1er bataillon de l’Ain

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon de l’Ain :

 

Date de formation : 20 janvier 1792.

Après les rassemblements des volontaires pour l’organisation des bataillons de l’Ain à la fin de l’été 1791, le département tira au sort les numéros des trois bataillons devant être organisés. Le troisième dans l’ordre de formation, tira le n° 1. Ce ne fut que le 28 décembre 1791, que le directoire du département donna l’ordre de rassemblement pour le 20 janvier 1792[1]. Les compagnies restantes pour le former étaient quasiment deux fois trop nombreuses pour le compléter. Le département procéda dès lors à un tirage au sort pour désigner lesquelles des compagnies restantes formeraient le 1er bataillon de l’Ain. La convocation tomba sur les compagnies suivantes :

Tableau du tirage au sort des compagnies du 1er de l’Ain :

 

District Canton Compagnie Capitaine
Gex Collonges Collonges Prodon[2]
Gex Thoiry Thoiry Favre
Nantua Châtillon-de-Michaille Châtillon-de-Michaille Truche
Saint-Rambert Saint-Rambert Saint-Rambert Bugnot
Belley Saint-Benoit Saint-Benoit Argoud[3]
Belley Seyssel Seyssel Collet
Bourg Chavannes Chavannes Peillot
Montluel Montluel Miribel Favrot

Organisé du 21 au 23 janvier, il fut passé en revue et garda ses quartiers d’hiver à Bourg. L’organisation du bataillon s’effectua de la façon suivante[4] :

Tableau de formation des cadres du 1er bataillon de l’Ain :

Unité Noms Origines et âges Grades
Etat-major Pierre Argoud * Saint-Geoire, 29 ans Lieutenant-colonel[5]
Idem François Trocu de Latour * Saint-Rambert,       67 ans Lieutenant-colonel en second[6]
Idem François-Antoine Pingon Lagnieu, 27 ans Quartier-maître trésorier
Idem Guillaume-Joseph Vannier Coligny, 21 ans Chirurgien-major
Cie de Grenadiers Paul Justamond * Orte, 41 ans Lieutenant
idem Pierre-Louis Felemez Belfort, 22 ans Sous-lieutenant
1ère Cie[7] Joseph-Marie Pyod * Chavannes, 38 ans Capitaine
idem Jean-Louis-Marie Baillat Chavannes, 19 ans Lieutenant
Idem Claude Morand Sous-Lieutenant
2ème Cie[8] François Prodron Péron, 26 ans Capitaine
idem Pierre Colliex Collonges, 27 ans Lieutenant
idem Noël Piquet Sous-Lieutenant
3ème Cie[9] Jean-François Peillod * Vaux, 60 ans Capitaine
idem Jean-François Gouvet Leyment, 21 ans Lieutenant
idem Victor-Amédée Dettard Lagnieu, 21 ans Sous-Lieutenant
4ème Cie[10] Jean-Pierre Favre  * Challex, 29 ans Capitaine
idem Charles Pichoire * Thoiry, 36 ans Lieutenant
idem Antoine Nouvelle * Challex, 29 ans Sous-Lieutenant
5ème Cie[11] Jacques-Philibert Bugniod * Saint-Rambert,       38 ans Capitaine
5ème Cie François-Rambert Brucelin * Saint-Rambert,       39 ans Lieutenant
idem Pierre Cochaud Argis, 20 ans Sous-Lieutenant
6ème Cie[12] Jean-Baptiste Truche * Mouthier, 30 ans Capitaine
idem Bruno Chartron * Lyon, 41 ans Lieutenant
idem Jean-François Rendu Châtillon-de-Michaille, 23 ans Sous-Lieutenant
7ème Cie[13] Guillaume Collet * Hauteville, 35 ans Capitaine
idem Benoit-Marie-Joseph Gonod Artemare, 32 ans Lieutenant
idem Claude Gay Seyssel, 27ans Sous-Lieutenant
8ème Cie Anthelme Roux * Saint-Germain-les-Paroisses, 28 ans Capitaine
idem Joseph Rugnet Pézieux, 22 ans Sous-Lieutenant

Le sigle * indique les officiers ayant servi auparavant dans l’armée d’Ancien Régime, soit dans les troupes de ligne, soit dans la milice. Sur les 29 officiers identifiés, 14 avaient déjà servi aux armées.

