3e bataillon de l’Ain

bataillon-de-volontaires-nationaux

3ème bataillon de l’Ain[1] :

 

Date de formation : 11 décembre 1791.

Le bataillon fut formé de nombreux volontaires issus des districts dombistes du département, mais aussi d’un fort contingent du district de Pont-de-Vaux[2]. La formation des compagnies s’effectua du 4 au 25 septembre 1791, puis il fut formé en bataillon le 11 décembre 1791 et prit ses quartiers d’hiver à Bourg-en-Bresse[3].

 

Formation :

Liste des compagnies convoquées pour former le 3ème bataillon de l’Ain, le 12 décembre 1791[4].

 

Districts Cantons Compagnies Capitaines
Bourg-en-BresseBourg-en-Bresse

Bourg-en-Bresse

Bourg-en-BresseTréfort et Coligny

Pont-d’Ain

Cies de BourgTréfort et Coligny

Pont-d’Ain

Gromier[5]Cl-Joseph Salazard[6]

Jean-Clém. Metton[7]

TrévouxTrévoux TrévouxMontmerle, etc TrévouxMontmerle, etc DérouvilleJacquet
Montluel Montluel Montluel Jacques Pagety[8]
Châtillon-sur-Chalaronne ChâtillonPont-de-Veyle et Marlieux Châtillon Antoine Moiroud[9]
Pont-de-Vaux Pont-de-Vaux, Bâgé et Saint-Trivier-de-Courtes Pont-de-Vaux, Bâgé et Saint-Trivier-de-Courtes Joseph-Marie Temporal[10]

 

Avant leur départ, les hommes du district de Pont-de-Vaux se virent offert un banquet de Sainte-Catherine, où les volontaires firent leurs adieux à leurs fiancées. Eugène Dubois rapporte un poème chanté pour l’occasion et suivit de vers déclamés par le futur général Joubert :

 « Quand la trompette guerrière,

Fera retentir sa voix,

On nous verra sans effrois,

Mais non sans douleur amère,

Abandonner le séjour,

Des vrais plaisir de l’amour.

Adieu, convives charmantes !

Ah ! Connaissez nos regrets.

Peut-être adieu pour jamais,

Au doux plaisir qui m’enchante,

De revenir au séjour,

Des vrais plaisirs de l’amour.

A tous nos serments fidèles,

Nous jurons sur vos appas,

De n’aimer qu’en ces climats ;

N’êtes-vous pas les plus belles ?

Comme nous, jusqu’au retour,

Conservez-nous votre amour.

Couronnés par la victoire,

Nous viendrons, dignes de vous,

Comme amants ou comme époux,

Pour le prix de notre gloire,

Jouir, à notre retour,

Des couronnes de l’amour »

Joubert aussi platement, mais dans des termes plus guerriers, répondit par un discours devant la société des Amis de la Constitution de Pont-de-Vaux qui se termina par ces paroles prophétiques :

« De notre côté nous allons nous rendre terribles aux rebelles qui, par la force voudraient renverser notre Constitution, et aux soldats étrangers, qui viendraient les soutenir ; nous allons nous exercer au pénible métier de la guerre ; vous espérez sûrement bien des volontaires, vos compatriotes ? Eh bien ! Si l’occasion se présente, votre espoir ne sera pas déçu ; la victoire ou vingt fois la mort, tel est notre serment à tous, et tel est celui que je me plais à répéter au milieu de vous »[11].

 

Le 12 décembre 1791 au lever du jour, les compagnies de volontaires désignées par le tirage au sort furent réunies à Bourg. Certains furent réformés, car les hommes furent nombreux à s’enrôler. Ainsi le capitaine Gromier fit une demande de remboursement pour 28 livres qu’il avait payé de sa poche pour la solde de 12 hommes venus avec sa compagnie et ayant été réformés pour cause de taille ou de maladie. Le capitaine Salazard demanda lui aussi le remboursement de la solde surnuméraire de 7 livres et 10 sols du volontaire Roncin de sa compagnie, ainsi que le prix d’effets civils qu’il avait achetés pour des volontaires réformés qui avaient dus restituer leurs uniformes[12]. D’autres frais imprévus vinrent se joindre à ceux-ci, notamment une note de 36 livres due au voiturier Claude Farabet de Trévoux ayant transporté les sacs et paquet de la compagnie de cette localité. Le département émit l’avis qu’il n’était pas autorisé à payer de telles dépenses… arguant par ailleurs du fait que les volontaires touchaient déjà l’étape de 3 sols par jour et par marche. Il est vrai que les hommes de Trévoux de la compagnie de Mabiez-de-Rouville[13] qui devint plus tard le lieutenant-colonel du bataillon poussaient « le bouchon » un peu loin en faisant convoyer leurs effets et sacs et en reportant la facture sur le département[14]. Le bataillon cantonna à Bourg, mais le nombre de volontaires du 3ème excéda les capacités de casernement de la ville, d’autant que le dépôt du 1er régiment de chasseur à cheval était encore à Bourg. Les volontaires de Pont-de-Vaux étaient ainsi chez le citoyen Populus qui était en 1789, député aux Etats-généraux, pour le Tiers-Etat et pour le bailliage de Bourg-en-Bresse. L’escouade de Joubert logea également chez un notable, le citoyen Colombet, bourgeois demeurant rue Bourgneuf. Joubert décrivit la situation du bataillon dans une lettre à Etienne Deydier, le 17 décembre  1791 :

« Depuis nous avons rejoint à Bourg et nous sommes aujourd’hui formés en bataillon, dont le sort a fait le troisième du département. Monsieur Andelin est notre 1er Lieutenant-colonel ; nous étions venus et prévenus contre lui, mais l’unanimité des suffrages qu’il a obtenus à bourg a ramené sur lui l’opinion. Monsieur Derouville, ci-devant procureur à Trévoux est son second, son caractère est tout de feu et c’est le plus vigoureux patriote. Nous n’avons aux grenadiers que deux misérables caporaux dont je suis un, mais nous avons si bien fait que monsieur Barret a été nommé quartier-maître, malgré les cabales des gens de Bourg et de Châtillon. Nous venons de passer la revue du général Dupuis et chacun en le voyant disait : c’est un coquin. Il n’a pas meilleure opinion de nous que nous de lui ».

 

La formation du bataillon, donna lieu à l’organisation suivante [15]:

Unité Noms Origines et âges Grades
Etat-major Jean-Baptiste Rouville * Lyon, 36 ans ? Lieutenant-colonel en second
idem Claude-Joseph Armand * Bourg, 27 ans Adjudant-major
Idem Henri Nallet Châtillon, 24 ans Chirurgien-major
Cie de grenadiers Louis Berard * Bourg, 33 ans Capitaine
idem Jacques-Marie-Joseph Puthod * Bâgé-le-Châtel, 22 ans Lieutenant
1ère Cie[16] Antoine-Marie Moyroud * Neuville-les-Dames, 31 ans Capitaine
idem Claude-Philibert Guérin Neuville-les-Dames, 22 ans Lieutenant
idem Jacques Goyon * Pont-de-Veyle, 22 ans Sous-lieutenant
2ème Cie[17] Claude-Joseph Salazard * Bourg, 41 ans Capitaine
idem Claude-François Morel * Bourg, 49 ans Sous-lieutenant[18]
3ème Cie[19] Jacques Pagety * Loyes, 25 ans Capitaine
4ème Cie[20] Jean-Clément Metton * Pont-d’Ain Capitaine
idem Pierre-Joseph Vidal * Nantua, 29 ans Lieutenant
idem Henri Grillet * Saint-Martin-du-Mont, 43 ans Sous-lieutenant
5ème Cie[21] Claude-François Gromier Coligny, 18 ans Capitaine
idem Claude-Marie Crozet Coligny, 21 ans Sous-lieutenant
6ème Cie[22] Jean-Marie Temporal * Pont-de-Vaux, 26 ans Capitaine
idem Claude-Joseph Dagallier * Bâgé-le-Châtel, 29 ans Lieutenant
idem Denis Lannery Saint-Laurent Sous-lieutenant
7ème Cie[23] Jean-Joseph Mabiez de Rouville * Trévoux, 31 ans ? Capitaine
7ème Cie Pierre Granger Trévoux, 31 ans Lieutenant[24]
idem Michel Humbert * Saint-Trivier-sur-Moignans, 27 ans Sous-lieutenant
8ème Cie[25] Benoit Jacquet Chaleins, 23 ans Capitaine
idem François Cottin * Saint-Didier-sur-Formans Lieutenant
idem Claude Perrot Guereins, 30 ans Sous-lieutenant

