3e bataillon des Bouches-du-Rhône

bataillon-de-volontaires-nationaux

3ème bataillon des Bouches-du-Rhône :

 

Date de formation : Selon Belhomme, il fut formé le 10 mai 1792[1].

Historique :

1792 :

Le 1er novembre, le bataillon se trouvait à l’armée d’Italie, dans la 2ème division du maréchal de camp Dumerbion, 4ème brigade[2].

1793 :

En janvier, le bataillon servait à l’armée d’Italie[3]. Le 5 mars, le bataillon était dans les troupes de réserve de cette armée, et comprenait un effectif fort de 468 hommes[4].

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

La 101ème demi-brigade de bataille fut formée selon Belhomme et Susanne au camp de Bruys le 11 novembre 1793. Elle se composait du 1er bataillon du 51ème régiment d’infanterie, et des 3ème et 6ème des Bouches-du-Rhône.

2ème formation :

La 101ème de bataille devint à l’armée d’Italie, la 25ème demi-brigade de ligne.

Etat-major :

Lieutenant-colonel Sextius-Alexandre Miollis.

Portrait :

Sextius-Alexandre-François comte de Miollis, né le 18 septembre 1759, à Aix-en-Provence, entra au service comme cadet au régiment d’infanterie ci-devant de Soissonnais (1772), sous-lieutenant, il fit la guerre d’indépendance des Etats-Unis dans l’armée du général Rochambeau, fut blessé au siège de Yorktown (1781), capitaine, probablement ayant obtenu un congé définitif avant la Révolution, s’enrôla au 3e bataillon des volontaires des Bouches-du-Rhône (il est souvent question du 1er bataillon), et fut élu lieutenant-colonel (1792), général de brigade (25 février 1794), il se distingua au combat de Finale (1795), employé à l’armée d’Italie (1796-1797), il servit dans la division Sérurier (4e division), dans l’armée de Bonaparte, s’illustra à la bataille de Saint-Georges durant le blocus de Mantoue (janvier 1797), gouverneur de Mantoue (4 février), il servit dans l’armée de Rome, notamment en Toscane (décembre 1798), division Gouvion Saint-Cyr aux combats de Recco (août 1799), puis Rapallo (14 octobre), général de division (19 octobre), commandant une division de l’armée comprenant les 24e, 74e et 106e demi-brigades de ligne ainsi que la 5e demi-brigade légère de seconde formation. Il servit au siège de Gênes sous Masséna (1800), place qui se défendit jusqu’à la dernière extrémité en attendant les secours, elle capitula après avoir épuisé toutes ses ressources au-delà de l’humain, le 4 juin. Miollis rentra en France, la victoire de Marengo, puis celle d’Hohenlinden, celèrent les préliminaires de paix et l’armistice (janvier 1801),  il servit ensuite à l’armée du Midi du général Murat durant la campagne contre le royaume de Naples, mis en disponibilité pour avoir voté contre le consulat à vie (1802), il fut tout de même nommé gouverneur de Belle-Ile (1803), puis retourna en grâce après avoir fait une demande devant l’Empereur en personne, il fut nommé gouverneur de Mantoue (28 août 1805), il fit ériger dans la ville un monument à Virgile, puis fit transférer les cendres de l’Arioste dans l’université de Ferrare, contribuant également à des restaurations notamment dans les arènes de Vérone, commandant des troupes françaises stationnées en Italie (octobre), il participa à l’occupation de Venise (alors autrichienne), dans l’armée d’Eugène de Beauharnais (décembre), chevalier de la Légion d’honneur, puis commandant de l’ordre, enfin chevalier de la Couronne de Fer (juin 1807), il fit saisir dans la place de Livourne des marchandises anglaises dans le cadre du blocus continental (29 août), il marcha sur Rome et s’empara de la ville (2 février 1808), commandant de la division de Rome, il eut des contacts réguliers avec Lucien Bonaparte alors en exil dans la ville, grand officier de la Légion d’honneur (14 septembre), fut fait comte de l’Empire (16 septembre), commandeur de l’ordre des Deux-Siciles (25 novembre), il fit hisser le drapeau français sur le château Saint-Ange (10 juin 1809), lors de l’annexion de la ville à l’Empire (décret du 16 mai 1809), et ordonna au général de gendarmerie Radet de s’assurer de la personne du Pape, selon les ordres de Napoléon (nuit du 5 au 6 juillet), commandant de la 30e division militaire de Rome, gouverneur des Etats romains jusqu’à la défaite de 1814. Lors de la trahison du roi Murat, qui ayant signé une convention avec l’Autriche, se retourna contre la France, il fut assaillit par les troupes napolitaines et s’enferma dans le château Saint-Ange (19 janvier). Il soutint un siège jusqu’à sa capitulation avec les honneurs de la guerre, et la possibilité de rentrer en France (10 mars). Fait chevalier de Saint-Louis à la Première Restauration (13 août), commandant des départements des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse sous Masséna (janvier 1815), il fut envoyé par Masséna intercepter la marche de Napoléon après son débarquement en France, chargé de lui barrer la route à Sisteron. Il échoua arrivant tardivement, poursuivit l’Empereur, atteignit Gap (8 mars), mais comprenant que le vol de l’Aigle ne pouvait être arrêté, il se replia sur Marseille et se rallia à Napoléon. Commandant de la ville de Metz (avril), fonction qu’il assura jusqu’au mois d’août, il ne fut pas pardonné par Louis XVIII et placé en retraite (août), il ne joua alors plus aucun rôle, passa ses dernières années entre Paris, Isle-Adam, Villefranche et Aix-en-Provence, il mourut dans sa ville natale, le 18 juin 1828, d’un bête et banal accident domestique, ayant chuté et s’étant fracassé la tête sur le coin d’une table en marbre.

Article de Laurent B.

sehri

[1] Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tome 3 et 4.

[2] A. Chuquet, Dagobert, p. 438-440.

[3] Journal Militaire de 1793.

[4] Ordre de bataille de la collection Nafziger, armée française d’Italie, le 5 mars 1793.

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