1er bataillon de la Charente

bataillon-de-volontaires-nationaux

1er bataillon de la Charente dit de chasseurs ou bataillon de chasseurs de la Charente :

Date de formation : Selon Belhomme, il fut formé le 17 octobre 17911. Le commandant Dumont confirme la date2 ainsi que Pierre Boissonnade. Formé avec des volontaires des districts de Ruffec, Confolens et la Rochefoucauld.

Historique :

1791 :

Formé avec une masse de 719 hommes, des districts de Confolens, La Rochefoucauld et Ruffec. Ils furent rassemblés le 17 octobre à Angoulême et formés en compagnie puis en bataillon. Le 1er bataillon de la Charente séjourna à Angoulême (17 octobre-5 novembre), puis fut placé à Cognac et à Jarnac (jusqu’au 20 novembre date de son départ pour la frontière). Six compagnies avaient été envoyées dans la ville de Cognac, trois autres à Jarnac. Trois compagnies se mirent en marche pour Cognac en partant d’Angoulême (6 novembre) après avoir avoir passé la nuit à Jarnac elles atteignirent Cognac (8 novembre). Les six autres compagnies partirent d’Angoulême (7 et 8 novembre). Le bataillon fut passé en revue (30 novembre), par Augier maire de Cognac et le général Marcé dans ladite ville. Le 3 décembre, le quartier-maître trésorier remis au général Marcé l’état des volontaires du bataillon. Le bataillon ne se mit en route (5 décembre).

Le bataillon se dirigea d’abord sur Limoges, puis fit étape à Chabarais, Saint-Junien, traversa le département de la Haute-Vienne, en passant par Sainte-Maure, Tours, Amboise dans l’Indre-et-Loire, Blois et Beaugency dans le Loir-et-Cher pour arriver à Orléans, il fut dirigé ensuite sur Dormans en Champagne.

1792 :

Le 1er janvier, il partit d’Amboise et passa par Blois et Orléans, où il reçut un contre-ordre qui le dirigea sur Montdidier, où il fut signalé (fin janvier)3. Le 12 janvier, une délégation des deux bataillons de la Charente se présenta à la barre de l’Assemblée législative, le vice-président Guadet présidant ce jour-là la séance. Ils furent bien reçus et applaudis.

Il était censé en partir en mars pour se rendre à Landrecies. Il partit effectivement (17 mars), traversa Saint-Quentin et Guise et arriva à Landrecies (21 mars). Il fut alors affecté à l’Armée du Nord du Maréchal Luckner.

Le 11 mars, le district de Ruffec envoya 28 hommes pour compléter le bataillon. Lors du décret du 5 mai 1792, portant les bataillons de volontaires de 574 hommes à 800, le département devait fournir 226 hommes pour le compléter4. Malgré des efforts, en juin le bataillon ne comptait que 666 hommes. En juillet, il restait encore 60 hommes à recruter pour atteindre l’effectif. Une compagnie d’artillerie fut formée à Angoulême (9 août) forte de 55 fusiliers, un capitaine, un lieutenant, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux et un tambour soit un total de 66 hommes. Au mois d’août enfin l’effectif était presque atteint au complet.

Il fut envoyé de Landrecies à La Capelle et Le Nouvion, dont il partit le 18 avril. Fin avril, il stationna au camp de Maubeuge, et de mai à juin à Valenciennes, où il reçut des volontaires de son département qui porta son effectif à 670 hommes (août).

Le bataillon se trouvait en garnison à Maubeuge (avril et mai), il fut ensuite envoyé à Valenciennes (fin juin), où il se trouvait en garnison (août). Pendant toute l’année, pour mieux l’entraîner, le bataillon fut adjoint au 29e d’infanterie à l’armée de Dumouriez, dans la division de gauche du général Miranda. Il ne fut toutefois pas envoyé au front lors de la bataille des défilés de l’Argonne, auquel le 29e pris part dans la division Chazot, sous les ordres de Beurnonville. Le 1er bataillon de la Charente était en garnison à Valenciennes. Dans la deuxième partie de la campagne, c’est à dire l’invasion de la Belgique, le 1er bataillon fut envoyé à l’armée, il servit à la bataille de Jemappes à l’avant-garde du général Ferrand, toujours sous les ordres de Beurnonville, aile gauche de l’armée de Dumouriez.

Le 5 novembre, en compagnie des hussards de Chamborant, de Bercheny et des chasseurs de Normandie, il fut engagé à Frameries et dégagea les cavaliers français. Le lendemain, à la bataille de Jemappes, il participa à l’attaque de la batterie et des redoutes de Cuesmes, la position fut enlevée par la troupe sous l’impulsion du célèbre général Dampierre. Il entra en Belgique avec les Flanqueurs de gauche sous Frégéville, laissant son dépôt à Valenciennes. Le 14 novembre, il faisait partie des troupes de l’Armée de Belgique du général Dumouriez, corps de bataille, colonne du général Ferrand (1ère brigade). Il participa à l’expédition de Verviers, puis s’installa pour prendre ses quartiers d’hiver à Rolduc, comprenant 547 hommes.

1793 :

Il cantonna à Engelshoven (janvier) et à Merchenhausen comptant 564 hommes (février). Le bataillon était dans les rangs de l’Armée de Belgique commandée par le général Dumouriez, Flanqueurs de Gauche du général Miaczinski (1er mars). Il était fort de 464 hommes. Il se distingua à la bataille de Neerwinden (18 mars). Il fut engagé dans un sanglant combat et se replia avec les restes de l’armée sur la frontière en direction de Mons. Il se replia de là sur Famars et se jeta dans Valenciennes après la défection de Dumouriez (13 avril).

Il servit au combat de Famars puis dut s’enfermer dans Valenciennes avec le général Ferrand. Il soutînt un long siège (13 avril au 31 juillet), subissant de lourdes pertes. La capitulation fut signée, la garnison obtînt les honneurs de la guerre avec promesse de ne pas servir contre les coalisés pendant une année (28 juillet). Il existe un récit du siège, d’un volontaire de la Charente, le soldat Desmaret5 :

