1er bataillon du Doubs

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon du Doubs :

Date de formation : il fut formé le 21 août 1791 selon Belhomme1.

Formation :

Il comprenait un effectif de 573 hommes, un homme de moins que l’organisation traditionnelle des premiers bataillons de volontaires (une compagnie de grenadiers et huit de fusiliers), qui furent choisis dans une masse de 2 500 volontaires des districts de Besançon, d’Ornans et de Quingey. Ils furent rassemblés le 21 août à Besançon et formé les 21 et 22 août. Il fut passé en revue par le maréchal de camp de Toulongeon, le 23 août, assisté du commissaire des guerres et de messieurs Besson, Boucon, Quirot et Lainé, tous commissaires du département du Doubs. Ils étaient à ce moment déjà armés mais non habillés.

Historique :

1791 :

le bataillon cantonna à Clerval (octobre à décembre). Il mit un certain temps à s’organiser, s’équiper et s’habiller, ce qui ne fut fait que vers le 1er décembre. Il se mit en marche pour Ammerschwihr (premiers jours de décembre), près de Colmar sous les ordres du général Toulongeon, commandant les troupes de l’armée du Rhin, dans le Haut-Rhin.

1792 :

Le 1er janvier, il était en garnison à Belfort, mais le commandant Dumont indique qu’il cantonna de cette date jusqu’au mois de mars à Ammerschwir, avec deux compagnies détachées à Turckheim et deux autres à Kientzheim, deux autres à Gueberschwir et une dernière à Pfaffenheim2. Il servait à l’armée du Rhin3. Il fut réunit à Colmar (1er avril), les 1er et 2e bataillons du Doubs se trouvaient à l’armée du général Custine et son expédition pour s’emparer des gorges de Porentruy (mai). Il ne trouva pas de résistance de la part des Autrichiens qui laissèrent la position aux Français4. Il se trouvait à Roederstoff (20 mai), avec des détachements à Lutter et Sondersdorf, annonçant son départ pour Huningue (22 mai). Il y arriva (23 mai) et s’installa dans le camp d’Hoesingue (juin et juillet), affecté par la suite dans la garnison du Fort-Louis (août-novembre). Il fut ensuite envoyé à l’armée des Vosges sous Custine, bivouaquant sur la Nidda (1er décembre), division Munnier, 1ère brigade, et à Mönsheim (15 décembre).

1793 :

En janvier, le bataillon se trouvait à Maudrheim, armée du Rhin sous le commandement de Biron5. Le commandant Dumont indique qu’à cette date le bataillon était à Murscheim, 536 soldats présents sous les drapeaux. Les soldats du bataillon envoyèrent une adresse à la Convention nationale, d’adhésion au jugement de Louis Capet, et une offrande patriotique de 1 400 livres pour les frais de guerre6. Il participa à l’expédition de Spire, cantonna dans cette ville (1er mars), se trouva aux combats d’Hagenbach, de Langenberg et de Buchelberg (21 mars), subissant quelques pertes. Il fut envoyé au camp de Wissembourg, suite à la retraite de l’armée sur Landau, y demeurant immobile (jusqu’en juin). Il campa ensuite à Kapsweyer (1er juillet), à Scheibenhard (15 août), son dépôt à Strasbourg. Il prit part dans la brigade Montigny, aux combats sur la Lauter, son chef de bataillon est tué au feu (18 septembre), puis bivouaqua au moulin de Bienwald (30 septembre au 10 octobre). Il se constitua une compagnie de canonniers sous le commandement du lieutenant Tiphaine (28 octobre). Le 30 octobre, le bataillon se trouvait dans la colonne du centre, 1ère division7, brigade Isambert. Le 17 décembre, le bataillon servait dans la division du général Michaud8. Il participa au déblocus de Landau9.