L’équipement du volontaire de 1791 :

« Un habit bleu dit « à la française » avec collet, parement et passepoil rouge, une veste blanche, deux culottes blanches, un chapeau en feutre noir bordé de laine noire avec une ganse, trois chemises, deux cols de basin blanc (temps de paix), et un col noir (temps de guerre), deux paires de souliers, une paire de guêtres de toile blanche, une paire de guêtres de toile grise, une paire de guêtres estamette noire doublée en toile sur les côtés, deux mouchoirs, deux paires de bas, une boucle de col, une paire de boucles de jarretières, un bonnet de nuit, deux cocardes, un tire-bouchon, une allène, un tire-bourre, une épinglette et un tournevis (pour l’entretien du fusil), enfin un havresac en peau de veau et un sac en toile pour les distributions ».

Historique :

1792 :

Au cours du mois de mars le département versa un acompte de 5 000 livres pour parfaire un équipement sans doute déficient[14]. Le 15 mars 1792, d’autres sommes furent versées en remboursement de l’argent dépensé par les capitaines de compagnie du bataillon[15]. Le 4 avril, c’était encore 6 058 livres et 5 sols qui furent versées au capitaine Bugnot pour les fournitures faites au 1er bataillon de l’Ain. Le 5, le capitaine Prodon reçut à son tour paiement pour la somme rondelette de 6 254 livres et 19 sols[16]. Le 6 avril, le département remboursa 2 208 livres et 16 sols au capitaine Peillod,  1 539 livres et 8 sols au capitaine Truche, 1 712 livres et 8 sols au capitaine Favre,  2 974 livres et 14 sols au capitaine Collet, 4 391 livres et 1 sol, 4 deniers au capitaine Chartron et enfin 8 458 livres et 4 deniers à Argoux[17], 408 livres à Monsieur Latour[18]. L’équipement et l’organisation furent lents et laborieux. Surtout cette longue énumération nous montre bien que les officiers eux-mêmes avaient avancés de fortes sommes d’argent pour équiper le mieux possible leurs hommes avant le départ. Les démarches administratives étant lentes c’est encore d’autres remboursements qui intervinrent le 12 avril, pour 262 livres au capitaine Truche commandant la compagnie des grenadiers du bataillon[19] et 886 livres versées au Sieur Hilaire de la compagnie de Chavannes[20]. Le 21 avril, de nouveaux versements furent effectués dont 653 livres pour la compagnie des grenadiers et encore 180 livres pour la compagnie du capitaine Chartron. D’autres remboursements de fournitures tombèrent encore le 23 avril, pour le capitaine Prodon et 894 livres pour la compagnie du capitaine Favre. Sans compter la mention de divers remboursements pour l’achat d’uniformes pour les tambours, d’un sergent-major et d’un volontaire de la compagnie du capitaine Bugnot[21]. Les 25 et 26 juillet, le département fournit également un jonc pour service du tambour-major, la dépense s’élevant à 20 livres, ainsi que des dorures pour une somme de 548 livres[22].