« L’armée quitta le camp de Famars le 23 mai après un combat sanglant d’avant-garde dans le bois de Bonne-Espérance et se replia ensuite sur Valenciennes le 26 mai. La municipalité invite toutes les personnes dont les affaires ne les retiennent pas à sortir de la ville, 4 à 500 personnes obéissent à cette invitation le jour même mais le lendemain l’ennemi intercepte la route de Cambrai. On renvoie aussi tous les chariots et les chevaux appartenant à l’armée, à cause de la disette de fourages, mais on garde ceux des particuliers qu’il fallut égorger le troisième jour, on n’épargne que ceux des officiers supérieurs et de la cavalerie au nombre de 117 […]. Les canonniers des remparts reçoivent l’ordre du général Ferrand de ménager leur poudre et de ne pas tirer sur les pelotons d’ennemis qu’ils aperçoivent dans la plaine, afin de ne pas indiquer aux assiégeants le nombre, la position et la portée des batteries. L’ennemi trace ses lignes, établit ses pièces, et le dimanche 26 mai somme la redoute de Marly, faubourg de Valenciennes. Ce poste se trouvait isolé, n’ayant pour appui que les redoutes de Préseaux à droite et les hauteurs du Rolleux à gauche. Cependant le général Beauregard pour encourager les défenseurs de Marly, assure à ses soldats que ce village inquiète plus Cobourg que Valenciennes même, et leur promet, en leur montrant une couche de melons, qu’ils les mangeront là, sur la place, bien que leur maturité soit encore éloignée. Mais malgré ses assurances, la redoute et le village, balayés par les boulets, dominés par les batteries des hauteurs sont évacués dans la matinée, vers onze heures du matin, les Français se replient vers la ville, emmenant leurs pièces. […] contrairement à l’espoir des assiégés, le 14 juin, le général Ferrand et la municipalité reçurent deux sommations du duc d’York, l’une enjoignait à la garnison de rendre la place moyennant une capitulation honorable, l’autre engageait la municipalité à écarter par son influence les malheurs dont Valenciennes était menacée. L’attitude du général Ferrand força les officiers municipaux à une réponse énergique, une quart d’heure après une première bombe partie d’Anzin éclate rue de Tournay. Bien que le bombardement eût été peu dangereux, les trois premiers jours, on craignait la fermentation de la population civile, déjà le 16, un détachement de cavalerie avait dû dissiper un rassemblement considérable de femmes, il se reforma le soir avec le concours d’hommes mornes et sombres qui proféraient des paroles menaçantes. Une députation de femmes va, avec des enfants, se jeter aux pieds des officiers municipaux. Les commissaires de la Convention, surtout Cochon, répondent avec fermeté, au milieu des cris de douleur, une femme interpelle Cochon en ces termes : « Monsieur, quand cesserez-vous donc votre colère sur nous ? » Il est dès lors en butte aux violences de la foule et dans un attroupement, un homme lui porte sur la poitrine la pointe de son sabre : « faut-il pour un étranger, laisser perdre une ville entière ? ». L’attitude résolue des canonniers empêche les habitants de se mutiner, on menace de tourner les pièces contre la ville et désormais tout se borna à des paroles de menaces contre Cochon qui désespéré de son impopularité chercha la mort en allant s’exposer aux boulets sur le rempart de Mons […]. On se prépare à une sortie par la porte de Mons, afin de sonder la tranchée des ennemis, 120 hommes du 29e régiment et tout autant du bataillon de la Nièvre qui en sont chargés sont accueillis par la mitraille et la mousqueterie se replient précipitamment dans le chemin couvert (17 juin). […] Le général Ferrand avait promis une prime de 12 sous pour chaque boulet que les soldats rapporteraient. Quelques jours plus tard un boulet autrichien tombait sur une maison où se trouvait un officier de la Côte d’Or, et on y trouvait un papier avec ces mots : « bon pour 10 sols payables au porteur ». […] Le 18 juin, la place fut assaillie par un feu terrible, qui dura sans interruption de deux heures du matin à 10 heures, les batteries de Famars, Marly et Saint-Sauve font pleuvoir des bombes et des boulets. Les batteries des remparts répondent en démontant quelques pièces aux assiégeants, mais les boulets ennemis avaient criblé beaucoup de maisons. […] le feu se poursuit sans relâche avec des pauses de seulement six heures, Desmaret compte entre 23 heures et 2 heures du matin 723 projectiles […] Le 4e ou 5e jour, la grande église de Saint-Nicolas près des remparts de Marly s’abime dans les flammes, l’arsenal est détruit et avec lui 14 000 fusils, quantité de mèches, de sacs de terre, de pelles et de pioches et d’affût […] La municipalité laisse se former le 22 juin un attroupement de femmes qui demandent du pain […] pendant ce temps le duc d’York pressait l’attaque, mais ses provisions semblaient s’épuiser, il jetait sur la place des boulets de grès pesant jusqu’à 7 livres, et une grande quantité d’obus dont la mèche était trop courte et qui éclataient presque tous en l’air, mais bientôt le feu reprenait avec une nouvelle intensité. Le 5 juillet, un obus français fait sauter un des petits magasins à poudre de l’ennemi et trois tas de bombes avec plus de 150 boulets et quelques hommes. L’ennemi se venge en tirant sur une furie sur l’obusier placé à l’avancée de Saint-Sauve, mais sans l’atteindre. La veille de cette explosion, un boulet autrichien était tombé sur la courtine de Mons, et avait mis le feu à deux ou trois barils de poudre, trois canonniers français sont mis en pièces, et les canons éclatent. Deux canons seulement restent chargés et un canonnier nommé placet au milieu de ce fracas a encore le sang-froid de les pointer et de les décharger afin dit-il que l’ennemi ne s’aperçoive pas de l’accident. Cependant depuis le 2 juillet, le feu se ralentit, la nuit du 4 ou 5, douze ou quinze bombes et une vingtaine de boulets seulement tombent sur la ville, mais en revanche, il est terrible sur les palissades, et cette nuit deux compagnies du 29e régiment sont chargées de soutenir les bivacs . Aussi est-on obligé de donner 40 sous par heure à ceux qui vont remplacer les palissades et les remparts et déblayer le pied des bastions. Sur ce point, le ciel est voilé par un épais nuage de fumée et une poussière rougeâtre produite par les briques qu’écrasent les boulets et les bombes. La citadelle n’est plus inquiétée, l’attaque vise évidemment le bastion du côté de Mons. […] L’ennemi souffrait beaucoup dans les tranchées, mais la garnison de son côté, était éprouvée par la privation de viande fraîche, de légumes et de bière. On distribuait aux soldats du vinaigre et de la viande salée, la viande fraîche était réservée aux malades. On avait aussi remplacé le pain par le biscuit, la garnison n’était pas mal nourrie, puisqu’elle avait outre sa ration ordinaire, des légumes secs, du fromage et du lard. Les volontaires partageaient d’ailleurs leur nourriture avec les pauvres femmes voisines de leurs quartiers. Pour les bourgeois, le pain et le vin constituaient la seule nourriture, deux livres de viande faisaient un repas de noce pour toute une famille. L’eau de vie et le vin abondaient dans les magasins, et à son entrée, l’ennemi trouva encore 50 bœufs, 14 000 livres de beurre et une grande quantité d’excellente viande salée. On avait aussi de l’argent en suffisance, le jour de la capitulation, il restait en caisse 1,6 millions en papier et 120 000 francs en numéraire. Les munitions de guerre ne manquaient pas non plus, Monestier directeur de l’Arsenal n’avait accusé d’abord que 600 milliers de poudre au lieu de 750, soupçonné par les patriotes, vivement accusé par Cochon au Conseil de guerre, il se brûla la cervelle le 16 juin, deuxième jour du bombardement. On avait aussi 141 bouches à feu, 67 environ furent prises par l’ennemi, on consomma 540 milliers de poudre, on épuisa la provision de boulets de 24 et les bombes, heureusement on avait ramassé 600 obus lancés par les Autrichiens et les Anglais qui n’avaient pas éclaté […]Bientôt on ne put douter de la reddition, le 14 juillet une trompette de Custine apporta à Ferrand, l’ordre de laisser sortir la citoyenne Mettiez, femme du rédacteur de l’Argus, qui était grosse et près d’accoucher, à cette lettre était joint un sauf-conduit des Autrichiens qui permettait à la femme de se transporter à son choix dans une ville occupée par eux, telle que Mons, Bruxelles ou Condé. Le lendemain, il y eut une espèce de suspension d’armes pendant que laquelle Anglais et Français se mêlèrent,, on but ensemble, on cause, on s’embrassa. Et on apprit à n’en pas douter, que Condé avait vraiment capitulé. Ce même jour la garnison reçut la nouvelle de l’assassinat de Marat par Charlotte Corday, de l’arrestation des Girondins et de la Révolte de Lyon, de Marseille et de Bordeaux. A 11 heures, le 15 juillet, après un court intermède, la garnison commença une furieuse canonnade contre les assiégeants, ceux-ci d’après les rapports d’un déserteur auraient perdu 2 000 hommes tués et blessés […] De plus le 20 juillet, un prisonnier franc-comtois parvenu à s’évader et qui avait pénétré dans la ville malgré les sentinelles, donna des détails précis sur les travaux des assiégeants, le nombre de soldats et de travailleurs, il apprit aux Français que les ennemis cherchaient à faire sauter les mines de la place en creusant trois contre-mines auprès des palissades, au lieu d’attaquer directement les chemins couverts. Ce même prisonnier annonça aux assiégés la capitulation de Dunkerque, la fuite de Marie-Antoinette et d’autres fausses nouvelles. D’après ces renseignements on résolut le 21 juillet de jeter des cominges, pour crever le terrain des galeries et y étouffer les travailleurs, mais cette opération n’eut pas de succès. On débourra les mines pour juger si l’ennemi travaillait, maison n’entendit rien. On commença deux galeries en diagonale que l’on n’eut pas le temps d’achever, déjà la garnison était si près des fourneaux de l’ennemi, que le jeu des globes de compression ensevelit le 25, deux ou trois mineurs français dans ces galeries […] Le 23 et le 24 juillet 1793, les tranchées ennemies battent les remparts avec furie, une nouvelle batterie placée à la droite d’Anzin prend en écharpe les bastions, démontant les pièces, tuant les canonniers. Les nuits du 22, 23 et 24, des tirailleurs tentent d’enlever les palissades d’où ils sont repoussés par un feu nourri, mais la véritable attaque est réservée pour le 25 juillet. Ce jour-là à 10 heures du soir, un feu général est dirigé contre la place, tout est en mouvement dans le camp des alliés. Le réduit de la citadelle est battu par deux mortiers, et les palissades par la mousqueterie et des grenades. Ce bruit est destiné à couvrir la véritable attaque qui se porte sur les ouvrages de Mons, où la garnison a fortifié les postes et les réserves, et dirige sur la plaine une vive fusillade. Tout à coup l’explosion de trois globes de compression fait sauter deux places d’armes des assiégés, chacune de 50 hommes, l’explosion creuse des trous d’une profondeur énorme et 6 000 bottes de foin auraient à peine suffi à les combler, dit Desmaret. La palissade est éventrée, et l’ennemi s’y précipite en poussant des cris affreux et les cris de « Tue, tue, Weich patriote (vilain patriote) » les soldats français froissés de leur chute et couverts de terre » cherchent à se réfugier dans les réserves qu’ils trouvent déjà occupées par leurs adversaires. « Les braves soldats de la Côte d’Or, de la Charente, des Deux-Sèvres se battent vaillamment en se repliant sur les poternes suivis par les assaillants, les fossés se comblent de cadavres entassés. On ferme l’une des portes, de peur que l’ennemi n’y pénètre avec les fuyards, plusieurs de ceux-ci se font monter par les brèches, d’autres errent dans les fossés jusqu’au lendemain, ils n’évitent la mort qu’en se couchant au milieu ou dessous les cadavres : un soldat du 29e d’infanterie, légèrement blessé, se sauva ainsi, fut dépouillé parce qu’on le crut mort, et rentra tout nu dans la ville. Au moment de l’assaut les mineurs étaient absents, les mines qui auraient pu retarder l’ennemi, restèrent intactes. L’artillerie du rempart se tut, au lieu de protéger les soldats et de foudroyer le glacis. Les batteries étaient abandonnées, et les sentinelles seules, restaient au bastion Poterne et à la courtine. Le bastion Cardon et celui du magasin au bois où étaient les canonniers bourgeois tirèrent sur le flanc de l’ennemi et incommodèrent de leur mitraille les assaillants. La prise des palissades cause dans la ville une profonde émotion, on cria à la trahison, on incrimina la lâcheté des défenseurs de l’ouvrage. […] mais les alliés après avoir dépouillé les morts se retirèrent dans leurs ouvrages à cornes de Mons, ils évacuèrent d’autres postes, Beauregard, le lendemain, leur enleva trois ou quatre et même le chef du génie Tholosé, se faisait fort le 25 à minuit avec un seul bataillon, de leur reprendre le chemin couvert et le bastion de Mons (une proposition de capitulation du Duc d’York met en émoi la ville et ses défenseurs) […] ».

Une délibération du Conseil de guerre conclut favorablement à une capitulation honorable (26 juillet), avec les honneurs de la guerre et de le droit d’emmener l’artillerie de la place, la sûreté pour les habitants, l’exemption de corvées militaires, le maintien des tribunaux et administrations locales, la sécurité des biens et circulation de la monnaie locale. Le 27 juillet la capitulation fut décidée :

« les habitants les cinq jours suivants, nous donnèrent le spectacle de la contre-révolution, on enlève le drapeau tricolore du beffroi, on coupe l’arbre de la Liberté, les cavaliers bourgeois voltigent par les rues et sur la place, bien, braves, surtout bien frais après 42 jours de séjour dans les caves, leur est telle qu’un plaisant du 1er bataillon de la Charente ne peut s’empêcher de demander au milieu des rires : « si l’on ne trouve pas que cette cavalerie sent le moisi ? », ces jeunes gens foncent le sabre haut, sur les citoyens désarmés porteurs de cocardes tricolores, et les enlèvent aux soldats timides pour subir les exigences que l’ennemi lui-même n’avait pas, le prince de Lambesc qui paraît sur place est acclamé sur son passage par les femmes, il sermonne les habitants sur leurs folies passées et leur distribue quelques écus, en leur recommandant d’être plus sages à l’avenir, ces scènes honteuses avaient lieu en présence de la garnison qui conservait encore la garde et la police de la ville, mais les soldats étaient affaissés et sans énergie, les commissaires sans pouvoir, le général Ferrand sans initiative, ce dernier, adoré pour sa douceur et sa bonté ne voulait pas à 71 ans faire fonction de grand prévôt, ce fut une faute que de rester encore à Valenciennes quatre jours, car la fermentation croissait, le général Boileaud était assailli par un misérable qui, lui appuyant une épée sur le cœur, voulait le forcer à quitter sa cocarde. Malgré les dispositions précises de la capitulation, une foule d’officiers ennemis et émigrés entraient en ville et insultaient les patriotes. La garnison était à merci d’un mouvement populaire, on parlait d’immoler les deux conventionnels sur les ruines des maisons saccagées, de les garder en otage pour réclamer des indemnités ou se garantir d’un second bombardement cette fois de la part des Français. La veille de leur départ, la nuit, le fils du maire, les recherchait dans les maisons qu’ils fréquentaient, on arrêta les secrétaires, mais heureusement le plus menacé, Cochon, se trouvait en sûreté dans la citadelle, enfin le 1er août la garnison de Valenciennes sortit de la ville par la porte de Cambrai et défila entre deux haies de cavalerie et d’infanterie des armées alliées […] Cochon qui se trouvait dans les rangs du 29e régiment, passa sans être remarqué, Briez désigné par le fils du maire, fut un moment arrêté, et mis aussitôt en liberté sur l’ordre du duc d’York qui lui fit ses excuses en ajoutant : « Monsieur, ce sont vos compatriotes qui vous ont vendu ! ».

