1er bataillon de l’Ariège

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon de l’Ariège :

 

Date de formation : Il fut formé selon Belhomme, le 15 septembre 1791[1].

Le commandant Dumont dément formellement l’information, si le bataillon fut bel et bien un bataillon de la levée de 1791, il ne fut formé qu’au début de janvier, avant le 15, en 1792[2].

D’après les archives départementales (bulletin de la société ariègeoise des sciences, lettres et arts 1912), le bataillon fut formé à Foix, le 5 janvier 1792, lieutenant-colonel en premier Cayrol.

Historique :

1792 :

Il était composé de 571 volontaires des districts de Mirepoix et de Tarascon. Ils furent rassemblés à Foix au début de janvier, et formés en compagnies et bataillons. Ils furent passés en revue le 15 janvier, dans la plaine de Villehante, par le commissaire des guerres Pomiès, alors qu’il était dépourvu d’habillement, d’équipement et même d’armes.

Il fut affecté à l’armée du Midi et dirigé sur Montlouis où il s’installa le 7 juin, plaçant des détachements à Villefranche (trois compagnies), et à Prades (une compagnie). Il quitta ses cantonnements du 27 au 29 juin, pour se rendre à Collioure avec sept compagnies, et à Bellegarde avec deux compagnies. Le 1er bataillon de l’Ariège fut envoyé dans le département de l’Ardèche en juillet. Il partit le 25 juillet, passa par Narbonne et Pont-Saint-Esprit pour aller occuper Viviers, qu’il atteignit le 9 août, détachant le 10, quatre compagnies à Aubenas. Il se trouvait toujours dans cette position à la date du 19 août. Début juillet, le comte de Saillans avec 600 insurgés royalistes avait tenté une opération contre le château de Banne (camp de Jalès). Il participa aux opérations de maintien de l’ordre.

Il entra alors dans les rangs de l’armée des Alpes. Au mois d’octobre, il fit mouvement pour se rendre dans le département de l’Ain, où il stationna à Bourg le 29 novembre, passant une partie de l’hiver sur place.

1793 :

En janvier, le bataillon était à Ferney-Voltaire, à l’armée des Alpes. Le 11 janvier, il était à Valence, puis au camp de Chambéry, le 15 avril. Il passa une revue extraordinaire le 7 mai, au camp de Bois-Plan, revue passée par l’adjudant-général Doyen. Il comprenait alors un effectif de 791 hommes. Le 15 mai, il reçut l’apport de 110 recrues du district de La Tour-du-Pin, et 80 de diverses provenances. Ses grenadiers furent détachés à Bramant et ses 22 pionniers à Modane.

Il était à Mâcon le 15 août, probablement à cause de l’insurrection lyonnaise, puis une fois la capitale des Gaules reprise sur les insurgés, il fut envoyé à l’armée des Pyrénées-Orientales. Il se constitua une compagnie de canonniers à Montpellier, le 18 novembre, capitaine Stoos, lieutenant Courrent et sous-lieutenant Raynaud-Lafrance. Le 28 novembre, il reçut l’apport de 95 réquisitionnaires de l’Aveyron et du Cantal.

1794 :

Le 11 janvier, il était au Soler, puis en février et mars à Sainte-Colombe, où il entra le 27 mars en campagne, division de droite, du général Augereau. Le 19 avril, le bataillon servait à l’armée des Pyrénées-Orientales dans la division de droite au Mas Deu[3]. Il prit part au combat d’Oms, le 29 avril, puis à l’enlèvement de la fonderie de San-Llorens, le 6 mai. Il servit ensuite au combat du 26 mai, puis à l’affaire de Bellver, le 26 juin, où deux compagnies d’élites défendirent Montarros. Il passa le mois de juillet au camp de la Terrade, puis se battit de nouveau le 13 août, à la bataille de San-Llorens-de-la-Muga. Il fut maintenu en septembre et en octobre au camp du centre, près de Darnius, avec un effectif réduit à 376 hommes.

En novembre, il faisait partie de la brigade Robert  avec le 2ème bataillon du 70ème régiment d’infanterie, le 5ème de la Haute-Garonne, le 3ème de la Haute-Vienne, le 1er de l’Ariège, le 4ème du Lot, le 1er du Gers, le 2ème de la Montagne, le 1er des chasseurs du Vaucluse, et le 1er des Alpes-Maritimes[4]. Il prit part aux batailles des lignes de Figuera, les 17 et 20 novembre, attaque de droite sous le général Augereau, et assista à la capitulation de Figuera, le 28 novembre. Il occupa ses cantonnements d’hiver avec le 1er bataillon du Gers, au Mas-d’Ancère, où le 30 décembre, il faisait partie de la division du général Pérignon.