Le bataillon fut finalement affecté à l’armée du Rhin en avril et quitta le département. Il se mit en marche et passa par Lons-le-Saunier, Poligny, Salins, Besançon et Belfort[23]. Le 15 avril, il cantonna à l’Ammertzwiller et comprenait un effectif de 568 hommes[24]. Au mois de mai, il était encore dans cette position. Au mois de juin, il était à Neufbrisach[25]. Il s’y livra avec le 6ème bataillon du Jura à des désordres tels, que le général La Morlière commandant la division désespéra de rétablir l’ordre[26]. Quelques petits détails d’équipements furent encore réglés par le département. En juillet[27], il fut passé en revue dans la place de Belfort. Le bataillon fut ensuite affecté au corps de Porrentruy sous les ordres du général Ferrier. Fin août, il cantonna dans les environs de Delle et prit part aux opérations de ce détachement. Le 1er octobre, nous le retrouvons au bivouac à Ottmersheim, où il prit ses quartiers d’hiver jusqu’au mois de décembre[28]. Le département paya encore des fournitures pour le bataillon en date du 27 octobre. C’est à cette occasion que le département versa plusieurs sommes pour l’entretien des 1er, 2ème, 3ème, 5ème, 6ème et 7ème compagnies du bataillon. Le paiement d’étapes se monta à 831 livres et 18 sols et les diverses fournitures et remboursements à 1 719 livres, 6 sols et 8 deniers[29]. Le bataillon était en mouvement et passa par Kemps, le 15 décembre, et à Obenheim le 27.

1793 :

Il reprit ses quartiers d’hiver et se trouvait à Plobsheim le 1er janvier[30]. Le 1er février, fort d’un effectif de 561 hommes, il fut envoyé sur les lignes de Wissembourg. Il cantonna à Roth, toujours sous les ordres du général Ferrier, avant d’être dirigé vers le camp de Wissembourg lui-même. Le 6 février, le ieutenant-colonel Argoud écrivit au département pour demander le renforcement de son bataillon :

« Roth près de Wissembourg, Citoyen, J’ai déjà formé plusieurs demandes aux membres de l’administration du département pour qu’il soit envoyé à mon bataillon les recrues pour le completter conformément à la loy, vous ne m’avez fait aucune réponse, je ne sais à quoy attribuer vôtre silence, je ne crois pas me l’être mérité. Je vous préviens que je viens d’écrire au ministre qu’il ait à vous enjoindre de nous faire complétter puisque mon bataillon n’est dans la force actuelle que comme à sa formation. Vous voudrez bien prendre des mesures afin que nous soyons completté incessament où nous envoyer des compagnies entières, vous m’obligerez en me répondant quelles sont vos intentions et croyez moy avec considération ».

La réponse du département fut lapidaire et excessive. Le fonctionnaire de l’Ain semble avoir totalement perdu le contrôle de lui-même. Il invective vertement le lieutenant-colonel et lui signifie une fin de non-recevoir très directe :

« Bourg le 16 février 1793 l’an 2. Je ne crois pas pouvoir mieux répondre Monsieur, à votre lettre mal réfléchie et incivile du 6 de ce mois qu’en vous envoyant les divers arrêtés qu’à pris le département pour exciter les enrolemens ; je pourrois vous établir si vous étiez plus honnête qu’en mon particulier j’ai envoyé au Ministère à plusieurs reprises des projets de levées de troupes beaucoup plus faciles et promptes que les enrôlements, mais vous avez crû parler je ne sais à qui lorsque vous me mandez que vous venez d’écrire au ministre pour  qu’il ait à m’enjoindre de vous faire completter et comme les Colonels de l’ancien régime vous dites mon bataillon par ci mon bataillon par là ; sachez Monsieur que je n’ai à recevoir de vous aucun ordre et que votre mauvais ton n’est pas fait pour m’en imposer ; Au surplus aucune de vos lettres jusqu’ici ne m’étoient parvenus et si elles étoient ou même suite vous ne devez pas regretter que je ne les aye pas lues ».

Le lieutenant-colonel obtint cependant d’être renforcé de 350 recrues dont la provenance n’est pas connue, il prit part le 17 mai à l’affaire de Rülzheim[31], puis à la bataille des lignes de Wissembourg dans la division du général Munnier[32].

