2e bataillon du Cher

bataillon-de-volontaires-nationaux

2ème bataillon du Cher :

Date de formation : selon Belhomme, il fut formé le 25 août 17921.

Historique :

1792 :

D’après Didier Davin, il fut formé très laborieusement, non pas par volontariat, mais par désignation des « volontaires », ce qui fait de lui l’un des tous premiers bataillons de réquisitions, si ce n’ait le premier. Il fut réuni à Bourges fort de 800 hommes sans armes ni équipement. Le directoire départemental passa un marché pour la fourniture de 600 piques (20 août). Devant partir le 12 septembre pour Cambrai, il n’avait toujours pas d’uniformes et on lui distribua le 9 septembre les tenues du bataillon de la milice provinciale conservées à Bourges (Soit fond blanc à revers et retroussis de même couleur, parements bleus, boutons blancs).

1793 :

Il arriva à Metz seulement le 19 janvier. Le bataillon prit ensuite part à la défense de la place de Bitche (décembre 1793) et comptait dans ses rangs quelques futurs généraux, tels que Huet, Augier, Hennequin et Remond. Émile Cère dit à son sujet :

« Les prussiens pressés par l’Armée de la Moselle marchait sur Hombourg, Deux-Ponts et Bitche, tentent de s’emparer de cette place pour se maintenir dans les revers des Vosges ; 10 000 hommes d’élite sont par eux envoyés dans la nuit pour cette expédition. La garnison française n’était composée que du 2ème bataillon du Cher fort de 673 hommes, et d’une compagnie de canonniers du régiment d’artillerie de 64 hommes, soit en tout 737 soldats. Chacun d’eux fait des prodiges de valeur, un volontaire âgé de 16 ans, désarme 15 prussiens, l’ennemi perd 1 800 hommes et 250 qui se trouvent engagés dans un passage sont forcés de demander grâce aux Français et de leur remettre leurs armes. La Convention Nationale décréta que la garnison de Bitche avait bien méritée de la Patrie »2.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 132ème demi-brigade de bataille fut formée le 5 avril 1794, à Longwy. Sa formation comprenait le 2ème bataillon du 71ème régiment d’infanterie, le 2ème du Cher et le 5ème de la Meuse. Toutefois Louis Susane et semble-t-il Bertaud et Roucaud indiquent qu’il ne s’agit pas du 5ème de la Meuse mais du 5ème de la Marne.

2ème formation :

La 132ème de bataille devint la 108ème demi-brigade de ligne, le 4 mai 1796.

Garde nationale du Cher

Tambour-major du 2e bataillon du Cher, uniforme offert par la Garde nationale de Bourges (11 août 1792). Uniforme rouge et bleu galonné de blanc : soit aux trois couleurs nationales (Transmis par Didier Davin)

Portraits :

Jean-Baptiste baron Augier, né à Bourges dans le Cher le 25 janvier 1769. Volontaire au 2ème bataillon du Cher (25 juillet 1792)3, capitaine (25 août), il fut blessé à la défense de Bitche (17 novembre 1793). Aide de camp du général Huet (28 novembre), il fut nommé général de brigade et employé à l’Armée des Ardennes (27 janvier 1794). Commandant la place de Rocroi (mars), il fut blessé d’un éclat d’obus (3 juin), et fut réformé (juin 1795). Employé dans la 21ème division militaire commandant le département du Cher (25 août 1799), puis employé à la 14ème division militaire commandant le département du Calvados (mars 1800), puis du celui de la Manche. Il retourna à la 21ème division militaire, nommé chevalier de la Légion d’honneur (juin 1804). Employé à la 10ème division militaire (1808), il fut envoyé à Perpignan et servit dans la division Reille (juillet). Il se trouvait à la suite de l’État-major général de l’Armée d’Espagne (novembre), puis renvoyé au commandement du département du Cher (avril 1810). Commandant la 3ème brigade de la 1ère division de réserve de Lagrange à la Grande Armée (1812), il commanda la place forte de Königsberg. Élu député du Cher au Corps Législatif, puis à la Chambre des Députés (janvier 1813-20 mars 1815), il rentra en France et reprit le commandement du département du Cher (mai 1813). Nommé chevalier de Saint-Louis (juillet 1814), puis baron (décembre), il avait été invité à quitter son commandement (26 mars 1815). Élu à nouveau Député du Cher à la Chambre Introuvable (22 août), il siégea au centre et fut réélu par le Cher (octobre 1816), puis retrouva son commandement du Cher (mars 1817). Il commanda ensuite le Loiret (avril), puis à nouveau le Cher (mars 1818). Il mourut à Bourges le 3 septembre 1819.