1794 :

Le 6 janvier, il se trouvait sous les ordres du général Argoud, 4e division, à Koenigsbrück, ne comptant plus que 432 hommes sous les drapeaux. Il était dans ses quartiers d’hiver à Seltz, Münchhausen (20 janvier), à Trippstadt (3 février) et fut passé en revue à Strasbourg, par l’agent secondaire Vienot, qui fit verser dans ses rangs un renfort de 427 réquisitionnaires, dont 182 hommes du 2e bataillon de Lons-le-Saunier, 198 hommes du 13e bataillon de la Haute-Saône dit de Vesoul (17 février)10. Il fut envoyé se reposer et s’instruire à Besançon (jusqu’au 12 mai), puis envoyé de nouveau à Huningue, et au camp de Roth, 7e division de l’armée du Rhin, et sur Germersheim, lignes de la Queich, sur Leimersheim et enfin sur Werth. C’est là que selon le commandant Dumont, il fut amalgamé.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 5ème demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme, le 22 juillet 1794, à Lingfelden. Toutefois Louis Susane indique le 23 juillet, Pajol indique la date du 25 juin11. Le commandant Dumont indique aussi la date du 23 juillet mais comme lieu Werth12. Sa formation comprenait le 1er bataillon du 3ème régiment d’infanterie, le 1er du Doubs et le 4ème de la Seine-Inférieure.

2ème formation :

En 1797, la 5ème de bataille devint à l’armée de Rhin et Moselle, la 24ème demi-brigade de ligne. Pajol ajoute la date du 17e février 179613.

Portraits :

Fébure-Courcelle, il s’enrôla dans le 1er bataillon du Doubs, élu lieutenant-colonel (21 août 1791), il fut tué d’un coup de feu, en avant de Lauterburg (18 janvier 1793).

Claude-Pierre Pajol, naquit à Besançon, le 3 février 1772, dans une famille aisée de bourgeois, il envisageait de faire son droit dans l’intention d’entrer au barreau. Il s’enrôla dans le 1er bataillon de volontaires du Doubs (21 août 1791), demeurant alors à Besançon rue Sainte-Aune au n° 183. Il fut élu sergent-major. Il demanda et obtînt un brevet de sous-lieutenant dans la ligne (12 janvier 1792), et passa dans le 82e régiment d’infanterie ci-devant de Saintonge. Il obtînt la permission de passer voir sa famille à Besançon et s’équiper, le régiment se trouvant à Lauterburg et à Fort-Louis (armée du Rhin). Il prit un peu son temps, assez pour être provoqué en duel, après une soirée au théâtre, par le marquis de Prébois, lieutenant d’artillerie. Pajol le blessa d’un coup d’épée dans les côtes, blessure peu grave, mais qui excita les jeunes gens de Besançon contre « les aristocrates ». Il obtînt son congé absolu du 1er bataillon du Doubs (20 mars), et entra dans la compagnie Fauste, 2e bataillon du 82e régiment d’infanterie.

Tournier, il s’enrôla dans le 1er bataillon du Doubs (1791), élu capitaine dans le bataillon.

État des cadres à la formation du bataillon14

État-major : lieutenant-colonel Gabriel-Louis Sabas de Faivre de Courcelle, du château de Courcelle, chevalier de Saint-Louis âgé de 65 ans. Lieutenant-colonel en second Laurent Bournot, de Besançon, 35 ans. Quartier-maître trésorier Joseph Prost, de Besançon, 25 ans. Adjudant-major Pierre-Joseph Dugrail, de Besançon, 32 ans. Adjudant sous-officier François-Xavier Jouffroy, de Mouthier-Haute-Pierre, 50 ans. Chirurgien-major Boulanger, de Besançon, 68 ans.

Compagnie de Grenadiers : capitaine Pierre-Joseph Tournier, d’Ornans, 36 ans, lieutenant Nicolas Vernois, de Montrond, 31 ans, sous-lieutenant Jean-Frédéric Guillet, de Saint-Ferjeux en Haute-Saône, 28 ans.

1er compagnie de Besançon : capitaine François Olivier, de Besançon, 30 ans, lieutenant Antoine Vaissier, d’Arcier, 19 ans, sous-lieutenant Antoine Racine, de Naisey, 20 ans.

2e compagnie d’Ornans : capitaine Ambroise Jouffroy, de Mouthier, 25 ans, lieutenant Jean-Baptiste Renaud, de Lods, 24 ans, sous-lieutenant Pierre-Mathieu Cuenot, de Vuillafans, 38 ans.

3e compagnie d’Ornans : capitaine Charles-Henri Paris, lieutenant Pierre-Antoine Nodier, d’Ornans, 35 ans, sous-lieutenant François Oudot, d’Ornans, 23 ans.