Dans un rapport à la Convention Nationale, les représentants du Peuple Haussmann, Duroy et Ferry écrivent le 18 mai 1793 de Wissembourg[33] :

« L’attaque fut faite par notre cavalerie, le lieu du combat était caché à l’infanterie par une petite éminence et par les seigles. La tête de colonne, quand elle fut arrivée au haut de l’éminence, prit notre cavalerie pour celle des ennemis, fit feu sur elle, mais ne tarda pas à s’apercevoir de son erreur. Le feu à mitraille de l’ennemi se dirigea alors contre les premiers pelotons d’infanterie ; il était impossible de les mettre en bataille sous ce feu, ils se renversèrent sur ceux qui les suivaient et dans lesquels il y avait beaucoup de recrues de la nouvelle levée, ce fut en vain que nous voulûmes les contenir. Le désordre se serait prolongé dans toute la colonne, si le 1er bataillon du 3ème régiment, le 1er de l’Ain, le 46ème régiment et quelques autres n’eussent gardé leurs rangs… Nous ne pouvons pas vous dissimuler que nos troupes ont eu un moment de terreur. Il faut en attribuer la cause à l’inexpérience des recrues et au crime de quelques scélérats qui eurent la lâcheté de crier : Sauve qui Peut ! L’un d’eux commandant le 11ème bataillon du Doubs, qui était déjà en état d’arrestation, s’est fait justice à lui-même en se donnant la mort. Nous sommes à la recherche des autres et nous aurons soin de les punir ».

L’affaire de Rülzheim

Le général Custine commandant en chef des armées de Rhin et de Moselle décide avant de quitter son commandement une opération visant à frapper un coup avant son départ. Le 17 mai 1793, il ordonne l’attaque du village de Rülzheim, position avancée des autrichiens et occupé par trois bataillons et trois escadrons ennemis. Pour appuyer cette offensive, les deux armées sont mises à contributions et doivent appuyer l’attaque sur tout le front. L’opération tourne court, les objectifs sont peu clairs. Dans la colonne commandée par Custine et forte de 26 bataillons et 8 régiments d’infanterie se trouve le 1er bataillon de l’Ain. Le 9ème régiment de chasseurs à cheval, mis en déroute, déclenche une panique parmi les volontaires du 11ème bataillon du Doubs et du 2ème bataillon du Haut-Rhin. Les volontaires font feu sur leur cavalerie croyant avoir affaire aux autrichiens et en moins d’un quart d’heure, 6 000 hommes partent en débandade aux cris de « sauve qui peut ! Nous sommes perdus ! ». Le général Custine et son état-major tentent d’arrêter les fuyards qui ont jeté tout leur équipement pour courir plus vite. Le 1er bataillon de l’Ain ainsi que le 3ème bataillon du 46ème de ligne restent stoïques au milieu de la panique générale. L’ennemi n’ayant pas poussé son avantage, la déroute est stoppée. Les Français perdent 400 morts et blessés, les Autrichiens 129 hommes.

Le 15 août, il était en ligne avec le 3ème bataillon de l’Ain, au moulin de Bienwald. Il comprenait un effectif de 840 présents, son dépôt se trouvant à Strasbourg. Le 18 septembre, il combattit dans les rangs de la brigade du général Montigny sur la Lauter et prit part à la prise de Berg. Il combattit encore les 19 et 20 septembre. Le 16 octobre, le département émit aussi un avis favorable, pour une récompense militaire, faite au capitaine Pelliot[34] natif de Vaux et servant dans l’armée depuis 1754, notamment dans le régiment de Rouergue[35]. Le 17 octobre, le bataillon cantonna à Ingenheim et occupa le 19 le Kochersberg avec la 6ème demi-brigade[36]. Le bataillon fut intégré le 30 octobre, dans la brigade Isambert, 4ème division du centre de l’armée du Rhin. Il participa donc à la bataille de Wissembourg[37] qui eut lieu quelques jours auparavant. Cette brigade était composée des 1er et 3ème bataillons de l’Ain, du 1er bataillon du Doubs et du 3ème régiment d’infanterie[38]. Le 1er novembre, il campa à droite d’Haguenau et le 17 décembre, il passa à la division du général Michaud.

