4e bataillon de l’Aube

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4ème bataillon de l’Aube :

 

Date de formation : Selon Belhomme, il fut formé le 18 février 1793[1]. Toutefois le Journal Militaire le signale déjà formé en janvier 1793 et à l’armée des Ardennes, où il cantonnerait à Monzon[2]. Il fut en réalité formé suite à une réquisition du département pour la Vendée, le 12 mai 1793.

Formation :

Alors que le département levait ce qui devait être le 6e bataillon de l’Aube, deux compagnies qui avaient été envoyées à Tours, dans la vaine attente d’être complétées avaient pris la dénomination de 4e bataillon de l’Aube.

Historique :

1793 :

Les deux compagnies dénommées 4e bataillon de l’Aube et les canonniers du département furent envoyés en Vendée. Contrairement au 6e bataillon de l’Aube, il ne semble pas que le 4e ait participé à la campagne d’outre-Loire. On le retrouve en effet au même moment au sein de la colonne du général Desmarres combattant dans les Mauges les rebelles de Pierre Cathelineau et de la Bouëre. Le 7 décembre, il était à Jallais où le jeune Bara tombait au feu. La légende du jeune garçon de Palaiseau ne sauva pas la tête de Desmarres. On retrouve d’ailleurs dans l’acte d’accusation du général (30 janvier 1794) deux références au bataillon de l’Aube :

« D’avoir, le 17 frimaire, près Jallais, où il commandait une colonne d’environ 1 500 hommes, donner l’ordre au citoyen Chaperon, commandant du bataillon de l’Aube, de se porter là où les brigands n’étaient pas ; D’avoir dit à Chaperon, sur le désir qu’il lui témoignait d’aller attaquer les brigands, voyant l’ardeur des soldats républicains : « Je vois votre ambition : Délivrer Cholet, foutre ! … Je vous livrerai à la Commission militaire ! » et, sur les cris qui se faisaient entendre de toutes parts pour voler au combat, avoir répondu : « Croyez-vous que je veuille m’aller faire tuer ? ».

1794 :

Au mois de mars, le 4e bataillon et les canonniers de l’Aube se trouvaient à Nantes. Désirant être traités de la même manière que le 6e bataillon, ils adressèrent le 24 du même mois, une requête au directoire de leur département afin d’obtenir le droit de quitter la Vendée et rejoindre leurs foyers. La demande fut sans suite, et un certain nombre de volontaires du 4e commença à abandonner le bataillon en prétendant appartenir au 6e. A ce sujet, Chaperon accusa en septembre le capitaine Deheurles (2e compagnie) d’être à l’origine des désertions. La compagnie de canonniers faisant partie du 6e bataillon et étant concernée directement par la décision du Comité de salut public, nous pouvons émettre l’hypothèse que son retour dans l’Aube fut finalement accepté.

Ce qui est sûr en revanche, c’est que le 4e bataillon resta en Vendée. Ainsi, début mai, le 4e de l’Aube luttait contre les rebelles du Marais. Voici le récit qu’en fit le lieutenant Léger-Cassin dans sa lettre adressée le 26 mai au Comité de surveillance de Troyes :