(*) Officiers ayant servi dans l’armée d’Ancien Régime, soit dans les troupes de ligne, soit dans la milice. Sur 25 officiers référencés, 16 avaient servis aux armées avant la Révolution.

 

Historique :

 1792 :

Dès janvier, la compagnie de grenadiers fut séparée du bataillon pour être incorporée au 1er bataillon des volontaires du Bas-Rhin en formation à Dôle[26]. Le bataillon quitta Bourg le 8 février, il passa à Coligny pour arriver à Saint-Amour[27]. Il repartit le lendemain pour Lons-le-Saunier en passant par Louhans. Il ne resta pas à Lons et il repartit dès le 10 février pour Sellières. Trois de ces compagnies restèrent dans les montagnes avoisinantes, pour contrer une hypothétique insurrection calotine[28]. Le 14 février, le reste du bataillon fut dirigé sur Dôle, où il arriva dans la journée. Durant cette marche, le lieutenant-colonel Mabiez de Rouville décrivit les localités jurassiennes de Saint-Amour, de Lons et de Sellières comme des repaires d’ennemis des patriotes. La cohabitation avec les habitants fut mauvaise. Le bataillon dut terminer sa mission et rejoindre ensuite la place de Besançon. Les problèmes d’équipement furent toujours très vifs. Le sous-lieutenant Lanery évoqua la situation de l’armement du bataillon juste avant le départ du bataillon pour l’armée du Rhin :

« Messieurs, Je profite de l’occasion de Monsieur Sablon capitaine de notre Garde nationale pour vous présenter mon respect en même temps pour vous prier de recevoir mes remerciements de l’honneur de votre souvenir, ainsi que les volontaires de ma division qui sont penetré du même sentiment qui vous prie dagreer les leurs accompagnée d’un continuation d’un parfaite santé. J’ai rempli Messieurs la mission que vous avez bien voulu mhonoré, j’ai voulu parler à plusieurs membres de l’administration avant de me présenter au directoire, je scavois la réponce avant que dentrer au commité militaire. J’ai conduit Sablon  avec moi au département qui vous dira ce qui la entendu ; Monsieur Baray madit que l’arreté quil a faite au municipalité de chaque district, na etoit faite qua pres la letre du ministre, qui dit que les fusils que lon afait passer a chaque municipalité ne leur appartiene par bien, moins aux citoyens qu’à la nation qui les armmés ; ainsi la nation ordonne par letre du ministre a chaqe municipalité d’armmés ses volontaires. Le général qui nous a passé en revue après une note nominatif de ses fusils, pour scavoir combien il en faut pour finir de compléter. Une autre preuve le bataillon du puis de Domme avoit 200 fusils de son departement, lorsque lon les as armmés ils ont reclammés 200 fusils de plus. Lon a pas daignées les entendres ; soyez plus que persuader que malgré que je sois officier des volontaires que je noublierai jamais les interests de ma garde national ; dont je mhonore  dans être le chef jusqua nouvelle ordre. Je vous invite Messieurs au nom de lamitié et de la fraternité notamment dans le moment de vous entendre avec les officiers composant letat major pour que la tranquilité regne en dedans pendant que nous defendrons les frontiers ; lorque les deux corps ne sont pas daccort ils est dificile de se faire obeire ; nous travaillons sans cesse pour nous mettre au fait du metier de la guere. Nous devons partir le 22 de Bourg pour allé à Arbois et Solignie jusqua nouvelle ordre j’ai l’honneur d’être Messieurs avec respect votre très humble et très obéissant serviteur. Lanery  fils cadet commandant et sous-lieutenant des volontaires de la 6ème cie du 3ème bataillon du département de l’Ain ».

 

Le problème de l’armement fut cependant bientôt réglé à l’arrivée du bataillon dans la place de Besançon. Nous apprenons par une lettre du lieutenant-Colonel Mabiez de Rouville, que 259 fusils attendaient le bataillon pour compléter son armement. Mais les problèmes évoqués ne concernaient pas seulement le manque de fusils. Trois mois après sa formation le département indiqua avoir payé le 15 mars 1792, 4 900 livres au capitaine Salazard pour les fournitures faites par ses soins à sa compagnie[29]. Le 12 avril le département de l’Ain fit encore état d’un envoi de draps et de toiles, l’habillement étant encore incomplet[30]. Les problèmes de santé n’étaient pas moindres puisque le 16 avril, le département remboursa des médicaments au chirurgien-major Vermandois[31] et 919 livres et 5 sols au capitaine Gromier[32]. Derrière la confection des équipements se cachait toute une organisation. Nous apprenons que des ouvriers étaient « établis en magasin pour travailler à l’habillement du 3ème bataillon de volontaires nationaux de ce département ». Leur salaire devait être modeste puisqu’ils reçurent pour prix de leur travail une somme de 216 livres « faisant partie de l’état des façons d’habits payées par le citoyen Baret »[33].

Le 15 février, le lieutenant-colonel en second Mabiez de Rouville écrivit de Dôle à la municipalité de Trévoux et décrivit la vie du bataillon depuis son départ du département[34] :

« La place que m’a donné mes concitoyens, la reconnaissance que je leur dois, l’attachement que je leur porte et mon devoir me font vous rendre compte du bataillon que j’ai l’honneur de commander en second. Nous sommes partis de Bourg le 8 du présent à 7 heures du matin. Tous les citoyens de Bourg de différents sexes nous ont accompagné à une lieue, la larme à l’œil. Nous y avons laissé de vifs regrets, ils sont bien réciproques, enfin ces braves citoyens ont formé pour nous accompagner une compagnie de 25 citoyens à cheval qui nous ont accompagné jusqu’à Saint-Amour, distance de 5 lieues. Nous avons fait Halte à Coligny où nous avons été reçu par la municipalité et la Garde nationale. Des tables dressées et des tonneaux sur la place, ce village est patriote. Nous sommes arrivés à 2 heures à Saint-Amour, la municipalité seule est patriote. Il peut y avoir sur 3 000 âmes six patriotes ! Ils s’osent le dire tout haut, le surplus est ennemi juré du bien commun. Nous y avons donné un grand bal avec notre musique et chaque contredanse finissait et commençait par l’air « Ça Ira ». Le 9, de Saint-Amour à Lons-le-Saunier. J’ai fait faire halte dans un gros bourg appelé Cuizeaux en Bourgogne. J’ai déjeuné avec Mr. Berengier beau-frère de l’ami Chauvet, il m’a chargé pour lui et Mr Goy de bien des choses. Nous arrivons à trois heures à Lons-le-Saunier. Nous y avons été reçu par le 2ème bataillon de l’Ain que nous avions relevé à Bourg et qui est parti le 11 février pour la citadelle de Besançon. Lons-le-Saunier, cette maudite ville, est chef-lieu du département du Jura, contenant plsu de 12 000 âmes et ne contenant pas 20 patriotes ».