1794 :

Le 11 janvier, le bataillon était à Neubourg avec la division du général Primont et comptait un effectif de 450 présents. Les pertes furent lourdes durant la dernière campagne. Le 20 janvier, il était dans la division du général Argoud[39], qui bivouaqua à Motheren. Quelques jours plus tard, il était à Münchhausen, puis à Mölschbach le 3 février. Le 19 février, il arriva à Kaiserlautern, où il resta jusqu’au mois d’avril. Il était à Lachen, où nous apprenons qu’il avait été renforcé et comprenait 720 présents[40]. Le bataillon était encore à l’armée du Rhin à la date du 22 mai, comme en témoigne un document qui conféra :

 « des indemnités à Trocu-Latour commandant du 1er bataillon de l’Ain à l’Armée du Rhin pour les fruits de la vigne en la Chazaye dépendant de la chapelle du château de Chazey »[41]. En effet, le 21 mai, il était à Neustadt, puis à Rheinsthal le 10 juin.

 

Embrigadement/amalgame :

 1ère formation :

Il fut finalement amalgamé à Annweiler, le 21 juin 1794, avec le 1er bataillon du 46ème régiment d’infanterie ci-devant Bretagne-Infanterie, et avec le 1er bataillon du Jura pour former la 91ème demi-brigade de première formation. C’est dans cette unité que nous le quittons en septembre 1794 et toujours à l’armée du Rhin[42].

2ème formation :

En seconde formation, la 91ème fut amalgamée le 19 février 1796, pour former la 3ème demi-brigade de bataille (avec la 127ème demi-brigade de bataille).

Au moment du 1er amalgame, les cadres du bataillon s’organisèrent ainsi [43] :

Unités Noms Grades
Etat-major P. Collet[44] Lieutenant-colonel
idem F.A. Pingon * Quartier-maître
idem J.F. Gouvet[45] Adjudant-major
idem G.J. Vannier * Chirurgien-major
Cie de Grenadiers P. Justamond[46] Capitaine
idem J.F. Place Lieutenant
1ère Cie J.M. Pyod * Capitaine
idem R. Bouvard Lieutenant
idem J.J. Hilaire Sous-lieutenant
2ème Cie F. Prodon * Capitaine
idem C. François Lieutenant
idem Fr. Delfinod Sous-lieutenant
3ème Cie N. Oudin Capitaine
idem V.A. Dettard Lieutenant
4ème Cie J.P. Favre * Capitaine
idem N. Dubrun Lieutenant
idem E. Delphin Sous-lieutenant
5ème Cie J.P. Bugniod * Capitaine
idem
  1. Nouvelle[47]
Lieutenant
idem
  1. Durochas
Sous-lieutenant
6ème Cie
  1. Chatron[48]
Capitaine
idem J.F. Rendu[49] Lieutenant
idem F. Pochet Sous-lieutenant
7ème Cie
  1. Pichoire[50]
Capitaine
idem B.M.J. Gonod * Lieutenant
idem Girère Sous-lieutenant
8ème Cie J.L.M. Baillat[51] Capitaine
idem P. Chamion Lieutenant
idem A.J. Roux Sous-lieutenant

(*) Officiers occupant la même fonction à la formation du bataillon en janvier 1792.

Un grognard du 1er bataillon de l’Ain[52] :

Joseph Bayet, né le 15 janvier 1775 à Lagnieu. Il s’engagea comme volontaire au 1er bataillon de l’Ain (1er janvier 1792). Il passa comme fusilier à la 91e demi-brigade de bataille (21 juin 1794). Il passa à la 3e demi-brigade de ligne (19 février 1796). Il fit les campagnes du Rhin et Moselle de 1794 à 1797, puis d’Helvétie en 1798 et d’Italie entre 1799 et 1800. Il fut admis aux chasseurs pied de la Garde des Consuls (27 avril 1802). Nommé caporal (7 avril 1804). Il servit à la Grande Armée de 1805 à 1807. Il servit comme caporal à la 4e compagnie du 2e bataillon du 2e régiment de chasseurs à pied de la vieille garde (1806). Il fut tué à la bataille d’Eylau, le 8 février 1807.