« Le 15 dernier [15 floréal, an 2 (4 mai)], nous partîmes d’un village, nommé Riez, nous entrions aux Marais par trois colonnes [quatre colonnes participèrent en fait à l’opération, formant un total de 3 200 hommes], et nous formions précisément la colonne du centre, celle surtout qui devait attaquer et prendre le Perrier. Cette place paraissait très redoutable [Dutruy, dans son rapport à Turreau (8 mai), estimait les forces ennemies à 3 à 4 000 hommes], elle l’était effectivement, car de Riez au Perrier il n’y a qu’une lieue et nous avons été onze heures pour la faire. Cinquante fois au moins nous avons passé l’eau jusqu’à la ceinture, et nous nous sommes battus deux fois dans l’eau même avant d’arriver au Perrier. Enfin nous arrivâmes à la hauteur de cette place, et nous l’attaquâmes et la prîmes en moins d’un quart d’heure [les pertes bleues s’élevèrent à 60 hommes]. Le 18 [7 mai], ils viennent encore nous attaquer croyant reprendre le Perrier, mais ils en furent repoussés, et j’ose vous dire sans vanité, que sans notre bataillon, le Perrier était repris. Je n’avance rien, la justice que nous a rendu le général même fait notre éloge. Nous ne connaissons point encore de retraite, encore moins de déroute. Nous sommes environnés de brigands, nous nous battons à toute heure et les chassons toujours. Que l’on ne dise plus qu’il n’y a plus de brigands dans la Vendée, car c’est ici où on ne peut nier leur existence. Nous les méprisons infiniment et savons les exterminer. Travaillez de votre côté à votre ordinaire infatigable, et par là nous viendrons à bout de faire respecter les Lois Vive la République ! Nous faisons passer à Nantes des convois de grains dont le marais est rempli, et pour peu qu’il nous vienne de force nous écumerons sous peu le marais. Nous nous retranchons dans un état formidable. L’ennemi nous redoute et nous saurons le détruire ».

Fin mai, le 4e cantonnait toujours à proximité du Perrier. Le 23 juillet, arrivant du Marais, le bataillon entrait aux Sables. En septembre, les volontaires de l’Aube tenaient toujours cette position, plus exactement le camp de la Chaume (refortifiée en novembre dernier), que les brigands venaient de temps à autres inquiéter comme le montre cette lettre de Chaperon adressée aux administrateurs du département (26 septembre 1794) :

« [la guerre de Vendée] n’est pas encore finie, car ces scélérats de brigands ont attaqué mon camp. Nous avons été vainqueurs dans différents points ; mais ils nous ont fait bien du mal et ils en font tous les jours. Je ne sait, on s’est endormi sur cette malheureuse guerre, depuis un temps la Convention n’en a point parlé je ne connais pas cette politique mais moi qui voit, je puis vous assuré que la Vendée n’est point fini, il s’en faux de tout ; mais il faut espérer quelle finira bientôt ». Même son de cloches, deux jours plus tard : « Nos affaires de la Vendée ne vont pas de son mieux, les brigands nous ont le 2 courant pris un poste [il doit s’agir de l’opération blanche contre le camp de Saint-Christophe du Ligneron], ils ont brûlé les tentes, tué 200 hommes et plus, ils sont actuellement à 2 lieues au plus de mon poste. Depuis ce temps je ne me suis pas couché, ni la troupe, je me tiens sur mes gardes pour bien les recevoir, en cas qu’ils viennent ; voilà 5 postes qu’ils ont attaqué depuis un peu de temps où ils nous ont fait bien du mal. Nous avons perdu au moins deux cent hommes, je puis vous assuré que la Vendée n’est point finie elle l’est bien politiquement car jamais ses scélérats seront dans le cas de nous faire la loi, mais ils nous feront bien du mal, enfin il faut espérer que nous en finirons, ne rendez pas ma lettre public parce que les lâches qui ont quitté ne reviendraient pas et ça donnerait des inquiétudes aux femmes ».

1795 :

Un an plus tard, au mois de juin (à cette date, la Vendée, en paix depuis février, était sur le point de sombrer à nouveau dans la guerre), les volontaires du 4e étaient toujours aux Sables. Ainsi, le 12, une chaloupe étant à la drague face à la Chaume sombra. Cinq hommes d’équipages périrent ; parmi eux étaient deux volontaires de l’Aube.

D’après Desprez et Champeaux, il fut incorporé dans le 1er bataillon de la Formation d’Orléans. Belhomme confirme cette incorporation dans ce bataillon en donnant la date du 19 juin 1795 pour cette opération.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

Le 28 juillet 1795, le 1er bataillon de la formation d’Orléans fut versé dans la 196e demi-brigade de bataille. Le 2 juillet 1796, Chaperon obtenait sa retraite comme chef de bataillon.

Article de Cyril Drouet, légèrement augmenté par Laurent B., iconographie de Jérôme Croyet

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[1] Belhomme, Histoire de l’Infanterie Française, Tome 3 et 4.

[2] Journal Militaire de 1793.

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