« Le fait est constant ce méprisable département n’a député à l’Assemblée législative que des faux frères à l’exception d’un seul dont j’ai perdu le nom. Le 10 nous avons marché de Lons le Saunier à Sellières, gros bourg de Comté, contenant 3 000 âmes au moins, la municipalité seule est d’un patriotisme chaud, le surplus sans exception sont de tous sexes des fanatiques outrés, ennemis dévoilés de la Révolution, tenant à outrance à la religion espagnole enfin tous les Jura est perverti. Il faut en excepter seulement les habitants des montagnes, j’y ai demeuré 4 jours, pour y établir trois compagnies détachées, crainte d’insurrection calotine. Les brigands ne bronchent pas, ils feront bien. Après avoir laissé des ordres dictés par la loi et les circonstances, j’en suis parti le 14 à franc étriers à neuf heures du matin. Je suis arrivé à Dôle à 11 heures et demi, distance de six lieues. J’ai été pénétré de l’accueil des volontaires et de mes camarades. Je séjourne aujourd’hui 15 et je jouis et savoure une satisfaction bien douce de m’entretenir avec vous. Je pars demain 16 pour Besançon d’après une lettre du ministre adressée à mon camarade Peret pour aller reconnaitre et recevoir Mr. Virgille entrepreneur des arsenaux 259 fusils garnis pour compléter le bataillon. Mr Delasalle[35] a remplacé Monsieur Toulongeon[36]. Je mène avec moi Fonville dont il a été le Colonel et le protecteur. J’ai eu l’avantage de voir Mr Dumas et son épouse. Le lendemain au départ du régiment, ils se sont trouvés à leurs fenêtres. J’en ai averti la compagnie de Granger, ils ont été salués par leurs concitoyens. J’ai été leur organe, ils y ont été sensible. Je ne dois pas oublier de vous dire que Dôle contient au moins 13 000 âmes, c’est jouer gros jeu que de compter un huitième de patriotes et c’est indigne que ce département jouisse de la réputation de patriote chaud, tant s’en faut mrs. Il est rare de voir et et je soutiens presque même impossible qu’il y ait une ville qui puisse se mettre en parallèle avec Trévoux, malgré les minces suppôts que l’on honore du nom vil d’aristocrate. Je ne compte point ces nones fanatiques aveuglées par des raisons, Je me tais. Je vais voir Besançon, sa réputation dépasse passe pour bien contraire. Je vais demander les gibernes, les sabres, de la munition et la réunion des compagnies détachées de qui n’est fait par ce drôle de ministre que pour empêcer l’instruction et nous décourager mais nous n’en sommes que plus ardents et ça ira jusqu’à extinction. J’ai le bonheur d’avoir un bataillon choisi c’est-à-dire les deux tiers sont composés des citoyens des chefs-lieux. Je soutiens que dans un mois, nous sommes en état de faire la guerre et d’exercer comme des suisses. Il y règne une grande subordination, de la bonne volonté et beaucoup de confiance, tous les chefs s’épuisent à le mériter de plus en plus. Ha comme ça ira bien ! Dites milles choses plsu patriotes les uns que les autres pour moi aux Amis de la Constitution quelques décadences qu’il règne dans ce respectable club, je n’en ai vu aucun si patriote, ni sage. Si mon frère et mon ami le procureur de la commune à quelques affaires avec Thevenon de Sellières et autres marchands de Dôle, qu’il ne m’oublie pas. Rien ne me coûtera de le servir et être utile à un parent qui me sera toujours cher et si recommandable aux bons et sages citoyens de Trévoux. […] Enfin le docteur Rey est content, il a vu le décret qui ordonne que les biens des brigands seront séquestrés. Il y a deux ans que s’était mon vœu, il me le dit dans le jardin de Berthet. […] Je n’oublie pas les amis Tollet, Eustache[37] […] Je crois ne pas rester longtemps à Dôle, a Besançon, je viens d’apprendre que sur 20 000 âmes, il y a seulement 2 000 patriotes ».

 

Les compagnies furent alors dispersées au cantonnement. Le bataillon fut ensuite affecté à l’armée du Rhin où il cantonna à Fort-Louis, puis à Schelstadt où il resta de juin[38] à novembre[39] 1792 sous les ordres du colonel Daudirant. Il participa à la défense de la ville et repoussa une attaque autrichienne le 20 mars. Désigné pour faire partie du 1er corps de 10 000 hommes destinés à Mayence, il resta cependant en garnison à Schelstadt[40]. Une compagnie de canonniers fut formée le 12 novembre et confiée au commandement du lieutenant Marion. Le 25 novembre, le Lieutenant-colonel Mabiez de Rouville écrivit à nouveau à la municipalité de Trévoux pour donner des précisions sur la vie du bataillon[41] :

« Le 20 de ce mois disent certains écrivains menteurs, il est débarqué 4 000 autrichiens entre Strasbourg et Schelestat, cette dernière ville les a repoussé, voilà la fausseté. Voici la vérité, le 20 de ce mois, à Rinon, distant de 5 lieux de Schelestat, quelques autrichiens furent aperçus dans une île du Rhin cachés dans les vorges. Vis-à-vis de Rinon, ils avaient trois grands bateaux sans doute dans l’intention de commettre quelques petites incursions. Une salve d’un coup de canon les fit retirer. Le toscin sonna, l’alarme vint jusqu’à Strasbourg chacun prit son poste et les brigands disparurent. Le commandant de Schelestat envoya 20 dragons, 50 volontaires commandés par le capitaine Granger, qui était capitaine de piquet, c’est lui qui a commencé le petit détachement de guerre. Ils sont rentrés le même jour. D’après la nouvelle des ordonnances que l’ennemi s’était retiré, il n’est pas moins vrai que le petit Condé, est à 4 lieues de nous. Mais Sélestat est actuellement hors d’état de craindre un siège par la raison que la saison est trop avancée, mais il n’est pas hors d’état de surprise. Cependant il peut l’être par la précaution des fossés remplis de 7 pieds et demi d’eau. L’ennemi pourrait en rejetant la politique violer le droit des gens si les suisses donnaient le pasage pour Bâle quoique la dite Helvétique promet la neutralité. L’ennemi pourrait tirer sur Bâle quelques canons pour les forcer à se rendre et par là simulacrer de concert avec eux, mais deux moyens pour nous, le 1er est que la ville d’Huningue commande Bâle et que l’on cannonerait ferme, le second est que le Rhin est d’une grosseur énorme et débordé, ce qui durera au moins 5 à 6 semaines, d’ailleurs la fine politique ne permettrait pas à l’ennemi d’attaquer la Suisse, cette nation sert chez toutes les puissances. Donc nous gagnerons du temps et je me plait à croire que nous aurons une guerre polimique si l’ennemi n’est pas taillé en pièce, ils voient tout les français levées et déjà les scélérats tremblent et fuient. Il est faux encore que mon camarade commandant la place ait été destitué comme le dit Carra et Prudhomme, mais bien l’adjudant de place d’après les plaintes que j’en portai au commissaire. Dandelin n’a pas la fermeté qu’exige son poste et ce qui lui fait des ennemis. J’ai été singulièrement accueillis par Mrs Carnot et Prieur. D’après le rapport rendu du mois par la municipalité et la manière dont je retournai mon bataillon, ils finirent par m’embrasser et me réconcilièrent avec le trop faible mais brave Dandelin […] Nous sommes débarassés de nos prêtres fanatiques. J’ai été nommé par le district de Binfeld commissaire du détachement pour traquer cette bande infernale. 27 schélestatiens vont évacuer la ville, elle devrait l’être toute depuis hier seulement les églises sont fermées. J’oubliais de vous dire que le 23 novembre, à Spanel, les autrichiens avaient des chariots chargés de ponton et quelques bateaux ».

