1er bataillon de la Corse

1er bataillon de Corse

1er bataillon de Corse :

Date de formation : selon Belhomme, il fut formé à Bastia dès le 21 juillet 17911. Selon le commandant Dumont, le 6 janvier 17922

Formation :

Il se composait de 550 volontaires des districts de Cervione et La Porta. Il furent rassemblés finalement à Cervione, le 6 janvier 1792. Il furent alors formés en compagnies, elles-mêmes organisées en bataillon.

Historique :

1792 :

Il fut passé en revue sur la terrasse du palais épiscopal de Cervione (10 janvier), par le maréchal de camp Rossi, assisté du commissaire des guerres Raynan, et des commissaires du directoire du département, Messieurs Morati et Carlotti. Il se trouvait sans aucun habillement, ni équipement et seulement armé de 458 fusils. Trois compagnies furent envoyées en garnison à Bastia, le reste du bataillon à Corte. Une mutinerie et « insurrection » éclata à Corte (16 mars), la municipalité demanda le rappel et remplacement des compagnies des capitaines Giovanni, Saliceti et Sébastiani. Dans l’ordre des bataillons de la Corse, il tira son numéro au sort au département (21 juin). Il fut tardivement habillé (août), et les compagnies Sebastiani et Giovanni furent envoyées finalement à Bastia. Il fut de nouveau passé en revue par le lieutenant-général Rossi, à Corte (9 novembre).

1793 :

En janvier, 500 hommes se trouvaient à Nice, le reste à Bastia3. Il comptait déjà un total de 102 déserteurs (avec armes et bagages), dans les compagnies Sébastiani et Ruffini se trouvant à Bastia (7 janvier). Le bataillon fut finalement envoyé en France, débarqua à Toulon, intégra l’armée du Midi.

1794 :

Une partie du 1er bataillon des volontaires corses, sous les ordres du chef de brigade Casalta se trouvait dans la garnison assiégée de Bastia (février)4. Ce qui restait du bataillon, environ 130 hommes, dont un tiers de sous-officiers et officiers, se trouvait à Toulon (juin).

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 104ème demi-brigade de bataille fut formée à Toulon, le 24 août 1794, selon Belhomme, Dumont et Susane. Elle se composait du 2ème bataillon du 52ème régiment d’infanterie, du 1er de la Nièvre et du 1er de la Corse.

2ème formation :

La 104ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 85ème demi-brigade de ligne.

État-major du bataillon à sa formation, revue du 10 janvier 17925 :

État-major :

Antoine-Philippe Casalta, de Cervione, lieutenant-colonel,

Giovanni Giovannoni, quartier-maître trésorier,

Angelo-Matteo Paccioni, 53 ans, adjudant-major,

Santelli, chirurgien-major.

Compagnie de grenadiers : capitaine Antonio-Giacomo Valentini, du canton de Rostino, lieutenant Bartholomeo Vittini, sous-lieutenant Giovanni-Luigi Negroni.

1ère compagnie de La Porta : capitaine Orso-Paolo Capellini-Sébastiani, de Piano, 30 ans, lieutenant Francesco Petrignani, du canton de Casalta, sous-lieutenant Nunzio Natali, originaire de Ficaza, 36 ans.

2e compagnie de La Porta : capitaine Leonardo Tomasi, du canton de Rostino, lieutenant Luccione Pasqualini, sous-lieutenant Carolo-Antonio Girolani.

3e compagnie de La Porta : capitaine Giovanni Saliceti, lieutenant Patrio Don Viterbi, de La Porta, 35 ans, sous-lieutenant Andrea-Giovacchino Marchi.

4e compagnie : capitaine Matteo Sangiovanni, d’Ortiporio, 53 ans, lieutenant Feliciolo Raffaëlli, de La Porta, 38 ans, sous-lieutenant Pietro-Francesco Crocicchia.

5e compagnie de Cervione : capitaine Giovacchino Lepidi, lieutenant Antonio Nicolaï, de Cervione, 28 ans, sous-lieutenant Paolo-Battista Battesti.

6e compagnie de La Porta : capitaine Pietro-Felice Cristofari, du canton d’Orezza, lieutenant Luigi Emanueli, sous-lieutenant Maurizio Paoli, du canton d’Orezza.

7e compagnie de Cervione : capitaine Angelo Ruffini, lieutenant Ippolito Vittini, sous-lieutenant Paolo Paoli.

