11e bataillon de la Charente ou 4e des Réserves

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11e bataillon de la Charente ou 4e bataillon des Réserves :

Date de formation : septembre-octobre 1792. Selon Belhomme, il fut formé le 6 septembre 17921.

Formation :

Il comprenait la compagnie de l’Houmeau du capitaine Callaud, qui forma la 3e compagnie du bataillon. Les deux compagnies de Vars semblent avoir été incorporées dans le 11e bataillon de la Charente2.

Historique :

1793 :

En janvier, il servait à l’armée de La Bourdonnaye. Il partit de Valenciennes (24 et le 25 février) pour se rendre à Bruges, où il arriva (27 ou le 28)3. Le 1er mars, le bataillon faisait partie de l’armée de Hollande du général Dumouriez, colonne de renfort du général De Flers. Il comptait un effectif de 612 hommes4.

Embrigadement.Amalgame :

1ère formation :

Selon Boissonnade, le 11e de la Charente fut versé dans la 199e bis demi-brigade de bataille dite des Lombards.

Le 4e des Réserves fut versé dans la demi-brigade dite des Ardennes, formée le 1er novembre 1795, à Dunkerque, selon Belhomme. Elle se composait du 2ème bataillon des Ardennes, du 4ème bataillon des Réserves et du 11ème bataillon de la Seine-Inférieure.

2e formation :

Selon Boissonnade, le 11e de la Charente fut versé dans la 72e demi-brigade de ligne.

La demi-brigade des Ardennes fut versée dans les rangs de la 60e demi-brigade de ligne, en seconde formation5.

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Portraits :

Joseph Bellanger, originaire de Sillé-le-Guillaume, âgé de 43 ans au moment de son enrôlement dans le 2ème bataillon de Paris (19 octobre 1791). Passa au 4ème bataillon des volontaires nationaux dit de la Réserve (21 février 1793), lieutenant (1794), capitaine au 60ème régiment d’infanterie de ligne (1803), il mourut le 14 janvier 1805, à Verceil.

Pierre Dereix, né à Aigre, arrondissement de Ruffec, le 26 avril 1769, fils de Léonard Dereix et de Jeanne Naudet. S’engagea volontaire (août 1792), il fut élu capitaine à la compagnie franche de son canton et envoyé au camp de Soissons. Il fut incorporé avec sa compagnie dans le 11e bataillon de la Charente, où il fit les campagnes avec l’Armée du Nord (1792-1797). Il servit à l’Armée de Hollande sous le général Brune (1799) et se distingua aux batailles de Bergen et de Kastricum (septembre/octobre). Il passa à l’Armée de l’Ouest (novembre), puis très vite à l’Armée d’Italie (printemps 1800). Nommé chevalier de la Légion d’honneur au camp de Saint-Omer (juin 1804), chef de bataillon au 22e de ligne (1805). Il fit la campagne d’Autriche (1805) au 1er corps de réserve, à l’Armée du Nord (1806) et dans les 8e et 4e corps d’armées durant la campagne de Pologne (1807). Il se trouvait à l’Armée du Rhin (1808), élevé au rang de chevalier de l’Empire avec dotation. Il fit la campagne d’Allemagne au 10e corps (1809), promu au rang d’Officier de la Légion d’honneur (décembre). Au 8e corps, il fut envoyé en Espagne, où il reste jusqu’en 1812. Nommé major au 150e de ligne (15 janvier 1813), il fit la campagne de Saxe avec le 5e corps d’armée et gagna le grade de colonel sur le champ de bataille de Goldberg (23 août). Il combattit à Leipzig à la tête du régiment, recevant une balle à la cuisse droite (16 octobre). Il fut fait prisonnier au combat de Reuss en Bavière (2 décembre). Rentra en France (11 juillet 1814), Louis XVIII lui accorda la croix de chevalier de l’Ordre de Saint-Louis (15 août) et le plaça à la suite du 74e de ligne. Aux Cent Jours, il fut commandant provisoire de la place de Brest. Mis en demi-solde (11 septembre 1816), puis à la retraite (septembre 1823), il finit sa vie en Bretagne à Saint-Malo à un âge très avancé, il mourut le 10 novembre 1854.

François Fondousse, né à Vars arrondissement d’Angoulême, le 19 février 1775, il s’enrôla (août 1792), dans une des compagnies de volontaires de Vars, ses camarades l’élirent sergent (19 août), puis sergent-major (14 septembre), lors de la formation au camp de Soissons du 11e bataillon de la Charente. Il servit à l’Armée du Nord, atteignant le grade de capitaine (1er janvier 1793). Il fut envoyé à l’Armée du Rhin, puis celle de Hollande (1799), servant aux batailles de Bergen puis d’Alkmaar et de Kastricum, nommé sur le camp de bataille par le général Brune, chef de bataillon (octobre). Il fut envoyé à l’Armée d’Italie et de Réserve, et se distingua à la bataille de Marengo (14 juin 1800). Il reçut au camp d’Ambleteuse la Légion d’honneur (juin 1804), puis fit les campagnes d’Autriche, de Prusse et de Pologne (1805-1807). Il fut nommé après la bataille de Friedland au grade de major (21 juin 1807), et passa au 10e de ligne (29 janvier 1808). Il fut attaché à une demi-brigade de réserve (1809), et fit la campagne du Tyrol, rentra dans son unité à la dissolution de cette dernière (1er janvier 1810). Il fut envoyé en Espagne, où il fut promu colonel du 34e de ligne (5 mai 1812). Il fut blessé lors de la retraite d’Espagne, au combat de Biarritz (10 décembre 1813), et mourut de ses blessures à Saint-Esprit, au faubourg de Bayonne huit jours après.

