4e bataillon des Côtes-du-Nord

bataillon-de-volontaires-nationaux

4ème bataillon des Côtes-du-Nord :

Date de formation : il fut formé selon Belhomme le 23 septembre 17921. Jean Guerniou indique la date du 25 septembre2.

Formation :

Il fut réuni le 25 septembre 1792, à Saint-Brieuc, afin de procéder à l’élection de ses officiers et sous-officiers. Passé en revue par un commissaire des guerres (10 novembre), ses 2e, 4e et 6e compagnies ont été probablement formées avec des hommes du district de Lannion. Devant le manque d’entrain pour trouver des volontaires, le département fit savoir aux communes que si le bataillon n’était pas complété, des engagements pour prix d’argent seraient effectués à la charge desdites communes3.

Historique :

1792 :

Incomplet, sans équipement et sans armes, le bataillon se mit tout de même en route pour Brest (16 novembre).

1793 :

En janvier, il se trouvait toujours à Brest4. Il y séjourna une bonne partie de l’année, ainsi qu’à Lesneven et Crozon. Un détachement semble avoir participé à la répression de l’émeute de Saint-Pol de Léon (6 mars). Il fut passé en revue à Lesneven, huit compagnies de fusiliers, une de grenadiers pour un total de 733 hommes (21 mars). Une partie des hommes, habitués de la navigation et de la mer, fut embarquée sur des navires de la marine de guerre. Le bataillon fut envoyé en Vendée (juin), incorporé dans la colonne du général Tribout (7 novembre), qui formée de 2 000 hommes tenta de barrer la route aux Vendéens ayant entamé leur grande marche, dite Virée de Galerne. La colonne fut enfoncée et dispersée par l’armée vendéenne à la bataille de Pontorson (18 novembre). Une partie des rescapés et fuyards fut incorporée dans les rangs de la réserve de Rossignol stationnant à Antrain (10 000 hommes), l’autre combattit de nouveau les Vendéens à Dol (21-23 novembre). Deux divisions, celles de Westermann et de Marceau, forte chacune d’environ 6 000 combattants se heurtèrent en pleine nuit aux Vendéens. La colonne de Marceau mis en déroute les forces de Stofflet qui paniquèrent et reculèrent sur Dol. Le général républicain reçut le renfort de la division du général François Muller. Ce dernier se présenta sur le champ de bataille complètement ivre, ainsi que nombre de ses hommes. Ils semèrent un désordre indescriptible dans les rangs républicains, au moment où les Vendéens s’étant ralliés passèrent à la contre-attaque. Malgré l’arrivée sur le champ de bataille du général Rossignol, général en chef, les troupes de Westermann avaient été battues par les insurgés d’Henri de La Rochejaquelein. Les forces républicaines furent contraintes à la retraite et se replièrent sur Antrain. Cependant, les Vendéens qui n’avaient pas fait mine de poursuivre les bleus, lancèrent une attaque de nuit (vers 22 heures), prirent par surprise les républicains qui dans une déroute mémorable se débandèrent, et rallièrent Rennes. C’est dans cette ville que le bataillon fut encore passé en revue (12 décembre), comprenant seulement 133 hommes sous les drapeaux, 51 détachés à Brest, 313 embarqués sur les navires de la marine, 68 aux hôpitaux et non moins de 186 hommes au sort inconnu depuis la déroute de Dol. La compagnie de grenadiers était quant à elle détachée en Vendée. Il resta en quartier d’hiver dans Rennes.

1794 :

Il assista au « bombardement » d’Angers (26 février)5, puis pris part à la prise de Tiffauges (15 juillet). Il cantonna ensuite à Savenay, avec des détachements à Doué, au Cambou et à Ancenis (26 août). Le conseil d’administration du bataillon informa le département qu’il n’avait plus que 382 hommes sous les drapeaux, dont 176 embarqués, 23 prisonniers de guerre et n’avait pas été recomplété. Il se trouvait toujours à Savenay (11 septembre), avec des détachements à Cholet, aux Sables-d’Olonne, dont 106 hommes à la Barre-des-Monts. Il participa au combats de la Roche-sur-Yon (26 octobre), puis fut attaqué à Saint-Symphorien.

1796 :

Il se trouvait à Saumur depuis quelques mois (12 juin). Ses restes furent envoyés à l’armée d’Italie, atteignant la place de Marseille (21 novembre).

1797 :

Il resta à Marseille jusqu’à son deuxième amalgame.

Embrigadement/amalgame :

2e formation :

Il fut versé dans la 26e demi-brigade de ligne en seconde formation6. Selon Jean Guerniou, cette opération se déroula à Marseille, le 22 septembre 17977. Cette unité fut formée du 2e bataillon de l’Oise, du 4e bataillon des Côtes-du-Nord et d’un bataillon du 17e régiment d’infanterie selon les dires de Jean Guerniou, mais elle regroupa en réalité de nombreux autres formations : formée à Lyon avec la 16e demi-brigade de bataille, le 1er bataillon de la 170e de bataille, renforcée plus tard du 1er bataillon de la 74e de bataille, 3e bataillon de la 7e de bataille (4 mai 1797), 5e bataillon de la Légion de Police Générale (10 mai), 2e bataillon de l’Oise (19 juillet), et donc enfin 4e bataillon des Côtes-du-Nord (22 septembre, à Marseille).

Portraits :

Bonnami, lieutenant-colonel du bataillon à sa formation (25 septembre 1792).

Auguste Chatton, originaire de Lannion, fait prisonnier sur un navire de guerre français, il resta prisonnier pendant 18 mois, mais fut recruté en Angleterre pour servir dans l’armée des émigrés. Il fut débarqué avec elle à Quiberon et se rendit à la première occasion en criant «  Vive la République ! ». Il ne fut pas fusillé de suite, mais jeté en prison à Auray, ce qui lui laissa le temps d’écrire une lettre à Lannion (31 juillet 1795) pour demander une attestation de civisme, alors qu’il attendait de passer en jugement. Selon la loi et les ordres qui furent donnés, un grand nombre d’émigrés furent fusillés après cette expédition manquée8.

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 14.

3 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 14.

4 Journal Militaire de 1793.

5 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 15.

6 Champeaux, État militaire de la République française en l’an douze, p. 152.

7 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 15.

8 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 15.

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