1795 :

Le 4 janvier, il était au fort de Figuera, comprenant un effectif de 399 hommes. Le 18 février à Jonchères[5] ou à Mas-d’Ancère[6], il reçut l’apport du 7ème bataillon de l’Ariège versé dans ses rangs. En avril, il faisait toujours partie de la garnison de Figuera, où il demeura jusqu’à la paix avec l’Espagne. Le 22 juin, il envoya du fort son registre de contrôle au Ministère de la Guerre, puis fut embrigadé en juillet et dirigé vers l’armée d’Italie.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 1ère demi-brigade provisoire autre fut formée le 1er juillet 1795, selon Belhomme[7], le 17 février 1796, selon le commandant Dumont[8]. Elle se composait du 1er bataillon de l’Ariège, du 7ème de Haute-Garonne et du 9ème de la Drôme.

2ème formation :

Le 18 mars 1796, il fut amalgamé dans la 25ème demi-brigade de ligne.

État des cadres à la formation du bataillon, revue du 15 janvier 1792[9] :

Lieutenant-colonel Jean-Antoine Cairol dit Bailladel, de Mirepoix, 53 ans,

Lieutenant-colonel en second Jean-Jacques Méric-Acoquat, originaire de Foix, 55 ans,

Quartier-maître trésorier Joseph-Pierre Lacombe, de Foix, 24 ans,

Adjudant-major Vincent Bribes de Foix, 23 ans,

Adjudant sous-officier Bonnal de Toulouse, 28 ans,

Chirurgien-major Du Soulier de Mirepoix, 38 ans.

Compagnie de grenadiers :

Capitaine Jean-Pierre Lacaze de Tarascon, 39 ans, lieutenant Jean Peyres de Camarade, 22 ans, sous-lieutenant Pierre-Thomas Vidal  de Foix, 19 ans.

1ère compagnie : du Mas-d’Azil

Capitaine Pierre Raynaud du Mas-d’Azil, 20 ans, lieutenant Charles Peyrat du Mas-d’Azil, 26 ans, sous-lieutenant Raymond Redon du Mas-d’Azil, 22 ans.

2ème compagnie : de Montferrier

Capitaine Jean-Baptiste Rouzaud de Montferrier, 41 ans, lieutenant Philippe Viviès de Villeneuve, 25 ans, sous-lieutenant Joseph Rouzaud de Montferrier, 21 ans.

3ème compagnie : du Mas-d’Azil

Capitaine Jacques Gardel des Bordes, 54 ans, lieutenant François Massot des Bordes, 40 ans, sous-lieutenant Henry D’Amboix du Mas-d’Azil, 17 ans.

4ème compagnie : de Varilhes

Capitaine Delmas cadet, de Verniolle, 24 ans, lieutenant David Dangeroux de Dalou, 30 ans, sous-lieutenant Joseph Ville de Varilhes 24 ans.

5ème compagnie : de Saint-Paul-de-Jarrat

Capitaine Joseph Delmas de Verniolle, 26 ans, lieutenant Joseph Deramond-Leichert de Saint-Paul-de-Jarrat, 27 ans, sous-lieutenant Joseph Barrière de Montgaillard, 30 ans.

6ème compagnie : de Lavelanet

Capitaine Jacques Fouquerquie de Lavelanet, 22 ans, lieutenant Jean-Pierre Delorme d’Unzent, 36 ans, sous-lieutenant Jean-Pierre Darnaud de Lavelanet, 23 ans.

7ème compagnie : de Foix

Capitaine Jean-Voluzien Fauré de Foix, 29 ans, lieutenant Jean-Germain Caralp de Prayols 31 ans, sous-lieutenant Jean-François Pauly, de Foix, 22 ans.

8ème compagnie : de Tarascon

Capitaine Barthélemy Tignol de Caussou, 26 ans, lieutenant Antoine Loubat des Cabannes, 26 ans, sous-lieutenant Justin Laffite de Saurat, 20 ans.

État des cadres au moment de l’amalgame, en 1796[10] :

Chef de bataillon Vincent Bribes (adjudant-major en 1792),

Quartier-maître trésorier non connu,

Adjudant-major Justin Lafitte (sous-lieutenant à la 8ème compagnie en 1792),

Chirurgien-major non connu,

Adjudant sous-officier J. Madron.

Compagnie de grenadiers : capitaine J. Rouan, lieutenant Jean Peyres (déjà à ce poste en 1792), sous-lieutenant P. Fustiès.

1ère compagnie : capitaine Pierre Raynaud (déjà ce poste en 1792), lieutenant P. M. Laville, sous-lieutenant J. P. Raynaud.

2ème compagnie : capitaine Philippe Viviès (lieutenant dans la compagnie en 1792), lieutenant A. Bourgès, sous-lieutenant V. Bastide.

3ème compagnie : capitaine Antoine Loubat (lieutenant à la 8ème compagnie en 1792), lieutenant Joseph Ville (Sous-lieutenant à la 4ème compagnie en 1792), sous-lieutenant P. Gonthier.

4ème compagnie : capitaine Jean-Germain Caralp (lieutenant à la 7ème compagnie en 1792), lieutenant P. Peyrat, sous-lieutenant non connu.

5ème compagnie : capitaine Joseph Deramond (lieutenant dans la compagnie en 1792), lieutenant J. L. Delpy, sous-lieutenant J. J. Ruffat.

