Bataillons de la Garde nationale de Charente-Inférieure

gardes-nationales-en-vendee

Bataillon de la Garde nationale de Pons :

Date de réquisition : printemps 1793 ?

Historique:

Nous découvrons un détachement de cette unité, le 4 avril 1793, dans les rangs de la division des Sables-d’Olonne, fort de 4 officiers et 49 hommes (4 avril 1793)1.

sehri

Garde nationale de l’Île de Ré :

Date de réquisition : printemps 1793 ?

Historique :

Le port de pêche des Sables-d’Olonne échappa au contrôle des insurgés vendéens et résista victorieusement à plusieurs attaques. Le conventionnel Gaudin commandait une force hétéroclite pour la défendre, dont le bataillon de l’Île de Ré commandé par le colonel Foucault fort de 500 hommes. Après une sortie le 21 mars, pour tenter de disperser les insurgés, les défenseurs s’apprêtèrent à recevoir un assaut en règle. Le 24 mars, l’armée vendéenne se présenta devant la ville, elle était forte de 6 000 à 15 000 hommes selon les sources. Elle était commandée par Joly, Du Chaffault, le chevalier de Buor, le chevalier de La Vayrie, Chouppes et Bulkeley, Jean Savin.

Les assiégés décidèrent une sortie avec 500 gardes nationaux, 120 soldats de ligne, 200 cavaliers et 21 canons (beaucoup étaient d’antiques couleuvrines ou pièces d’artillerie sans âge). La rencontre se produisit au lieu-dit La Vénérie. L’armée sablaise dut battre en retraite, poursuivie par les forces de Joly. L’artillerie vendéenne tenta de tirer à boulets rouges sur la ville, mais elle fut mal servie, au contraire de celle des Sablais qui firent des pertes aux lignes vendéennes. Les Vendéens se replièrent sans ordre et abandonnant un combat qu’ils jugaient perdus. Joly ne se découragea pas et sonna un nouveau rassemblement (27 mars). Mais Du Chaffault ne se présenta pas avec les hommes d’Avrillé. A l’inverse, les forces sablaises s’étaient renforcées de 300 Bordelais arrivés par mer dans la bourgade.

Le 28 mars, les Vendéens attaquèrent, tirant à nouveau à boulets rouges sur la ville. Après quatre heures de canonnade sans résultat probant, l’artillerie bleue frappa un fourneau à boulets qui mit le feu à un caisson de poudre vendéenne. L’énorme explosion sidéra les Vendéens. Au nombre de 300, les Sablais firent alors une sortie, ce fut la débandade complète de l’armée du Marais. Joly laissa sur le terrain 300 morts, 100 prisonniers, toute son artillerie, 7 canons et 9 pierriers, un nombre considérable d’armes de toutes sortes. 45 prisonniers furent immédiatement jugés et condamnés à mort. L’exécution ne tarda pas2.

Un détachement de cette Garde nationale servait dans les rangs de la division des Sables-d’Olonne, fort de 5 officiers et 62 hommes (4 avril 1793)3. Plus tard, une compagnie de 110 gardes nationaux de Saint-Martin de Ré fut requise pour le service de la place (1er mai). Elle cessa son service, le 21 décembre 1794. Ses hommes rentrèrent dans leurs foyers.

sehri

Les cinq bataillons de la Rochelle et de Rochefort :

En raison des troubles en Vendée, la légion de la Garde nationale du district Est de La Rochelle fut requise (décembre 1792). Elle se composait de cinq bataillons de gardes nationaux de 800 qui furent employés contre la Vendée, partiellement ou par détachements durant toute la durée de la guerre.

1793 :

Le 15 mars, le général Marcé partit de La Rochelle avec 2 200 gardes nationaux, une centaine de cavaliers et 8 canons. Avec cet effectif ridicule au vu de l’importance de l’insurrection vendéenne, il marcha tout de même à l’aveugle droit sur les insurgés. Il s’empara du Pont-Charrault, sur le Grand Lay (17 mars), et laissa ici une importante force de couverture. Il continua sa marche avec seulement 500 hommes et deux canons. Il s’empara de Chatonnay, après avoir dispersé les bandes de Sapinaud de la Verrie et prit 3 canons, 40 Vendéens furent tués. Enhardi par son succès, il marcha sur Saint-Fulgent, avec environ 2 000 hommes (19 mars). Ils dépassèrent Saint-Vincent-Sterlange. Il stoppa devant les ruisseaux du Petit Lay et de la Petite-Rivière.