Les Français déposèrent les armes à la briquette, la garnison avait été réduite de moitié, de 10 000 à moins de 5 000 hommes. En conséquence de la capitulation, un détachement du bataillon fut envoyé en Vendée combattre les insurgés sous les ordres de Léchelle et de Pinoteau. Il avait fournit précédemment une compagnie pour le 5ème bataillon de la Formation d’Orléans, capitaine Laplante, lieutenant Lestang, sous-lieutenant Perrin (12 mai).

Cependant la plus grande part des volontaires du 1er de la Charente fut envoyé à l’armée du siège de Lyon, ville entrée en révolte. Il passa à Mâcon (12 septembre), puis se trouva au camp de la Champagne près de Lyon (28 septembre). Il participa à la prise de la ville (10 octobre), et partit à la poursuite des rebelles échappés. Les assiégés ayant tenté de se faire jour à travers les lignes républicaines, le 1er de la Charente fut des troupes poursuivantes comme l’indique le conventionnel Châteauneuf-Randon dans la ville de Limonest à cette date.

Il fut envoyé à l’Armée des Alpes. Il était présent dans les brigades détachées de cette armée (21 décembre). Il comprenait un effectif de 409 hommes et 81 aux hôpitaux. Mais il fut presque immédiatement affecté à l’Armée des Pyrénées-Orientales et envoyé dans l’Aveyron. Il était à Geniez (23 décembre).

1794 :

Il était en quartier à Langogne, Villefort et Châteauneuf (1er janvier), puis à Rodez (mars), où il demeura jusqu’à la réception de nouveaux ordres (25 mai). Il fut dirigé sur Toulon, où il arriva (22 juin). Il fut alors affecté à l’Armée d’Italie. Il faisait partie de la division de droite à Sanary (21 septembre) et s’y trouvait encore le 25 novembre. Il servait à la division Villemanet, à La Ciotat, effectif de 590 hommes (10 décembre).

1795 :

Il était en garnison à La Ciotat (1er janvier, jusqu’en avril), puis fut envoyé à Marseille (d’avril à juillet). Il fut ensuite en garnison à Toulon jusqu’à la fin de l’année.

1796 :

Il se trouvait à l’Armée d’Italie du général Masséna avec un effectif de 417 hommes (5 janvier)6. Il se trouvait à Finale, comprenant un effectif de 417 hommes (20 février).

Embrigadement/amalgame :

1ère formation :

Néant, toutefois Pierre Boissonnade affirme qu’il fut envoyé à Nice en 1794, où il resta en garnison et qu’il fut amalgamé durant l’été 1794, dans cette même place dans les rangs de la 8e demi-brigade légère.

2ème formation :

Il était à la division Augereau et au moment de l’entrée en campagne de Bonaparte en Italie, il fut amalgamé selon le commandant Dumont, le 7 avril à Savone7.

D’après Belhomme, le 1er bataillon de la Charente et le 5ème bataillon de l’Isère furent incorporés à Porto-Legnago dans la 4ème demi-brigade légère de 2ème formation (25 septembre 1796).

Elle fut formée du bataillon de Nyons, du 5ème de l’Isère et de la 8ème demi-brigade légère de 1ère formation et du 1er bataillon de Charente.

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Portraits :

Armand capitaine de la 4e compagnie du 1er bataillon de la Charente.

Charles-François Cherpantier de la Salle, capitaine de la 1ère compagnie du 1er bataillon de la Charente, né le 5 avril 1768 à Villejésus, Charente, fils de François Cherpantier notaire à Marcillac et de Jeanne Thoumeau, ayant pour parrain et marraine Charles-François Estachon, sieur de la maison neuve et Marie Estachon. Un extrait du registre des actes de naissance de la commune dit : « certifions en outre, que l’aïeul paternel, dudit Charles-François Cherpantier, portait le surnom de la Salle, et que ce surnom de la Salle a toujours été attaché à la famille malgré que le présent extrait n’en fasse point mention ». S’enrôla au 25e régiment d’infanterie ci-devant de Poitou (25 août 1787). Il prit congé et s’enrôla au 1er bataillon de la Charente (18 octobre 1791), où il fut élu capitaine. Il servit à l’Armée d’Italie (à partir du 24 avril 1793). Il n’y a pas d’état de service pendant de longues années, ce qui laisse beaucoup d’interrogations sur ce qu’il fit à partir de 1794 jusqu’en 1810. Il servit à l’Armée d’Espagne toujours avec le grade de capitaine (1811), où il fit les campagnes jusqu’en 1814. Il servait dans les troupes auxiliaires de la 5e division de Navarre (1er mars 1811). Il passa au service de l’Espagne, d’où la possibilité qu’il fut au service du Roi Joseph Bonaparte, ou même dans les troupes coalisés du Roi Ferdinand. Il fut licencié à Lucio (30 mai 1814). En Belgique, il passa à l’ennemi dans les rangs des Prussiens au retour de l’Empereur (1815), et suivit le Roi Louis XVIII à Gand (20 mars). Il avait été incorporé comme capitaine en second dans une compagnie de voltigeurs suisses (19 mars). Nommé capitaine par ordre du Roi (15 mai). Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur (25 mai, par Louis XVIII). Il fut versé dans le 1er régiment du Nord, 2e division du Nord, puis au dépôt du 2e du Nord, puis au dépôt de la Légion du Nord (27 juin). Il fut admis provisoirement comme capitaine dans la Légion du Nord (1er janvier 1816), grade dans lequel il fut confirmé (26 juin). Il reçut un certificat de ses états de services, de la Légion du Nord, 58e régiment d’infanterie de ligne (1er juillet, à Lille). Dans l’agitation des Cent Jours, il ne prêta serment à Lille, à l’Ordre royal de la Légion d’Honneur que le 5 septembre 1816.

Pierre Delage, né le 14 octobre 1771 à Feuillade dans le canton de Montbron, arrondissement d’Angoulême. Engagé volontaire au 1er bataillon de la Charente (1791), il s’illustra par son courage dans un combat livré devant Maubeuge contre les Autrichiens (3 mai 1792). Un coup de sabre lui enleva presque la main droite, mais il passa néanmoins au 17e de chasseurs à cheval (1er novembre) et participa à la campagne de Belgique. Son régiment ayant été licencié, il passa dans la Légion des Ardennes, devenue 1er bataillon d’infanterie légère, puis 24e légère de premier formation et enfin 16e légère de seconde formation. Il se distingua à l’Armée du Rhin, notamment au combat de Saverne (novembre 1793), où il fut de nouveau blessé à la main droite. Nommé lieutenant à l’Armée de Moselle (17 mai 1794), passa à l’Armée de Rhin et Moselle, il s’illustra au passage du Rhin sous Moreau (juillet 1796) : « Delage saute l’un des premiers dans les retranchements de Kehl ». Il servit dans les campagnes d’Allemagne (1796-1797), puis durant l’expédition de Naples (1798), contribuant à la prise d’Ascoli en juin « forçant avec 14 carabiniers seulement la Porta majora défendue par 300 Napolitains ». L’année suivante, il servit au siège d’Ancône et « dans une sortie, enlève une redoute que défendaient les Turco-Russes, encloue deux mortiers et cinq pièces de canon, prend deux drapeaux et pour cette action d’éclat reçoit sur le champ de bataille le grade de capitaine le 30 septembre 1798 ». Le 18 octobre suivant « à la tête de sa compagnie, il tombe sur un poste de trente Russes qu’il passe par les armes, le 26 octobre, il surprend et fait prisonnier un autre poste de 50 hommes placé entre le camp turc et les Français, il couronne la série d’exploit en repoussant le 3 novembre une colonne de 400 Autrichiens à l’assaut d’une redoute placée à l’Est d’Ancône et pendant l’action il se blesse grièvement en tombant du haut des remparts »8. Il fit encore la campagne de Portugal (1802) et « le Premier Consul Bonaparte voulut rendre hommage à cette bravoure étonnante, au moment où il était en garnison à Belle-Isle-en-Mer, un décret lui conféra un sabre d’honneur, récompense réservée aux soldats qui s’étaient illustrés par le courage le plus extraordinaire, distinction reçue en mars 1803 ». Il dut prendre sa retraite à cause de ses nombreuses blessures (1805). Il souhaitait toutefois revenir au service comme capitaine au 6e bataillon du 30e de ligne à Hambourg, mais son état de santé l’en empêcha, il vécut dès lors à Angoulême, où il mourut le 16 octobre 1842.

Philippe Deschamps, né le 8 septembre 1771 à Aigre, s’engagea volontaire au 1er bataillon de la Charente (1791), il fit la campagne de l’Armée du Nord et débuta par un exploit : « le 2 mai 1792 au combat de Glisuelle, au moment où son détachement battait en retraite, il attend de pied ferme la charge de cavalerie autrichienne, tue un uhlan de sa main, saisit son cheval, et quoique blessé d’un coup de lance à l’épaule droite continue à combattre et parvient à s’échapper, il est fait caporal sur le champ de bataille ». Il participa à la campagne de Belgique et servit au combat du bois de Glisuelle (17 mars 1793), où « assailli par trois Autrichiens, les ennemis déchargent leurs fusils sur lui, puis l’attaquent à la baïonnette, il en tue deux et fait le survivant prisonnier »9. Il servit à l’Armée d’Italie (1794), nommé sergent puis sergent-major, il reçut un coup de feu à la jambe droite à l’attaque du Petit Saint-Bernard (23 octobre). Il fit les campagnes d’Italie (1794-1797), d’Égypte (1798-1801). Il servit notamment aux sièges de Jaffa et de Saint-Jean d’Acre, lors de ce dernier siège « il est chargé par le général Caffarelli d’une reconnaissance périlleuse, pendant laquelle il est blessé de deux coups de feu, l’un au bras droit, l’autre à travers le corps, il accomplit sa mission qui lui vaut par la suite le grade de sous-lieutenant ». Il s’illustra encore à la bataille de Canope « pour donner l’exemple à ses soldats et les entraîner, il reste plus d’une demi-heure à quinze pas de distance d’une colonne anglaise dont il essuie le feu et reçoit deux blessures à l’épaule droite et à la cuisse gauche » (1801). A son retour en France, il reçut un sabre d’Honneur, et il fut par la suite décoré du titre de chevalier de la Légion d’Honneur (1803), promu lieutenant, officier de la Légion d’honneur (1804). Dans le 5e corps durant la campagne d’Autriche (1805), il entra dans les chasseurs à pied de la Garde Impériale (1er mai 1806). Il fit les campagnes de Prusse (1806), de Pologne (1807), d’Allemagne (1809), de Russie (1812), et passa capitaine au 3e régiment de voltigeurs de la jeune garde (8 avril 1813). Il fit la campagne de Saxe et passa dans le 9e régiment de fusiliers-chasseurs de la Garde, il mourut à son régiment, le 14 février 1814, en pleine campagne de France.