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Portrait :

Pierre Argoud, né le 26 juin 1763 à Saint-Geoirs, canton idem, département de l’Isère
Il fut fusilier et servit d’abord au 3e régiment de la marine, division de Toulon du 26 juin 1779 jusqu’au 12 août 1789. Au début de la Révolution, il devint ensuite commandant des gardes nationales du canton de Saint-Benoit, département de l’Ain. Le 15 septembre 1791, il était capitaine au 1er bataillon de l’Ain. Le 21 janvier 1792, il était chef de bataillon. Le 22 brumaire an II, il fut nommé général de brigade provisoire. Le 15 fructidor an III, il était général de brigade en titre. Le 27 pluviôse an VI, il obtint la réforme par suite d’un arrêté du Directoire Exécutif.

Ses campagnes :

En 1779 sur le vaisseau Le Triomphant,

De 1780 à 1782 sur le vaisseau Le Souverain,

De 1792 à l’an IV dans les armées de la Révolution.

Il reçut quatre blessures à l’armée du Rhin et Moselle dont une très grave, le 11 floréal an III sur le plateau de Monbach devant Mayence.

Observations : « depuis qu’il avait sa réforme, il n’a point sollicité sa remise en activité, mais puisque la patrie avait besoin de bras et que les siens étaient dévoués à la défense, il est prêt à partir pour aller combattre les ennemis coalisés contre le pays. Il attendra à Strasbourg les ordres pour partir »[53].

Article de Laurent B.
sehri[1] L’ouvrage de Jean-Paul Bertaud et Michel Roucaud, Registre matricule des sous-officiers et hommes de troupes des unités d’infanterie de ligne et d’infanterie légère de la Révolution donne la date erronée du 2 janvier 1792, probablement celle trouvée dans les documents du SHAT, côte 17 Yc 92.

[2] Qui obtint l’adjudication de l’équipement du bataillon par le directoire du département, le 28 décembre 1791, pour la somme de 121 livres par équipement, AD de l’Ain, 2 L 26.

[3] Qui fut élu lieutenant-colonel du bataillon après avoir obtenu l’adjudication de l’équipement du 3ème bataillon.

[4] Tiré de l’ouvrage du Commandant Dumont, Bataillons de volontaires nationaux, page 2.

[5] Pierre Argoud (1763-1804), né à Saint-Geoire, soldat au 3ème régiment de Marine (1779-1783),  sergent de Grenadiers pendant la guerre d’indépendance d’Amérique. Capitaine des grenadiers de la Garde nationale au canton de Saint-Benoit. Capitaine des volontaires, le 15 septembre 1791, élu lieutenant-colonel du 1er bataillon de l’Ain, le 23 janvier 1792. Général de brigade provisoire, le 12 novembre 1793, il fut suspendu le 13 juin 1795. Réintégré, le 1er septembre suivant, il fut réformé le 13 avril 1796, puis déporté à Cayenne en 1802. Il y mourut le 25 octobre 1804. Commandant Dumont, idem, p. 373 ;

[6] Jean-François Trocu de Latour (1725- ?) né à Saint-Rambert. Volontaires pendant quatre années au régiment Royal-Cravate, lieutenant en 1748 au régiment d’Enghien, réformé en 1749. Capitaine en 1758, chevalier de Saint-Louis en 1773 et retiré avec une pension en 1779. Commandant la Garde nationale de Saint-Rambert, lieutenant-colonel en second du 1er bataillon de l’Ain mais démissionnaire peu de temps après.

[7] Dite de « Chavannes-sur-Suran ».

[8] Dite de « Collonges ».

[9] Dite de « Lagnieu ».