8e compagnie de Cervione : capitaine Simon-Pietro Santolini, de Cervione, 32 ans, lieutenant Francesco-Saverio Poli, de la Porta, 28 ans, sous-lieutenant Giannilio Luporsi, du canton d’Alezani.

État-major du bataillon au moment de l’amalgame6 :

État-major :

Chef de bataillon Antoine-Philippe Casalta (déjà à ce poste en 1792), chef de bataillon en second L. Giovanni, quartier-maître R. Gavini, adjudant-major Jacquey, chirurgien-major Massoni, adjudant sous-officier Angeli.

Compagnie de grenadiers : capitaine P. J. Cottoni, lieutenant A. F. Giadicenti, sous-lieutenant A. P. Riotacci.

1ère compagnie : capitaine O. P. S. Capellini, lieutenant N. Natali, sous-lieutenant L. Bastiani.

2e compagnie : capitaine J. S. Porta, lieutenant A. M. Gianettini.

3e compagnie : capitaine Patrio Don Viterbi (lieutenant en 1792), lieutenant F. X. Ventura, sous-lieutenant L. A. Viterbi.

4e compagnie : capitaine Matteo Sangiovanni (déjà à ce poste en 1792), lieutenant Feliciolo Raffaëlli (déjà à ce poste en 1792), sous-lieutenant P. D. Pelse.

5e compagnie : capitaine J. C. Pompeï, lieutenant Antonio Nicolaï (déjà à ce poste en 1792), sous-lieutenant A. Casbianca.

6e compagnie : lieutenant Maurizio Paoli (sous-lieutenant en 1792), sous-lieutenant J. A. Gavini.

7e compagnie : capitaine J. Ambrosi.

8e compagnie : capitaine Simon-Pietro Santolini (déjà à ce poste en 1792), lieutenant Francesco-Saverio Poli (déjà à ce poste en 1792).

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Portraits :

Antoine-Philippe Casalta, dit Darius, né le 9 février 1759, à San Guiliano (Corso). Organisa les milices à Bastia (10 janvier 1792) fut élu lieutenant-colonel en 1er du 1er bataillon des volontaires corses, provenant en majorité des districts de Cervione et de la Porta. Blessé 10 fois à l’affaire de Biguglia (28 octobre 1793), et nommé au grade de général de brigade par le représentant du peuple à l’Armée. Il s’illustra à la défense de Bastia par les forces de la République (avril 1794), qui capitula (22 mai). A son débarquement en France, il fut envoyé à l’Armée d’Italie, de nouveau nommé général de brigade, confirmé par le Comité de Salut Public (13 juin 1795). Il s’illustra sous les ordres de Masséna à la bataille de Loano (23 novembre 1795), où il fut de nouveau blessé. Il reçut l’ordre de reprendre pied en Corse, occupée par les Anglais et des rebelles, il s’embarqua avec la 28e division de gendarmerie nationale. Il débarqua (18 octobre), il marcha sur Bastia qu’il attaqua renforcé de nombreux patriotes corses (20 octobre). La garnison anglaise dut capituler (900 prisonniers). Il s’empara bientôt de Saint-Florent et de Bonifacio (21 octobre), faisant de nouveau de nombreux prisonniers. Toute la Corse tomba bientôt aux mains des Français. Affecté à la tête de la subdivision de Corte (octobre 1797), il combattit les insurgés de la Crocetta, dans la région d’Orezza. Employé à l’armée d’Italie (1798-1802). Il fut nommé au commandement du département des forces du département du Golo (1802-1805). Chevalier et officier de la Légion d’honneur (11 décembre 1803), commandant de la Légion d’honneur (14 juin 1804). Il obtînt sa retraite (1805 ou 1811). Puis fut réintégré à un commandement en Corse (1813) devant la pénurie d’officier après la campagne de Russie. En poste jusqu’en septembre 1814, il rallia l’Empereur aux Cent Jours (1815), prenant la tête des forces du camp de Bastia, il fut nommé membre de la Junte d’administration locale. Il dut quitter cette fonction à la Restauration et ne joua plus aucun rôle. Il mourut à Cervione, le 16 décembre 18467.

Article de Laurent Brayard, iconographie Didier Davin

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires, 1791, p. 67.

3 Journal militaire de 1793.

4 Tradition magazine n° 270, La campagne militaire en Corse 1794, Natalia Griffon De Pleineville.

5 Commndant Dumont, Les bataillons de volontaires, 1791, p. 66.

6 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires, 1791, p. 67

7 La Corse militaire P. Albertini et G. Rivollet, Éditions Peyronnet, 1959.

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