Louis Ducouret, né à Luxé dans le canton d’Aigre arrondissement de Ruffec le 2 octobre 1771, s’engagea dans la Marine, où il servit (178810 mai 1791). De retour au pays, il fut élu lieutenant au 1er bataillon de la Charente. Il passa capitaine (28 février 1793). Blessé d’un coup de feu dans la poitrine dans un combat livré en avant d’Aix-la-Chapelle ou de Tongres restant malgré sa blessure sur le champ de bataille jusqu’à la fin de l’engagement (mars). Il participa aux sièges de Valenciennes et de Lyon (1793), puis passa à l’Armée d’Italie servant aux batailles de Lonato, siège de Mantoue, La Corona, Rivoli (1795-1797). Il suivit les amalgames jusqu’à se trouver à la 4e demi-brigade légère de seconde formation, surnommée à l’Armée d’Italie : l’immortelle. Il se distingua pendant la légendaire campagne du général Bonaparte, notamment aux batailles de Lonato et de Rivoli puis durant l’expédition d’Égypte (1798-1801), bataille des Pyramides. Cette bataille lui valut le grade de chef de bataillon (5 août 1798), il se couvrit de gloire au siège de Saint-Jean-d’Acre (1799). Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur (novembre 1804), et se trouvait major au 7e léger au camp de Brest, puis au 114e de ligne durant la campagne d’Espagne (1808-1813). Nommé colonel du 3e de ligne (7 septembre 1811), il fut tué le 31 août 1813, près d’Irun, au passage de la Bidassoa. Marié le 3 juin 1810, à Huningue, avec Thérèse Berry âgée de 18 ans et dotée de 100 000 francs somme considérable. Elle lui donna un fils, Louis-Laurent, né à Huningue, le 23 avril 1812, (engagé en 1829 dans le régiment des lanciers d’Orléans, il devînt colonel dans les services de renseignements, puis négociant, marié à Marie-France Voubanck à Mulhouse qui lui donna un fils, Louis-Antoine-Napoléon).

Garrige capitaine de la 2e compagnie du 1er bataillon de la Charente.

Louis-Noël Gignac, fils de Pierre, maître en chirurgie et de Barbe Catherine Noël, né le dernier jour de février 1773, à Marthon, Charente, ayant pour parrain Louis Barret son grand-oncle paternel, et comme marraine Marie Barret veuve Gignac aïeule paternelle. Il s’enrôla volontaire au 1er bataillon de la Charente (17 août 1791). Il servit à l’Armée du Nord (1792 et 1793). Prisonnier de guerre au siège de Valenciennes, caporal-fourrier (15 août 1793). Il servit à l’Armée d’Italie (1794-1797). Sergent-major (1796), entra par amalgame à la 4e légère. Prisonnier de guerre à la Corona (1796), sous-lieutenant (1797). Il servit à l’Armée d’Orient (1798-1801). Lieutenant (1801), capitaine (1804), chevalier de la Légion d’Honneur (13 novembre 1806). A la Grande Armée (1805-1808), Armée d’Espagne et du Portugal par la suite. Il demanda sa retraite et reçut un état de service le 17 octobre 1809 :

« est atteint de diverses blessures par instruments tranchants et piquants situées à la partie supérieure de la tête, qui pénètre jusqu’à la matière cérébrale, à la partie inférieure et antérieure de la mâchoire, à la partie postérieure du cou, à la parie postérieure et latérale gauche du dos, et enfin à la partie extérieure et inférieure de la cuisse gauche, de plus atteint de diverses douleurs rhumatismales et de vives douleurs à la tête depuis la blessure qu’il a reçu à cette partie ». Il mourut le 23 mai 1835.

Anet Grand, né le 11 juillet 1771 à Chabanais, arrondissement de Confolens, s’engagea au 1er bataillon de la Charente (1791), il fit la campagne du Nord et de Belgique (1792-1793). Passa au 5e bataillon de la formation d’Orléans pour partir en Vendée, il y passa caporal puis sergent (avril et août 1793). Il fit les campagnes dans l’Ouest (1793 à 1796), puis passa à l’Armée d’Italie (1796 à 1800). Il se distingua particulièrement à la bataille de Marengo (14 juin 1800), grièvement blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche, il ne cessa de se battre malgré sa blessure pendant quatre heures. Nommé sergent-major (1801), sous-lieutenant (1802), pourvu d’un fusil d’honneur, chevalier de la Légion d’Honneur (1803), il fut envoyé à la 12e cohorte au camp de Montreuil. Il fit les campagnes d’Autriche et de Prusse (1805-1806), nommé lieutenant (31 mai 1806). Envoyé en Espagne, il fit partie du corps du général Dupont qui capitula en rase campagne à Baylen (1808) et survécut aux pontons de Cadix et du rocher de Cabrera (1808-1814). Il ne rentra en France qu’après la chute de Napoléon (14 juin 1814). Il était encore lieutenant à l’Armée des Alpes (1815), puis obtînt sa retraite (1816). Il mourut en 1826.

Imbault désigné par le directoire du département de la Charente au poste de chirurgien-major du 1er bataillon de la Charente.

Jousserand capitaine de la 5e compagnie du 1er bataillon de la Charente

Mathieu Lacroix, capitaine de la 6e compagnie du 1er bataillon de la Charente, né à la Rochefoucauld le 29 septembre 1761, soldat dans le régiment ci-devant d’infanterie du Lyonnais. Il fit la campagne de la guerre d’indépendance d’Amérique (1781), sièges de Mac-Mahon à Minorque et de Gibraltar (1782), promu au grade de caporal (1784), sergent (1785). Il quitta l’armée ne pouvant plus progresser à cause de ses origines roturières avec un congé absolu (1er janvier 1789). S’enrôla volontaire au 1er bataillon de la Charente (1791), élu capitaine, campagne de l’Armée du Nord et de Belgique (1792-1793), siège de Valenciennes et de Lyon (1793), nommé chef de bataillon (1er novembre), il passa à l’Armée des Alpes et à l’Armée d’Italie (1794-1798). Incorporé dans la 4ème demi-brigade légère, 2ème bataillon au second amalgame. Il servit à la division Joubert, s’illustrant au combat de La Corona (où il fut fait prisonnier), à la bataille de Rivoli (14 janvier 1797), où il fut blessé d’un coup de feu à la poitrine. Il fit la campagne d’Égypte (1798-1801), se battit au combat de Chébreiss, où il reçut deux coups de feu au pied gauche, à la bataille des Pyramides, aux combats en avant d’Alexandrie (mars 1800), où il reçut deux coups de feu à la tête. Il fut promu chef de brigade à la 4e demi-brigade légère de seconde formation le même mois. Il rentra en France après la capitulation d’Alexandrie, nommé chef de brigade à la 86e demi-brigade de ligne (juillet 1801), il fut de l’expédition de Saint-Domingue (1802-1804). Nommé chevalier de la Légion d’Honneur, il eut la chance de rentrer en France, il tînt garnison à Bayonne puis fut des campagnes d’Autriche (1805), de Prusse (1806), de Pologne (1807) et enfin envoyé en Espagne (1808), toujours aux commandes du 86e de ligne. Il fut fait général de brigade et baron de l’Empire (6 et 15 août 1811). Rappelé en France à la fin de l’année, il fut employé à la 17e division militaire, appelé pour servir dans la 1ère division du corps d’observation de l’Elbe sous les ordres de Lauriston, commandant du 4e corps (3 février 1813). Servant dans la 2ème brigade, 19ème division de Rochambeau, du 5ème corps, il fut destitué par l’Empereur pour s’être laissé surprendre dans ses cantonnements (26 mai), mais le réintégra dans son grade (juillet) pour le mettre en retraite (25 septembre). S’étant retiré à la Rochefoucauld, la Restauration le nomma chevalier de Saint-Louis. Il présida le Conseil de défense de la ville d’Angoulême (mars 1814). Il mourut à La Rochefoucauld le 21 juillet 1822.

François Laroche, né le 5 janvier 1775 à Ruffec. Son père y exerçait la profession d’huissier royal et d’hôtelier et de Madeleine Demondion, ayant pour parrain François Carmignac-Descombes et pour marraine Marie-Anne Demondion. Son père lui donna une solide éducation. Il s’enrôla volontaire au bataillon (1791) et élu lieutenant à la compagnie de grenadiers, il passa très vite au 15e régiment de cavalerie (1er décembre), puis au 16e régiment de cavalerie (20 avril 1792), devenu 25e régiment de dragons11. Il servit à l’Armée du Nord et de Sambre-et-Meuse (1792-1794), capitaine (12 février 1794), il se signala à l’Armée du Nord de Pichegru (17 mars) : « dans une reconnaissance à Etreux, il exécute avec son escadron une charge où il prend deux pièces de canon et met en déroute un régiment de cavalerie autrichienne, cette action d’éclat lui vaut d’être porté à l’ordre du jour de l’Armée, il passe ensuite à l’Armée de Sambre-et-Meuse, assiste à la bataille de Fleurus, à toutes les campagnes de Jourdan »12. Réformé (1798), il se retira à Ruffec, mais il reprit du service (20 avril 1799), toujours dans le 25e dragons, et il fut envoyé à l’Armée de l’Intérieur, il servit à l’Armée du Rhin (1800-1801). « Le 1er décembre 1800, en avant de Neckargemünd, il accomplit encore une action d’éclat, aidé de quelques dragons, il délivre une compagnie de grenadiers prisonnière des autrichiens, sa réputation de bravoure ne sera pas oubliée »13. Chevalier de la Légion d’honneur (1803), capitaine des grenadiers à cheval de la garde impériale (1805), il fit la campagne d’Allemagne et s’illustra à la bataille d’Austerlitz. Officier de la Légion d’honneur (14 mars 1806), il passa major au 1er régiment de carabiniers (21 août). Servit pendant la campagne de Prusse et de Pologne (1806 et 1807, bataille d’Iéna et d’Eylau), nommé colonel de son régiment (1807), puis baron de l’Empire (1808). Servit durant la campagne d’Allemagne (1809), blessé d’un coup de sabre à la tête à Ratisbonne (23 avril), il eut un cheval tué sous lui à la bataille de Wagram (6 juillet). Le 1er de Carabiniers revînt à Lunéville à la paix, puis servit d’escorte à l’Impératrice Marie-Louise (1810) assistant personnellement aux fêtes du second mariage de Napoléon. Il fit la campagne de Russie (1812), corps de cavalerie de réserve de Montbrun (2e corps, division Defrance). Il se couvrit de gloire à la Moskova, trois fois conduit par les généraux Montbrun et Caulaincourt, à l’attaque de la Grande Redoute où elle tailla en pièce l’infanterie russe (7 septembre). Laroche fut blessé de deux biscaïens au moment où il reformait son régiment pour une attaque, à la tête et à la poitrine. Malgré sa blessure et sa cuirasse transpercée, il mena la charge et fut envoyé à la poursuite des Russes. Il participa au combat de Mojaïsk puis entra à Moscou (14 septembre). Il était sous les ordres de Murat dans le combat malheureux de Winkovo (18 octobre), prélude à la grande retraite. Murat mena la charge pour briser l’encerclement, avec le 1er carabiniers et une simple cravache comme arme. A cinq reprises le régiment précipita dans les ravins, la cavalerie d’Orlov et les chasseurs de Benningsen. Un charentais, G. Chaloupin, maréchal des logis chef au 1er carabiniers, tomba aux côtés de Laroche dans une sanglante mêlée. Le 1er de carabiniers fut pratiquement anéanti durant la retraite de Russie, le régiment se réduisit à Laroche entouré de quelques soldats à l’arrivée à Smolensk, en état de servir et à cheval. Il lutta sous les ordres du maréchal Ney dans un bataillon improvisé d’officiers, durant trois jours à Krasnoé. Les 26, 27 et 28 décembre, il servit aux côtés du maréchal Victor à la bataille de la Bérézina, défense des gués de Studzianka et s’échappa à la nage sur son cheval suivi de son jeune frère et de deux compatriotes, Thorel et Lompré également de Ruffec en Charente. Rentré en France, il fut chargé de reformer son régiment à Lunéville, il fit la campagne de Saxe (1813), nommé général de brigade (28 septembre). Il fut chargé de se rendre à Hanovre pour recruter de nouveaux hommes de cavalerie, mais la ville étant tombée au pouvoir de l’ennemi, il reçut l’ordre après la bataille de Leipzig de couvrir la retraite sur le Mein. Il se porta sur Hanau avec un millier d’hommes, chassa les Bavarois qui occupaient la position, dispersa un corps d’insurgés paysans (23 octobre), mais il dut évacuer la ville attaquée par l’armée bavaroise de De Wrède (27 octobre). S’étant replié sur Francfort, il fut victorieux à Perkeims, coupa les ponts sur la Nidda, mais sa troupe se délita et c’est avec 60 hommes qu’il arriva à Mayence. Il dut remonter la cavalerie durant la campagne de France (1814). Nommé à l’arrivée de Louis XVIII gouverneur du département de la Charente (23 juillet), chevalier de Saint-Louis (29 juillet). Aux Cent Jours, il envoya à Bordeaux les bataillons de Garde nationale de la Charente, pour sous les ordres de Clauzel, maintenir l’ordre dans la ville connue pour ses opinions royalistes. A l’Armée de la Loire (juillet 1815), il se chargea du licenciement des troupes de cavalerie à la Rochelle (11 octobre), puis fut mis en non activité (1er février 1816). Il avait été élu député à la chambre pour l’arrondissement d’Angoulême (1815). Ses sympathies suspectées pour l’Empereur, le firent interner un moment à Beauvais dans l’Oise (après sa mise en non activité). Il fut placé en disponibilité (1er avril 1820), et il mourut à Ruffec le 22 février 1823, à l’âge de 48 ans.