Arnaud Foucher, né le 3 ou le 7 septembre 1772 à Vars6, fils de François laboureur et de Anne Corlieu, ayant pour parrain Arnaud Dasid et pour marraine Anne Foucher. S’engagea volontaire (5 août 1792) et incorporé au camp de Soissons dans le 11e bataillon de la Charente selon Boissonnade. Son dossier à la chancellerie de la Légion d’honneur indique toutefois qu’il s’engagea le 24 septembre 1791. Il fit la campagne de 1793, nommé caporal (24 juillet 1794), blessé d’un coup de feu au flanc droit au combat de Warwick (22 octobre). Il servit dans les armées de Danube, du Rhin, d’Hollande, il se signala aux batailles de Bergen et de Kastricum (1799). Il passa ensuite à l’Armée d’Italie. Il se distingua à la bataille de Marengo (14 juin 1800), reçut au passage du Mincio à Borghetto une nouvelle blessure au cou. Décoré de la Légion d’honneur au camp de Saint-Omer (1804) servant au 72e de ligne. Il servit au 8e corps de la Grande Armée pendant les campagnes d’Autriche et de Prusse, puis passa dans la Garde impériale dans les chasseurs à pied de la Vieille Garde (26 juillet 1806) selon Boissonnade, le 12 août selon son dossier de Légion d’honneur. Il servit jusqu’au 31 mars 1808. Il mourut dans sa ville natale le 19 février 1829. Il s’était marié à Jeanne Camuset avec qui il eut deux enfants, Anne et Arnaud Foucher. Il avait reçu un congé de retraite de la Garde Impériale, 1er régiment de chasseurs à pied, 2e bataillon, 3e compagnie :

« nous soussigné certifions avoir donné congé de retraite au sieur Foucher Arnaud, chasseur dans la 3e compagnie du 2e bataillon du 1er régiment, fils de François et d’Anne Corlieu, né le 7 septembre à Vars dans le canton du département de la Charente, cheveux et sourcils châtains, yeux roux, nez relevé, bouche petite, menton rond, visage plein, taille d’un mètre soixante et onze, compris au registre matricule sous le numéro 193, Lequel a servit au dit corps depuis le 12 août 1806 avec honneur et distinction jusqu’à ce jour et a obtenu le présent congé de retraite »7.

Jean-Baptiste-Michel-Antoine Huché, né à Bernay en 1749 dans l’Eure. Soldat au régiment de Flandre (1769 à 1776), puis à celui de Vexin (1779 à 1790). Incorporé au 9ème bataillon de chasseurs ci-devant des Cévennes. Il fut ensuite chef de bataillon au 4ème bataillon de la Réserve à Soissons (septembre 1792). Destitué par Dumouriez (5 mars 1793). Réintégré, il fit fonction d’adjudant-général sous Salomon, à l’Armée des Côtes de la Rochelle (mai). Il servit à Doué, adjudant-général chef de brigade (septembre), division Lenoir à Alençon (novembre). Il fut dénoncé pour brutalité, mais fut nommé général de brigade (28 novembre), et commandant de la division de Luçon (mars). Arrêté par la municipalité (9 avril), il fut nommé général de division (9 avril. Délivré par les représentants en mission, il fut rétabli dans son commandement (18 avril). Il fut l’un des bourreaux de la Vendée, l’un des plus ignobles. Destitué (août) et emprisonné au fort de Ham, puis décrété d’accusation (septembre). Il fut mis en liberté sans jugement (septembre 1795) et offrit ses services à la Convention lors de l’insurrection de vendémiaire (octobre). Remis en activité, il occupa des commandements mineurs et fut vite accusé d’avoir pratiqué des visites domiciliaires. Il fut mis en jugement (13 juillet 1796). Il fut acquitté (septembre), et fut admis au traitement de réforme (novembre). Destitué pour insultes lors d’un banquet à l’égard du représentant du peuple Legendre (1797), il fut mis en réforme (1800). C’était un ivrogne invétéré et un débauché. Il mourut en 1805.

Charles Potin, né à Auxerre, Soldat provincial de Paris, il entra dans la Garde Parisienne soldée où il servit de 1789 à 1791. Volontaire au 1er de Paris à sa formation (juillet 1791). Il se retira (janvier 1792), mais il fut ensuite sergent-major au 4ème bataillon des réserves. Sous-lieutenant (1793), lieutenant (1795), puis retraité du 11ème régiment d’infanterie de ligne (1811). Il était garde-pêche à Pont-de-Larches dans le département de l’Eure (1813).

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Article de Laurent Brayard

1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France.

2 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 97.

3 Journal Militaire de 1793.

4 Ordre de bataille de la collection Nafziger, Armée de Hollande, 1er mars 1793.

5 Champeaux, État militaire de la République française en l’an douze, 4e partie, p. 163.

6 Son acte de naissance stipule le 3, d’autres pièces dans son dossier de la Légion d’honneur le 7 septembre.

7 Base leonore, dossier d’Arnaud Foucher.

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