4e compagnie de Quingey : capitaine Pierre Boucon, de Villars-Saint-Georges, 50 ans, lieutenant Étienne Perrot, de Rurey, 21 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste Humbert, de Chenecey-Buillon, 43 ans.

5e compagnie de Besançon : capitaine Louis Cottin, d’Emagny, 40 ans, lieutenant Jean-Antoine Thiébaud, de Jallerange, 37 ans, sous-lieutenant Joseph Mercier, de La Tour-de-Scay, 33 ans.

6e compagnie de Besançon : capitaine François-Martin de Montmahoux, de Besançon, 27 ans, lieutenant Jean-Pierre Gay, de Besançon, 38 ans, sous-lieutenant Antoine-Pierre Pargnez, de Besançon, 29 ans.

7e compagnie de Besançon : capitaine Pierre-Claude Tisserand, de Torpes, 26 ans, lieutenant Jean-Louis Domiet, de Beure, 27 ans, sous-lieutenant Jean-Baptiste Jobelot, d’Etrabonne, 31 ans.

8e compagnie de Besançon : capitaine Étienne Guyon, de Lièvremont, 75 ans, lieutenant François Jandel, de Besançon, 33 ans, sous-lieutenant Jean Emonnot, de Giey-sur-Anjon en Haute-Marne, 34 ans.

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État des cadres au moment de l’amalgame15

État-major : chef de bataillon L. Bournot, quartier-maître trésorier Joseph Prost (déjà à ce poste en 1791), Adjudant-major Pierre-Joseph Dugrail (déjà à ce poste en 1791), chirurgien-major P. F. Maillot, adjudant sous-officier poste vacant.

Compagnie de grenadiers : capitaine C. A. Guichard, lieutenant J. Cuenot, sous-lieutenant J. Pasteur.

1ère compagnie : capitaine François Olivier (déjà à ce poste en 1791), lieutenant Antoine Vaissier (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant F. Henry.

2e compagnie : capitaine Ambroise Jouffroy (déjà à ce poste en 1791), lieutenant Jean-Baptiste Renaud (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant Jean-Pierre Maire.

3e compagnie : capitaine Charles-Henri Paris (déjà à ce poste en 1791), lieutenant François Oudot (sous-lieutenant en 1791), sous-lieutenance vacante,

4e compagnie : capitaine Étienne Perrot (lieutenant en 1791), lieutenant C. Gilliard, sous-lieutenant J. Berger.

5e compagnie : capitaine Louis Cottin (à ce poste en 1791), lieutenant Jean-Antoine Thiébaud (à ce poste en 1791), sous-lieutenant Joseph Mercier (à ce poste en 1791).

6e compagnie : capitaine François-Martin Monmahoux (déjà à ce poste en 1791), lieutenant J. A. Tisserand, sous-lieutenant C. Nicot.

7e compagnie : capitaine P. A. Nodier, lieutenant F. Cuenot, sous-lieutenance vacante,

8e compagnie : capitaine vacant, lieutenant François Jandel (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant Jean Emonnot (déjà à ce poste en 1791).

compagnie de canonniers : capitaine J. P. Tiphaine, lieutenance et sous-lieutenance vacantes.

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Commandant Dumont, Les volontaires nationaux de 1791, page 85.

3 Journal Militaire de 1792.

4 Journal Militaire de 1792, p. 382.

5 Journal Militaire de 1793.

6 Réimpression du Moniteur, tome quinzième, p. 716.

7 Ordre de bataille de la collection Nafziger, 30 octobre 1793.

8 Ordre de bataille de la collection Nafziger, tiré de l’ouvrage de Chuquet sur le général Hoche.

9 Commandant Dumont, Les volontaires nationaux de 1791, revue du 23 août 1791, page 85.

10 Commandant Dumont, Les volontaires nationaux de 1791, revue du 23 août 1791, page 85.

11 Pajol, Pajol général en chef, tome 1, 1874, p. 8.

12 Commandant Dumont, Les volontaires nationaux de 1791, revue du 23 août 1791, page 85.

13 Pajol, Pajol général en chef, tome 1, 1874, p. 8.

14 Commandant Dumont, Les volontaires nationaux de 1791, revue du 23 août 1791, page 84.

15 Commandant Dumont, Les volontaires nationaux de 1791, revue du 23 août 1791, page 85.

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