Jean Léchelle ou Leschelle, lieutenant-colonel du 1er bataillon de la Charente. Né le 2 avril 1760 à Puyréaux, son père François Léchelle était marchand dans ce bourg. Il s’engagea dans le régiment ci-devant de Rouergue (1778), où il servit pendant dix. Maître d’armes à Saintes (1789), s’enrôla au 1er bataillon de la Charente et fut élu lieutenant-colonel (1791). Promu général de brigade (17 août 1793), et protégé par le Ministre de la guerre Bouchotte alors qu’il n’avait aucune compétence ou talent pour le commandement. Il est dit de lui :

« c’était à ce qu’il semble, un homme de peu de caractère, vaniteux, faible, borné, infatué de sa personne, et qui fut enivré par son élévation rapide, il se laissa entraîner dans les clubs, figura bientôt parmi les partisans les plus ardents de Jacobins, et surtout fut puissamment secondé par son compatriote, le célèbre conventionnel Dubois de Bellegarde, député de la Charente »14. «  On avait fait à ce général une réputation telle que le malheureux Leschelle finit par se croire un foudre de guerre. C’était à lui que l’on faisait remonter l’honneur d’avoir empêché une descente des Anglais et d’avoir rejeté les Vendéens sur les bords de la Loire, les Mayençais et leur vaillant chef Kléber, auteurs véritables de la victoire furent éclipsés par cette renommée factice, le civisme de Leschelle, l’appui que lui prêta Bellegarde, ses harangues de clubiste vantard firent illusion à tel point aux commissaires de la Convention Prieur de la Marne et Heintz, qu’ils le nommèrent général de division et commandant en chef de l’Armée de Vendée en remplacement de Canclaux, ce fut pour son malheur, son inexpérience militaire, son ignorance, son incapacité et sa présomption éclatèrent alors à tous les yeux. Les Mayençais s’indignèrent d’avoir à leur tête un chef qui ignorait les règles les plus élémentaires de la stratégie sil l’on en croit une tradition peut-être exagérée. Les exactions qu’il commit et la férocité dont il fit preuve achevèrent de le discréditer, « l’homme du peuple » comme l’appelaient les conventionnels Prieur et Heintz fit perdre par ses mauvaises dispositions la bataille d’Entrammes et ne trouva rien de mieux que d’en rejeter la responsabilité sur la lâcheté de Chalbos, mais Kléber dans son rapport l’accabla, son ordre y disait-il, était marqué au coin de la plus crasse ignorance et toute l’armée refusa d’obéir à un général qu’elle traitait de Jean-foutre, suivant l’expression énergique des Mayençais »15.

Nommé général de division (30 septembre), commandant en chef de l’Armée de l’Ouest (soit les armées des Côtes de la Rochelle et de Mayence, armées qui furent souvent battues par les insurgés vendéens mais victorieuses à Mortagne-sur-Sèvre et surtout à la bataille de Cholet (17 octobre). Il obéit aux ordres du comité de Salut Public qui ordonna de dévaster la Vendée puis poursuivit l’Armée Catholique royale lancée dans sa virée dite de Galerne. Il fut battu à la bataille d’Entrammes (26 octobre) et perdit 4 000 hommes. Incapable, insulté par ses hommes, méprisé par les officiers, il finit par être mis en accusation par les représentants en mission auprès de son armée, notamment Merlin de Thionville qui le fit arrêter et enfermer à Nantes. Il mourut quelques jours après dans des circonstances obscures, de chagrin, suicidé, empoisonné ? Carrier qui s’illustra par sa cruauté et les noyades, fusillades et massacres dans la région de Nantes, écrit à la Convention : « il est mort de chagrin presque dans mes bras ».

Lousmeau, lieutenant de la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de la Charente.

Joseph-Augustin Mercier-Desponteilles, né à Confolens, Charente, le 2 novembre 1770, fils de Michel Mercier sieur Desponteilles, avocat bourgeois et de Marie-Renée Pugnier, ayant pour parrain et marraine, Joseph-Augustin Pugnier de la garde, bourgeois et oncle maternel ainsi que Marie Mercier, tante paternelle. S’enrôla volontaire au 1er bataillon de la Charente (18 octobre 1791). Élu sergent au bataillon le même jour. Il fit la campagne de 1792 et 1793 à l’armée du Nord. Sous-lieutenant passé au ci-devant régiment d’infanterie de Touraine (12 janvier 1792). Blessé d’un coup de feu à la figure (17 septembre 1793) sur le Rhin. Il fit campagne à l’armée du Rhin de 1794 à 1798. Lieutenant (1794), blessé d’un coup de feu à la jambe droite à la bataille de Forkheim, en Franconie (1797). A l’armée du Portugal (1801-1802), il servit à l’armée des Côtes de l’Océan (1804 et 1805). Passa capitaine au 96e régiment de ligne, il servit à la Grande Armée, campagne d’Allemagne, de Prusse et de Pologne (1805-1807). Chevalier de la Légion d’honneur (14 avril 1807). Mis à la suite du régiment par un décret (31 mai 1809), il reçut un état de ses services (1er décembre) du conseil d’administration de son régiment. Un double fut fait à Angoulême (4 octobre 1816). Il résida à Paris pendant plusieurs années jusqu’en 1821, et vint résider en Charente. Il signala son déménagement à Paris (14 octobre 1828), à la Chancellerie de la Légion d’honneur. Il signala à nouveau à la Chancellerie de la Légion d’honneur son déménagement de Paris, où il avait résidé 3 rue du Temple. Il déménagea dans le courant de l’année 1830, à Manot en Charente (5 juillet 1830). Il mourut, le 16 avril 1842 à Manot en Charente. Il laissa une veuve Madeleine Perrin comme seule héritière.

Antoine Mesnard, fils de Jean et de Jeanne André, né le 6 octobre 1770, à Saint-Amand-de-Boixe, Charente, ayant pour parrain Anthone Mesnard et marraine, Marie Paponnet. Volontaire au 1er bataillon de la Charente (17 octobre 1791). Il fit campagne à l’Armée du Nord (1792-1793). Caporal (1795), il passa ensuite à l’Armée d’Italie (1796-1797). Il servit à l’Armée d’Orient (1798-1801). Blessé d’un coup de feu à la tête (12 germinal an 7) en montant à l’assaut de Saint-Jean-D’acre, nommé sergent (1800), chevalier de la Légion d’honneur (24 septembre 1803). Passa au 4e régiment d’infanterie légère, 3e compagnie, 3e bataillon, où il se trouvait encore en 1805. Il passa devant une commission médicale à cette date à Paris : « je soussigné officiers de santé attaché au dit corps, certifie que le nommé Mesnard Antoine, ayant des douleurs à la tête au moindre changement de temps ne peut faire son service actif étant atteint en outre de douleurs rhumatismales, doit obtenir une retraite, signé Robert ». Il mourut le 23 mars 1831. Il laissa une veuve, Antoinette Quantin, domiciliée à Saint-Amand-de-Boixe, et trois filles mineures, Marie, Marguerite et Françoise Mesnard.

Mondion, Quartier-maître trésorier du 1er bataillon de la Charente.

Neuville, capitaine de la 7e compagnie du 1er bataillon de la Charente.

François-Louis Penot, né le 11 janvier 1773 à Angoulême, Charente, fils de François, cordonnier et de Marie Mesnard, ayant pour parrain et marraine, François-Louis Pichon et Jeanne Toulli. S’enrôla volontaire au 1er bataillon de la Charente (17 octobre 1791). Il fit campagne à l’Armée du Nord (1792 et 1793), puis passa à l’Armée d’Italie (1794-1797), à l’Armée d’Égypte (1798-1801). Caporal (1800), sergent (1803), chevalier de la Légion d’honneur (5 novembre 1804). A la Grande Armée, alors au 4e léger, campagnes d’Allemagne, de Prusse et de Pologne (1805-1807). A l’Armée d’Espagne et du Portugal (1808-1809). Il fut fait prisonnier de guerre par les Anglais (12 mai 1809). Il fut libéré puisqu’il passa devant une commission de réforme à Paris (1er octobre 1810), et désira se retirer chez lui à Angoulême. « Il a perdu l’extrémité supérieure gauche par suite d’un coup de feu ce qui le met dans l’impossibilité de faire aucun service, j’estime qu’il a droit à l’hôtel impérial des Invalides ». Il était alors à la 3e compagnie du dépôt du 4e léger. Il mourut le 8 juillet 1834. Il laissa une veuve, Jeanne de la Nougerède, domiciliée à Angoulême et une fille mineure, Marie-Marguerite Penot.

