2ème de Rhône et Loire, il était en garnison à Nantua.

Le 10 septembre 1793, le département de l’Ain, fit état d’une lettre du général Kellermann évoquant les gardes nationaux du district de Belley. Cette lettre datée de Chambéry, du 6 septembre mentionnait une plainte contre les réquisitionnaires de Belley. Ayant reçu 500 cartouches et 130 pierres à fusil, les « grenadiers de Belley se sont retirés dans leur district le 1er septembre en emportant avec eux ces munitions ». Kellermann demanda aussitôt le retour à leur poste des grenadiers de Belley. Mais le citoyen Beauchamps, grenadier de la Garde Nationale de Belley, présent lors de la séance de délibérations du département demanda la parole. L’homme expliqua que la compagnie des gardes nationaux de Belley ayant été avertie des dangers courus par le département du Mont-Blanc, s’était portée volontairement à Chambéry pour participer à la défense des frontières. Arrivée sur place, c’est un contrordre du district de Belley de revenir sur place qui fut à l’origine du retour de la compagnie de grenadiers dans ses foyers… Nous n’en saurons pas beaucoup plus sur ce geste patriotique et cet étrange rappel au pays. Cependant Belley donna là un signe fort de patriotisme. A notre connaissance, la marche aux frontières d’une compagnie de Garde Nationale entière, n’a pas d’exemple dans le reste du département.

Le nombre d’unités provisoires pour le département est important. Il reste encore beaucoup de zones d’ombre à ce sujet. Nous avons notamment eu connaissance d’un hypothétique bataillon de chasseurs de l’Ain, qui aurait été incorporé entre 1796 et 1803 dans la 14ème demi-brigade légère devenue 14ème régiment d’infanterie légère. Mais en l’état de nos connaissances, nous ne pouvons en dire plus[9].

Tableau des bataillons des districts de l’Ain :

 

Bataillon de district ou de réquisitionnaires incorporation
Bataillon de Montferme ou 9ème de réquisition Devint un bataillon permanent, qui ne porta aucun numéro. Il fut amalgamé.
Bataillon de Pont-de-Vaux Incorporé dans le 2ème de Haute-Loire et le 5ème de l’Isère en février 1794.
Bataillon de Gex Incorporé au 2ème du Rhône en février/mars 1794.
Bataillon de Trévoux Incorporé en partie dans le 6ème de l’Ain.
Bataillon de Montluel ou 9ème des gardes nationales Dirigé sur Lyon en mai 1793, puis en Savoie dans l’hiver 1793. Incorporé en partie dans le 4ème de l’Ain.
Bataillon de Bourg 10ème de l’Ain ?
Bataillon de Nantua Devint le 8ème bis de l’Ain.
Bataillon de Châtillon Devint le 9ème de l’Ain.
Bataillon de Belley Devint le 11ème de l’Ain, 4 octobre 1793, il fut dirigé sur la ville de Lyon.
Bataillon de levée extraordinaire Il fut rassemblé pour marcher contre les Piémontais[10]. Le 5 novembre 1793, le département indique qu’il avait été licencié

Quelques notes sur les bataillons de réquisitions de l’Ain :

Le bataillon du district de Bourg :

Le bataillon fut réuni à Bourg le 13 novembre 1793. Il était présent le 21 décembre dans les brigades détachées de l’armée des Alpes. Il cantonna aux environs de Grenoble et comprenait un effectif de 781 hommes.