 

« Le 3ème bataillon de Saône-et-Loire qui est cantonné à Markollsteim, bivouaquant le long du Rhin a tiré 4 coups de canon, a démoli une masure qui leur servait de redoute, tout à de suite disparu, Spanel est distant de 4 lieues de Schelestad, tous les jours il y a des petites tentatives d’escarmouches […] depuis 15 jours le bataillon ne va plus à l’exercice, les volontaires de tous grades travaillent aux fortifications, redoutes, batteries, poternes, chemins couverts, bastions. Ils gagnent chacun 20 sous par jour que leur paye l’entrepreneur qui à un prix fait. Cette somme est mise en masse et nous l’offrirons à l’Assemblée quant la somme sera considérable. 15 hommes par compagnie par jour y travaillent.  Schelestat, l’an 4ème de la liberté et le 1er de l’égalité. Je n’ai pas le temps d’écrire à notre femme, faits dire que je me porte bien ».

 

Dans une lettre datée du même 25 novembre, Mabiez de Rouville évoqua les effectifs du bataillon et se plaignit des membres du directoire du département qu’il qualifia d’aristocrates pour avoir formé de nouveaux bataillons au lieu de compléter ceux déjà existants. Il évoqua également la loi qui permit aux hommes de rentrer dans leur foyer après une année complète de service. Le bataillon ne combattit pas et Rouville se désola sincèrement de son inaction forcée[42]  :

«  Le zèle qui vous a toujours animés pour la République, me fait espérer que vous contribuerez de tous vos pouvoirs à compléter le bataillon que je commande. L’aristocratie de notre département m’est parfaitement connue, il ne faut pour preuve que savoir qu’il a méprisé les lois en formant des nouveaux bataillons au lieu de compléter les anciens, il les a violé aussi en licenciant la plus belle compagnie de grenadiers qu’il y eut peut-être dans l’armée, n’importe ces vermines de despostes succomberont et je ne doute pas, qu’animés du feu sacré du Saint-Amour de la liberté vous instruirai toutes les municipalités qui vous avoisinent qu’il y a deux cents places vacantes au bataillon et qu’il ne peut entrer en campagne avant qu’il ne soit porté à 852 ce qui est le seul regret des généraux qui le connaissait, vu sa bonne instruction, la concorde, l’union et le même désir de combattre qui nous anime tous […] j’espère que vous m’instruirez bientôt de vos progrès et que vous me mettrez dans le cas de vous envoyer l’officier Fonville pour conduire par étapes les recrues, que votre zèle m’aura procuré […] j’ai fait le choix de l’officier Fonville par son intelligence et les besoins qu’il a d’un mois de l’air natal, vu les fatigues qu’il a essuyé ainsi que bien d’autres pendant un mois qu’il a été détaché […] je suis à la veille d’après la loi que je viens de vous citer de perdre beaucoup de volontaires dans le courant de décembre. Suppléez y donc, c’est le seul moyen de nous faire voler à la gloire, nous n’avons rien fait, tout nous reste à faire. Et quoi que nous ayons cherché des occasions de faire la guerre, le complet nous en a empêché. Je m’épuise à dire aux braves volontaires qui ne veulent que se battre que nous sommes à notre poste, que tous ne peuvent la faire à la fois, qu’en cherchant des occasions on les évite. Ils paraissaient s’en payer, mais comme moi ils murmurent. L’officier que je vous enverrai vous mettra au courant pour l’étape à faire obtenir aux volontaires que vous enrôlerez ».

 

Le 1er décembre, il entra en campagne à l’armée des Vosges et cantonna à Nidda, puis Eschersheim, Rödelheim avec la brigade Falck[43]. Il était à  Maudach du 10 décembre au 1er janvier 1793[44].

1793 :

A cette date, il fit partie des effectifs de l’armée de Biron[45]. En février, il était à Otterstadt, en mars à Spire. Le 1er mai, il reçut un renfort de plus de 300 recrues du district de Bourg puis demeura immobile jusqu’au mois de juillet. Toujours à l’armée du Rhin, il cantonna à Wissembourg d’avril à juillet. Son dépôt fut formé le 15 août à Strasbourg[46]. Il se regroupa le 20 août, à Lanterbourg et au fort de Saint-Rémy appartenant à la brigade Montigny, de la division du général Munnier. Il y resta jusqu’à la fin du mois de septembre. A nouveau en mouvement à l’automne, il se trouva le 12 octobre au moulin de Bienwald, et le 30 octobre à Souffelweyersheim. A cette date, il était au centre de l’armée dans la brigade du général Isambert[47] composée des 1er et 3ème bataillons de l’Ain, du 1er du Doubs et du 3ème régiment d’infanterie[48]. Il rejoignit le 11 novembre l’armée de Moselle et combattit à la bataille de Kaiserslautern, le 29 novembre.

1794 :

L’armée française écarta enfin les dangers de la seconde invasion du territoire national. Ses rangs étant sans doute clairsemés, il fut mis au repos. Quelques hommes en profitèrent certainement pour rentrer provisoirement au pays, tel le sergent-major Claude-Antoine-Marie Morel. Il obtint le 6 janvier, un certificat de civisme devant le comité de surveillance de Bourg. Le 6 mars, nous apprenons également que le soldat François Guvry fut mandé par le comité pour justifier de sa présence au pays. Il présenta les pièces nécessaires qui prouvèrent qu’il s’était fait remplacer par le nommé Jean Mignot. En effet certains hommes du 3ème de l’Ain, notamment des volontaires de Saint-Trivier-de-Courtes, utilisèrent la loi du remplacement pour rentrer au pays après de longs mois de services. Le comité de Bourg, demanda également au citoyen Masson de rejoindre son bataillon avant le 21 mars. Cependant autorisation lui fut donné de finir de tisser une toile dont la vente lui permit de faciliter la longue route devant le ramener au bataillon[49]. Le 3 février, le bataillon était à Metz, et se renforça d’une partie du 1er bataillon de réquisition de Sarrelouis[50]. Il se composait alors d’un état-major de 18 hommes et de 1 040 volontaires[51]. Il termina ainsi l’hiver en vue de la prochaine campagne que beaucoup espérait décisive.