6ème compagnie : capitaine Jean-Pierre Delorme (lieutenant dans la compagnie en 1792), lieutenant Pierre-Thomas Vidal (sous-lieutenant à la compagnie de grenadiers en 1792), sous-lieutenant B. Salva.

7ème compagnie : capitaine Jean-Voluzien Fauré (déjà à ce poste en 1792), lieutenant Jean-François Pauly (déjà à ce poste en 1792), sous-lieutenant non connu.

8ème compagnie : capitaine Barthélemy Tignol (déjà à ce poste en 1792), lieutenant G. Claustres, sous-lieutenant J. Pons.  

 

Portraits :

Justin Lafitte, né le 4 juin 1772, à Saurat, Ariège. Chasseur à cheval au 4e régiment (8 septembre 1787), sous-lieutenant au 1er bataillon de l’Ariège (15 janvier 1792), adjudant-major (13 mars 1793), passa à la 25e demi-brigade de ligne, adjoint à l’adjudant-général Bribes, armée d’Orient (16 thermidor an VI), chef d’escadrons (29 ventôse an VIII), passa au 1er régiment de dragons (2 prairial an VIII), 3e chef d’escadron au 12e régiment de dragons (19 vendémiaire an X), major au 20e régiment de dragons (6 brumaire an XII), colonel du 18e de dragons (20 septembre 1806), général de brigade (1er octobre 1813). Blessé d’un coup de feu et fait prisonnier sur le champ de bataille de Rivoli (27 brumaire an V), blessé devant Ramanieh, en Egypte dans une affaire contre les Arabes (5 fructidor an VI)[11].

 

Pierre Raynaud, né le 13 avril 1772, au Mas d’Azil dans l’Ariège. Entra comme sous-lieutenant au 1er bataillon de l’Ariège (15 janvier 1792), capitaine au 25e d’infanterie (22 janvier),  capitaine aide-de-camp du général Lanusse (21 brumaire an 8), aide-de-camp chef de bataillon (an 9 et 10), chef de bataillon chargé des détails de la 69ème demi-brigade de ligne (29 ventôse an 10), chef de bataillon au 67ème d’infanterie de ligne (4 pluviôse an 12), major au 27e de ligne (7 avril 1809), colonel du 152e régiment d’infanterie de ligne (16 janvier 1813), membre de la Légion d’honneur (3 messidor an 12). Il fit la campagne des Alpes et le siège de Toulon (1792 et 1793). Il servit sur les Pyrénées-Orientales et en Italie (entre 1794 et 1796). Il servit en Egypte de 1798 à 1806 (camp volant d’Alexandrie en l’an 13 et 14). Revenu en France, il servit à la Grande Armée (1807 à 1808), fit la campagne d’Allemagne (1809), servit à l’armée des Côtes (1812), durant la campagne de Saxe (1813) et la campagne de France (1814). Il eut deux chevaux tués sous lui, le premier d’un boulet au siège de Toulon, le deuxième le 22 ventôse an 9, alors qu’il était aide-de-camp et chargeait les troupes anglaises avec le 22e régiment de chasseurs à cheval, devant le camp retranché des Romains en Egypte. Il s’illustra en Egypte en traversant la ligne anglaise pour reconnaître les positions ennemies et a eu son cheval traversé par une balle durant cette action héroïque. Il fut fait prisonnier de guerre le 12 thermidor an IV et le 13 brumaire an V et se distingua tout particulièrement à l’affaire de Neumark, à l’armée d’Allemagne en 1809. Il eut encore un cheval tué sous lui, à la bataille de Lowenberg (19 août 1813). Il fut blessé d’un coup de feu à la main gauche à la bataille de Leipzig (16 octobre). Il passa à la suite du 18e de ligne (16 juillet 1814). Son nom figure comme capitaine dans les tables de la gloire de l’armée d’Orient, liste dressée par ordre du gouvernement : « de tous les guerriers qui, sans verser leur sang pour la patrie, contribuèrent par une conduite héroïque ou de brillants services aux triomphes de l’armée d’Orient. Le 16 mai 1799, le capitaine Raynaud, à la tête de 200 hommes se distingua près d’Assouan dans un combat contre les Mamelouks. Sur le piédestal de la statue de Kléber, mort victime du devoir en commandant l’aarmée d’Egypte, figure le nom du capitaine Raynaud, au nombre de ceux des compagnons d’armes du fameux guerrier qui s’illustrèrent dans la lutte en secondant ses efforts »[12].

Article de Laurent B.

sehri

[1] Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tome 3 et 4.

[2] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 35.

[3] Chuquet, Dugommier.

[4] Chuquet, Dugommier.

[5] Selon Belhomme, déjà cité.

[6] Selon le commandant Dumont, déjà cité, p. 35.

[7] Belhomme, déjà cité.

[8] Commandant Dumont, déjà cité, p. 35.

[9] Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 34.

[10] Commandant Dumont, déjà cité,  p. 35.

[11] F. Cuel, Historique du 18e régiment de dragons, p. 162.

[12] Historique du 152e d’infanterie, 1893, pages 183 à 185.

Publicités