3e bataillon des Côtes-du-Nord

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3ème bataillon des Côtes-du-Nord :

Date de formation : selon Belhomme, il fut formé le 18 septembre 17921. Selon Jean Guerniou il fut formé le 8 septembre2.

Formation :

La 2e et la 8e compagnies étaient formées en majorité d’hommes du district de Guigamp, les 3e, 4e et 7e compagnies furent formées essentiellement d’hommes du district de Pontrieux3. Il fut passé en revue par un commissaire des guerres, le 17 septembre 1792.

Historique :

1792 :

Il fut envoyé à Tréguier à la demande du directoire du département, détachant deux compagnies à Lannion, sa compagnie de grenadiers resta provisoirement à Saint-Brieuc. Déjà, des troubles agitaient la région, aussi le bataillon fut employé à maintenir l’ordre, envoyant des détachements, pour arrêter trois fauteurs de troubles à Plouguiel (24 septembre), détachant 100 hommes à Lannion au moment de la grande foire pour prévenir les possibles agitations populaires (26 septembre). Le bataillon manque de tout, son lieutenant-colonel en second écrivait qu’il manquait de souliers, se trouvait sans habits, ni vestes (lettre du 29 septembre au directoire du département) : « à défaut de munitions, les volontaires pourraient supporter quelque échec dans les cantons où je serais requis de les transférer »4. La situation s’aggrava comme en témoigna de nouveau son chef (lettre du 15 octobre) : « Les volontaires, dépourvus absolument de tout, n’ont point vu sans murmures s’anéantir l’espoir […] quoi de plus dur pour ces jeunes citoyens que le zèle et l’amour de la Patrie ont appelés au service militaire, que de se voir forcé d’en remplir les obligations en étant dénué de tout, un tel état produit l’insubordination et le refus de service »5, comptant 500 chemises manquantes, 116 paires de chaussures et 300 havresacs.

« Quoi d’étonnant dès lors que certains volontaires se promettent de déserter et de rejoindre Jersey. Le bataillon vit dans les conditions les plus difficiles, sans habits ni munitions, l’hygiène y est déplorable, un grand nombre de volontaires ont la gale. Aussi ne faut-il pas s’étonner de sa conduite peu appréciée de la population »6.

Il fut bientôt affecté à la garnison du fort de Guerre, à Brest dans le Finistère, partant pour Morlaix (16 novembre). L’ordre de se rendre à Brest provoqua un début de mutinerie qui ne fut endiguée qu’avec la promesse que les volontaires trouveraient tout ce qu’il leur était nécessaire.

1793 :

En janvier, il se trouvait à Brest7, servant à l’armée des Côtes de Brest. Il comprenait un effectif de 767 hommes, en garnison dans plusieurs cantonnements dans la ville et la rade de Brest, un détachement de 68 hommes ayant été envoyé à Rennes. Il fut passé en revue et le conseil d’administration du bataillon réclama un renfort de 158 hommes aux districts de Guingamp et Pontrieux, annonçant la réforme potentielle de 72 hommes du bataillon et le manque de sous-officiers compétents (18 mars). Il comprenait un effectif de 807 hommes (16 décembre), ayant beaucoup d’hommes en détachement, dans toute la région de Saint-Renan, de Conquet, de Lanildut, un autre détachement de 69 hommes en Vendée, 52 hommes à Saint-Brieuc, 100 hommes dans les troupes du général Tribout, commandant une division de 2 000 hommes partit de Brest pour Dol et Pontorson, à la poursuite des Vendéens ayant entamé leur expédition dite de la Virée de Galerne. Enfin, 207 volontaires ont été embarqués sur des navires, probablement incorporés dans le 3e bataillon du Finistère en partance pour l’île de Saint-Domingue.

1794 :

Il passa de Brest à Rennes (juin), comprenant un effectif de 696 hommes. Il cantonna à Ingrandes (6 septembre).

1795 :

Il passa ensuite en Normandie, rejoignant Caen (juin), et envoya une liste de nombreux déserteurs au directoire du département, qui comprenait 94 noms (16 juin).

Embrigadement/amalgame :

2e formation :

Il fut versé dans la 18e demi-brigade de ligne en seconde formation8.

Portraits :

Glezen, originaire de Carhaix, lieutenant-colonel en second du 3e bataillon des Côtes du Nord, il commanda le bataillon en chef à sa formation, le lieutenant-colonel en premier ayant rejoint son corps plus tard.

Xavier Kouder, originaire de Courbevoie, soldat au régiment des Gardes suisses (1774-1784), puis au régiment de Castella (1785-1790), rentré dans les gardes suisses (1791), licencié (1792), volontaire à 39 ans (11 septembre), tambour-major du 9e bis bataillon de Paris (23 septembre), passé à la 181e demi-brigade de bataille (1794), sous-lieutenant (1795), réformé mais placé à la suite du 3e bataillon des Côtes du Nord (1796), rejoint finalement la 78e demi-brigade de ligne (1797), prisonnier de guerre et à nouveau réformé après son échange en 1800.

Article de Laurent Brayard

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1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 11.

3 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 9.

4 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 11.

5 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 11.

6 Jean Guerniou, Historique des bataillons de volontaires des côtes du Nord et du Finistère pendant la Révolution, 1791-1798, p. 11.

7 Journal Militaire de 1793.

8 Champeaux, État militaire de la République française en l’an douze, p. 152.

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