2e bataillon des Côtes-du-Nord

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2ème bataillon des Côtes-du-Nord :

Date de formation : selon Belhomme, il fut formé le 1er mai 17921. La date est confirmée par le commandant Dumont2. Jean Guerniou confirme également en indiquant que c’est la date officielle de formation pour le ministère de la Guerre3.

Formation :

Le bataillon avait pour noyau la 2e compagnie des volontaires de Saint-Brieuc, dite de Quintin, qui fut formée dès le 24 août 1791. Cependant, après l’organisation du bataillon, elle resta en excédent et indépendante4. La formation du bataillon s’éternisa, faute de ressources et probablement aussi de volonté, il fut finalement constituée incomplet le 25 février 1792, les compagnies furent dispersées dans le département pour recruter elles-mêmes des hommes pour arriver à leur complet. Contrairement à la coutume de recruter et conserver des compagnies des mêmes localités (districts, cantons ou même localités), celles du bataillon furent alors hétéroclites et non homogènes5. Il comprenait à sa formation un faible effectif de 367 volontaires au lieu des 574 prévus pour son complet.

Historique :

1792 :

Les compagnies furent dispersées pour dans divers districts du département (19 avril), puis finalement rassemblées à Saint-Brieuc (29 avril), et organisées en bataillon (30 avril). Il fut passé en revue par le maréchal de camp de Canclaux, du commissaire des guerres Buisson, et des commissaires du département Corvoisier et Raffray. Il aurait dû rester en garnison à Guigamp, mais ordre lui fut donné de rejoindre l’armée du Nord. Il se mit en route pour Cambrai (18 mai), mais n’ayant ni habits, ni équipements et toujours incomplet. Son armement était également insuffisant, soit seulement 25 fusils par compagnie, il était alors hors d’état de combattre. Il reçut son drapeau tardivement (17 juillet), se mettant en route pour Lamballe et Broons (18 juillet), devant rejoindre l’armée du Rhin. Il passa par Nancy (21 août), marchant sur Blamont et tenir garnison à Landau. Il détacha sa compagnie de grenadiers et 115 fusiliers à Wissembourg (septembre). Il fut passé en revue ne comptant que 496 hommes (14 octobre) et prit ses quartiers d’hiver.

1793 :

En janvier, il se trouvait à Landau6, servant à l’armée du Rhin du général de Custine, ayant reçu deux renforts pour son complet à 800 hommes, sans arriver à l’atteindre. Il fut complété par différents contingents de réquisitionnaires de plusieurs départements, de la Haute-Marne, du Cher, de l’Allier et du Haut-Rhin (mai). Sa compagnie de grenadiers qui servit durant le siège de Mayence, fut envoyée combattre en Vendée (août-septembre). Il fut encore renforcé de recrues de la Haute-Marne (21 août). Une lettre du chef de bataillon Négrier informa le département de la proximité de l’ennemi de la place de Landau, de l’approche du froid mais du fait qu’un nouvel habillement leur avait été fourni (23 septembre)7. L’effectif du bataillon n’était que de 465 hommes, Négrier demanda alors au département de lui envoyer d’autres hommes. Il signala également qu’un volontaire du bataillon ayant été pris à voler au jeu un de ses camarades, il avait été arrêté, jugé et devait être pendu.

1794 :

Il quitta Landau (février), se trouvant à Beghausen (21 février-7 avril). Il fut complété de recrues de la levée en masse, notamment par 283 réquisitionnèrent de Saint-Yrieix8 (23 avril). Il détacha 200 hommes à Kinsbach, 300 à Landstühl, 100 à Hauptstühl, 200 à Brückenmühl et 28 à Vogelbach, aux ordres du général Desbureaux (10 mai). Il fut très éprouvé à la retraite du 23 mai, perdant de nombreux hommes et tous ses bagages. Il fut de nouveau renforcé par l’apport de 223 réquisitionnaires de Broons et de Saint-Brieuc (2 au 8 juin). Il passa une revue d’incorporation à Schweyen (4 juillet), servant à l’armée de Moselle, division Ambert, 680 présents (18 juillet)9. Il cantonnait à Hornbach au camp près de Trèves (fin juillet), puis forma l’avant-garde du général Collaud (1er septembre), servant au siège de Mayence ((novembre).

1795 :

Il resta en garnison sur le Rhin, cantonnant à Berghausen, division Ferino, puis Delmas (3 février), en garnison à Spire (avril et mai), envoyé de nouveau au siège de Mayence. Il fut passé en revue à Gonsenheim devant Mayence, par le général Schauenbourg, comprenant 491 hommes (19 juin). Il comportait 350 hommes aux hôpitaux et 12 prisonniers10.

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 182ème demi-brigade de bataille fut formée le 19 juin 1795, à Mayence, selon Belhomme, le commandant Dumont11 et Susane. Elle se composait du 2ème bataillon du 103ème, du 2ème des Côtes-du-Nord, et du 7ème du Bas-Rhin.

2ème formation :

Le 20 février 1796, la 182ème de bataille devint à l’armée de Rhin et Moselle, la 68ème demi-brigade de ligne.