Pierre-Armand Pinoteau, capitaine de la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de la Charente. Né le 6 septembre 1769 à Ruffec, de Charles-Jean Pinoteau, notaire royal et procureur fiscal du marquisat de Ruffec qui appartenait au comte de Broglie et de Catherine Cante, ayant pour parrain Pierre Greaud, sieur Dubois, procureur au siège de Mouton, son cousin et comme Marraine, Jeanne Rippe. Son père était l’un des plus importants notables de la ville, chargé en 1789 de la rédaction des cahiers de doléances de sa ville. Il mourut sous l’Empire juge au tribunal de Ruffec. Armand était le plus jeune de ses enfants, il fit de bonnes études et se destinait à être receveur de l’enregistrement. La révolution en décida autrement. Il s’enrôla au 1er bataillon de la Charente (10 juillet 1791), élu capitaine au 1er bataillon de la Charente (17 octobre), aide de camp de Leschelle en Vendée (22 août 1793). Il se distingua à la bataille de Mortagne en dégageant la division Beaupuy qui était cernée par les Vendéens. A cette occasion, il sauva la vie d’un lieutenant du 24e bataillon de la Charente, qui blessé et jeté dans un fossé plein d’eau allait périr. Il le porta sur son cheval et le conduisit à une ambulance avant de retourner au combat. Il passa chef de bataillon à titre provisoire (16 octobre 1793), il fut envoyé à Ruffec pour achever l’organisation de la levée en masse et la formation du bataillon de réquisitionnaires. Il repartit ensuite aux frontières. Chef de bataillon (6 février 1795), adjudant-général chef de bataillon (13 juin), il s’illustra sous les murs de Mayence dans un combat, où il enleva le village de Weisenau :

« un certificat du général Desaix atteste de son zèle dont il fit preuve dans la retraite de son armée de Pfrimm sur Landau. Il était alors rattaché à la 9e division de l’Armée de Rhin-et-Moselle. A l’investissement de Mayence en janvier 1795, sous les ordres de Michaud, il taille en pièces dans le village de Wantzenau un détachement de manteaux rouges croates, soldats cruels et barbares, qui assaillis à la baïonnette, sont tous tués ou blessés. Lors de la trahison de Pichegru, les lignes de Mayence sont attaquées par Clerfayt, Pinoteau seul officier supérieur de la division Courtot présent à cette attaque, prend le commandement de la division, lutte pied à pied contre les Autrichiens et ramène ses soldats aux postes assignés. Après la perte des lignes de Mayence, il se signale encore à l’arrière-garde de la division Desaix, sauve son régiment, égaré sur la Pfrimm, par une marche rapide. Le général Desaix embrasse le jeune adjudant-général devant toute l’armée et lui adresse une lettre de félicitations. Pinoteau couronne cette campagne en enlevant sur la frontière d’Alsace plusieurs détachements de cavalerie ennemie »16.

Il fut toutefois, à la réorganisation des troupes de 1795, réformé et mis de côté sans traitement (21 avril 1796), admis à la réforme avec traitement (7 novembre 1797). Il reçut une lettre de recommandation du général de division Beaupuy en 1796 :

«  Assurément mon cher Pinoteau, j’attesterai de vos bons services dans l’Armée de l’Ouest, cette justice vous est due et je certifie que particulièrement au combat du 15 septembre 1793, près de Mortagne, vous avez fait preuve de dévouement et d’un grand zèle, en vous portant au lieu du danger et en vous éloignant d’un service où vous ne trouviez pas l’occasion de seconder l’ardeur et le courage de vos frères d’armes et de servir aussi utilement la Patrie. Cet amour de vos devoirs, cette preuve de volonté et d’intrépidité dans votre service d’aide de camp, vous le prouvâtes une seconde fois lorsque je vous employai au passage de la Loire et avec le même succès, tels sont les sentiments et l’estime que vous m’avez inspiré, mon cher Pinoteau, et que je déclare à tous à qui il appartiendra, signé Beaupuy, le colonel Pinoteau avait aussi entre les mains un certificat de la part du général Kléber, ce certificat faisait connaître sa conduite militaire à la bataille devant Cholet et jour suivant, mais le certificat lui a été repris devant Mayence par les Autrichiens lorsqu’ils prirent les lignes ».

Le général Desaix lui remet également un certificat à la même date :

« Le général en chef de l’avant-garde, certifie qu’il a servi pendant la dernière campagne avec l’adjudant-général Pinoteau et qu’il a eu à se louer de son zèle et de son activité surtout dans la pénible retraite depuis la Pfrim jusqu’à Landau, que, dans les continuels et fatiguants combats et les marches difficiles de nuit, il s’est donné les peines les plus grandes pour faire réussir les armes de la République et éviter les malheurs qui arrivent d’ordinaire. Le général se plait à rendre justice à l’adjudant-général et à assurer qu’il mérite des éloges par sa modestie, son intelligence et sa bonne volonté, il en a donné preuves dans la même retraite où il a fait tout ce qu’il a été possible, quoiqu’il eut perdu tous ses effets, ses bagages et ses équipages, devant Mayence et qu’il fut privé par-là de toutes ressources, signé le général de division Desaix ».

La cause de cette disgrâce (traitement de réforme) est obscure, soit par son jeune âge à son grade, soit plutôt à cause d’un duel qu’il eut avec un commissaire de la Convention, inimité dangereuse pour les carrières, le politique de l’époque l’emportant et de loin devant le militaire. Il fut toutefois rappelé à l’activité (7 novembre 1799), avec le grade de chef de bataillon et placé à la 82e demi-brigade de ligne alors en garnison à Rennes. Il déploya une ferme activité contre les Chouans dans la région de Fougères, méritant les éloges du ministre de la Guerre Schérer et du général Lespinasse commandant l’artillerie de l’Armée d’Angleterre. « Son ami, Bernadotte, alors conseiller d’État lui fait remettre en signe d’amitié un sabre d’honneur »17. Il reçut une lettre du Ministre de la Guerre (27 pluviôse an 7), alors qu’il était chef de bataillon à la 82e demi-brigade de ligne :

« Le général de la 13e division militaire vient de m’annoncer citoyen, l’arrestation de Francoeur, l’un des plus dangereux chefs chouans du canton de Fougères. Il m’assure que cette prise importante est particulièrement due à votre activité et à votre intelligence, recevez en citoyen le témoignage de ma satisfaction particulière et que cet encouragement donné à votre zèle devienne pour vous un nouveau motif de concourir de tous vos moyens à l’anéantissement de la bande de scélérats qui n’existent que pour la désolation et la ruine du pays qu’ils infestent, salut et fraternité, Schérer . Le colonel Pinoteau à plusieurs autres pièces qui attestent les services qu’il a rendu depuis l’Ille et Vilaine, notamment de Messieurs les généraux, le sénateur Lespinasse, Michaud et Schill, il invoque aussi avec confiance le témoignage de Monsieur le sénateur et général Dambarrère qui a commandé la Bretagne et celui du général Delaborde qui connaît sa conduite et son service dans ce pays, du reste il a reçu une arme avec une inscription honorable de la part du général en chef, Bernadotte en récompense de ses services à l’Armée de l’Ouest ».

Il fit la campagne de l’an 7, 8, 9 et 10 à l’Armée d’Angleterre devenue celle de l’Ouest. Pinoteau fut chargé de la formation à Tours de trois bataillons de grenadiers (1801), puis passa chef de brigade à la 82e demi-brigade de ligne. Alors qu’il commandait cette unité en garnison à Rennes sous le commandement de Bernadotte, le fameux complot des libelles mit à mal sa carrière et le mit en danger :

« on répandit un moment le bruit d’une conspiration militaire qui devait avoir pour objet le renversement du Premier consul Bonaparte, et où Pinoteau aurait commandé l’avant-garde de l’Armée de Bernadotte, ce qui avait donné lieu à ces suppositions s’était suivant l’expression du préfet Mounier : « les propos dangereux de beaucoup d’officiers placés sous les ordres du chef de brigade de la 82e de ligne. Ce qui aggrave encore la situation de Pinoteau, c’est qu’avec Bernadotte et beaucoup d’officiers de son armée, il refusa d’adhérer au plébiscite qui sanctionnait le Consulat à Vie, ce républicanisme convaincu déplût à Bonaparte, un certain nombre d’officiers du régiment, soit ambition, soit par rancune, soit par dévouement au Premier consul signèrent une protestation qui dénonçait Pinoteau comme ennemi du gouvernement en 1802. On arrêté à Paris Marbeau, aide de camp de Bernadotte, porteur disait-on de proclamations insurrectionnelles. Le préfet d’Ille-et-Vilaine, le célèbre Mounier, ancien constituant fit saisir à Rennes, avec le concours de la 79e de ligne, Simon chef d’État-major de Bernadotte, le chef de brigade Pinoteau qui fut envoyé à Paris et enfermé dans la Tour du Temple, Bernadotte n’échappa que grâce à la parenté avec Joseph Bonaparte (par leurs femmes, Julie et Désirée). Pinoteau se défendit toujours d’avoir trempé dans une conspiration contre Bonaparte, il n’en fut pas moins destitué et mis en surveillance pendant cinq ans »18. Il écrivit à l’Empereur en l’an 13 : «  Sa majesté l’Empereur et Roi, ayant prononcé ma mise en activité, je supplie votre excellence de me faire jouir des mêmes honneurs que Messieurs les colonels qui tous, sont décorés de l’Aigle impérial. Au moment de partir pour la Martinique, où je vais reprendre le commandement du 82e régiment et jaloux d’être admis dans la Légion d’Honneur avant mon départ, qui sera très prochain, je prie votre excellence de m’indiquer le jour où je pourrai recevoir ma décoration ».

Il envoya une lettre du même ton et pour la même demande en l’an 14. Le 31 octobre 1808, alors que Napoléon passait à Ruffec pour se rendre en Espagne, Pinoteau commandait la Garde nationale rangée pour accueillir l’Empereur. Il fut désigné à Napoléon par la femme du général de cuirassiers, Espagne, futur héros de la bataille d’Essling qui habitait Ruffec. Il fut convoqué par l’Empereur au Quartier-général impérial et arriva à Madrid (décembre 1808). Il fut alors nommé chef d’État-major à la division Heudelet, dans le 2e corps de Soult et prit part avec cette division à la campagne du Portugal. Il assista à la bataille d’Oporto (mars 1809), à la retraite du corps de Soult, aux batailles de Badajoz et de Ciudad-Rodrigo. Il écrivit de nouveau à l’Empereur en 1810 :

«  Je suis un ancien colonel des armées de sa majesté l’Empereur, mais des événements m’ont arrêté dans ma carrière militaire au moment même, ou comme tous mes collègues j’allais jouir des bienfaits de sa Majesté. En vendémiaire an 14, peu de temps après ma réintégration et ma mise à disposition de son excellence le ministre de la Marine, j’eus l’honneur de supplier votre excellence, de me faire accorder la faveur de porter la décoration, je pris alors la liberté de lui faire connaître mes droits et les motifs qui m’avaient privé de la recevoir, je joignis à ma supplique quelques pièces desquelles votre excellence daigna m’annoncer la réception en me donnant de l’espoir, flatté d’être promptement admis à faire partie de la Légion d’Honneur. Quoiqu’alors sur le point de partir pour la Martinique où j’avais l’ordre d’aller reprendre le commandement de mon régiment, le 82e je n’étais pas réellement en activité de service puisque je n’avais encore pu partir faute d’occasion de rejoindre ma destination. Cette raison dût être un obstacle pour mon admission à la Légion d’Honneur, et comme, j’ai été pendant quatre ans à la disposition de la Marine sans pouvoir embarquer pour la Martinique, et qu’ensuite, je n’ai pu partir pour cause de maladie, pour le Sénégal où l’Empereur m’a ordonné de me rendre en qualité de commandant administrateur général de la Colonie, je suis resté jusqu’à présent privé de l’honneur d’être décoré. Maintenant, Monseigneur, que je suis en activité à l’armée d’Espagne où j’ai été appelé par l’Empereur même en 1808, je relance la bonté de votre Excellence en invoquant avec confiance le témoignage des généraux sous lesquels j’ai l’honneur de servir. S’il m’était permis d’espérer de compter sur quelques bons services antérieurs à ma destitution, mais que des malheurs ont pu faire effacer, j’oserais supplier, votre Excellence de me faire traiter comme tous mes collègues, qui, un ou deux mois après que je fus retiré du rang, furent tous et par disposition générale nommés officier de la Légion d’Honneur, si pour obtenir cette double faveur, votre Excellence avait besoin de prendre du renseignement sur ma conduite militaire et sur les événements dont j’ai été victime, je lui demanderai la grâce de les passer au Ministère de la Guerre et partout où elle croirait pouvoir s’éclairer sur mes services et ma conduite. Il me serait même agréable que votre Excellence voulut se procurer sur mon compte tous les renseignements possibles etc. ».