Le 16 mars, il rejoignit l’armée du Rhin. Le 24 mars, il était à Neustadt et reçut le 20 avril des réquisitionnaires de Nevers. Quelques hommes parurent avec un congé provisoire, nous trouvons trace de Benoit Moneaux, canonnier dans le bataillon qui demanda et obtint un certificat de civisme auprès du comité de surveillance de Bourg. Le 11 avril, ce fut au tour du lieutenant Boynier, le 13 mai, du grenadier Paul Vuillot, et le 5 juin du volontaire Antoine Bernier fils (tanneur de métier)[52]. Pendant ce temps, nous retrouvons le bataillon le 9 mai. Il fit partie de la 2ème division et bivouaqua à Mussbach[53]. Il combattit à nouveau à la bataille de Kaiserslautern les 22 et 23 mai, où il fut sévèrement étrillé puisqu’il perdit 400 hommes[54] tant en tués, blessés ou prisonniers. Le bataillon fit partie de la division de droite du général Ambert. Vers 5 heures du matin, cette division fut assaillie par le gros de l’armée prussienne et saxonne du feld-maréchal Mollendorf. L’attaque surprit totalement les Français, quatre compagnies du 3ème bataillon de Rhône-et-Loire furent faites prisonnières. Le général Ambert ordonna immédiatement la retraite à ses équipages et chercha à concentrer sa division en arrière de kaiserslautern. Le 11ème de cavalerie partit en déroute, et provoqua une débandade folle. L’artillerie légère fut abandonnée sur place, les charretiers dans l’affolement coupèrent les traits et s’enfuirent sans demander leur reste. La division Ambert perdit environ 800 hommes, quatre pièces légères, cinq pièces de position et de nombreux caissons[55]. Le bataillon ayant cinq compagnies placées à l’Ouest, et quatre placées à l’Est du plateau du Kaisersberg fut repoussé. Il dut battre en retraite laissant aux mains de l’ennemi ses équipages et ses archives[56] mais il sauva ses canons en les trainant à la prolonge. Avec le général Gouvion Saint-Cyr, il rejoignit Stelzenberg et Pirmassens. Renforcé de nouvelles recrues en juin (80 requis de Broons et Rostrenen, 65 d’Yvetot), il fut rattaché à la division du général Renaud, à  l’aile droite de l’armée de Moselle[57]. Nous le trouvons au bivouac au camp de Marthinshöhe, puis à cerf le 17 août. Le 10 novembre, il était au camp d’Elrich et participa au siège de Luxembourg du 21 novembre 1794 au 17 avril 1795[58].

L’adjudant-major Claude-Joseph Armand fait prisonnier à la bataille de Kaiserslautern[59]

Né le lundi 19 novembre 1764 à Bourg-en-Bresse. Entra en 1782 au régiment de la Couronne. Caporal des chasseurs (10 octobre 1785), congédié (1788). Il fut élu lieutenant au 3e bataillon de l’Ain (14 septembre 1792), capitaine adjudant-major (12 décembre). Il combattit à l’armée du Rhin puis de la Moselle. Bien qu’il y fasse preuve de bravoure, il fut capturé par les Prussiens à Kaiserlautern (14 prairial an II). Il rentra en France (26 messidor an III) et réintégra la 51e demi-brigade de ligne. Il combattit à l’armée des Alpes puis d’Italie. Il passa à l’armée de Batavie puis d’Allemagne (an VIII et IX). Il fut blessé à la bataille de Castricum d’une balle à la cuisse droite (5 octobre 1798). Nommé chef de bataillon auxiliaire en récompense de sa conduite contre les révoltés belges (12 août 1799). Chef de bataillon au 2e régiment d’infanterie légère (25 février 1804). Demanda à « faire partie du corps composé des premiers braves de [son] pays » au grand conseil de la Légion d’honneur (29 ventôse an XII). Sa demande fut soutenue par le général Pannetier. Chevalier de la Légion d’honneur (25 prairial an XII). Il servit ensuite à la Grande Armée. Il se distingua particulièrement lors de l’attaque de l’île et de la ville de Wollin où il repoussa 300 fantassins et 100 cavaliers appuyés par quatre canons (6 janvier 1807). Officier de la Légion d’honneur (27 janvier). En mars, il mit en fuite les brigands de Schill, en tua 250 à Wollin, avec 100 hommes du 2e régiment d’infanterie légère. Il se fit remarquer lors de la prise de l’île Holm (6 mai). Il débarqua à une heure du matin avec 200 hommes et chargea les Russes à la baïonnette. Il s’empara de trois redoutes armées de 17 canons et fit 200 prisonniers. Il se couvrit de gloire et combattit avec bravoure lors du siège de Dantzig (7 mai). Il fut fait colonel par le maréchal Lefebvre (10 mai). Colonel du 22e régiment d’infanterie légère (mai). Baron d’Empire (17 mars 1808). Chargé de distribuer 17 légions d’honneur à des militaires de son régiment par la Grande Chancellerie (10 mars 1808). Commandeur de la Légion d’honneur des mains de Napoléon (22 décembre 1809). Il passa en Espagne et au Portugal en 1810 et 1811. Retraité (13 août 1811) après le siège de Salamanque, ses revenus annuels étaient de 9 000 francs. Son fils adoptif fut officier au 22e régiment d’infanterie légère. Chevalier de Saint-Louis (16 janvier 1815). Colonel de la Garde nationale de Bourg en 1830. Il mourut à Bourg, rue des Cordeliers, le 21 janvier 1840.

 

                   Tableau du bataillon passé en revue à Metz le 3 février 1794 [60]:

 

Noms Grades Unité
Berard Chef de bataillon 3ème de l’Ain
Armand Claude-Joseph* Adjudant-Major Etat-major
Marion Quartier-Maître Etat-major
Nalet * Chirurgien-Major Etat-major
Crozet Capitaine Compagnie de grenadiers
Moiroux Antoine * Capitaine 1ère compagnie
Salazard Claude-Joseph * Capitaine 2ème compagnie
Pagety * Capitaine 3ème compagnie
Metton Jean-Clément * Capitaine 4ème compagnie
Grillet[61] Capitaine 5ème compagnie
Temporal Joseph-Marie * Capitaine 6ème compagnie (dépôt)
Berly Capitaine 7ème compagnie
Demont Capitaine 8ème compagnie (hôpital)
? ? Compagnie de 27 canonniers et 4 sapeurs

(*) Officiers occupant le même poste en décembre 1791.

 

1795 :

Le 29 mai, le bataillon fut dirigé sur Neufbrisach. Le 27 juin, le directoire du département de l’Ain indiqua que le 3ème bataillon dut passer bientôt à Bourg pour se rendre à l’armée des Alpes et précisa que :

« le bataillon qui n’a cessé de se distinguer depuis le commencement de la guerre a perdu son drapeau dans un combat où il a donné les preuves les plus éclatantes de son courage, se félicitant de trouver l’occasion d’être envers ce bataillon l’interprète des sentiments des citoyens du département et de pouvoir donner aux braves défenseurs qui le composent un témoignage de l’estime et de l’attachement qu’ils ont si bien mérité […] il sera offert au nom du département un drapeau »[62].

Nous ne saurons pas si ce drapeau fut effectivement remis au bataillon. Car peu de temps après, le 5 ou le 7 juillet[63], il fut amalgamé tardivement pour former la 199ème demi-brigade[64]. Cette unité fit partie de celles qui ne furent pas amalgamée selon l’usage le plus courant. Ce furent trois bataillons de volontaires qui la composèrent et non un bataillon de ligne et deux bataillons de volontaires[65]. Les deux autres unités qui formèrent ce bataillon furent le 2ème de Seine-et-Marne et le 10ème bis de la Côte d’Or. L’amalgame eut lieu dans la place forte de Belfort.

L’embrigadement de 1ère formation :

Le mouvement annoncé par le département de l’Ain, correspondait à l’envoi de renforts à l’armée d’Italie et des Alpes dans le but de lancer une offensive générale pour s’emparer des cols aux mains des Piémontais. En octobre 1795, la 199ème demi-brigade comptant un effectif de 1 478 présents pour un complet de 2 244 hommes fut retirée de l’armée du Rhin, avec la 6ème légère, la 60ème et le 8ème  régiment de dragons. La 199ème arriva à Bourg le 7 juillet 1795. Elle ne resta pas dans le chef-lieu du département et elle fut dirigée vers le camp de Tournoux, avant la fin de juillet. Un rassemblement important de troupes se fit dans ce camp, en vue de renforcer l’armée d’Italie. Au mois de septembre la 199ème et les 2ème et 3ème bataillons de  la 6ème légère quittèrent ce camp pour intégrer la gauche de l’armée d’Italie[66].