État-major du bataillon à sa formation :

Lieutenant-colonel Jean Négrier, de Guigamp, 55 ans, chevalier de Saint-Louis,

Lieutenant-colonel en second Marie-Pierre Maurille de Boulard, de Paris, 51 ans,

Quartier-maître trésorier Jossé-François Jamin, de Dinan, 23 ans,

Adjudant-major Joseph Fouriguère, de Betcave dans le Gers, 51 ans,

Adjudant sous-officier Pierre Jouguelas, de Saint-Gervais dans le Tarn, 63 ans,

Chirurgien-major Jean Dupont, de Dinan, 26 ans.

Compagnie de grenadiers : capitaine Augustin Dumouchel, de Saint-Clair-sur-Epte dans la Seine-et-Oise, 31 ans, lieutenant Pierre Moutier de Caen, 37 ans, sous-lieutenant Hippolyte Dupont de Dol, dans l’Ille-et-Vilaine, 23 ans.

1ère compagnie (de Dinan) : capitaine Jean-Thomas Le Roux, du Quiou, 21 ans, lieutenant André Bognet, de Dinan, 24 ans, sous-lieutenant Aytel, de Valle, en Corse, 40 ans.

2e compagnie (de Saint-Brieuc) : capitaine Joseph Leclerc dit Grandchamp, d’Épinal, 23 ans, lieutenant Charles Bienvenue, de Saint-Malo, 23 ans, sous-lieutenant Laurent Poulain de Corbion, de Saint-Brieuc, 18 ans.

3e compagnie (de Dinan) : capitaine Joseph Le Masson, de Dinan, 32 ans, lieutenant Pierre-François Lejeune, de Corseul, 22 ans, sous-lieutenant Jean Chambon, de Dinan, 36 ans.

4e compagnie (de Lamballe et Loudéac) : capitaine Jean-Germain Bernard, de Ploeuc, 30 ans, lieutenant Jean-Louis Duclos, de Louviers dans l’Eure-et-Loir, 35 ans, sous-lieutenant Louis-Olivier Glais, de Ploeuc, 28 ans.

5e compagnie (1ère de Rostrenen), capitaine Claude-Marie Gueno, de Kerien, 19 ans, lieutenant Nicolas Guesnier, de Rostrenen, 19 ans, sous-lieutenant Jean-Gabriel Lepape, de Rostrenen, 17 ans.

6e compagnie (de Guigamp) : capitaine Louis-Marie Le Bouetté, de Guigamp, 23 ans, lieutenant Étienne Rolland, de Tréguier, 24 ans, sous-lieutenant Louis Goguelin, de Montcontour, 23 ans.

7e compagnie (de Saint-Brieuc) : capitaine Louis-Marie Champion, de Quintin, 29 ans, lieutenant Hippolyte Belhomme, de Quintin, 20 ans, sous-lieutenant Jacques Mazurier, de Landeleau, Finistère, 27 ans.

8e compagnie (2e de Rostrenen) : capitaine François-Julien Le Cudennec, de Rostrenen, 27 ans, lieutenant Hubert Gaultier, de Josselin, 27 ans, sous-lieutenant Yves-Joseph Desjards, de Pestivien, 26 ans.

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État des cadres au moment de l’amalgame12 :

Chef de bataillon P. J. Forty, quartier-maître trésorier F. Préaux, adjudant-major Hubert Gaultier (lieutenant en 1792), adjudant sous-lieutenant Chevaliard.

Compagnie de grenadiers : capitaine André Bognet (lieutenant en 1792), lieutenant H. Dupont, sous-lieutenant Membré.

1ère compagnie : capitaine Jean-Louis Duclos (lieutenant en 1792), lieutenant Jean-Gabriel Lepape (sous-lieutenant en 1792), sous-lieutenance vacante.

2e compagnie : capitaine J. Granchamp, lieutenant P. Jouguelas, sous-lieutenant F. Davy.

3e compagnie : capitaine Joseph Le Masson (déjà à ce poste en 1792), lieutenant Pierre-François Lejeune (déjà à ce poste en 1792), sous-lieutenant L. Boucquain.

4e compagnie : capitaine Yves-Joseph Desjards (sous-lieutenant en 1792), lieutenance vacante, sous-lieutenant G. Fetois.

5e compagnie : capitaine P. Davy, lieutenant Jean Chambon (sous-lieutenant en 1792), sous-lieutenant G. M. Morand.

6e compagnie : capitaine Jacques Mazurier (sous-lieutenant en 1792), lieutenant Étienne Rolland (déjà à ce poste en 1792), sous-lieutenant J. Cozig.

7e compagnie : capitaine Louis-Marie Champion (déjà à ce poste en 1792), lieutenant Louis Goguelin (déjà lieutenant en 1792), sous-lieutenant J. M. Bellebon.

8e compagnie : capitaine J. C. Sassart, lieutenant J. C. Clément, sous-lieutenant P. J. Corbin.

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires de 1791, p. 80.

3 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 9.

4 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires de 1791, p. 81.

5 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 9.

6 Journal Militaire de 1793.

7 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 10.

8 Il existe différentes communes de ce nom, deux dans la Haute-Vienne, une dans la Charente, une dans la Corrèze et enfin deux dans la Creuse.

9 Jeanneney, Glorieux passé d’un régiment, 1562-1899, page 113.

10 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 9.

11 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires de 1791, p. 81.

12 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires de 1791, p. 81.

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