Il avait été affecté à l’Armée du Portugal (janvier 18096 juillet 1813). En septembre 1810, il servait sous le maréchal Masséna, lors de l’invasion du Portugal, et participa à la sanglante et meurtrière bataille de Busaco, où il fut blessé au sein gauche par une balle anglaise. Il commanda les avant-postes de sa division à Villlafranca sur le Tage, et lors de la retraite calamiteuse de Masséna vers l’Espagne. Il eut un cheval tué sous lui au combat de Sabugal (30 avril 1811). Il servit à la bataille de Fuentes-de-Onoro, où il commanda une brigade de la division Heudelet. Il secourut la garnison de Barba de Puerco sous les ordres de Brenier, qui venait d’évacuer et rejoindre les lignes françaises avec une audace remarquable (évacuation d’Almeida). Pinoteau fut fait chevalier de la Légion d’Honneur (7 mai 1811), et promut au grade de général de brigade (6 août). Il servit sous les ordres de Marmont à la délivrance de la garnison de Badajoz (juin 1811), dirigea le siège de Ciudad-Rodrigo (avril 1812), participa à la bataille et défaite de Salamanque, où il fut blessé à la tête de sa brigade (22 juillet). Il fut jeté à bas de son cheval, sur le point d’être pris ou tué lorsque la cavalerie anglaise fut repoussée et étrillée par le 65e de ligne. Pinoteau reforma les débris de sa brigade et dut supporter le feu terrible des Anglais jusqu’à la nuit, les 65e et 17e de ligne résistèrent jusqu’à la nuit tombée. Le général Clauzel ayant remplacé le maréchal Marmont blessé, il donna l’ordre de retraite, la 6e division dont le général, Ferrey, avait été tué, fut confiée au commandement de Pinoteau. Il couvrit jusqu’à l’Ebre la retraite de l’Armée. En octobre 1812, sa division se fit remarquer en livrant d’incessants combats d’arrière-garde contre les Anglais de Wellington, leur enlevant de nombreux bagages et provisions au combat du pont de Cabezon non loin de Valladolid. Sa division occupa en décembre la province de Médina del campo, menant la guerre contre les guérillas où il resta jusqu’en avril 1813. Sa modération lui valut un cadeau des municipalités espagnoles qu’il refusa, un exemple rare alors que les généraux français en Espagne furent connus surtout par leur soif du pillage et de leur enrichissement personnel. A l’hiver 1813, il prit le commandement de la 1ère brigade de la division Maucune, défendant durant la retraite vers l’Ebre, le village de Villa-Guttiérez en tenant tête à cinq régiments de cavalerie anglaise (12 juin). L’armée ennemie ayant tournée les Français aux gorges de Frias près de l’Ebre, Pinoteau à la tête de la 17e légère chargea l’ennemi et s’ouvrit un passage recevant plusieurs balles dans son habit et tuant son aide de camp (18 juin). Il réussit à rejoindre le gros de l’armée avec un convoi qu’il escortait puis se porta au secours de Saint-Sébastien assiégé. Il participa au combat du Mont Saint-Martial près de la Bidassoa, sa brigade chargée d’attaquer les sentiers impraticables de la position centrale des Anglais fut repoussée avec de grosses pertes (31 juillet). Il combattit encore aux batailles de la Nive et de la Nivelle, et fut envoyé en renfort à la Grande Armée (janvier 1814), la France était alors en passe d’être envahie. Il atteignit Paris (20 janvier), servit à la seconde bataille de Montmirail où Pinoteau avec le 130e de ligne et le 10e léger, poursuivant les Prussiens jusqu’à Etoges. Il participa encore au combat de Bar-sur-Aube sous les ordres d’Oudinot, la brigade Pinoteau formée en carré fut chargée et resta stoïque sous le feu de l’artillerie et des charges. Pinoteau fut blessé d’un coup de feu à la jambe, son aide de camp, le capitaine Mimaud également de Ruffec, fut tué, son frère maréchal des logis de dragons également tué. Nommé officier de la Légion d’honneur (12 mars 1814), il n’était pas remis de sa blessure à l’abdication de l’Empereur. Il commanda le département de la Dordogne (24 mai 1814 au 1er octobre 1815), pendant son service, il réussit à maintenir l’ordre à Périgueux, apaisa une révolte du 44e de ligne et il fut fait chevalier de Saint-Louis (24 septembre). Maintenu en activité aux Cent-jours, il fut élevé par l’Empereur au rang de baron de l’Empire (28 avril 1815). Il tomba en disgrâce à la Seconde Restauration, un moment interné à la Rochelle (1816), il fut mis en non activité puis en disponibilité (1818-1830). Rappelé, il fut commandant du département de la Charente-inférieure (6 août 1830 au 31 juillet 1831). Il sauva le général Despinois qui allait périr victime d’une émeute à Rochefort, et il fut encore commandant du département de la Loire-inférieure de cette date au 11 juin 1832, puis admis à la retraite. Il fut nommé Commandeur de la Légion d’honneur. Il mourut le 24 mars 1834 dans sa ville natale. Il laissa une veuve, Madame Hélène Brunault-Mongazon, domiciliée à Ruffec et deux enfants Arnaud Pinoteau sous-préfet de l’arrondissement de Pithiviers et Lyse Pinoteau veuve de Jean-Louis-Auguste Brothier domiciliée à Ruffec.

Jean-Baptiste De Pressac, né le 31 juillet 1777 à Saint-Germain-sur-Vienne, Charente, fils de Jean et de Jeanne Villaret, ayant pour parrain et marraine, Jean Branche et Catherine Valloret. Volontaire au 1er bataillon de la Charente (17 octobre 1791). Il servit à l’Armée du Nord (1792-1793). Il fut ensuite envoyé au siège de Lyon, puis passa à l’Armée des Alpes puis d’Italie (1794-1798). Versé dans la 4e demi-brigade légère de seconde formation (qui ne prit cette appellation qu’en 1796). Caporal (25 septembre 1794), il passa au 22e régiment de chasseurs à cheval (18 août 1795). Blessé d’un éclat d’obus à la figure, à la bataille de Rivoli (janvier 1797), il servit à l’Armée d’Orient (1798-1801). Brigadier-fourrier (10 septembre 1798), maréchal des logis (14 octobre 1799), maréchal des logis chef le lendemain. Blessé d’un coup de baïonnette au bras gauche, « à la charge effectuée sur l’infanterie anglaise » (13 mars 1801). Adjudant sous-officier (26 septembre 1803), chevalier de la Légion d’honneur (14 juin 1804). Il servit à la Grande Armée (1805-1807), campagne d’Allemagne, de Prusse et de Pologne. Sous-lieutenant (29 mars 1805), blessé de deux coups de lance à la jambe droite et à la cuisse (1806), il fut fait prisonnier le jour de cette action et rendu à la paix de Presbourg. Lieutenant (22 novembre 1806), adjudant-major (8 avril 1807), blessé d’un coup de sabre (10 juin 1807) à la bataille d’Heilsberg. Capitaine (12 avril 1808), il servit à l’Armée d’Espagne (1808-1812). Il fit la campagne de Saxe (1813), chef d’escadron au 31e régiment de chasseurs à cheval (13 août). Il fit la campagne de France à l’Armée de Lyon (1814). Officier de la Légion d’honneur (1er octobre), chef d’escadron au 14e régiment de Chasseurs à cheval (1er novembre, chevalier de Saint-Louis (26 mars 1815). Il fit la campagne de 1815 à l’Armée du Midi commandée par le Duc d’Angoulême qui tenta d’empêcher l’Empereur de revenir en France. Fidèle au Roi, il put rebondir à la Seconde Restauration. Chef d’escadron commandant la Gendarmerie du département de la Gironde (10 janvier 1816). Il passa au même poste à celle du Lot (5 octobre 1820). Il reçut un certificat de ses états de service, le 30 avril 1822 à Cahors, département du Lot sans doute pour passer en retraite. Il mourut le 13 décembre 1860.

Redon capitaine de la 8e compagnie du 1er bataillon de la Charente.

François Rivet, né le 7 mai 1773 à Salle, fils de Jean et de Marie Bernard du village de Robejerbes, Charente, ayant pour parrain et marraine François Rivet et mademoiselle Thérèse Mouroux. S’enrôla volontaire au 1er bataillon de la Charente (17 octobre 1791). Il fit campagne à l’Armée du Nord (1792-1793). Il passa ensuite à l’Armée d’Italie (1796 et 1797). Il servit ensuite à l’Armée d’Orient (1798-1801). Caporal (1802), chevalier de la Légion d’honneur (5 novembre 1804), il servit à l’Armée des Côtes de l’Océan (1804-1805), puis à la Grande Armée, campagne d’Allemagne, de Prusse et de Pologne (1805-1807). Blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche à la bataille de Friedland (14 juin 1807), il passa en Espagne où il servit (1808-1809), il fut nommé sergent (1er février 1808). Il rentra en France ayant demandé sa retraite et désirant se retirer à Ruffec en Charente et reçut un certificat de ses états de service (20 octobre 1809 à Vincennes). Il était dit : « est atteint d’un coup de feu à la partie moyenne et externe de la cuisse gauche ce qui gêne les mouvements de progression, taze à l’oeil droit, douleurs rhumatismales acquises par les fatigues de la guerre, que ce militaire ne pouvant plus faire de service, j’atteste qu’il a droit à la retraite ». Il mourut le 23 avril 1853.

