Le camp de Jalès

Le camp de Jalès

Le comte de Saillans lança une proclamation aux habitants de l’Ardèche. Il était chevalier de l’Ordre Royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant-colonel, commandant des chasseurs du Roussillon, gentilhomme de la chambre de Monsieur le frère du Roi :

« Peuple fidèle à votre Dieu, à votre Roi, levez la tête ; assez et trop longtemps elle a été courbée sous le joug des plus vils tyrans, brave et bon peuple de Jalès et des montagnes de l’Usege, des Cévennes, du Vivarais, du Gévaudan et du Velay ! C’est le Ciel lui-même qui vous a inspiré le courage de résister à une corruption qui fut d’abord presque général et de vous distinguer par de nobles efforts, pour vous opposer à la destruction du culte du vos pères, et à l’anéantissement de la Monarchie Française1 ».

Camp de Jalès
Comte de SaillansLes autorités locales rassemblèrent 600 volontaires qui furent envoyés à Joyeuse, bientôt réunis à plusieurs compagnies du 38ème régiment d’infanterie commandé par le lieutenant-colonel Aubry. Il marcha contre les rebelles. Une autre colonne prélevée sur les forces du général d’Albignac2 partit de Pont-Saint-Esprit pour les rejoindre. Le comte de Saillans par un coup d’audace s’empara du château de Banne, une antique forteresse, où il se retrancha avec une force d’environ 400 paysans, ainsi que sur le sommet de la montagne de Brès, et à l’entrée du bois de Courry. Son armée fut toutefois battue par la colonne venue de Saint-Amboix, Saillans, ne chercha pas à défendre Banne, qu’il abandonna et prit la fuite avec quelques fidèles, les autres se dispersant.

« Beaucoup de rebelles se réfugièrent dans les bois, les diverses troupes cantonnées les y poursuivirent avec ardeur, et en immolèrent un grand nombre. Saillans fut bientôt pris lui-même par un détachement de 5 hommes qui gardaient l’une des entrées du département de la Lozère. Il était vêtu en paysan à pied, et sans autres armes que des pistolets à sa ceinture. Il était avec le curé de Banne, nommé Pradon qui dans le dernier rassemblement de Jalès parcourait les rangs un sabre à la main en criant, « la guerre, la guerre civile !3 ».

Camp de Jalès 2
Conduits dans la ville de Vans, Saillans, Pradon et trois autres compagnons sont présentés aux autorités militaires et jugés sommairement. Ils sont condamnés à mort et exécutés dans l’heure :

« L’armée a découvert que lesdits cinq arrêtés étaient chefs de l’attroupement qui s’était formé à Banne, qu’ils avaient commis des atrocités insignes, soit contre la gendarmerie, soit contre la troupe de ligne et nombre de bons citoyens qu’ils avaient assassinés de sang-froid, ou assisté à l’assassinat d’un soldat ci-devant Dauphiné, d’un citoyen protestant, d’un maître d’école de Berrias, le premier desquels avait péri à Berrias, et les deux autres dans un cachot au château de Banne, après avoir été confessés par le curé du lieu, et une voix unanime a demandé que les prévenus fussent passés au fil de l’épée et lesdits cinq prévenus ont subi le jugement4 ».

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1 Conspiration de Saillans cité par Michel Garcin, rédigé et imprimé par ordre du département de l’Ardèche en 1792, réimprimé en 1871.

2 Louis-Alexandre baron d’Albignac, né à Arrigas dans le Gard le 22 mars 1739, et mort au Vigan toujours dans le Gard le 17 janvier 1825.

3 Conspiration de Saillans cité par Michel Garcin, rédigé et imprimé par ordre du département de l’Ardèche en 1792, réimprimé en 1871.

4 Conspiration de Saillans cité par Michel Garcin, rédigé et imprimé par ordre du département de l’Ardèche en 1792, réimprimé en 1871.

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