Creuse

bataillon-de-volontaires-nationaux

Bataillons de la Creuse :

Levée de 1791 :

1er bataillon de la Creuse, formé le 13 octobre 1791.

Levée de 1792 :

2e bataillon de la Creuse formé le 21 septembre 1792.

Bataillons de réquisition du département de la Creuse :

La Creuse est censée fournir 7 bataillons de réquisitionnaires destinés à l’Armée des Alpes. Elle en fournit au moins un, peut-être d’autres, les districts étaient les suivants : La Souterraine, Guéret, Boussac, Evaux, Felletin, Bourganeuf et Aubusson.

Bataillon de réquisition du district de La Souterraine,

Bataillon de réquisition du district de Guéret,

Bataillon de réquisition du district de Boussac,

Bataillon de réquisition du district de d’Evaux,

Bataillon de réquisition du district de de Felletin,

Bataillon de réquisition du district de Bourganeuf,

Bataillon de réquisition du district d’Aubusson.

Autres levées de la Creuse :

1er bataillon auxiliaire de la Creuse, levé en 1799.

Les levées d’hommes dans le département de la Creuse : article d’Olivier Siffrin.

G. Dumont, que nous suivons pour l’essentiel dans ce qui suit, a dans son travail sur les levées d’hommes en Creuse de 1791 à 1793 (1) relevé et comptabilisé les levées et formations suivantes :

– 1er bataillon de volontaires nationaux (formé le 13 octobre 1791) : 563 hommes


– Grenadier et chasseurs, ou 2e bataillon de la Creuse (formé le 21 septembre 1792) : 364 hommes,


– Complément de l’armée de ligne : 85 hommes,


– Complément des 1er et 2e bataillons : 305 hommes,


– Camp de Soissons (2 compagnies) : 200 hommes,


– Compagnie franches (décret sur la formation de 54 compagnies franches) : 0,


– Levée des 300 000 hommes et levées pour la Vendée : 3 600 hommes,


– Levée des 30 000 cavaliers : 50 hommes,


– Levée de canonniers : 0,


– Levée en masse : 3 000 hommes,


– Divers : 305 hommes.


Autres levées de 1792 :

Les compagnies franches :

Les levées destinées à la formation des 54 compagnies franches (décret du 28 mai 1792), dont l’application a été très mollement mise en œuvre dans le département qu’à partir du mois de juillet, n’a pas dû donner beaucoup de résultat. Le ministre de la Guerre avait d’ailleurs dès le 12 juillet donné l’ordre de « diriger sur Nîmes ou Saint-Esprit les citoyens qui se feront inscrire dans les compagnies franches et dans la Légion Franche de l’armée du Midi sous M. de Montesquiou »1.

Les compagnies du camp de Soissons :

Les compagnies levées pour le camp de Soissons le furent dans le cadre de la loi du 22 juillet portant formation de 42 bataillons de réserve. A ce titre, la Creuse était appelée à fournir 600 hommes, soit 6 compagnies de 100 hommes qui, une fois levées et formées, devaient sous la conduite de chefs de conduite élus pour la route se rendre à Soissons pour participer à la formation d’un camp sous Paris. Seules deux compagnies de 100 hommes purent être levées. Elles partirent de Guéret les 12 et 13 septembre2. Les autorités du département ayant déjà les plus grandes difficultés à lever des hommes pour le bataillon de grenadiers et chasseurs (2e de la Creuse), en cours de constitution au même moment, il décida le 14 septembre de suspendre la formation des quatre autres compagnies destinées au camp de Soissons. Elles ne furent jamais levées ensuite. Les deux compagnies levées pour le camp de Soissons sont sans aucun doute ces deux compagnies de la Creuse dont le Journal militaire indique la présence à Meaux le 1er janvier 1793, en les nommant d’ailleurs « compagnies franches »3. Il est très plausible qu’elles entrèrent dans la composition de l’un des bataillons dit de réserve formés à partir des multiples compagnies arrivées de tous les départements.

Levées et formations de 1793 :

Jérôme Croyet a donné sur le forum de la SEHRI la photographie de l’état de situation d’un 3ème bataillon de la Creuse, à l’effectif extrêmement réduit, dans l’armée de l’Ouest, division de Luçon, daté du 19 fructidor an II (5 sept. 1794). A notre avis, il ne peut s’agir d’un bataillon de volontaires nationaux de la Creuse réellement et légalement levé, formé et organisé au titre des différentes lois de 1791 et 1792 portant création des bataillons de volontaires nationaux. Les nomenclatures officielles des bataillons levés et formés de 1791 à 1793 comme les monographies et articles sur le sujet ne mentionnent jamais d’autres bataillons que le 1er bataillon de volontaires nationaux de la Creuse et le bataillon de grenadiers et chasseurs, dit 2ème bataillon de la Creuse. Ce 3ème bataillon de la Creuse non réglementairement ainsi nommé, est sans doute le regroupement provisoire en corps ou en bataillon de marche de compagnies originaires de la Creuse levées dans le cadre de la levée des 300 000 hommes, ou plus sûrement des levées pour la Vendée ou de la levée en masse4.

Levée des 300 000 hommes et levées pour la Vendée :

Ces deux phases dans les levées d’hommes sont concomitantes, et nous reprenons ici encore largement le travail de G. Dumont pour en donner l’essentiel5.

Par le décret du 24 février 1793 sur la levée des 300 000 hommes, la Creuse se voyait tenu de fournir un contingent de 3 546 hommes. Une répartition fut établie entre districts, puis communes, et la désignation des requis par votes fut la règle quasiment partout. L’opposition à cette nouvelle levée se manifesta essentiellement par une très forte insoumission et des désertions précoces dans les contingents en attente de départ. G. Dumont estime à 1 200 le nombre d’hommes réellement fourni au titre de la loi du 24 février.