L’Amalgame de 2ème formation :

Bien après cet embrigadement, le chef de bataillon écrivit au département de l’Ain pour s’excuser de l’absence  de nouvelles de son unité. Cette lettre datée du 31 janvier 1796, précise que le bataillon ne put pas transporter ses équipages et archives qui étaient restées dans la ville de Nice, alors que le bataillon se trouvait à l’armée d’Italie. Son second amalgame fut réalisé dans la 51ème demi-brigade. Bertaud et Roucaud indiquent faussement que cet amalgame fut à la base de la création de la 72ème demi-brigade de ligne. Information que confirme Digby Smith, la 72ème demi-brigade de ligne fut formée en seconde formation le 3 novembre 1795. Elle se composait de la 199ème demi-brigade dite demi-brigade des Lombards. Or le 3ème de l’Ain faisait partie de la 199ème demi-brigade tout court, il y a une confusion avec la 199ème bis dite des Lombards.

Le capitaine Salazard fait partie de l’épilogue. Il fut nommé le 7 avril 1800 comme « conducteurs de 50 conscrits dirigés sur Dijon ». Pour lui le retour et la retraite à Meillonnas, pour de nombreux autres leurs familles devaient attendre longtemps des nouvelles. Nous ne saurons certainement jamais combien d’entre eux purent revoir leurs villages et leurs familles[67].

             Au moment de l’Amalgame, les cadres du bataillon s’organisaient ainsi [68] :

Unités Noms Grades
Etat-major L. Berard Lieutenant-colonel
idem C.R. Marion Quartier-maître
idem P.J. Mortier Adjudant-major
idem H. Nallet * Chirurgien-major
idem Brunet Adjudant sous-lieutenant
Cie de Grenadiers P.J. Vidal Capitaine[69]
idem B.D. Belin Lieutenant
idem A.    Vingtdeux Sous-lieutenant
1ère Cie A.M. Moyroud * Capitaine
idem C.B. Picquet Lieutenant
idem Goyon * Sous-lieutenant
2ème Cie C.J. Salazard * Capitaine
idem Craboz Lieutenant
idem J.B. Theillard Sous-lieutenant
3ème Cie Pagety * Capitaine
idem Malvy Lieutenant
4ème Cie
  1. Berlier
Sous-lieutenant
5ème Cie H. Grillet Capitaine[70]
idem A.    Goy Sous-lieutenant
6ème Cie J.M. Temporal * Capitaine
idem C Temporal Lieutenant
idem F Tournier Sous-lieutenant
7ème Cie J Gauthier Capitaine
idem C Lasalle Lieutenant
idem A.    Rousset Sous-lieutenant
8ème Cie F.F. Robin Lieutenant

 (*) Officiers occupant la même fonction à la formation du bataillon en décembre 1791.

Epilogue :

Le 3ème bataillon de l’Ain, ressurgit grâce à une affaire de police générale le 16 octobre 1812[71]. A cette date, Claude-François Fonville, natif de Trévoux, domicilié à Thoissey et âgé de 43 ans (né vers 1769) fut arrêté par erreur à la place d’un nommé Fontvielle, ex-garde magasin des vivres de la guerre prévenu d’infidélité dans sa gestion et devant être conduit à Perpignan. Le fonctionnaire de Police conscient de l’erreur possible, mais souhaitant rester prudent, garda Claude-François Fonville en prison dans l’attente de la confirmation de l’erreur en question. Fonville avait été employé à plusieurs reprises par le lieutenant-colonel en second Mabiez-de-Rouville durant l’année 1792. Dans plusieurs lettres Rouville cita Fonville et indiqua qu’il s’agissait d’un patriote éprouvé[72]. Le cas de Fonville étant en effet assez étrange en lui-même puisqu’il ne put fournir de papier prouvant ses dires. L’officier de police écrivit que :

« Le sieur Claude-François Fonville sous-officier au régiment d’Agenois-infanterie avant la Révolution, parti en 1791 comme lieutenant dans le 3ème bataillon de l’Ain, il fit plusieurs campagnes et ayant été blessé il donna sa démission et se retira à Trévoux où il fut employé dans les bureaux du district. Incarcéré sous le régime révolutionnaire, il fut après sa mise en liberté successivement administrateur du district de Trévoux, et membre de l’administration municipale de Thoissey jusqu’à la création des mairies. Lors de l’ouverture de la campagne de l’an 14, 1806, il se rendit à Paris et demanda à reprendre du service, il fut placé Lieutenant puis Adjudant-major dans le régiment de chevau-légers belges devenu le 27ème régiment de chasseurs à cheval. Il donna sa démission en septembre 1808. Il revint à Paris et obtint de son excellence le ministre de l’administration de la guerre, une commission de Garde-magasin de l’habillement à l’Armée d’Italie poste qu’il occupe depuis le 12 août 1809 jusqu’au 10 juin 1810, époque de son licenciement ayant été en Carinthie volé de deux caisses d’habillement faisant partie d’un convoi considérable qu’il conduisait, il laissa lors de son licenciement, le montant de ses appointements et frais de manutention qui lui étoient du depuis le 1er janvier 1810 afin de servir pour la valeur des 2 caisses enlevées […] Privé de ressources, il partit sur la fin de 1810 pour l’Espagne avec le général Renaud. Celui-ci le présenta au général Fririon, chef d’Etat-Major général de l’armée du Portugal qui le fit employer en qualité d’officier d’ordonnance. Blessé à la jambe d’un coup de feu, il fut transporté à Rodrigo, où après sa guérison, il fut employé comme adjoint à l’Etat-major de la place, fonction qu’il remplit plusieurs mois. Sa blessure s’étant réouverte et souffrant de la goutte et de douleurs rhumatismales, il obtint du général Thiébaut gouverneur de Salamanque sur la vu d’un certificat du conseil de santé et deux chirurgien-major du 6ème corps, l’autorisation de rentrer en France où après avoir été aux eaux de Barrigel, il s’est retiré chez lui à Thoissey […] il n’a pu me présenter aucune pièce justificatives de leur exactitude, les ayant dit-il adressé au ministère de la guerre, bureau des Etats-majors à l’appui d’une demande en solde de retraite et n’en ayant point gardé de copie, le seul papier qu’il ait mis sous mes yeux est un ordre du commissaire ordonnateur Joubert, daté de Milan le 15 juin 1810 d’après lequel il devait se rendre à Paris pour la liquidation de sa comptabilité ».

 

Portrait :

Benoît Caillion, originaire de Paris, enrôlé à 16 ans, comme canonnier au 1er bataillon de Paris (21 juillet 1791), caporal (17 novembre 1793), envoyé au 3e bataillon de l’Ain pour en commander l’artillerie (25 juin 1794), incorporé à la 199e demi-brigade de bataille (1795), sergent-major à la 5e demi-brigade de ligne (1796), passé à l’artillerie du 2e régiment de la garde de Paris (1803), sous-lieutenant (1806), chevalier de la Légion d’honneur (1807), prisonnier de guerre (1808), rentré et placé au 34e de ligne (1814), en demi-solde (1815), il fut blessé à Jemappes (1792), à Wattignies, à Brixhem et en Espagne (1808), retraité en 1821. Il était avec la compagnie de canonniers du 1er de Paris à la bataille de Courtrai, au camp de Maulde, à Valmy et Jemappes (1792), à Neerwinden (18 mars 1793), à Anzin (2 et 8 mai), à Saint-Sauve, au camp de César, à Hondschoote, à Wattignies et au déblocus de Landau.