Rochette de Pluzet, lieutenant-colonel en second du 1er bataillon de la Charente, descendant d’une vieille famille de l’Angoumois, son oncle Louis Rochette écuyer, sieur de Pluzet était capitaine commandant en 1779 dans le corps des volontaires du maréchal de Tonnerre. Son père, Pierre Rochette de Pluzet était avocat au parlement. Louis Rochette serait né en 1767, à Nanteuil-en-Vallée. Il s’engagea au 1er bataillon de la Charente, où il est élu lieutenant-colonel en second (1791). Il fit la campagne de l’Armée du Nord et de Belgique, et est nommé général de brigade (1792-1793). Il s’illustra lors de la défense d’Avesnes :

« il parvint à repousser les Autrichiens, une action honorable qu’il y commit fut la cause de sa perte, il secourut un officier autrichien blessé, fait prisonnier. On lui en fit un crime, cet officier était parent du Prince de Cobourg, dont le nom avec celui de Pitt était alors en exécration. Le commandant provisoire de la place d’Avesnes fut emprisonné sur la dénonciation du conventionnel Duquesnoy, ce moine défroqué qu’Hébert lui-même représentait comme un ivrogne de profession indigne de toute créance. Rochette était franc et loyal républicain. Il se défendit avec vigueur devant le tribunal révolutionnaire d’Arras et plus tard Guffroy reprocha vivement au proconsul Joseph Lebon la mort de ce vaillant soldat. Il fut exécuté en 1794 et il paraît qu’il mourut au cri de « Vive la République » qu’il poussa sous le couteau, il existe encore (1890) des descendants de Rochette dans la commune de Vieux-Ruffec »19.

François Rousselle, né le 27 mars 1767 à Angoulême en Charente, s’enrôla volontaire au 1er bataillon de la Charente (2 septembre 1792), caporal (26 septembre), sergent (26 juin 1793), sous-lieutenant (1er juillet), blessé entre Mortagne et Cholet (15 octobre), capitaine (12 août 1795), passa à la 6e demi-brigade légère de seconde formation, 8e compagnie (1797), à l’Armée de l’Ouest (1793-1797), à l’Armée d’Italie (1798-1799). Le 3 prairial an 8, il escalada la citadelle d’Yvrée, en montant le premier à la tête d’un détachement de trente hommes. Il fut blessé à la bataille de Marengo (25 prairial an 8), servit ensuite à l’Armée de Côtes de l’Océan (1804-1805), chevalier de la Légion d’honneur (14 brumaire an 13), puis à la Grande Armée (1805-1807). Le 22 vendémiaire an 14, après avoir passé le pont d’Elchingen, il enfonça un bataillon du Prince Charles, qu’il força à mettre bas les armes, le fit prisonnier avec 13 officiers, parmi lesquels il y en avait plusieurs de marque. Blessé à la retraite de Gunstadt, d’un coup de boulet qui lui a fracturé l’épaule gauche (5 juin), officier de la Légion d’honneur (14 mai 1807). Capitaine à la 1ère compagnie de carabiniers du 6e léger (22 octobre). Sa blessure semble très grave et mit fin à sa carrière militaire, il reçut sa pension de légionnaire jusqu’au milieu de 1814, et écrivit à la Chancellerie à la fin de 1816, pour demander son paiement. Il mourut le 6 mars 1844. Marguerite-Elvina Duval épouse de Jean-Victor Liédot, payeur du département de la Charente demeurant à Angoulême fut son légataire universel par testament.

Pierre Fureau de Villemanet, né à Villemanet en Charente le 20 mars 1760, hameau de la Rochette. Il s’enrôla dans l’armée (28 janvier 1782), servit au 6e régiment de chasseurs à cheval, nommé caporal au bataillon des chasseurs des Ardennes (16 janvier 1785), il fut congédié (1er octobre 1789). Commandant de la Garde nationale du canton de Jauldes (1er mars 1790), il s’enrôla au 1er bataillon de la Charente, où il fut élu capitaine (1791). Lieutenant-colonel en second du bataillon (28 février 1793), blessé au bras gauche lors de la retraite de Belgique (15 avril). Nommé lieutenant-colonel en second au 1er bataillon du Loir-et-Cher. Il fut encore blessé lors du siège de Valenciennes, par une balle qui lui traversa la joue gauche (15 juillet). Il fut nommé lieutenant-colonel de son bataillon (19 août). Promu général de brigade (7 octobre), alors qu’il servait à l’Armée des Alpes, il fut nommé très vite, général de division et passe à l’Armée d’Italie (26 octobre). Le 14 avril 1794, il s’était présenté à la Société populaire de Ruffec « pour y faire le tableau de plusieurs persécutions qu’il a éprouvées de la part des ennemis de la Patrie, persécutions qui ne paraissent pas avoir retardé son avancement »20. Nommé commandant de la place de Marseille et de la 2e division de la côte de Méditerranée, il envoya un rapport à la Société populaire de Ruffec sur l’existence d’une conspiration dans cette ville. Il mourut à Marseille le 15 février 1795.

État des cadres à la formation du bataillon, revue du 4 décembre 179121 :

État-major :

Lieutenant-colonel Jean Léchelle de Puyréaux, 31 ans,

Lieutenant-colonel en second Louis Rochette De Pluzet de Nanteuil, 24 ans,

Quartier-maître trésorier Nicolas Mondion de Ruffec, 27 ans,

Adjudant-major Jean-Claude Dève de Rioz, en Haute-Saône, 23 ans,

Adjudant sous-officier non connu,

Chirurgien-major Louis Imbault, de Cognac, 43 ans.

Compagnie de grenadiers : capitaine Etienne Lousmeau de Champagne-Mouton, 39 ans, lieutenant Philippe Poitevin di Loubeaux de Villefagnan, 23 ans, sous-lieutenant François Laroche de Ruffec, 16 ans.

1ère compagnie (de Ruffec) : capitaine Charpantier d’Aigre, 24 ans, lieutenant Jean Laplante de Ranville, 24 ans, sous-lieutenant Claude Rouchier-Préneuf de Tusson, 21 ans.

2ème compagnie (de Confolens) : capitaine Joseph Jarrige de Crésandal dans le Lot, 30 ans, lieutenant Jean Pinaud de Chabanais, 43 ans, sous-lieutenant Ambroise Risac-Lasipière dit Puy-de-l’Homme de Lasipière, 21 ans.

3ème compagnie (de La Rochefoucauld) : capitaine Pierre Furreau de Villemalet de La Rochelle, 31 ans, lieutenant Jean Blondin de Tourriers, 28 ans, sous-lieutenant Pierre Hériard de Xambes, 21 ans.

4ème compagnie (de Ruffec) : capitaine Pierre-Armand Pinoteau de Ruffec, 22 ans, lieutenant Louis Tribert de Salles, 22 ans, sous-lieutenant Pierre Perrin de Ruffec, 22 ans.

5ème compagnie (de Confolens et Ruffec) : capitaine Léonard Jousserand 38 ans, lieutenant Louis Ducouret de Luxé, 20 ans, sous-lieutenant Pierre Villesouby de Villefagna, 18 ans.

6ème compagnie (de La Rochefoucauld) : capitaine Mathieu Lacroix de La Rochefoucauld, 30 ans, lieutenant Jean-Baptiste Maingaud d’Angoulême, 28 ans, sous-lieutenant Rousseau.

7ème compagnie (de Confolens) : capitaine Jean-Part Neuville de Lithaire dans la Manche, 19 ans, lieutenant Jean-Baptiste Degonde de Saint-Maurice, 29 ans, sous-lieutenant Joseph-Antoine Senille de Chabanais, 23 ans.

8ème compagnie (de La Rochefoucauld) : capitaine Jean Redon de Montbron, 27 ans, lieutenant François-Lazare Mathellon de Montbron, 25 ans, sous-lieutenant Antoine-François Maraudon de Montbron, 25 ans.

État des cadres au moment de l’amalgame en 179622 :

État-major :

Chef de bataillon Mathieu Lacroix, (capitaine à la 6ème compagnie en 1791),

Quartier-maître trésorier L. Pointferré,

Adjudant-major A. Faro

Adjudant sous-officier non connu,

Chirurgien-major Louis Imbault (déjà à ce poste en 1791).

Compagnie de grenadiers : capitaine Claude RouchierPreneuf (sous-lieutenant à la 1ère compagnie en 1791), lieutenant L. Ligner, sous-lieutenant J. Galopin.

1ère compagnie : capitaine Antoine Senille (sous-lieutenant à la 7ème compagnie en 1791), lieutenant F. Barbier, sous-lieutenant P. J. Guillon.

2ème compagnie : capitaine F. Piret, lieutenant P. Ladoume, sous-lieutenant J. Daigueplais.

3ème compagnie : capitaine F. Gréaud, lieutenant G. Nexon, sous-lieutenant J. Liaud

4ème compagnie : capitaine Pierre Villesouby (sous-lieutenant à la 5ème compagnie en 1791), lieutenant N. Congé, sous-lieutenant F. Legeron.

5ème compagnie : capitaine Louis Ducouret (lieutenant à la compagnie en 1791), lieutenant D. Saint-Ex, sous-lieutenant P. Nebout.

6ème compagnie : capitaine Jean-Baptiste Maingaud (lieutenant à la compagnie en 1791), Lieutenant P. Combois, sous-lieutenant P. Juzeaud.

7ème compagnie : capitaine L. Tribert, lieutenant F. Fayoux, sous-lieutenant L. Sauvo.

8ème Compagnie : capitaine Jean Redon (déjà à ce poste en 1791), lieutenant J. C. Destouches, sous-lieutenant J. Dubois.

Documents : Volontaires du 1er bataillon de la Charente inhumé au cimetière de Cuges près de Toulon :

Jacques Ardouard natif de Bisset, volontaire.


Pierre
Cardinelle natif de Cadenet, fusilier.


Pierre
Gineste natif de Saint-Ginié, fusilier.


Joseph
Lecler natif de Never, fusilier.


Antoine
Roques natif de Villefranche, fusilier.

Jean Vergneaux natif de Rochefoucault, caporal.

sehri

Article de Laurent Brayard

1 Belhomme, Histoire de l’Infanterie en France, tomes 3 et 4.

2 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 57.

3 Journal Militaire de 1792.

4 A la déclaration de la guerre, le bataillon ne comptait que 541 hommes.

5 Imprimé en l’an II à Paris, après avoir été relu par la Société populaire de Compiègne. Ce récit est repris dans l’ouvrage de P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente, 1791-1794, Angoulême, 1890 dans les appendices.

6 Ordre de bataille de la collection Nafzinger du 5 janvier 1796, Armée d’Italie.

7 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires, p. 57.

8 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 50 et 51.

9 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 52.

10Selon Boissonnade et son livre sur l’Histoire des volontaires de la Charente entre 1791 et 1794, son engagement ne serait pas de 1788, mais de 1778, p. 49.

11 Selon Boissonnade, le 25 février 1792.

12 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 42.

13 Idem.

14 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 32.

15 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 32 à 34.

16 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 35 et 36.

17 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 37.

18 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 37 et 38.

19 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 47 et 48.

20 P. Boissonnade, Histoire des volontaires de la Charente pendant la Révolution, 1791-1794, Angoulême 1890, p. 48.

21 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 56.

22 Commandant Dumont, Les bataillons de volontaires nationaux, p. 57.

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