Jean-François baron Hennequin, né à Montmarault dans l’Allier le 3 janvier 1774. Lieutenant au 2ème bataillon du Cher (25 août 1792). Il servit à l’Armée du Centre, puis à celle de la Moselle (1792-1794). Il passa à la 132ème demi-brigade de bataille (avril 1794), et servit à l’Armée de Sambre et Meuse (1794-1796). Il passa à la 108ème de ligne (mai 1796), nommé capitaine (juillet), puis servit aux Armées de Rhin-et-Moselle (1796-1797), et d’Helvétie (1798-1799). Il se signala à la bataille de Zurich (25 septembre 1799), puis dans les gorges du Muottathal (30 septembre-1er octobre). Il servit ensuite à l’Armée du Rhin (1800-1801), notamment à Engen (3 mai), à Moesskirch (5 mai), à Biberach (9 mai), à Hohenlinden (3 décembre). Il obtint un sabre d’honneur (29 mai 1802), et servit ensuite à l’Armée des Côtes de l’Océan (1803-1805). Passa aux grenadiers à pied de la garde impériale (30 août 1805), il servit dans la Grande Armée, en Autriche, Prusse et Pologne (1805-1807). Chef de bataillon aux fusiliers-grenadiers de la garde impériale (16 février 1807), il obtint une rente de 2 000 francs (février 1808). Il servit en Espagne, puis en Autriche où il fut blessé à la bataille d’Essling d’un éclat d’obus à la tête (22 mai 1809). Servit à nouveau en Espagne (1810-1811), il fut nommé colonel-major du 5ème tirailleurs de la garde (24 juin 1811), et précédemment baron de l’Empire. Il obtint une nouvelle dotation de 4 000 francs. Il servit en Russie, division Delaborde (1812), puis en Saxe dans la brigade de Boyer de Rebeval, division Roguet (juin 1813). Blessé à la bataille de Dresde d’un éclat d’obus et d’un coup de feu qui lui brisa la mâchoire inférieure, lui détruisant les dents incisives et emportant la partie latérale gauche de la langue. Nommé général de brigade (25 novembre), commandant de la Légion d’honneur, il fut admis à la retraite (15 mars 1814), et fait chevalier de Saint-Louis (octobre). Il mourut à Paris le 22 mai 1832.

Édouard Huet, né à Bourges le 17 mars 1751. Il servit dans la garde nationale de Bourges (1789-1792), élu lieutenant-colonel du 2ème bataillon du Cher (27 août 1792). Il servit à l’Armée de Moselle (1792-1793). Il se signala lors de la tentative d’attaque par surprise du fort de Bitche par les Prussiens (17 novembre 1793). Nommé général de brigade, il participa au siège de Trêves, puis à celui de Luxembourg. Il fut réformé (juillet 1794), mais maintenu dans ses fonctions, cependant finalement non compris dans la réorganisation des états-majors (juin 1795). Replacé comme chef de bataillon à la suite de la 28ème demi-brigade de ligne (mai 1796), il fut ensuite membre du conseil de révision de la 21ème division militaire (26 décembre 1797). Capitaine de gendarmerie dans le département du Cher, il servit à la 13ème division, 26ème escadron (3 mars 1798), réformé (1er novembre 1801), admis à la retraite comme capitaine (6 juin 1811), il mourut à Bourges le 26 juillet 1819.

Charles-François baron Remond dit Remonda, né à Comologno en Suisse le 2 novembre 1761. Capitaine au 2ème bataillon du Cher4 (25 août 1792). Il servit à l’Armée de Moselle (1792-1794), notamment à la défense du fort de Bitche (16-17 novembre 1793). Il passa à la 132ème demi-brigade de bataille (5 avril 1794), puis dans la 108ème demi-brigade de ligne (4 mai 1796). Il fut fait prisonnier par les Autrichiens (31 mai), il fut échangé et rentra (19 juin). Il servit ensuite à l’Armée d’Helvétie (1798 à 1799), défendit contre les Russes une gorge près de Schwyz (1er octobre 1799). Nommé chef de bataillon (3 août 1800), il servit dans l’Armée des Côtes de l’Océan (1801-1803). Il tint garnison à Mayence jusqu’en 1805, puis servit à la Grande Armée en Prusse et Pologne (1806-1807). Nommé colonel du 34ème de ligne (31 décembre 1806), il fut employé à la 1ère division de Suchet au 5ème corps. Il obtint une rente de 4 000 francs (mars 1808), et fut envoyé en Espagne (1808-1811). Baron de l’Empire (1809), il servit à Ocana (19 novembre), nommé commandeur de la Légion d’honneur (17 décembre). Il fut blessé d’un coup de feu à la jambe au combat de Villagarcia (11 août 1810), servit à la Gebora (19 février 1811). Nommé général de brigade (6 août), il servit à l’Armée du Portugal, et fut fait prisonnier à Astorga (29 août 1812). Il s’évada et prit le commandement de la 2ème brigade de la 3ème division Abbé au corps du centre de Drouet d’Erlon, à l’Armée du Midi (juillet 1813). Employé à la réserve de Genève (27 décembre), il commanda une brigade de gardes nationaux à Lyon (février 1814), s’illustra au combat de Mâcon (11 mars), chevalier de Saint-Louis (24 août), il fut placé en non-activité (1er octobre). Commandant le département de l’Indre (26 mars 1815), puis celui de la Vienne (15 avril), il fut replacé en non-activité (août). Admis à la retraite (janvier 1825), puis au cadre de la réserve (mars 1831), il fut réadmis à la retraite (11 juin 1832). Il mourut à Paris, le 24 juin 1843.

Article en  bonne partie suite à des informations fournies par Didier Davin, complété par Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Émile Cère, Les Petits Patriotes, p. 125 et 126.

3 Il s’agit de sa date d’engagement, les registres étaient parfois ouverts plusieurs mois avant la formation du bataillon.

4 Georges Six indique faussement, qu’il fut au 1er bataillon du Cher.

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