1er bataillon des Hautes-Alpes

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon des Hautes-Alpes :

Date de formation : Selon Belhomme, il fut formé le 8 octobre 17911. Le commandant Dumont donne la date du 13 décembre 17912, date confirmée par Jules Vassias3. Didier Davin citant un document de l’époque, indique la date de formation au 13 octobre 1791, pour une finalisation de l’organisation à la fin du mois de novembre4.

Historique :

1791 :

Le bataillon fut formé de volontaires du district d’Embrun et de Serres qui furent formés en compagnies après les moissons et rassemblés à Embrun le 13 décembre. Ils furent aussitôt organisés en bataillon. Il fut passé en revue le 14 décembre, par le maréchal de camp de Ferrier assisté du commissaire des guerres Pascalis et de MM. Allemand et Provensal, commissaires du département. Il fut maintenu à Embrun tout l’hiver afin de s’équiper.

1792 :

Le bataillon fut logé chez l’habitant, mais les plaintes qui affluèrent conduisirent les autorités à le caserner dans « les bâtiments nationaux ». Il fut instruit et servit à la garde des portes de la ville, mais se fait vite remarquer par ses indisciplines et ses manifestations qui finirent par tourner à une émeute. En avril, le bataillon quitta Embrun pour l’armée du Midi, occupa Abrièes et envoya des détachements dans les autres places de la vallée du Guil. Il se trouvait au mois de mai au camp de Lyon dans les rangs cette armée5.

Il se porta ensuite à Fort-Quesras, et lors de l’invasion de la Savoie s’établit au camp de Piéron. Il fut renforcé par l’apport de 233 volontaires levés au mois d’août dans le district de Briançon. En novembre, il était à La Mure, puis au camp de Lyon. Il se trouvait le 15 décembre, à Belley dans l’Ain, et servait dans les rangs de l’armée des Alpes.

1793 :

Il passa l’hiver à Belley, sa compagnie de grenadiers partant le 8 mars, pour Briançon. Il fut envoyé par la suite à Annecy, où il se trouvait le 8 avril, et il fut passé en revue à Arbois, le 9 mai, ses pionniers étant à Bourg-Saint-Maurice, trois compagnies étant également à Salins et deux à Poligny. Il comprenait lors de la revue, un effectif de 541 présents. Il fut renforcé à cette date de 170 recrues des Hautes-Alpes, de l’Isère et du Jura.

Il fut désigné pour se rendre à Toulon, et partit d’Arbois le 4 juin, passant par Lons-le-Saulnier, Lyon, Valence, Montélimar et Saint-Esprit. Il reçut finalement un contrordre à Avignon, et il fut envoyé à l’armée des Pyrénées-Orientales. Le 22 juin, il se trouvait à Nîmes, le 28 à Perpignan, le 29 au camp de l’Union. Il prit part aux opérations de l’armée, sous les ordres de Flers et combattit à la bataille de Perpignan, le 17 juillet. Le 1er septembre, il se trouvait toujours à Perpignan6. Affecté à l’avant-garde, il ne comptait plus que 280 hommes présents au camp de la Paite, en octobre, et 215 à celui de Villelongue, en novembre. Il participa toutefois en décembre aux opérations du général Doppert, servit le 7 décembre, à la déroute de Villalongue et retraita sur Perpignan. Le 23 décembre, il campait à Salces.

1794 :

Le 9 janvier, il reçut dans cette position un renfort de 616 réquisitionnaires du département de la Haute-Garonne, (bataillon du district de Saint-Gaudens) et resta sur place jusqu’à la fin de février. Il tint garnison à Narbonne en mars et avril. Le 19 avril, le bataillon servait encore à l’armée des Pyrénées-Orientales dans les cantonnements maritimes à Sigean7 puis le 4 mai se trouvait en cantonnement à Saint-Laurent. Il fut envoyé à Puigcerda le 3 juin, et prit part à l’attaque de Campredon et à l’expédition du général Doppert sur Ripoll, le 18 juin. Il battit en retraite sur Villefranche, se trouva à Prats-de-Mollo, le 19 juillet, à Saint-Laurent-de-Cerdans le 28 juillet, puis de nouveau à Prats-de-Mollo, le 2 août. Le 1er septembre, il était au camp de Darnius, le 8 septembre, dans les rangs de la 1ère division à Coustouges, où il demeura jusqu’à la fin d’octobre.

En novembre, le bataillon faisait partie de la division Augereau, brigade Beaufort, avec la 39ème demi-brigade de bataille, le 2ème de Haute-Garonne, le 1er des grenadiers des Bouches-du-Rhône, le 4ème de l’Aude, le 5ème du Lot, le 1er des Hautes-Alpes, le 1er bataillon des Vengeurs8. Le 6 novembre, il faisait partie de la droite de l’armée, prit part aux batailles des lignes de Figueras, les 17 et 20 novembre, et après la capitulation espagnole du 28 novembre, s’établit dans le fort jusqu’à la fin de l’hiver. Il comprenait alors un effectif de 481 hommes.