[10] Dite de « Thoiry ».

[11] Dite de « Saint-Rambert ».

[12] Dite de « Châtillon-de-Michaille ».

[13] Dite de « Seyssel ».

[14] Octave Morel, Inventaire des archives du département de l’Ain, tome 1, page 98.

[15] Notamment à Monsieur Chartron, 69 livres et 11 sols pour la fourniture de souliers, 4 029 livres pour la fourniture d’habits pour sa compagnie, 2 768 livres pour fourniture d’habits à la compagnie de du capitaine Piot, 200 livres pour fourniture d’habits à la compagnie de Monsieur Hilaire, 2 357 livres pour fournitures à la compagnie du sieur Prodon, 1 231 livres pour fourniture d’habits à la compagnie du capitaine Favre, Octave Morel, idem, p. 93.

[16] AD de l’Ain, 2 L 28.

[17] Idem.

[18] Octave Morel, ibidem, p. 101.

[19] Paiement en remboursement des frais d’habillements payés au sieur Joly fils cadet négociant de Bourg, 2 L 28.

[20] Octave Morel, ibidem, p. 102.

[21] AD de l’Ain, 2 L 28.

[22] Payé à Monsieur Pélisson fils aîné, négociant à Lyon, Octave Morel, ibid, page 116 et AD de l’Ain, 2 L 30.

[23] Commandant Dumont, Les bataillons de… op cit, page 3.

[24] E. Desbrières, La cavalerie pendant la Révolution, tome 1, p. 109.

[25] Eugène Deprez, Les volontaires nationaux, 1791-1793, p. 395.

[26] Lettres de Joliclerc, citant Chuquet, p. 92.

[27] Il ne restait plus que 466 présents sous les drapeaux à cette date, sur un effectif théorique de 574 hommes, J. M. Lévy, Formation de la 1ère armée de la Révolution Française, effort militaire et levée d’hommes dans l’Ain en 1791, p. 305.

[28] Commandant Dumont, idem.

[29] Délibérations du 27 octobre 1792, AD de l’Ain, 2 L 30.

[30] Eugène Deprez, idem.

[31] Voir l’encadré, Arthur Chuquet, Wissembourg, p. 17 et 18.

[32] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 3.

[33] Camille Rousset, Les volontaires 1791-1794, p. 212 et 213.

[34] Jean-François Pelliod capitaine de la 3ème compagnie.

[35] 59ème régiment d’infanterie de ligne, Octave Morel, Inventaire… op cit, p. 189.

[36] Commandant Dumont, idem.

[37] Les fameuses lignes de Wissembourg, redoutes ébauchées en 1705 par le margrave Louis de Bade, prises par les français, reconstruites par leurs soins sur l’ordre du maréchal Villars, franchies aisément par les autrichiens pendant la guerre de succession d’Autriche, et remises en état de défense par Custine au moment de la Révolution, Arthur Chuquet, idem, p. 201 et 202.

[38] Ibidem, p. 192.

[39] Ancien chef de bataillon du 1er de l’Ain.

[40] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 3.

[41] Octave Morel, Inventaire… op cit, p. 341.

[42] Eugène Deprez, Les volontaires… op cit, p. 395.

[43] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 3.

[44] En 1792, Lieutenant à la 2ème compagnie.

[45] En 1792, Lieutenant à la 3ème compagnie.

[46] En 1792, Lieutenant dans la même compagnie.

[47] En 1792, Sous-lieutenant à la 4ème compagnie.

[48] En 1792, Lieutenant dans la même compagnie.

[49] En 1792, Sous-lieutenant dans la même compagnie.

[50] En 1792, Lieutenant à la 4ème compagnie.

[51] En 1792, Lieutenant à la 1ère compagnie.

[52] Jérôme Croyet, Dictionnaire des soldats de l’Ain de la Révolution et de l’Empire, en préparation.

[53] Archives municipales de Strasbourg 281MW36, transmis par Alain Klein.

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