Article de Laurent B.

 sehri

[1] Etabli en grande partie par Jérôme Croyet, La feuille de route n°79, Association maréchal Suchet, armée des Alpes, octobre 2007.

[2] En modification de l’article de Jérôme Croyet.

[3] 570 hommes incorporés à son départ, Jean-Michel Lévy, Formation des bataillons de volontaires dans l’Ain, p. 263.

[4] BM Vaillant de Bourg-en-Bresse, 501 262 et AD de l’Ain, 2 L 26.

[5] 5e compagnie commandée par Claude-François Grommier (vers 1773- ?), de Coligny, il n’était plus présent à la revue du bataillon de pluviôse an II et il fut remplacé par un autre capitaine. J.M. Lévy, idem, p. 250.

[6] 2ème Compagnie dite de Bourg, commandée par Claude-Joseph Salazard (vers 1751- ?), notable, il était en 1790, collecteur d’impôts à Meillonnas. Il servit dans l’armée d’Ancien Régime dans le régiment Ile-de-France Infanterie de 1769 à 1776. Il s’enrôla comme volontaire en 1791 et nous le trouvons encore à son poste en pluviôse an II, J.M. Lévy déjà cité page 249 et Octave Morel, Inventaire… op cit, p. 249.

[7] 4e compagnie commandée par Clément Metton de Pont d’Ain, J.M. Lévy, ibidem.

[8] 3e compagnie commandée par Jacques Pagety (1766-), né Loyes, il servit dans l’armée d’Ancien Régime de 1781 à 1789 dans le régiment Limousin-Infanterie. Il était encore à son poste lors de la revue de pluviôse an II, idem.

[9] 1ère compagnie dite de Châtillon, commandée par Antoine Moyroud (1761- ?) né à Neuville-les-Dames, servant dans le régiment Royal-Comtois Infanterie de 1782 à 1790. Ibidem, p. 249.

[10] 6e compagnie commandée par Joseph-Marie Temporal.

[11] Eugène Dubois, Histoire de… op cit, p. 431.

[12] Malgré qu’il ne soit pas autorisé à cette transaction la somme totale de 8 livres et 15 sols lui fut accordée, Octave Morel, Inventaire… op cit, p. 93.

[13] Jean-Joseph Mabiez-de-Rouville (1760-1826). Cavalier (1784), brigadier (1785), congédié (août 1786). Membre de la Société populaire des Amis de la Constitution de Bourg. Major de la Garde nationale de Trévoux (février 1790). Commandant de la Garde Nationale de Trévoux (mars 1791). Capitaine dans le 3ème bataillon de l’Ain (3 août 1792), lieutenant-colonel du bataillon (novembre), puis du 21ème bataillon de réserve, armée du Nord. Servit à Schelestat (25 novembre), puis à Bruxelles (19 février 1793). Il se distingua à Neerwinden (18 mars). Les officiers du 3ème bataillon de l’Ain lui délivrèrent un certificat de civisme (12 mai). Admis à la société des Sans-culottes de Trévoux (10 décembre). Il servit à la bataille de Courtrai (11 juin 1794), et au siège de Nimègue. Repoussa une sortie de l’ennemi après lui avoir mis hors de combat environ 300 hommes. Incorporé dans la demi-brigade de l’Yonne comme chef de bataillon (3 juin 1795). Passa dans la 16ème demi-brigade de ligne suite à l’amalgame (20 février 1796). Armée de Sambre-et-Meuse, blessé d’un boulet à la cuisse droite et au pouce de la main gauche, bataille de Neuwied (18 avril 1797). Chef de brigade provisoire du 16ème régiment d’infanterie de ligne (26 avril 1800). Embarqué en 1804 et 1805 sur l’escadre commandée par l’amiral Villeneuve. Chevalier de la Légion d’honneur (11 décembre 1803), officier de la Légion d’honneur (14 juin 1804). Admis à la retraite, 31 mai 1807. Il se retira à Trévoux en 1809.

[14] Réclamations faites le 6 février 1792 au directoire du département, AD de l’Ain, 2 L 27.

[15] Etabli par le commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 6.

[16] Dite « de Châtillon ».

[17] Dite compagnie de « Bourg ».

[18] Claude-François Morel (1742- ?), habitant de Bourg en 1791. S’engagea en 1791 et élu sous-lieutenant à la 2ème compagnie (12 décembre). Il passa dans la ligne, probablement après avoir demandé un brevet de lieutenant. En l’an II, il était capitaine au 54ème régiment d’infanterie. Gravement blessé d’une balle à la cuisse, il fut hospitalisé à Cambrai et figura sur le char de triomphe lors de la fête de la Raison de cette ville (juin 1794). Le 12 juin, il écrivit une longue lettre à Thomas Riboud, Jérôme Croyet, Dictionnaire des médaillés de la Légion d’honneur de l’Ain.

[19] Dite compagnie de « Montluel ».

[20] Dite compagnie de « Pont-d’Ain ».

[21] Compagnie dite de « Treffort et Coligny ».

[22] Compagnie dite de « Pont-de-Vaux, Bâgé et Saint-Trivier ».

[23] Compagnie dite de « Trévoux ».

[24] Il devint capitaine de la 7ème compagnie en remplacement de Jean-Joseph Mabiez de Rouville, nommé au poste de lieutenant-colonel du bataillon en novembre 1792.

[25] Compagnie dite de « Montmerle ».

[26] Général Schmitt, Joubert, la vie brève d’un grenadier bressan, p. 61.

[27] Au mois de mars, le 15, des fournitures sont encore payées au capitaine Salazard pour une somme de 8 livres et 15 sols. Les maîtres-tailleurs du bataillon reçoivent 268 livres, 126 livres pour une canne de tambour-major, 104 livres pour une canne de tambour, 2 415 livres pour des havresacs, 450 livres pour trois drapeaux, 11 000 livres à Monsieur Duchant, marchand drapier, Octave Morel, Inventaire… op cit, p. 97.

[28] Dont la 7ème compagnie du capitaine Jean-Joseph Mabiez-de-Rouville, parent du lieutenant-colonel en second du bataillon.

[29] AD de l’Ain, 2 L 28.

[30] Le bataillon n’avait alors touché que 449 habits, 290 vestes, 796 culottes, 597 chemises et il lui manqua 119 habits, 278 vestes, 340 culottes, 539 chemises. On mesura le dénuement des volontaires et la difficulté à uniformiser l’équipement, Octave Morel, Inventaire de… op cit, p. 101.

[31] Il semble donc qu’il y ait déjà des malades, peut-être déjà nombreux, Octave Morel, idem, page 102.

[32] Pour son paiement de fournitures au négociant François Boiret de Bourg, AD de l’Ain, 2 L 28.

[33] AD de l’Ain, 2 L 30.

[34] Jérôme Croyet, Pour la Nation, à la gloire de l’Empire, lettres et mémoires inédits des soldats de l’Ain, 1792-1816.