1795 :

Le 1er janvier, il était à la division Pérignon, quitta Figueras au milieu du mois de mars et se rendit au camp de l’Égalité, où il fut embrigadé le 7 avril. Il se rendit ensuite au camp de Palot au mois de mai, et il fut enfin amalgamé du 17 au 20 juin, à Castello de Ampurias.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 69ème demi-brigade de bataille fut formée le 21 mars 1795, à Castillon, selon Belhomme9, le 7 avril 1795, selon Susane10. Le commandant Dumont nous l’avons vu confirme le lieu, mais donne la date du 7 avril 1795 comme embrigadement et du 17 au 20 juin pour l’organisation définitive de l’unité11. Elle se composait du 1er bataillon du 35ème, du 1er des Hautes-Alpes et du 3ème de la Drôme.

2ème formation :

En mars 1796 à Albenga ou Albenza, la 69ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 18ème demi-brigade de ligne.

État des cadres à la formation, revue du 14 décembre 179112 :

Lieutenant-colonel Jacques De Tholozan La Bastie, d’Embrun, 42 ans, chevalier de Saint-Louis,

Lieutenant-colonel en second non connu,

Quartier-maître trésorier Joseph-Jean-Louis Eynard, d’Embrun, 23 ans,

Adjudant-major non connu,

Adjudant sous-officier Étienne Pelfresne, de Sotteville, 37 ans,

Chirurgien-major Jean Bertrand d’Aiguilles, 21 ans.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Louis Chevallier d’Embrun, 28 ans, lieutenant Jean-Pierre Garnier de Châteauroux, 28 ans, sous-lieutenant Louis Allard de Remollon, 22 ans.

1ère compagnie : de Châteauroux

Capitaine Jean-Jacques Ducrest originaire de Châteauroux, 23 ans, lieutenant François Taxil de Châteauroux, 22 ans, sous-lieutenant Jean Brochier de Châteauroux, 27 ans.

2ème compagnie : de Serres

Capitaine Pierre-Jacques Brun La Rochette de Bordeaux, 50 ans, lieutenant Dominique-Henry Abel, de Châteauneuf-de-Chabres, 22 ans, sous-lieutenant Louis Viguier de Ribiers, 20 ans.

3ème compagnie : d’Embrun

Capitaine Jean-Joseph Faure de Saint-André-d’Embrun, 22 ans, lieutenant Honoré Mathieu de Saint-André d’Embrun, 30 ans, sous-lieutenant Cazimir Tholozan d’Embrun, 16 ans.

4ème compagnie : de Mont-Dauphin

Capitaine Jean-Joseph Guieu de Champcella, 33 ans, lieutenant Marcellin Izoard d’Eygliers, 38 ans, sous-lieutenant Antoine Ancellin de Saint-Crépin, 23 ans.

5ème compagnie : d’Embrun

Capitaine Louis-Gaspard-Basile Agnel d’Embrun, 30 ans, lieutenant Balthazar-Vincent Jacquier d’Embrun, 25 ans, sous-lieutenant Jean-François Bresson d’Embrun, 30 ans.

6ème compagnie : de Savines et Chorges

Capitaine Pierre-Antoine Roux de Chorges, 36 ans, lieutenant Jean-Antoine Garnier de Savines, 19 ans, sous-lieutenant Jacques Lafond de Chorges, 35 ans.

7ème compagnie : de Guillestre

Capitaine Jacques Michel d’Embrun, 28 ans, lieutenant Joseph-Jean-Baptiste Albert-Court de Guillestre, 20 ans, sous-lieutenant Antoine-Louis Laurans de Guillestre, 21 ans.

8ème compagnie : de Remollon

Capitaine Jean-Ange Honnoré d’Avançon, 24 ans, lieutenant Jean-Joseph Borel de Theus, 31 ans, sous-lieutenant Pascal Faure de Remollon, 22 ans.

État des cadres au moment de l’amalgame13 :

Chef de bataillon Jacques Michel, capitaine de la 7ème compagnie en 1791,

Quartier-maître F. C. Renaudy,

Adjudant-major François Taxil, lieutenant à la 1ère compagnie en 1791,

Chirurgien-major non connu,

Adjudant Sous-officier L. J. Luquet.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Louis Chevallier, lieutenant Jean-Pierre Garnier, sous-lieutenant Louis Allard. Tous à ce poste en 1791.

1ère compagnie :

Capitaine Jean-Jacques Ducrest (déjà à ce poste en 1791), lieutenance et sous-lieutenance vacantes.

2ème compagnie :

Capitaine J. Barthélemy, lieutenant J. Hias, sous-lieutenant J. A. Mallet.

3ème compagnie :

Capitaine Jean-Joseph Faure (déjà à ce poste en 1791), lieutenant J. Signoret, sous-lieutenant H. Jaubert.

4ème compagnie :

Capitaine Marcelin Izoard (Lieutenant dans cette compagnie en 1791), lieutenant Antoine Ancellin (sous-lieutenant dans cette compagnie en 1791), sous-lieutenant J. Barnaudon.

5ème compagnie :

Capitaine Louis-Gaspard-Basile Agnel (déjà à ce poste en 1791), lieutenant L. Viguier, sous-lieutenant Jean-François Bresson (déjà à ce poste en 1791).