Le bataillon du district de Gex :

Il ne s’agit pas vraiment d’un bataillon, le district forma seulement quatre compagnies correspondant autant que possible aux cantons. Il fut d’abord complété par des compagnies d’autres districts et porta le numéro 7 des bataillons de réquisition de l’Ain. Une compagnie du bataillon de Nantua pour le siège de Lyon (bataillon licencié en novembre 1793) fut versée dans le bataillon à la fin de l’année 1793. Il fut toutefois finalement versé dans le 2ème bataillon de Rhône-et-Loire, qui entra lui-même dans la composition de la 67ème demi-brigade de bataille. Il fut formé le 28 novembre 1793. Il comprenait dans ses rangs, Louis Ducret de Confort, futur commandant du 3ème régiment d’infanterie légère sous l’Empire. Il y avait aussi Michel Jacquenet, âgé de 21 ans, originaire de Collonges et qui fut plus tard colonel. Notons également le citoyen Philibert, officier de santé de Châtillon-sur-Chalaronne affecté comme chirurgien. Le bataillon arriva à Bourg le 2 décembre 1793 où il fut passé en revue et dirigé sur l’armée des Alpes.

 

Le bataillon du district de Montluel :

Il s’agit du bataillon de réquisitionnaires formé avec les hommes de la levée en masse. Il se trouvait le 21 décembre 1793, dans la 2ème division du général Dours, armée des Alpes. Il cantonna autour de Chambéry, et il était composé de 561 hommes, 193 en congé, 16 aux hôpitaux.

Le bataillon du district de Pont-de-Vaux :

Le 18 novembre 1793, le bataillon était prêt à être mis en route pour l’armée des Alpes. Le chirurgien Gromier fut affecté à son recrutement. Il était présent le 21 décembre 1793, dans la 3ème division du général Rivas, armée des Alpes. Il cantonna dans la région de Grenoble et comprenait un effectif de 790 hommes et 5 dans les hôpitaux.

« Il serait exagéré de parler d’enthousiasme et si la très grande majorité des jeunes gens obéirent à la réquisition (levée en masse), il y eut en divers endroits des actes d’un patriotisme douteux : à Feillens, ils refusèrent de partir, le directoire du district de Pont-de-Vaux dut envoyer dans cette commune un détachement de 40 gardes nationaux de Pont-de-Vaux, 25 de Bâgé-le-Châtel et autant de Saint-Laurent soit 90 hommes avec ordre d’arriver sans bruit sur les dix heures du matin afin de surprendre la population et d’arrêter les insoumis »[11].

 

Le bataillon du district de Châtillon-sur-Chalaronne :

Le 18 novembre 1793, le bataillon était prêt à être mis en route pour l’armée des Alpes. Le chirurgien Benoit Chambre fut affecté à son recrutement. Il était né à Saint-Trivier-sur-Moignans vers 1762 et avait été reçu maître en chirurgie le 12 décembre 1789. Dans le district, les difficultés furent grandes pour rassembler les hommes tombant sous le coup de la réquisition. Un détachement de 20 hussards du 1er régiment parcourut les communes pour hâter le départ des récalcitrants. Il était présent le 21 décembre 1793, dans la 3ème division du général Rivas, armée des Alpes. Il cantonna dans la région de Grenoble et comprenait un effectif de 598 hommes et 18 dans les hôpitaux.

Le bataillon du district de Trévoux :

Il se rassembla à Trévoux dès le 12 septembre 1793. Il fut caserné au couvent de la Sidoine, dans la maison de l’émigré Vincent de Panette et à Reyrieux dans la maison Cochet. Le citoyen Dondin fut nommé commissaire le 11 septembre afin de recevoir et d’examiner les recrues, en faire le recrutement et passer en revue le bataillon de concert avec le citoyen Rey officier de Santé. Il était présent le 21 décembre 1793, dans la 3ème division du général Rivas, armée des Alpes. Il cantonna dans la région de Grenoble et comprenait un effectif de 709 hommes et 11 dans les hôpitaux, 70 hommes étaient en congé.