[35] Jean-Charlemagne Maynier comte de La Salle (1749-1819). Page du Roi (1763), sous-lieutenant au régiment de Belzunce-dragons (1766), capitaine-commandant (1769), capitaine (1771), mestre de camp (1774), chevalier de Saint-Louis (1782). Commandant le régiment d’infanterie d’Agenois (janvier 1784), maréchal de camp (1790). Employé à la vérification des comptes de la Gendarmerie de l’Ile de France, et à la 6ème division militaire (avril 1791). Il prit la place de Toulongeon (décembre 1791), mais démissionna pour des raisons de santé (mai 1792). Il fut emprisonné sous la terreur et fut mis à la retraite avec pension (février 1815).

[36] Toulongeon qui commandait la 6ème division militaire (dont fit partie le département de l’Ain) depuis le 30 juin 1791, fut effectivement dénoncé comme contre-révolutionnaire à propos de rixes entre militaires et volontaires. Il fut renvoyé et employé à l’armée du Rhin (14 décembre 1791). Commandant des troupes du Haut-Rhin (février 1792), mais devant l’hostilité des volontaires il fut ensuite nommé commandant du département de l’Ain (mars 1792). Il refusa cette affection le 5 mai et démissionna, ce qui fut accepté le 7 mai. Appelé à Paris, il évita de s’y rendre, émigra et s’engagea dans l’armée des Princes, puis passa au service de l’Autriche avant de démissionner.

[37] Il s’agit probablement du futur capitaine Eustache qui s’engagea à l’été 1792 et partit rejoindre le camp de Soissons avec quatre compagnies de volontaires de l’Ain, embryon du 21ème bataillon des réserves.

[38] 512 volontaires sous les armes à cette date, J. M. Lévy, Formation de… op cit, p. 263.

[39] 467 volontaires présents au 1er novembre 1792, idem.

[40] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 7.

[41] Jérome Croyet, Pour la Nation… op cit.

[42] Jérome Croyet, Pour la Nation… op cit.

[43] Philippe-Casimir de Falck (1730-1822), au service de l’Electeur Palatin (1745), puis de la France (1747), lieutenant (1748). Servit en Allemagne, 1757-1762. Capitaine (1764), major (1766). Servit en Corse, lieutenant-colonel (1769). Brigadier, retiré avec pension (1780), maréchal de camp (1792), général de division (1793). Suspendu de ses fonctions et mis en arrestation comme étranger (août). Mis en liberté et relevé de sa suspension (octobre 1794), autorisé à prendre sa retraite (avril 1795). Admis à la retraite (1796). Membre du conseil d’administration de l’hôpital de Strasbourg (1800). Inspecteur de cet hôpital (1806-1814).

[44] 541 volontaires sous les armes à cette date.

[45] Eugène Deprez, Les volontaires… op cit, p. 395.

[46] 748 hommes présents d’après le commandant Dumont, Les batailllons… op cit, p. 7.

[47] Augustin-Joseph Isambert (1733-1793), dragon (1749), lieutenant (1756), guerre de Sept Ans, Port Mahon (1756) et  Allemagne (1760-61). Capitaine (1761), réformé (1763), capitaine-commandant (1769), siège de Port Mahon (1782). En retraite avec pension. Lieutenant-colonel 1er d’Indre-et-Loire (1791), colonel du 36ème de ligne (1792), général de brigade (1793), armée du Rhin, 1792-1793. Expédition du Palatinat, Spire et Mayence, division Neuwinger (1793). Chargé de la défense du fort de Saint-Rémi, qu’il abandonna à l’ennemi (13 octobre). Tenta de prendre la fuite mais il fut arrêté. Condamné à mort par le 1er tribunal militaire de l’armée du Rhin et fusillé à Strasbourg le 9 novembre 1793.

[48] Arthur Chuquet, Wissembourg… op cit, p. 192.

[49] AD de l’Ain, 14 L 16.

[50] Lors de cette réorganisation, le commandement fut pris par Louis Bérard, (1758- ?), servit dans l’armée d’Ancien Régime au régiment d’Auvergne-infanterie de 1775 à 1780. Il devint capitaine de la compagnie des grenadiers du bataillon (12 décembre 1791). Le 18 pluviôse an II, il passa chef de bataillon (6 février 1794), J. M. Lévy, Formation de… op cit, p. 265.

[51] 832 présents, 46 au dépôt, 35 de service, 3 prisonniers de guerre et 124 malades aux hôpitaux, J. M. Lévy, idem, p. 261.

[52] AD de l’Ain, 14 L 16.

[53] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 7.

[54] 848 volontaires présents en Floréal an II, quelques temps avant. Il ramena ses canons difficilement à la prolonge et il fut rallié par Gouvion-Saint-Cyr, J. M. Lévy, ibidem, p. 210, 211 et 263.

[55] E. Desbrières, La cavalerie… op cit, tome 2 pages 141 et 142.

[56] C’est la raison pour laquelle les archives de l’armée ne possède pas de registre matricule pour le 3ème de l’Ain.

[57] 80 réquisitionnaires des Côtes-du-Nord et 65 de la Seine-Inférieure, J.M. Lévy, ibidem, page 211. Un document d’inspection précise que le bataillon comptait 1 202 hommes dont 324 prisonniers de guerre. Il fut renforcé à quatre reprises, mais le document est en partie illisible, AD de l’Ain 108 J 86.

[58] Le Conseil d’administration du bataillon écrivit une lettre au département de l’Ain, le 9 janvier 1795, pour signaler ses déboires et la perte de ses registres. Il fut signalé que des registres seraient établis dès que cela serait possible, AD de l’Ain, 108 J 86.

[59]Entièrement repris de Jérôme Croyet, Dictionnaire… op cit.

[60] AD de l’Ain, 108 J 86.

[61] En décembre 1791, il était sous-lieutenant à la 4ème compagnie, Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 6.

[62] AD de l’Ain, 2 L 39.

[63] Belhomme indique le 7 juillet, Histoire de l’Infanterie Française, Tome 4, p. 105.

[64] Cette demi-brigade combat dans les Alpes, dans des conditions effroyables, faute de transport à l’armée d’Italie. Elle laissa sa caisse, ses registres et ses équipages à Nice.

[65] Eugène Deprez, Les volontaires… op cit, p. 45.

[66] 6ème et 199ème comptant un effectif total de 2 314 combattants, Krebs et Moris, Campagne dans les Alpes, tome 2, p. 321.

[67] Octave Morel, Inventaire… op cit, p. 531.

[68] Commandant Dumont, Les bataillons… op cit, p. 3.

[69] En décembre 1791, il était lieutenant à la 4ème compagnie.

[70] Idem mais en tant que sous-lieutenant même compagnie.

[71] AD de l’Ain, 4 M 95.

[72] « Mr Delasalle a remplacé Toulongeon, je mène avec moi Fonville dont il a été le colonel et le protecteur », lettre de Mabiez à la municipalité de Trévoux du 15 février 1792.  « J’espère que vous m’instruirez bientôt de vos progrès et que vous me mettrez dans le cas de vous envoyer l’officier Fonville pour conduire par étapes les recrues, que votre zèle m’aura procuré. J’ai fait le choix de l’officier Fonville par son intelligence et les besoins qu’il a d’un mois de l’air natal, vu les fatigues qu’il a essuyé ainsi que bien d’autres pendant un mois qu’il a été détaché ». Lettre du 25 novembre 1792. La mission en question correspond probablement au commandement ou à l’accompagnement de trois compagnies du 3ème bataillon de l’Ain, restées en arrière du bataillon près de Sellières dans le Jura. Craignant une insurrection calotine, ordre avait été donné à Rouville de laisser quelques troupes sur ses arrières. Rouville déplora que ces forces soient séparées du bataillon et ne puissent participer à l’instruction.

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