Ayant ordonné de rendre opérationnel les ponts coupés par les Vendéens, Marcé vit se profiler une troupe qui au son de la Marseillaise approchait. Il s’agissait en fait des blancs qui chantaient une Marseillaise arrangée. Ils furent fusillés à bout portant et assaillis par les Vendéens. La nuit était sur le point de tombée, un premier bataillon s’affola dans l’obscurité qui tombait, deux autres commencèrent à paniquer et s’enfuirent. Les chefs furent foulés au pied par les fuyards. La débandade fut complète et totale. Environ 500 gardes nationaux furent pour ainsi dire massacrés dans la déroute, les Vendéens perdirent quelques hommes et le chef vendéen Sapinaud de Bois-Huguet. Les bleus laissaient un canon, quelques centaines de fusils, 2 400 cartouches, trois milliers de poudre. La panique fut si grande, que les bleus coururent d’une traite jusqu’à La Rochelle et Niort.

Par la suite, 400 grenadiers de la Garde nationale de la Charente-Inférieure furent requis pour le service de la défense de l’île d’Aix (8 avril). Belhomme indique également la réquisition d’un contingent de six bataillons de la Garde nationale de Rochefort, pour la défense de la place soit 2 550 gardes nationaux (1er septembre). A nouveau, les autorités militaires sollicitèrent les cinq bataillons du district du centre de La Rochelle, soit 4 165 d’après Belhomme (12 décembre). Ils servirent à la défense de la place et à celle des côtes.

1794 :

Ils cessèrent le service dès le 31 janvier.

sehri

8ème bataillon de Garde nationale du district de La Rochelle :

Date de réquisition : décembre 1792.

Historique :

1793 :

Nous venons de lire un résumé de l’histoire des bataillons de Garde Nationale de la Rochelle et de Rochefort, le bataillon sert jusqu’en 1794, dans l’Ouest, particulièrement en Vendée.

Un détachement de cette unité servait dans les rangs de la division des Sables-d’Olonne, fort de 4 officiers et 24 hommes (4 avril)4.

1794 :

En théorie, il cessa son service le 31 janvier, et rentra dans ses foyers.

État-major :

Lieutenant-colonel Meteyer.

Documents :

Le 8ème bataillon de la légion de La Rochelle, se trouvait sous le commandement de Metayer, qui remit un certificat à Jérôme Micas (5 juin 1793), alors que ce dernier, capitaine de grenadier au 9ème de la Gironde s’emparait du poste de Saint-Jean de Mont et repoussait puis poursuivait les insurgés en déroute.

« Je soussigné certifie que le citoyen Micas capitaine de grenadiers du 9ème bataillon de la Gironde que le 21 mai 1793, je suis parti de Saint-Gilles sur Vie, district de Chalonnes en Vendée pour chasser les brigands de Saint-Jean de Mont, ayant avec moi des officiers de la garnison pour faire le service de la Cavalerie, ce qui eut lieu, arrivé à la distance de Saint-Jean du Mont d’un quart de lieue, je fis faire halte à mon détachement composé de trente et un garde nationaux et vingt-quatre cavaliers à qui j’ai donné l’ordre qui seroit que je forcerois les brigands au pas de charge et que le Capitaine Minas m’accompagnerait, que la cavalerie se rendroit par des chemins couverts et entourerait Saint-Jean du Mont, et qu’ils ne laisseroient sortir personne autant que se faire pourroit, je continuais ma route, arrivé je me mis à la tête de mon infanterie ayant à ma gauche le dit Minas qu’en forçant l’ennemi au pas de charge, se sauva dans les marais à la faveur de longs batons ce qui nous a empêché de les poursuivre, ledit Minas s’emportant à son courage, poursuivit les brigands, et tira à coups de pistolet dessus les brigands qui ne firent aucune résistance comme on cherchoit à ma connoissance de le perdre, un officier du dit bataillon dit aux dits chefs qu’il avoit tiré sur des pigeons ce qui est très faux, ne m’ayant pas quitté que pour se porter sur l’ennemi de la République, de rentrer comme l’ordre avoit été donné, ce que je certifie sincère et véritable pour lui servirà valoir ce que de raison, à Challans, ce 5 juin 1793, le commandant du 8ème bataillon de la légion de la Rochelle, signé Meteyer »5.

sehri

Article de Laurent Brayard

1 Chassin, Études documentaires sur la Révolution Française, La Vendée Patriote, tome 1.

2 Émile Gabory, La Révolution en Vendée.

3 Chassin, Études documentaires sur la Révolution Française, La Vendée Patriote, tome 1.

4 Chassin, Études documentaires sur la Révolution Française, La Vendée Patriote, tome 1.

5 Base Leonore.

Publicités