Ces recrues entrèrent en majorité dans les 4
ème, 5ème, 6ème bataillons des Côtes-maritimes de l’Ouest.
Au moment même où s’effectuaient ces levées, le commencement des troubles dans l’Ouest forçait l’administration du département des Deux-Sèvres à demander de l’aide aux départements voisins. Le Directoire de la Creuse décidait dès le 18 mars de requérir 200 gardes nationaux des différents districts pour les envoyer à «
Parthenay, point de réunion des troupes qui doivent marcher au secours du département des Deux-Sèvres ». Ce détachement quitta effectivement le département. Un nouveau détachement de 200 gardes nationaux fut levé, toujours après répartition des contingents entre district, après un appel au secours du département de la Vienne, le 6 mai. Ces hommes furent toutefois retenus et casernés à Guéret sur ordre des représentants Monestier et Petitjean. Le 13 mai, le département décida une nouvelle levée de 500 hommes, à réunir à La Souterraine « pour y être organisés en compagnies de 100 hommes à diriger au fur et à mesure sur Poitiers ». Il semble que seule une centaine ait pu être levée, et le département déclara qu’il ne pouvait former qu’une nouvelle compagnie complète, et sans pouvoir l’armer.


Le représentant du Peuple Meaulle, chargé par la Convention d’organiser la levée de troupes dans les départements du Centre et de l’Ouest pour combattre la rébellion vendéenne, décida d’envoyer à Tours les deux compagnies levées le 6 mai et casernés à Guéret. Après l’attente de leur habillement et de leur équipement et armement, diminuées par les défections (effectifs de 41 pour la première, de 60 pour la seconde), elles partirent effectivement pour Tours le 3 septembre.


Parlant des différents contingents envoyés vers la Vendée, G. Dumont écrit : «
Nous n’avons pu, faute de documents, identifier tous les détachements fournis. Mais il semble bien que quatre d’entre eux formèrent finalement les compagnies dites 1ère, 2ème, 3ème et 4ème de la Creuse que nous retrouvons plus tard »6. Ces quatre compagnies pourraient peut-être correspondre à ce « 3ème bataillon » creusois de la division de Luçon, qui d’après les quatre capitaines cités dans l’état de situation, devait compter quatre compagnies.


Levée en masse :


Dans le cadre des réquisitions décidées par le décret du 23 août 1793 sur la Levée en masse, la Creuse était tenue de fournir 5619 hommes, soit 7 bataillons, destinés d’abord à rejoindre l’armée des Alpes. G. Dumont a pu établir que le résultat des efforts des autorités du département permit le départ de 3 002 hommes7. Les Creusois furent en définitive envoyés à l’armée de l’Ouest, et G. Dumont a relevé l’affectation de certains bataillons et compagnies de requis


– Le 6 frimaire an II (26 nov. 1793), le capitaine Rouchon, commandant la compagnie de Bourganeuf, demanda la réunion de ses recrues avec celles de Felletin et d’Aubusson pour former un bataillon complet, et l’agent supérieur donna son accord. «
Mais nous ne l’avons pas pu suivre », écrit G. Dumont8.


– 84 hommes du district de Guéret dans le 1
er Mayenne-et-Loire, le 6 nivôse an II (26 déc. 1793),


– le bataillon de 650 hommes du district d’Evaux fut incorporé le 27 fructidor an II (13 sept. 1794) dans le 3
ème bataillon de l’Allier, avec 50 réquisitionnaires d’Aubusson,


– 80 requis du district de Guéret dans le 11
ème de Paris, le 27 fructidor an II (13 sept. 1794),


– 500 requis dans le 4
ème du Loiret, le 1er vendémiaire an III (22 sept. 1794),


– 37 requis dans le 3
ème des Vosges, le 11 vendémiaire an III (2 octobre 1794),


– 80 requis dans le 5
ème du Calvados, le 13 nivôse an III (2 janvier 1795),


– Et aussi 191 requis dans le 77ème régiment d’infanterie.

Article d’Olivier Siffrin et de Laurent Brayard

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1 Archives de la Guerre, cité dans G. Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 517.

2 G. Dumont, op. cit., p. 524-527. Les chefs de conduites des deux compagnies formées étaient, pour la première (Boussac, Felletin, La Souterraine) J.B. Lavaud, capitaine, Jean Salleneuve, sergent-major, J.B. Villatte, caporal-fourrier ; pour la deuxième (Aubusson, Bourganeuf, Evaux, Guéret) J.B. de Fournoux, capitaine, J.M. Grellet, sergent-major, P.C. Gorry ou Gaury, caporal-fourrier.

3 Journal militaire, 1er janvier 1793, p. 15.

4 Il est également exclu que ce 3ème bataillon soit identifié comme étant le 1er ou 2ème bataillon renommé suite à une inattention ou une erreur d’écriture. Les 1er et 2ème bataillons n’ont jamais stationné ni combattu dans l’Ouest. On le sait aussi, les levées de compléments destinés aux 1er et 2ème bataillons, faites en 1792 et au tout début de 1793, ont bien rejoint ces corps (voir ci-dessous historiques des 1er et 2ème bataillons de la Creuse).

5 G. Dumont, déjà cité, p. 540.

6 G. Dumont, op. cit, p. 534.

7 G. Dumont, op. cit., p. 536-539.

8 Autre hypothèse pour identifier l’origine de cette mention d’un 3ème bataillon de la Creuse.

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