Bataillons de grenadiers de la Côte d’Or

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Bataillons des grenadiers de la Côte d’Or :

Date de formation : il existe un grand mystère au niveau des différents 6ème bataillons de la Côte d’Or, et des bataillons de grenadiers. Les auteurs anciens et actuels ayant été vite en besogne, et les vérifications avancées n’ayant pas été faites pour l’instant, nous devons dire à nos lecteurs de rester prudent quant à ce que nous avons relevé nous-mêmes et ce que d’autres auteurs peuvent en dire. Nous relevons l’existence donc de :

  1. Au moins deux 6ème bataillons de la Côte d’Or, 6ème, 6ème bis, parfois 6ème autre ce qui pourrait vouloir dire qu’ils furent trois.

  2. Nous relevons au moins deux bataillons de grenadiers de la Côte d’Or, le 1er et le 2ème bataillons tous les deux aussi dénommés 6ème. Mais parfois la dénomination simple de bataillon des grenadiers de la Côte d’Or apparaît.

Personne en l’état ne peut avec certitude faire le jour dans cette histoire, nous savons qu’un bataillon a servi en Vendée, qu’il ne fut pas amalgamé en 1ère formation et fut versé dans la 13ème légère en 2ème formation. Un autre fut amalgamé dans la 200ème bis ou 20ème Ter légère de 1ère formation. Ce bataillon passa ensuite dans la 18e demi-brigade légère de seconde formation1. Nous trouvons traces d’actions de « ces » bataillons dans l’Armée des Alpes, à l’Armée du Nord durant l’année 1793, toutes ces dates sont très rapprochées.

Nous ne pouvons dire pour l’instant s’il s’agit du 1er ou du 2ème bataillon, nous retrouvons un bataillon de grenadiers de la Côte d’Or dans l’armée des Alpes dans la 2ème division du général Dours aux alentours de Chambéry en décembre 1793. Il comprenait 290 hommes. Il a 19 hommes en congé et 75 hommes aux hôpitaux. C’est une des traces que nous découvrons. Ce bataillon de grenadiers avait fourni des volontaires dans un bataillon de grenadiers réunis des Alpes :

« Jugement rendu par le tribunal criminel militaire de l’armée des Alpes, du 24 messidor an III, qui condamne Joseph Gerin, Benoit Burniquat, Jean Moly, grenadiers du 9e bataillon de l’Isère, Claude Corniot, Denis Maquaire grenadiers au 1er bataillon du 23e d’infanterie, Jean Roger, Joseph Micout, Georges Lefol, Jean Begrand, Jacques Deschamps, Nicolas Bouhin, Sébastien Olivier et Claude Decombert grenadiers au 6e bataillon de la Côte d’Or, tous incorporés dans le 1er bataillon des grenadiers de l’armée des Alpes, à 5 ans de fer, pour avoir déserté du poste de la Grand-Croix, le 30 prairial dernier dans l’intérieur de la République avec bagages et partie avec leurs sabres2.

Joseph Gerin, natif de Lyon, 23 ans, charpentier,

Jean Roger, natif de Villecomte, Is-sur-Tille, 23 ans, cultivateur,

Joseph Micout, natif d’Auxonne, 20 ans, sans état,

Jean Molly, natif de Traipt district de Latour-du-Pin, 22 ans, laboureur,

Jean Begrand, natif de Bergeman-d’Aussain, district de Saint-Jean-de-Losne, 23 ans, laboureur,

Nicolas Bouhin, natif de Turcay, district de Semur, 24 ans, cultivateur,

Claude Corniot, natif de Villerretin district de Saint-Jean-de-Losne, 25 ans, cultivateur,

Jacques Deschamps, natif de Moilloix district d’Is-sur-Tille, 22 ans, charbonnier,

Sébastien Olivier, natif d’Arnay-Suratoux même district, 21 ans, cultivateur,

Denis Maquaire, natif de Pont district de Saint-Jean-de-Losne, 23 ans, laboureur,

Georges Lefol, natif de Bligny, district d’Is-sur-Tille, 27 ans, cultivateur,

Claude Decombert, natif de Glanau, district de Saint-Jean-de-Losne, 28 ans, cultivateur »3.

La version pour l’instant officielle et reprise par les auteurs anciens, c’est qu’il y a des traces de cinq bataillons supposés différents, mais il ne serait en définitive que deux. Nous avons le sentiment, mais c’est uniquement une hypothèse, qu’il pourrait avoir été trois, même quatre. L’affaire reste opaque.

sehri

Article de Laurent Brayard

1 Champeaux, État militaire de la République française en l’an douze, p. 152.

2 Ce qui aggravait la désertion en ajoutant un crime de droit de commun, le vol considéré comme beaucoup plus grave que la désertion, d’ailleurs non punie de mort. Le vol était puni des galères.

3 Archives départementales de la Côte d’Or, série L, L 931.

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