6ème compagnie :

Capitaine vacant, lieutenant M. Mottin, sous-lieutenant A. Frezet.

7ème compagnie :

Capitaine Joseph-Jean-Louis Eynard (quartier-maître trésorier en 1791), lieutenant Joseph-Jean-Baptiste Albert-Court (déjà à ce poste en 1791), sous-lieutenant J. Michel (a-t-il un rapport avec le capitaine Michel de 1791 ?).

8ème compagnie :

Capitaine vacant, lieutenant P. Guieu, sous-lieutenant J. Barneaud.

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Documents : Transmis par Didier Davin :

Le 1er bataillon des Hautes-Alpes de 583 hommes à sa formation fut commandé par le citoyen Tholosan, originaire d’Embrun dont il était administrateur de district. En février 1792, le 1er bataillon toujours en garnison à Embrun annonça devant ses pénuries « de se pourvoir lui-même de toutes les fournitures nécessaires à son équipement et habillement ». Peu après le directoire départemental mit en adjudication 484 habits pour le bataillon. Mais en mars 1792, il manquait toujours vêtements et souliers. En septembre 1792, il manquait encore 233 hommes pour compléter les effectifs tandis qu’à la fin de l’année 1792, en garnison à Saint-Jean-le-Vieux dans l’Ain, l’état de l’équipement ne s’était pas amélioré et le capitaine Albert demanda des tenues pour ses hommes « qui souffrent beaucoup et murmurent en même temps d’être sans habillement par les temps les plus froids »14

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Portraits :

Jean-Joseph Guieu, né à Champcella dans les Hautes-Alpes, le 30 septembre 1758. Soldat au régiment d’artillerie ci-devant de Toul (novembre 1774), il obtînt son congé (juillet 1780). Capitaine au 1er bataillon des volontaires des Hautes-Alpes (14 décembre 1791), lieutenant-colonel du bataillon (22 mai 1792), puis chef de brigade (4 octobre 1793). Il servit au combat d’Utelle (22 octobre), puis passa à l’armée des Pyrénées-Orientales (fin 1793). Il servit sous d’Aoust au camp de Villelongue (19 décembre), et il fut nommé général de brigade (25 décembre). Employé à la division Augereau, il servit le 6 mai, au combat de Saint-Laurent de la Mouga, puis à celui du 19 mai. Blessé au combat de Llobrégat (7 juin 1794), il servit à la bataille de Saint-Laurent de la Mouga (13 août), puis commanda la 1ère brigade de la division Augereau à la bataille de la Montagne Noire (17 au 20 novembre). Commandant une brigade de la division Augereau (juillet 1795), il commanda la 3ème puis la 1ère brigade de la division Serrurier (janvier-avril 1796), armée d’Italie. Il servit à Saint-Michel (19 avril), à Mondovi (21 avril), puis passa à la division Sauret (juillet). Il s’enferma dans un bâtiment à Salo et résista aux Autrichiens sans vivres avec un unique bataillon (29 au 31 juillet). Il fut ensuite chargé de reprendre Salo sur Quasdanovitch (2 août). Il réoccupa effectivement Salo (3 août), puis il fut employé à la division Augereau. Envoyé à la division Vaubois, il s’empara de Saint-Michel (2 novembre). Envoyé avec des renforts à Vérone, il rejoignit la division Augereau (14 novembre), et servit à Arcole au pont d’Albaredo (15 au 17 novembre) et fut nommé général de division (décembre). Il fut battu par Provera au combat d’Anghiari (14 janvier 1797), commanda par intérim la division Augereau, avec laquelle il franchit la Piave (mars). Vainqueur à Sacile, il servit au Tagliamento (16 mars), prit Palmanova (17 mars), puis le fort de Chiusa di Pletz (22 mars). Commandant de la 9ème division nouvellement créée avec les 22ème et 29ème demi-brigades légères de seconde formation (novembre), il cessa de servir à l’armée d’Italie (décembre 1799), mis en disponibilité (1800 à 1803), il fut admis à la retraite (août 1803). Il mourut le 5 octobre 1817, à Châteauroux dans les Hautes-Alpes.

Reinaudy, aumônier du bataillon.

Vincent, sergent au 2e bataillon des Hautes-Alpes, il fut nommé sous-lieutenant eu 1er bataillon de la Réserve, alors à la Châtaigneraie15.

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie Française, tome 3 et 4.

2 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 23.

3 Jules Vassias, Historique du 69ème régiment d’infanterie, p. 42.

4 Didier Davin citant une lettre des représentants du directoire du département des Hautes-Alpes, au sujet de la fourniture des volontaires dudit département, le 1er février 1795.

5 Journal militaire de 1792, p. 432.

6 Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée des Pyrénées-Orientales, 1er septembre 1793.

7 Chuquet, Dugommier.

8 Chuquet, Dugommier.

9 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

10 Louis Susane, histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

11 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 23.

12 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 22.

13 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 23.

14 Bulletin de la société d’études des Hautes-Alpes.

15 Décret de la Convention nationale, séance du 18 germinal an 3, bulletin numéro 914.

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