Le bataillon du district de Saint-Rambert :

Il se rassembla à Saint-Rambert dès le 25 septembre et éprouva des difficultés de ravitaillement et de logement. Les compagnies furent dispersées, la compagnie Berthier à Ambérieu, la compagnie Dubreuil à Cerdon, la compagnie Lacraz à Ambronay, la compagnie Montaubéry à Lagnieu, la compagnie Laforge à Jujurieux, la compagnie Galliot à Villebois, la compagnie Colongeat à Saint-Denis et la compagnie Lempereur à Saint-Rambert. La compagnie Lacraz ne put trouver à Ambronay de logement et de nourritures et fut autorisée à rester dans ses foyers et à se nourrir par leurs moyens. Ce bataillon est le fameux bataillon de Montferme qui compta dans ses rangs Jean-Marie-Antoine-Louis Sirand futur officier d’administration et député de l’Ain. Il reçut également le chirurgien-major Jean-Baptiste Corsin. Il porta le numéro 9 des bataillons de réquisition de l’Ain. Il était présent le 21 décembre 1793, dans la 3ème division du général Rivas, armée des Alpes. Il cantonna dans la région de Grenoble et comprenait un effectif de 783 hommes, 4 en congé, 9 détachés et 19 dans les hôpitaux.

Le bataillon du district de Nantua :

Le bataillon de Nantua porta le numéro 8 des bataillons de réquisition de l’Ain. Il fut passé en revue le 27 septembre 1793 par le citoyen Jantet ancien militaire. Il reçut 12 instructeurs, anciens soldats et se trouva ensuite à Lyon en mars 1794. Il était présent le 21 décembre 1793, dans la 3ème division du général Rivas, armée des Alpes. Il cantonna dans la région de Grenoble et comprenait un effectif de 1 073 hommes, 16 en congé et 14 dans les hôpitaux.

Le bataillon Kellermann pour le siège de Lyon :

Il fut levé par ordre du général Kellermann du 22 juillet 1793. La compagnie des volontaires de Nantua marcha sur la ville de Lyon mais le 21 novembre 1793, le bataillon fut licencié, la ville étant tombée. Toutefois, les hommes de Nantua firent une pétition pour demander à être de nouveau organisés en compagnie. Le Directoire du département accepta et chargea l’agent militaire de l’organisation du nouveau bataillon. Ceux qui n’étaient pas rentrés formèrent une compagnie. Elle fut versée dans le bataillon du district de Gex.

Le 10ème bataillon de réquisition de l’Ain :

Il fut formé de différentes compagnies des districts de l’Ain et compta dans ses rangs le futur commandant Claude Journet de Coligny. Il y a peut-être une confusion entre ce bataillon et le bataillon de Bourg, 10ème bataillon de l’Ain. Le mystère est encore complet à ce sujet.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Jérôme Croyet, Sous le Bonnet Rouge, thèse, annexe 4, tome 2.

[2] Jérôme Croyet, Pour la Nation… op cit.

[3] En février 1794, AD de l’Ain, 108 J 89.

[4] Il s’agit du casque à chenille mis au point par le règlement de 1791 et qui eut une existence éphémère dans les armées françaises. Il fut porté au moins jusqu’en 1798 mais avait disparu massivement bien avant cette date. Article tradition magazine, n° ? de Rigo le plumet J’étais en Italie et en Egypte.

[5] AD de l’Ain, 108 J 90.

[6] Krebs et Moris, Campagne dans les Alpes, p. 265.

[7] Idem, p. 273.

[8] AD de l’Ain, 2 L 34.

[9] D’après des renseignements fournis par monsieur Henri Schindler s’appuyant sur L’Etat militaire de l’Empire Français, an 13 et Histoire de tous les régiments français depuis les 1er temps de la monarchie jusqu’à nos jours, M. Brahautet, le capitaine Sicard, tome III et IV, Barbier éditeur, 1850.

[10] Il s’agit en fait du bataillon de levée pour le siège de Lyon. Levée ordonnée en juillet 1793.

[11] Eugène Dubois, Histoire de la Révolution Française dans l’Ain, tome 3, p. 429 et 430.

Publicités